‹ Lettres de Saint-James (volume 3)Chapitre 5 sur 14 · CINQUIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LETTRE

Du 5 Novembre.

Il iS^y a plus aujourd'hui. Monsieur, eu Angleterre que deux corporations bien distinctes ; parce qu'il n'y a plus que deux communautés d'intëréts bien séparées. Celle des propriétaires et celle des prolétaires.

* La politique ne peut plus tenir compte du partage des opinions , parce que les opinions pâlissent devant les intérêts.

Ce. serait donc en vain que les Torys voudraient se placer pendant cette crise sous la protection des Wighs. Les Wighs ne sont plus depuis long-temps en Angleterre que les chanoines de la démocratie. Leur popularité s'est usée

par leur opulence ^ et sou fumet se A^sr sipera au inoineDt où quelque orateur obscur demandera qu'on procède au partage des biens.

Lie Gouvernement ne doit donc pas se flatter de trouver en eux des médiateurs entre le Peuple et lui ; car l'opposition n'avait de force qu'en parlant au nom de ce Peuple , et dès qu'il la désavoue^ elle n'est plus rien. Les Wighs ne peuvent pas jouer de rôle daus la crise politique qui se prépare f parce que leur caractère est de défendre des principes et qu'il ne s'agit ici que d'intérêts. Il faut donc qu'ils se partagent pour appartenir à l'un des deux partis qui sont en présence , suivant la préférence que chacun d'eux donnera à ses opinions ou à ses intérêts. Car leur propre parti n'existe déjà plus ; car on a dépassé la ligue où ils avaient établi leur position.

Il serait cependant à souhaiter, Monsieur , que l'opposition ne fût pas dis-

C57) foiite V parce qu'elle conserve à ellef seule le caractère démocratique de Pain Tistocrade plébéienne v et que le mcirite de ce corps tient à la réunion de ces deux natures en lui*méme. Mais il est difficile de s'en flatten La force des choses ne donne à choisir qu'entra deux partis^ et jamais on n'a pu dans les crises politiques en former un troisième, parce qu à chaque circonstance décisive il est obligé dé se séparer de nouveau ^i puisqu'on ne peut les voter que par un oui ou un non.

Vous pouvez donc. Monsieur, tenir pour certain que les débats politiques de l'Angleterre se passeront entre les (jleux; corporations des propriétaires d'upç.p^rt et des prolétaires de l'autre. Il y aura |^ sans doute, de$ exceptions ^t de3 transfuges ; rpiSÀs en trqp petit nombre, pou^ en tenir jco.mpte. Ges débats s^roçit miàs}.

peu compliqués! et leur jeu $er^ facile à découvrir : car il n,'aura pour origine que les sentimens les plus commuas de

la nature humaine^ c'est-a«-dlre les ia-* téréts les plus directs.

Quel que soit le résultat de ce dëbat i il fera perdre quelque chose à l'Augle--' terre : car UAristocratie ne triomphera qu'en perdant de sa dignitë^ ou la Démocratie de sa moralité.

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