LETTRE III
A NOTRE CHER FILS, NOBLE HOMME , JÉRÔME PRIULI , DOGE DE VENISE 1 2 3 .
Cher fils, noble homme, salut et bénédiction apostolique.
Dès que nous eûmes reconnu l’extrême danger auquel étoient exposés notre très cher fils en Jésus-Christ, Charles, roi très chrétien des François, et son illustre royaume , nous résolûmes de remplir les devoirs de notre charge , en le secourant aussi promptement qu’il étoit possible , et même au-delà de ce que permettoient nos moyens , contre les rebelles à son autorité , qui sont des scélérats , ennemis de la majesté divine et royale.
1 Édition Goubau , livre premier, lettre P* 53. —
Sommaire : Saint Pie V demande des secours pour le royaume de France contre les hérétiques •
3 Jérôme Priuli mourut cette même année i56^ , où saint Pie Y lui avoit écrit au sujet des troubles de France. Au reste, la demande du pape demeura sans résultat, la guerre avec les Turcs ne permettant pas aux Vénitiens d’envoyer des troupes à Charles IX , qui en avoit sollicité lui-même auprès de la république.
LETTRES
Comme au péril de la France est attaché le péril de l’Italie ( car si , ce que Dieu veuille détourner! les ennemis de Charles étoient vainqueurs, cet incendie auroit bientôt atteint les états italiens ) , nous nous sommes cru obligé de prier Votre Noblesse de soutenir puissamment le roi dans une circonstance aussi critique , afin de mettre un terme à ce danger commun. Nous n’ignorons pas combien dans ce moment vous vous trouvez vous-même dans l’inquiétude :
mais le mal qui nous menace est si prochain et frappe tellement nos yeux, que tous ceux qui désirent le maintien de la religion catholique et la conservation du bien général doivent, sans le moindre retard, contribuer unanimement à repousser le péril de tous. Non-seulement il sera très agréable à Dieu, mais encore honorable et glorieux pour votre célèbre république, qui fut toujours avide de vraie gloire, d’avoir secouru, dans une telle circonstance , un aussi grand roi et en même temps la religion catholique.
Donné à Saint-Pierre de Home , sous l’anneau du pêcheur , le 1 8 octobre 1 56 y , l’an deuxième de notre pontificat.
DE 8 AI N T PIE V