‹ Lettres de Saint Pie VChapitre 8 sur 50 · LETTRE VIII · texte numérisé non relu

LETTRE VIII

A NOTRE CHER FILS GEORGE, PRÊTRE-CARDINAL DU TITRE DE SAINT-NICOLAS-DES-PRISONS-TULLIEN- NES, APPELÉ D’ARMAGNAC, HABITANT POUR NOUS ET POUR LE SAINT-SIÈGE NOTRE VILLE D’AVIGNON.

Notre cher fils, salut et bénédiction apostolique.

Nous avons appris dans la plus grande joie de notre âme , que vous avez ordonné de faire et que vous avez réellement fait le partage des biens des hérétiques de nos états d’Avignon et du comtat Yénaissin : cette joie ne sera pas moins vive , lorsque nous saurons que la distribution de ces biens a été faite dans un but d’utilité. 1 Il faut que cela soit ainsi, et nous avons tout lieu d’espérer que vous vous êtes conformé à nos dé- • sirs. Nous voulons , avant tout , que Votre Sa-

1 Édition Goubau , livre 3 , lettre 3 , p. i 33. — Sommaire : Saint Pie y ordonne cü employer les biens des hérétiques proscrits à réédijier les temples et les autres édifices publics ; il défend de rendre meme la plus petite partie de ces biens auxdits hérétiques ou à leurs proches y quoique honnêtes gens et catholiques .

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gesse fasse en sorte que ces biens servent à réédifier les temples et les édifices publics que les mêmes hérétiques ont brûlés ou renversés; ensuite nous défendons que ces biens soient donnés aux parens ou aux proches des premiers possesseurs , ou qu’ils leur parviennent de quelque manière que ce soit, quand même ils seroient honnêtes gens et bons catholiques *. Nous jugeons cette sévérité nécessaire pour détourner les autres à l’avenir, par un pareil exemple, de la méchanceté de l’hérésie.

Outre cela, il est de votre devoir d’empêcher diligemment que les biens confisqués des hérétiques ne soient dissipés ou employés sans profit, tandis qu’ils pourroient être conservés pour faire face , dans tous les cas , aux besoins de nos états de France, Vous voyez par vous-même que , par les temps ‘ actuels et dans les lieux dont nous parlons , de telles circonstances peuvent arriver , et vous savez qu’il ne faut pas toujours nous obliger à envoyer de l’argent pour couvrir les dépenses urgentes.

Pour ce qui est des fiefs appartenant aux hé-

1 Deinde , ne bona hæc propinquis ipsorum aut affinibus , quantumvis bonis et catholicis , doncntur , aut alia quavis ratione perveniant.

ré tiques , nous voulons qu’ils soient adjugés à la légation elle-même , et qu’ils y soient incorporés de la manière qui est prescrite dans nos lettres sous sceau de plomb , concernant la défense d’aliéner les propriétés féodales : nous vous en envoyons copie, et vous enjoignons d’observer nos ordres comme il convient, exactement et inviolablement.

Donné à Saint-Pierre de Rome , sous l’anneau du pêcheur, le 17 janvier 1569, l’an quatrième de notre pontificat.

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LETYTRE IX .

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