‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 20 sur 160 · CCXII (166). — A MADAME LAPA, SA MÈRE · texte numérisé non relu

CCXII (166). — A MADAME LAPA, SA MÈRE

Elle l'exhorlea la vertu de patience, et à la résignation k la volonté de Dieu.

AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE

Ma très - chère Mère dans le Christ Jésus , moi , Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus -Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir la vraie servante de Jésus crucifié , affermie dans la vraie patience ; car sans la patience, nous ne pouvons plaire à Dieu. Dans la patience nous montrons le désir de 1 honneur de Dieu et du salut des âmes; cette vertu fait voir aussi que l'âme est revêtue de la douce volonté de Dieu, car elle se réjouit de tout, et est contente de tout ce qui lui arrive. Aussi la créature qui est revêtue de ce doux vêtement possède toujours la paix et se plaît à souffrir pour la

(1) Lapa, mère de sainte Catherine, était de la famille Piagenti. Elle fut mariée à Jacques Benincasa, et en eut vingt-cinq enfants. Devenue veuve, elle prit l'habit du tiers-ordre de Saint -Dominique, comme le prouve un bref de Grégoire XI , qui lui est adressé , ainsi qu'à Lisa , sa belle-fille. On lit : Viduis Senensibus sororibus de Pœnitentia B. Dominici. Lapa vécut jusqu'à une extrême vieillesse, comme sainte Catherine le lui avait prédit. [Voir Vie de sainte Catherine, 11^ p., ch. 8. Lettre du B. E. Maconi.)

gloire et la louange du nom de Dieu , elle se donne , ellemême , avec ses enfants, ses biens, sa vie pour l'honneur de Dieu. Je veux que vous agissiez ainsi, ma très- chère Mère ; offrez votre volonté et votre indigne, votre misérable fille pour le service et l'honneur de Dieu, pour le salut des âmes, avec une vraie et bonne patience, vous nourrissant du fruit de la très-sainte Croix avec cet humble et tendre Agneau ; et alors rien ne vous paraîtra pénible. Dépouillez -vous de Tarn our- propre sensitif, parce que c'est le moment de travailler à l'honneur de Dieu et au service du prochain. En vous dépouillant de l'amour-propre , vous marcherez avec joie et sans peine. Je termine. Demeurez dans la sainte et douce dilection

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