‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 21 sur 160 · ET A SŒUR CE€GA · texte numérisé non relu

ET A SŒUR CE€GA

AU MONASTÈRE DE SAINTE-AGNÈS DE MONTEPULCIANO , PENDANT qu'elle ÉTAIT A LA ROCHE.

Du renoncement à la volonté et aux consolations, à l'exemplfe des apôtres et de la bienheureuse Vierge Marie.

AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE

1 , Ma très-chère Mère et ma très-chère Fille dans le Christ , le doux Jésus , moi , Catherine , la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus - Christ , je vous écris dans son précieux sang , avec le désir de vous voir revêtues du feu de la divine charité , tellement que toutes les peines, les souffrances, la faim, la soif, les persécutions, les injures, les mépris, les mauvais traitements, les affronts soient supportés par vous avec une vraie patience, à l'exemple de l'Agneau immolé et consumé pour nous, quand il courut avec tant d'amour à la mort ignominieuse de la Croix. Imitez Marie, notre douce Mère : lorsque les saints Apôtres cherchaient l'honneur de Dieu et le salut des âmes en suivant les traces de son doux Fils , elle consentit à se priver de leur présence , quoiqu'elle les aimât beaucoup, et elle resta seule comme

une pauvre étrangère; et les disciples, qui l'aimaient aussi avec une grande tendresse, partirent avec joie , et allèrent souffrir pour l'honneur de Dieu , et endurer les persécutions et les supplices des tyrans. Si vous leur demandiez : Pourquoi partiez-vous avec joie et quittiezvous Marie? ils vous répondraient : Parce que nous nous étions renonces nous-mêmes, et que nous nous étions passionnés pour l'honneur de Dieu et le salut des âmes. 2. Je veux, ma très-chère Mère et ma Fille, que vous fassiez de même; et si vous ne l'avez pas fait jusqu'à présent , je veux que vous vous enflammiez du feu de la divine charité, recherchant toujours l'honneur de Dieu et le salut des âmes : autrement vous serez toujours dans la peine et la tribulation, et vous m'affligerez beaucoup. Vous savez bien, ma très-chère Mère, que votre misérable fille n'est pas sur terre pour autre chose ; c'est à cela que m'a destinée le Créateur. Je sais que vous êtes contente de me voir lui obéir. Je vous en prie, si je reste plus que vous ne le voudriez, n'en sojez pas fâchée , car je ne puis faire autrement ; et je suis persuadée que si vous connaissiez l'affaire, vous me diriez A^ous-même de rester. Je suis ici pour remédier à un grand scandale, si je le puis. Ce n'est pas la faute de la comtesse. Priez donc tous Dieu et la glorieuse Vierge Marie pour que nous réussissions; et vous, Cecca et Justina, baignez-vous dans le sang de Jésus crucifié, parce que c'est le moment de montrer la vertu de vos âmes. Que Dieu vous donne à toutes sa douce et éternelle bénédiction. Je termine. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

Page 1