Quand ainsi tu seras parvenue à une patience par
faite, en tout lieu , en tout temps , en tout état que tu te trouves et que tu te trouveras , dans la maladie ou dans la santé , dans les combats ou dans le repos , il ne faudra pas croire que les épreuves souillent l'âme quand la volonté ne les reçoit avec aucun plaisir. Si l'âme sent que la volonté ne les aime pas , elle doit prendre courage , et ne pas se laisser aller au trouble et aux ennuis de l'esprit ; mais elle doit voir que Dieu les permet pour lui donner l'humilité, pour la conserver et l'augmenter en elle. Je veux que tu fasses ainsi. Réjouis-toi , réjouis-toi, ma Fille , de ce que Dieu , dans sa miséricorde , t'a jugée digne de souffrir pour lui ; pense que tu n'en es pas digne , et en le faisant , tu te soumettras en toute chose à la volonté de ton doux Époux , tu accompliras en toi la volonté de Dieu et le désir de mon âme ; car je t'ai dit que je désirais te voir une véritable et sainte patience ; je t'en conjure et je le veux ; que ton très -doux Époux veuille bien t'en faire la grâce pour encore un peu de temps. Je ne t'en dis pas davantage. Demeure dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.