‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 9 sur 160 · Agis de même, ma Fille, avec une obéissance · texte numérisé non relu

Agis de même, ma Fille, avec une obéissance

prompte , une humilité sincère , avec l'amour de Dieu et du prochain, supportant et aimant charitablement tes sœurs , sans trouble d'esprit et sans murmure ; porte et supporte tout ce que tu entends et vois de ton prochain ; reçois avec respect les réprimandes qui te seront faites , pensant qu'elles viennent de l'amour, et non de la haine. Tu éviteras ainsi le mépris et la peine ; tu auras l'amour de la vertu , la haine et l'horreur du vice et de l'amour déréglé de toi-même , parce que tu auras reçu les enseignements du doux et bon Jésus, qui est la règle, la voie et la doctrine : il t'a enseigné cette doctrine par son obéissance , ne fuyant pas la peine , mais accomplissant les ordres de son Père au miheu des opprobres , des outrages, des injures, des*murmures, sur l'arbre de la très-sainte Croix. Tl te montre la voie , car cette voie de la Croix , qu'il a suivie , toi et toute créature raisonnable vous devez la suivre , supportant toutes. les peines , les tourments , les ennuis , pour son amour, déployant sur le mat de Jésus crucifié la voile de l'amour et du désir, par une persévérante prière.

7. La prière porte et rapporte : elle porte nos désirs pleins de la haine de nous - mêmes et de l'amour de la vertu, éprouvés dans la charité du prochain, et elle rapporte la volonté de Dieu; et lorsque l'âme la connaît, elle se l'applique par de saintes et bonnes œuvres. Alors tu te trouveras dépouillée de ton amourpropre et revêtue du vêtement nuptial. Autrement tu ne serais pas une épouse véritable , et tu ne pourrais résister aux murmures qui, je le sais, t'ont causé de la peine. Je ne veux pas que tu t'en affliges, car c'est la voie que doivent suivre les vrais serviteurs de Dieu. Celui qui le fait est exempt de peine, et jouit de la paix

et du repos. C'est pourquoi je t'ai dit que je désirais te \oir dépouillée de l'amour- propre sensitif et revêtue du Yêtement royal, afin que tu ne souffres pas de l'obéissance et des murmures , et que tu sois dans la paix et dans le calme, goûtant Dieu par la grâce jusqu'à ce que tu en jouisses dans l'éternelle \ision, où toutes les peines sont finies , et où on reçoit le fruit des \ertus qui suit les peines. Que Dieu vous donne, à toi et aux autres sœurs, sa douce, son éternelle bénédiction. Je finis. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

CCIl (156). — A LA PRIEURE,

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