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l'honneur de leur père, vous devez vous lever et reprendre votre bien , pour le salut de leurs âmes et l'exaltation de la sainte Église. Songez que si on vous avait pris une de vos villes, vous voudriez la reprendre ; vous combattriez jusqu'à la mort. Je vous conjure de faire de même et davantage pour ce qui nous a été pris ; vous devez y apporter plus de zèle, car il s'agit des âmes et du Saint-Lieu , tandis que votre vUle ne regarderait que la terre.
« Vous avez appris sans doute que les Turcs persécutent de plus en plus les chrétiens et s'emparent des possessions de l'Église ; c'est pour cela que le Saint-Père veut organiser une croisade. J'ai écrit sur ce sujet à la reine de Naples et à plusieurs autres princes. Tous m'ont répondu favorablement , et ont promis le secours de leurs biens et de leurs personnes; ils sont remplis d'un grand désir de donner leur vie pour le Christ, et il leur tarde bien de voir le Saint-Père élever l'étendard de la sainte Croix. J'espère de l'ineffable charité de Dieu qu'il relèvera bientôt, et je vous prie de suivre leur exemple (1), »
Elle s'adresse aussi aux chefs des bandes armées qui vivaient de guerre en Italie , et elle cherche à les enrôler pour la croisade. Sa lettre aux compagnies de Florence est une prédication toute chevaleresque. Elle leur apprend à combattre , sur le champ de bataille de la vie, les trois ennemis de l'homme, le démon, le
(1) Lettre xliu. A la reine de Hongrie.