‹ Lettres de Sainte Catherine de Sienne (volume 3)Chapitre 62 sur 100 · très -chère Mère, — je vous appelle Mère, à la · texte numérisé non relu

très -chère Mère, — je vous appelle Mère, à la

condition que vous serez la fille soumise de la sainte Église, — il me semble que vous n'avez aucune compassion de vous-même. Hélas! hélas! parce que je vous aime , je gémis du triste état de votre âme et de votre corps ; je donnerais de bon cœur ma vie pour vous sauver de cette cruauté (1). Je vous ai écrit plusieurs fois avec compassion, pour vous montrer que ce qu'on vous donne pour la vérité est un mensonge , et que la verge de la justice divine est prête à vous frapper, si vous ne sortez de cette erreur. Le péché est naturel à l'homme, mais la persévérance dans le péché est l'œuvre du démon. Hélas ! personne ne vous dit la vérité, et vous ne cherchez pas les serviteurs de Dieu qui pourraient vous la dire, afin de vous retirer de l'état de damnation. Oh! combien mon âme serait heureuse, si je pouvais aller vous trouver et donner ma vie pour vous rendre les biens du ciel et de la terre , pour ôter l'arme de la cruauté, avec laquelle vous vous tuez vous-même, et pour vous aider à prendre l'arme de la piété , qui tue le vice , c'est-à-dire à vous revêtir de la sainte crainte de Dieu et de l'amour de la vérité , et de vous unir à sa douce volonté. Hélas ! n'attendez pas le temps que vous n'êtes pas sûre d'avoir ; ne faites pas que mes yeux aient à répandre des torrents de larmes sur votre pauvre âme et sur votre corps. Votre âme , je l'aime comme la mienne, et je vois qu'elle est morte, puisqu'elle est séparée de sa vie. Ce n'est pas le Pape Urbain VI qu'elle poursuit , c'est la vérité , c'est notre Foi.

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