SOURCES POÉTIQUES DE LA DIVINE COMÉDIE
dans son précieux sang , avec le désir de vous voir établi dans la vraie et parfaite lumière, parce que sans la lumière nous ne pourrons discerner la vérité. Mais faites attention qu'il y a deux lumières j l'une n'empêche pas l'autre , mais elles s'unissent ensemble , comme la loi nouvelle ne détruit pas l'ancienne; elle en ôte seulement l'imperfection. La loi ancienne était fondée seulement sur la crainte, elle était donc imparfaite; la loi nouvelle vint ensuite, et elle s'unit à l'autre ; c'était la loi d'amour : il y a de même une lumière imparfaite et une lumière parfaite.
2. La lumière imparfaite est la lumière que Dieu nous donne naturellement pour connaître le bien ; il est vrai que l'homme, aveuglé par sa propre faiblesse, ne le cherche pas où il devrait le chercher; il le cherche dans les choses transitoires , où ne peut être la perfection du bien, au lieu de le chercher en Dieu, qui est le bien éternel et suprême. Mais s'il profitait comme il faut de cette lumière naturelle en cherchant le bien où il est, l'àme connaîtrait la bonté de son Créateur et l'amour ineffable avec lequel il nous a créés ; elle trouverait cet amour et cette bonté dans la connaissance d'elle-même, et de cette manière, en travaillant avec zèle et sans négligence, elle acquerrait la seconde lumière, qui est surnaturelle, tout en conservant la première; mais elle se corrigerait de son imperfection , et deviendrait parfaite avec la lumière parfaite et surnaturelle. Que fait cette lumière dans l'âme? comment connaître qu'elle s'y trouve? Je vais vous le dire. La première lumière regarde les vertus, elle montre combien elles sont agréables à Dieu et utiles à l'àme qui les possède , et combien est affreux et nuisible le vice, qui prive l'àme
de la grâce. La seconde lumière embrasse les vertus, et les fait naître vivantes dans la charité du prochain. Quand on arrive à la seconde lumière , c'est une preuve que la lumière naturelle n'a pas été étouffée par l'amourpropre, et qu'on a reçu la lumière surnaturelle.
3, Qu'est-ce qui prouve que cette lumière a été répandue dans l'àme par la grâce? Les vertus solides , parmi lesquelles deux principales montrent surtout qu'elles sont inspirées par la lumière de la très- sainte Foi , car elles sont acquises dans cette lumière ; ces deux vertus sont sœurs et revêtues de force et de persévérance. La principale de ces deux vertus, qu'enfante d'abord la charité avec la lumière de la Foi , est la vraie et parfaite obéissance. L'obéissance détruit la faute et l'imperfection, parce qu'elle tue la volonté propre, d'où naît la faute ; car tout ce qui est faute ou vertu procède de la volonté. Aussi, quand même l'àme serait tourmentée de toutes sortes de pensées et de tentations qui viendraient du démon ou des créatures; quand même la fragilité de la chair ferait naître en elle des mouvements déréglés, pourvu que la volonté reste ferme et fidèle, et que, loin de consentir, elle résiste jusqu'à la mort, non -seulement elle ne commet pas de faute, mais elle mérite et parvient à une plus grande perfection qui lui fait connaître la vérité ; car elle voit que Dieu permet ces choses pour la faire arriver à une plus parfaite connaissance d'elle-même et de la bonté divine à son égard, et cette connaissance augmente son amour et son humilité. Aussi ai -je dit qu'elle grandissait en perfection.
k. La vertu n'est pas vertu par l'acte seulement, mais parce qu'elle procède de la volonté et d'une droite II. 11
et sainte intention. C'est donc la volonté qui commet l'offense, et c'est l'obéissance qui tue la volonté propre et empêche la faute, en détruisant son principe. L'obéissant ne compte jamais sur lui-même, parce qu'il connaît sa faiblesse et son peu d'entendement ; mais il se jette comme mort entre les bras de son Ordre et de son supérieur, bien persuadé, par la foi et la lumière surnaturelle, que Dieu fera discerner à son supérieur ce qui sera nécessaire à son salut ; et quand même son supérieur serait imparfait et peu éclairé, il sera convaincu que Dieu l'éclairé selon ses besoins. Il a embrassé l'obéissance parce qu'il a vu la lumière dans la lumière. Comment se manifeste cette lumière? Par la véritable obéissance. Cette obéissance est fidèle et persévérante , et non point passagère. Le véritable obéissant n'obéit pas seulement d'une certaine manière, dans un lieu, dans un moment donné , mais en toute manière, en tout lieu , en tout temps , selon le bon plaisir de son supérieur. Il ne cherche pas les consolations spirituelles, mais il cherche à tuer sa volonté propre ; il la tue avec larme qu'il a mise dans les mains de l'obéissance, parce qu'il a vu dans la lumière que, s'il ne la tuait pas, il serait toujours dans la peine , et qu'il n'atteindrait jamais la perfection à laquelle Dieu a bien voulu l'appeler ; il se verrait privé de la lumière surnaturelle, celte lumière dont la présence dans l'àme est prouvée par la vertu de l'obéissance.
5. Quelle autre vertu manifeste encore cette lumière ? C'est la patience , qui est la preuve certaine que nous aimons véritablement, parce qu'elle est la moelle de la charité; elle est sœur de l'obéissance, et même, c'est l'obéissance qui rend l'àme patiente, parce qu'elle ne
se scandalise d'aucua ordre qui lui est donné par son supérieur. Elle est revêtue de force, et elle supporte avec résignation les corrections et les observances de l'Ordre. Quand la volonté est droite, elle ne se relâche jamais, mais elle est toujours joyeuse et empressée. Elle ne fait pas comme le désobéissant, qui fait tout avec peine et à contre- cœur : il demandera quelquefois à son supérieur la permission de faire une chose qu'il a décidée dans sa volonté ; et , s'il ue l'obtient pas , il en est si contrarié, qu'il en tombe malade. Il vaudrait bien mieux tuer, par une haine sainte, la volonté propre, qui lui cause tant de tourments. La patience reste sur le champ de bataille avec les armes de la force et avec le bouclier de la sainte Foi; elle repousse les coups et triomphe par son courage ; elle frappe ses ennemis avec le glaive de la haine et de l'amour ; elle tue d'abord son principal ennemi, cette loi perverse qui combat toujours contre l'esprit , et avec elle elle tue les plaisirs et les délices du monde , qu'elle hait par amour pour sou Créateur, ainsi que les tentations et les fantômes dont le démon l'obsède ; elle les chasse et s'en délivre par de bonnes et saintes pensées, en empêchant toujours sa volonté de consentir et de succomber.
6. Cette patience, éclairée par la lumière, ne veut pas combattre dans des positions douteuses, avec l'espérance de n'avoir plus à combattre. Elle ne le veut pas parce qu'elle se réjouit de rester à combattre : c'est par le combat que s'éprouve la vertu et que s'obtient la gloire ; il n'y a pas d'autre moyen. Celui qui agit ainsi ne fait pas comme l'ignorant qui n'a encore qu'imparfaitement la lumière surnaturelle. A cause de son peu de lumière , il veut à toute force se délivrer de sa peincj
et, par crainte de pécher, il pense se soumettre à une épreuve si périlleuse, que l'âme et le corps ne pourraient la supporter un instant. Son imagination est tyrannisée par les illusions du démon et par la volonté qu'il a de vivre sans souffrir ; il en sera tellement tourmenté, que celui qui le gouverne ne pourra pas le guérir i et, s'il n'obtient pas la permission qu'il demande , il en concevra un tel ennui , un tel trouble , une telle impatience, qu'il tombera souvent dans le désespoir. C'est le signe que ce qu'il veut faire n'est pas conforme à la volonté de Dieu ; autrement , il dirait : Seigneur, si cela est conforme à votre volonté , éclairez celui qui doit me le permettre; sinon , faites-lui voir le contraire. 11 calmerait ainsi son esprit par sa foi vive , en voyant que le refus ou la permission viennent de la volonté de Dieu.
7. Je ne veux pas, mon très-doux et très-cher Fils , que vous soyez du nombre de ces ignorants ; mais je veux qu'à la lumière d'en haut vous combattiez par la patience sur le champ de bataille où combattent les autres serviteurs de Dieu. Ne pensez pas à choisir pour vous un nouveau poste bien obscur et bien dangereux, mais conservez celui où vous voyez clair et où vous combattez avec les autres. Renoncez entièrement à votre volonté en toutes choses , mais surtout pour celle dont m'a parlé le Père visiteur. Laissez-vous conduire par sa volonté, car ce n'est pas la sienne, mais celle de Dieu. Votre désir est une illusion du démon, qui veut vous séduire par l'apparence du bien. Je suis persuadée qu'avec cette lumière vous connaîtrez la vérité, et en la connaissant , vous remercierez le Père éternel et souverain, qui vous sauvera du péril par la sainte obéis-
sance ; autrement, non. C'est parce que je sens combien vous avez besoin de cette lumière que je vous ai dit que je désirais vous en voir éclairé. L'obéissance et la patience montreront qu'elle est en vous, si vous ne résistez pas à la volonté de votre supérieur, et si vous l'accomplissez avec patience , comme doit le faire celui qui est obéissant , en vous réjouissant de rompre ainsi votre volonté.
8. Si vous ne trouvez pas en vous cette lumière comme vous voudriez et vous devriez l'avoir, entrez avec une sainte haine dans la cellule de la connaissance de vous-même et de Dieu en vous; que votre âme s'enivre dans le sang du doux et tendre Verbe. Cette connaissance vous fera acquérir la véritable perfection, parce que vous espérerez sans peine et sans trouble d'esprit, dans le sang répandu avec tant d'amour. Mon doux Fils, baissez la tête sous le joug de la sainte obéissance, et demeurez dans votre cellule , en embrassant l'arbre de la très-sainte Croix. Je termine. Si la vie de votre âme vous est chère, et si vous craignez tant d'offenser Dieu, gardez -vous de suivre votre volonté. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.
CYIII (62). —A FRERE FRANÇOIS TEBALDI,
DE FLORENCE; RELIGIEUX CHARTREUX DANS l'iLE DE LA GORGONE (1).
De la persévérance qui couronne les autres vertus. — On l'acquiert et la conserve par la prière et l'humilité.
ÀC NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE
1. Mon très-cher et très -doux Fils dans le Christ Jésus , moi , Catherine , la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir constant et persévérant dans la vertu jusqu'à l'heure de la mort , car la persévérance est la vertu qui reçoit la couronne ; c'est elle qui est la fleur et la gloire de la vie de l'homme ; elle est le complément de toutes les autres vertus , qui lui sont fidèles ; elle ne sort jamais de la barque de la vie religieuse, et elle y navigue jusqu'à ce qu'elle soit arrivée au port du salut ; elle n'est pas seule , mais accompagnée ; toutes les vertus lui font cortège, surtout deux, la force et la patience. Elle est longue et constante. Pourquoi disons-nous longue et constante? Parce qu'elle
(1) François Tebaldi , un des plus aimés disciples de sainte Catherine. Il était de Florence. Les religieux de son Ordre lui donnent le titre de bienheureux.
persiste depuis le moment où l'àme commence à s'attacher à Dieu, jusqu'à la fin.
2. Elle ne se laisse arrêter par aucun obstacle. La prospérité ne l'ébranlé pas par une joie déréglée, pas plus que la légèreté du cœur, les consolations spirituelles et tout ce qui s'y rapporte. Elle n'est affaiblie ni par la tribulation , ni par l'injure , le mépris , les affronts qui lui sont faits , ni par le poids et les difficultés de la règle , ni par les ordres pénibles qui lui sont imposés ; toutes ces choses ne la font pas tomber dans l'impatience, mais elle supporte avec patience toutes les épreuves. Les combats que le démon lui livre par les fausses pensées, les craintes déraisonnables et les jugements défavorables à son supérieur, ne l'arrêtent pas , parce qu'elle n'est jamais sans lumières; la lumière de la Foi brille toujours devant elle : la persévérance répond à la crainte déraisonnable. Elle espère pouvoir tout par Jésus crucifié , et persévérer fidèlement jusqu'à la fin. Elle répond avec fermeté au tentateur qui trouble l'àme : Je ne veux, par aucune de ces pensées et de ces opinions, diminuer le respect que je dois avoir pour mon supérieur. Elle adhère saintement à la douce volonté de Dieu, sans vouloir juger la volonté de la créature , parce que la lumière lui a montré qu'en faisant autrement elle s'affaibhrait et diminuerait l'amour et le respect de son obéissance. La lumière l'éclairé, afin que l'amour ne se ralentisse pas lorsque le démon, sous prétexte de faire mieux et d'avoir une paix plus grande, lui conseille d'éviter la conversation et la présence de son supérieur, ou de ceux qui lui déplaisent. Il faut au contraire s'en rapprocher davantage, et triompher de soi-même en combattant ses faux jugements
afin que l'infid élite ne se nourrisse pas dans l'àme , et ne l'entraîne pas dans le mépris.
3. Mon très-doux , mon très-cher et bien-aimé Fils, vous que j'aime comme mon âme, la langue de l'homme ne pourra jamais raconter tous les moyens caches sous l'apparence du bien que le démon emploie pour nous détourner d'une longue persévérance, surtout sur le point dont je vous parlais tout à l'heure ; car, s'il vous fait tomber en cela, il pourra vous surprendre en d'autres choses. Si l'inférieur, dans son obéissance, perd la foi en celui qui lui commande , s'il écoute les suggestions de l'infidélité , le démon est maître du fondement où il devait élever l'édifice de ses vertus ; et celui qui par ignorance ne sait pas lui résister, se laisse enlever le principe de son obéissance : il sera négligent et prompt à juger les actions et les choses selon la faiblesse, et non selon la vérité. Il sera impatient, et tombera souvent dans la colère ; il éprouvera l'ennui et le dégoût dans tout ce qu'il fera. Cette infidélité est un poison qui corrompt tellement le goût de l'âme, qu'une chose bonne lui paraît mauvaise, que ce qui est amer lui semble doux ; elle prend la lumière pour les ténèbres, et ce qu'elle avait vu en beau, elle le voit en mal ; elle est véritablement empoisonnée.
4. Mais, mon Fils, vous me direz : Comment l'âme évitera-t-elle ce malheur? Je voudrais bien trouver un moyen de ne pas y tomber ; ce moyen , je vous le dirai : c'est la simple vertu de la véritable humilité. C'est elle qui détruit tous ces pièges et qui sauve l'âme, non pas en l'affaiblissant, mais en la fortifiant, parce que la lumière lui montre que tout arrive par la permission de la Bonté divine pour la rendre humble et la faire croître
en verta. Aussi elle accepte tout avec amour en s'humiliant , en foulant aux pieds ses propres pensées , et elle résiste avec persévérance. Il y a, il est vrai, un autre moyen de résister, qui est lié à celui-ci : c'est de ne jamais fuir l'occasion ; car on ne fuira pas son sentiment intérieur, on le trouvera toujours vivace; et ce n'est pas par la fuite, c'est par le combat qu'on l'arrache. La persévérance, qui l'a vu à la lumière, se tient ferme et constante sur le champ de bataille ; elle ne recule devant aucune tentation, mais elle emploie avec succès les armes de l'humble, continuelle et fidèle prière. Cette prière est une mère tout embrasée et enivrée du précieux sang; elle nourrit les vertus sur son sein. Aussi il faut que Tàme vertueuse s'embrase de son ardeur, et que son cœur s'enivre du même sang. Le démon, les créatures, ou nos sens, qui nous perdent, pourront-ils jamais résister à de pareilles armes ! Quelle chaîoe peut arrêter l'humilité? Rien n'est capable de lui résister, parce que la persévérance ne cessera d'agir, comme nous l'avons dit, jusqu'au moment où la charité mettra l'àme en possession de la vie éternelle, où se trouve tout bien , sans aucun mélange de mal. C'est là qu'elle recevra la récompense de toutes ses peines. Klle rend l'âme si forte , qu'elle ne faiblit jamais ; elle rend le cœur si large, qu'il est capable de contenir toutes les créatures , en les aimant pour Dieu comme sa propre vie.
5. Ainsi donc , courage, mon Fils ; attachez-vous à la prière comme au sein de votre mère , si vous voulez être persévérant avec une humilité sincère. Ne l'abandonnez jamais , afin d'accomplir en vous la volonté de Dieu , qui vous a créé pour vous donner la vie éternelle, et qui
vous a tiré de la boue du siècle pour courir et mourir dans la voie de la perfection. Oh ! que mon âme serait heureuse d'apprendre que j'ai un fils qui vit véritablement mort à sa volonté, à son sens propre, et qu'il persévère ainsi jusqu'à son dernier soupir! S'il en était autrement, je ne m'estimerais pas heureuse, mais bien malheureuse ; aussi je m'efforce d'éviter ce malheur en la présence de Dieu, où je vous offre par de continuelles prières. C'est pourquoi j'ai dit que je désirais d'un grand désir vous voir constant et persévérant dans la vertu jusqu'à la mort ; et je vous prie , je vous conjure de la part de Jésus crucifié de ne jamais perdre de temps , mais de vous plonger sans cesse dans le sang de l'humble Agneau, afin que l'amertume vous paraisse douce comme le lait, et que le lait des consolations, par une sainte haine de vous-même, vous paraisse amer. Fuyez l'oisiveté comme la mort ; que votre mémoire s'emplisse des bienfaits de Dieu et de la brièveté du temps ; que votre intelligence se contemple dans la doctrine de Jésus crucifié , et que votre volonté l'aime de tout votre cœur, de toute votre àme, de toutes vos forces , afin que tout votre amour et toutes vos œuvres soient consacrés à la gloire du nom de Dieu et au salut des âmes. J'espère que l'infinie Miséricorde nous fera, à vous et à moi , la grâce qu'il en soit ainsi.
6. J'ai reçu une grande consolation des lettres que vous nous avez envoyées, car nous avions un grand désir de savoir de vos nouvelles. Il me semble que le démon n'est pas endormi et ne dort pas à votre sujet. Je m'en réjouis fort, parce que je vois que, par la bonté divine, le combat n'a pas fini par la mort, mais par la vie. Grâces, grâces en soient rendues au doux Maître ,
à l'Éternel, qui vous a fait une si grande faveur ! A présent, vous commencez à comprendre que yous n'avez pas l'être , mais que l'être et que toutes les grâces qui y sont ajoutées viennent de Celui qui est. C'est lui qu'il faut remercier et louer ; il veut que nous lui donnions la fleur, et il sera notre fruit. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus , Jésus amour.