‹ Lettres de Sainte Catherine de SienneChapitre 36 sur 78 · Mon Père, appliquez-vous à maintenir fermement · texte numérisé non relu

Mon Père, appliquez-vous à maintenir fermement

la puissance de la cité de votre ame; combattez vif^'oureusement ces trois ennemis ; prenez le glaive de la haine et de l'amour, aimez la vertu et haïssez le vice; frappez avec la niain du libre arbitre, et soyez persuadé que rien ne pourra vaincre cette main généreuse et ce glaive puissant. C'est ce que nous assure saint Paul, lorsqu'il disait : <^ Ni la faim, ni la soif, ni les persécuteurs, ni les anges, ni les démons ne m'éloigneront de la charité de Dieu, si je ne le veux pas (1).» C'est comme si le doux saint Paul disait : Comme il est impossible que la nature angélique m'éloigne de Dieu, il est impossible que quelque chose me force à commettre un péché mortel, si je ne le veux pas. Nos ennemis sont devenus impuissants parce que l'Agneau sans tache, pour rendre la liberté à l'homme et l'affranchir, s'est livré lui-même à la mort honteuse de la très sainte Croix. Considérez cet amour ineffable, qui a donné la vie par sa mort. En souffrant les opprobres, les outrages, il nous arendu l'honneur ; ses mains percées et clouées surlaCroix, nous ontdélivrés des liens du péché; son cœur ouvert a guéri notre dureté ; il s'est dépouillé pour nous vêtir; il nous a enivrés de son sang; sa sagesse a vaincu la malice du démon, sa flagellation la faiblesse de notre chair ; et ses opprobres, ses abaissements ont triomphé des délices et de l'orgueil du monde. Il nous a lavé? dans l'abondance de son sang ; et pour que nous no craignions rien, sa main désarmée a vaincu nos ennemis et nous a rendu le libre arbitre.

(1) 10 p. aux Rom., vin, 35.

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