EN SA REPONSE A M. DU BELLAY , EVÊQUE DE PARIS
a Les nôtres sont d^accord que la police de TEglise <t est une chose licite , à savoir qu^il y ait certain nomci bre d^évèques de qui plusieurs églises dépendent , et <( que FéTëque de Rome soit sur toutes les Eglises. Mon (( sentiment est que nul homme sage n^improu?e ni ne (( doit improuver cette police canonique , si elle se ponce tient dans ses bornes ; c^estrà^îre , si le Pape et les « é^!^ues n^abuseat point de leur autorité pour oppri^ (c mer h véritieJile doctrine. Qua^ aux richesses et c( aux revenus , voici ce que nous enseignons, à savoir (( que les libéralités des rois et des princes sont des ç( choses licites. Or, ees revepus sont des libéralités des (( princes et des rois ; et partant, quant à cet article de (( la primauté du pape et de Pautorité des évéques, nous (( en sommes d^accord avec vous ; et, non-seulement le il pap0, mais enc(»*e Jes autres évèques, pourraient facir( lement retenir leur autorité. Car il est nécessaire qu^il c( y ait dans TEglise des personnes qui la gouvernent , (( qui examnent ceu;c qui sont appelés aux ministères c( eœlésiastjques , qui donnent les ordres > qui jugent les <( causes ecclésiastiques et qui veillent sur la doctrine c( des prêtres; et, quand il n^ aurait point d^évëques, il « en faudrait créer. Nous désirons seulement que ceux •c qui sont maintenant dans Tépiscopat veillent sur leur c( doctrine, et fassent en sorte que celle qui est saine soit
n enseignée fidèlement dans les églises dont ils ont la « conduite. S'ils faisaient cela, nul ne devrait refuser de M leur obéir ; la monarcbie encore de Tévëque de Rome M servirait à retenir l'unité de doctrine parmi tant de nan tions. C'est pourquoi il serait facile de nous accorder <c touchant cet article de la primauté da pape , à nous H pouvions être d'accord des autres articles. Au reste, « les rois mêmes peuvent facilement modérer cet excès •( du pouvoir du pape, qu'il a quelquefois usurpé dans le •I transport des royaumes : c'est une chose qui o^a rien <i de commun avec l'Evangile , ni aree l^lJie. »
Cétait par ordre de François I" que M. du Bellay , évèque de Paris, avait écrit à Méianchton; aussi Grotius, un des plus savants protestants de son temps, a-t-i| considéré celte réponse comme faite à François l", et a fort judicieusement remarqué , « que celui qui a écrit « ces choses à la prière d^un grand roi , n^a jamais cru a que le pape fbt PAntechrist. »
Mais il ne faut pas se contenter de cette réflexion de Grotius : ces paroles et ces sentiments de Mélanchton en demandent quelques autres ni moins naturels , ni moins nécessaires.
Mélanchton est d'accord que U dépendance de plunenrs églises d*un évëque , et de toutes les églises de l'évèque de Rome, est un gouvernement légitime et une poUee canonique, « que nul homme sage n^improuve nj « ne doit improuver. » Il condamne donc ouvertement et la confession de foi des prétendus réformés, qui y prolestent de croire n que tous vrais pasteurs , en quel- 1 que lieu qu'ils soient , ont môme autorité et ^alc
|uel- ^
i 6 L^ÉGLISB
te puissance (î); » et leur discipline, qui ordonne k que « les ministres et pasteurs ne pourront prétendre pri-» <c mauté ni domination les uns sur les autres (2); » et la délibération qui fut prise à leur synode national assemblé à Gap , d^ajouter à leur confession de foi a que f( TEvèque de Rome est propi'ement TAntechrist^ et le H Fils de perdition, prédit par la parole de Dieu (3); n et tous ces livres qui ont paru j^ous ces titres scandaleux <i de Nouveauté du Papisme , de 'JTyrannie de FAntea christ , i> et semblables, que les personnes formées par une bonne éducation et instruites des égards que la politique même demande envers les souverains , quelque guerre qu^il y ait contre eux > ne peuvent lire sans en être choquées, et sans traiter d'abord dans leur âme , d^insensés et de furieux , ceux qui en sont les auteurs;
Mélancthon avoue que « cet article de la primauté du « Pape et de Pautorité des évèques » ne lui donne point de peine y qu^il a est nécessaire quMl y en mt dans PE- « glise , pour examiner ceux qui sont appelés au sacré <c ministère , pour donner les ordres , pour juger les « causes ecclésiastiques et pour veiller sur la doctrine « des prêtres. » Il est convaincu que ce gouvernement, que Jésus-Christ et les Apôtres, exécuteurs de ses volontés, ont établi dans PEglise, doit être maintenu. Qu; a donc permis à Luther et à Calvin de le renverser ? Jésus-Christ a fait de son Eglise un corps dont la tète, ékvée sur tous les autres membres , voit les pieds nu-
(t) An, M. — (S) C, I. art. 15. — (3) En 1603,
S d'elle , et une bergerie dam laquelle les brebis dépendent du pasteur, et non pas les pasteurs, des brebis. Luther et Calvin de leur religion protestante en font un monstre qui a la tête sous les pieds ; et un troupeau où les pasteurs sont goureniés par les breltis et dépendent absolument d^elles. En effet, parmi les protestants, le miDistre dépend dn consistoire et est soumis à ses censures; le consistoire a droit déjuger de la doctrine qu^it prêche , de veiller sur sa conduite et de le suspendre de ses fonctions.
LE MÊME
a La religion luthérienne est la plus plausible , la « catholique est la plus sûre. »
Cest la réponse qu'il fit i sa mère, <pii, le voyant sur le point de rendre l'&me , ie conjura de lui dh-e , laquelle des deux religions , de la catholîqae ou de la protestante, lai paraissait la meilleure.
ZUINGLE,
A PRAJVÇOIS l", A QUI IL OÉDIE SA CONFESSION DE FOI.
•t SiRB , vous devez espérer qu^aprês cette vie , vous K verrez dans le ciel rassemblée et la compagnie de u tous les Saints , de tous les prudents , de tons les « fidèles , de tous les constants et de tous les vertueui « qui ont été depuis le commencement du monde ,- c'est K li où TOUS verrez Tun et l'autre Adam, le racheté et le 1
1 8 h'UQUSSi
€. rédampteur. Cestjii o^ vouMçn^ Abel^ Ca)a| « Noi, Abrabm , Isaac, Jacob , JuOa , Idio^e^ ^Mét . « QéMDOf Si^nnelyPbM^Y ^Ue.f Elisée^ Isaie , çt la n vierge ]Mbtf*ie mjère d$ Dîieu 9 de laquelle Daiiid.9j^i:Q- « l^élîfié; jE2éehiaS| Jq^iaa) ÇapUste» Pierre et Paul ; i( o'i^i le oà irous vwea Hereiile ^ TMs^e , Socrate ^ « Aristote, Antigopvs, INuma, Camille, les Gâtons^ 1^ «. Snpkms, v^ prédécesseurs , et tous vos ancêtres qui • sont morts dans la foi. »
Ce n^cst pas sans sujet que Luther mène a été horriblement scandalisé d^entendre Zuingle affirmer que François P' veirait dans le ciel Hercule , Thésée , les Scipions et tous les héros de la vieille Grèce et de Taneienne Roo^e qui ont adoré Jupiter , Mars y Vénus^et les autres divinités de la fable ; il n^a pu supporter son audace ii crpire que Tidolàtrie ne les avait pas rendus indignes deréternitébiei^ieureuse. « Zuingle^ dit Luther f € a écrit il n^j a pas longtemps que Ffuma Pompilius ^ n Hector , Scipion et Hercule sont bienheureux dans f( le ciel avec Pierre, avec Paul et avec les autres saints. n Ce n^est autre chose quVouer ouvertement et croire <c qu^il n^ a point de foi ni de christianisme. Car , si ce ScipioaetJ^umaPompilius^qm ont été idolàtrest sont «I sauvés, en vain Christ a souffert et est mort, ou n qudie néo^essité y a-^t41 de prendre le baptême et de « prêcher Jésus-Christ ? »
Ces sentiments de i^uingle, néanmoins, quelque horribles et quelque pleins d^impiété qu^ils soient, ne laissent pas de confirmer 1» vérité en foveur de kiquelle j^écris ; h savoir , que les premiers auteurs de la religion
ROMAINÎ. 49?
profiistaDteoBt cru qa^imchréUM pouvait faire &oa'SQlut • daus PEgKse rmkiaUiô.
François V et les aiifresrois qui rontpréeëdé^ ôttt^ noiKsenieDient fait profession de là religion eatbolique , apostolique et lomainé, et re^^oau le pape pour ohei visible de toute TE^se, mais encore cru que c^étàM pour un roi de France le plus beau titre à la gloire , qve d^ètre et de se qualifier fils aine de TEglise romaitie«p Zuingle néanmoins les a mis tous parmi les bienheureux;' et eomment n^ mettrait-il pas ceux qui sont de TEglise romsùne ^ qui ont reçu le baptême et ijui ont été todfo jours disposés à donner leur vie pour la confession des' mystères de la Trinité , de Tlncarnation et de la mort de Jésus-Christ, puisqu^il y met Hercule , Thésée, les Scipions et ces autres. héros de.rantiquitéy qui, ayant connu par les lumières de la nature et la voix de tous les ètrest eréés , le Dieu qui les avait mis au monde , n^ont pas voulu le reconnaître, et ont rendu aux idoles et aux démons les hommages qui n^étaient dus qu^à leur Oéateur?
Mais cet honneur fait à Hercnie , à Numa Pompilius et aux autres idolâtres , de leur ouvrir le eiel et de les ptaeerparmr les anges ^ les patriarches et les prophètes , nefait-*il pas voir que Zuingle a été un vrai imposteur , un homme sans foi^ sans religion et sans Dieu ? et à on consultait le sens commun , la raison et l^van^le» ne diraient-ils pas qu^il est impossible qu^un homme qui met dans le Faisais avec Abraham , avec Moïse et aveè la Mère de Jésùs-^hrist , ceux qui ont bâti des temples> élevé des autels, Immolé des victiuies et saeilfié toute
20 L^ÉGLISIS
leur vie aux démons , et à ces insignes esclaves des démons , Jupiter , Neptune , Junon et Palias^ ait été sus-^ cité de Dieu pour réformer son Eglise ?
Un calviniste peut-il ei^érer de faire son salut dans une religion et dans une église qui reconnaît pour son réformateur un homme qui a cru bien faire sa cour à un grand roi , en lui faisant ce beau compliment , qu^après avoir régné sur la terre , il régnerait dans le ciel avec Hercule et avec Thésée ; et qui a daigné accorder à saint Pierre et à saint Paul Tinsigne honneur dVoir pour compagnons de gloire les Caton , les Aristote et les Socrate ?
LE MÊME