‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 27 sur 108 · PAUL FERRY · texte numérisé non relu

PAUL FERRY

MINISTRE A METZ , CH. Il , DU DERNIER DESESPOIR DE LA TRADITION CQNTRB L^ECIUTURE.

« Le lecteur remarquera en passant que le jésuite )> confond ignoramment tous les articles de notre con- « fession , sans distinction de ceux qui sont proprement

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ti de la foi : car notre confession ne montre pas seu- « lement ce qui est nécessaire de croire à salut , mais <( aussi fait voir notre consentement en plusieurs autres H choses, lesquelles quand quelqu^un ne croirait point « exactement comme nous, nous n^affirmerons pas « pourtant qu^il soit infidèle , mais bien qu^il vaudrait « mieux qu^il les crût ainsi que nous.

<( Le jésuite devait savoir que tout article de notre d confession n^est pas article de foi , comme nous avons « dit. i>

<( Noos ne condamnons pas comme hérétiques ceux « qui ne tiennent point exactement tous les articles « contenus en notre confession , et ne les faisons pas « protester à ceux qui se rangent avec nous comme u nécessaires à salut , mais comme indices de notre n consentement en tous ces points véritables , auxquels (( quiconque tient un sentiment contraire , s^il n'erre (( point contre le salut , erre pourtant contre quelque « vérité. »

L^assertion du ministre , sur laquelle non-seulement tous les confrères dans le ministère , mais encore tous les calvinistes sont dWord , une fois supposée ; savoir , que <( tous les articles de leur confession de foi , ne sont n pas articles de foi ; » que Ton en peut rejeter plusieurs sans être hérétique , et même sans passer pour tel dans leur esprit, ils sont par une conséquence nécessaire contraints d^avouer :

1 *" Que pour être de la véritable Eglise de Jésus- Christ , et avoir tout ce qui est nécessaire à salut ; on n^est pas obligé d^ètre de leur religion. Car f être de

leur religion c^est recevoir leur confession de foi ; or ^ puis qu^on peut être de TEglise de Jésu&-Christ , sans admettre cette confession, on le peut être sans faire profession de leur religion.

2'' Qu'une personne qui fait profession de la religion prétendue réformée peut y renoncer et en faire abjuration , sans qu^on puisse lui reprocher de ne point être de llEgUse de Jésus-Christ : car , faire abjuration de la religion prétendue réformée^ c'est renoncer à la confes« sion de foi qu'elle propose ; or, cette confession de foi l^on peut Tabjurer sans perdre la qualité de fidèle , et demeurer toujours , malgré cette abjuration , dans la vraie Eglise.

S"" Que c^est à faux que les quarante articles de leur confession portent le titre de Confession de Foi; car il est impossible qu^une pièce composée d^opinions non révélées , et dont la croyance n^est pas obligatoire , soit une confession de foi. Un écrit de cette nature n^est proprement que des thèses , des problèmes , des conclusions, ou Tabrégé de la doctrine d^une secte; mais il n^est ni confession , ni symbole de foi.

4° Que même dans la prétendue réforme 03 n'a pu fusqu^ présent discerner quels sont parmi ces quarante articles ceux qui appartiennent à la foi , et ceux qui n^ appartiennent point. Je sais bien que le premier acte du synode national est de lire la confession de foi. Mais jusqu'à présent , nul synode n'a osé déclarer quels articles sont de foi , et quels ne le sont pas. Le quatrième nous donne le canon de leur bible , et les livres qu'ils croient être sainte Ecriture , et au cinquième ils se van«

teni de reconnaître « ces livres comme canoniques et (( comme règle très certaine de notre foi , non pas tant « par le commun consentement de TEglise, que par le <( témoignage et persuasion intérieure du Saint-Esprit , (f qui le leur fait distinguer des autres livres ecclésias-^ H tiques , sur lesquels encore qu^ils soient utiles , on <c ne peut faire aucuu article de foi » Mais ils n^oseraient se vanter de pouvoir , nî par le commun consen-. tement de leurs églises prétendues réformées , ni par leur esprit intérieur , distinguer dans leur confession les articles qui sont de foi , de ceux qui ne le s<Hit pas^

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