VOCATION DES PASTEURS
Il y parle de TEglise romaine en ces termes : n En <c cette Eglise ccNrrompue, des pasteurs de laquelle nous « recherchons la vocation, sont demeurées positivement « toutes les doctrines qui sont fondamentales à la reli- ^ gion de Christ ; car noiHseulement on y a reconnu le « Symbole des Apôtres , Tusage de TOraison Domini- « cale, et les dix G)mmandements de la loi de Dieu , H mais on y a reçu le Symbole de Nicée et d^Athanase , H où les dogpties contenus dans ces plus générales fora mules sont expliquées un peu plus au long , et plus « particulièrement, et ceux mêmes qui Tout plus haute- (f tement accusée de corruption, Pont aussi reconnu dès ^ le commencement , et le reconnaissent encore , aucun
ROMAINE. gT'>
(f d^enti^éttx n^a jamais aie que tom l^ fondements dii> a christianisme ne foésent «B la GommiaioB de kquelto» <f ils sont sortis, » ' »
Il n^est pas nécè^satré de ftire'^oAt^enir les( eaitinistes. de Franœ, db Intime en iaqucflle ils ont Mi et ont en— core Aniïrâut : 11 n ▼ a pas si longtemps qu^ii est mort ; la piiipàrt même des minii^tres oùt été ses disciples ét^ ses i^dbratèur^ ; il a fait une secte parmi enx ; tes phift* habiles font gloire d^ètre amirautistes ; et enfin ceittt grande idée qu^s ont eu de lui, n^est pas encore effacée. Mais il lest nécessaire pour les intérêts de la vérité qèe je soutiens , et pour fe salut de ceux que j^TÎte î re* venir dans TEglise romaine , de les engager h faire ré<^ flexion sur ce qu^Âmiraut vient de leur dire.
Il avoue que dans l%glise romaine « sont demeurées c( positivement toutes les doctrines qui sont fondamen* <c taies à la religion de Christ, i» Elle a donc tout ce qui est nécessaii-e à salut. /
Il nous dit que ceux mêmes qui Tont plus hautemëkt accusée de corruption , <c ont reconnu dès le comm^-i( cernent et le reconnaissent encore , » que les fondements du christianisme y sont ; j^ai donc raison de soutenir que Dieu a fait cette grâce , non-seulement aux protestants qui sont encore en vie , mais encore à ceux qui sont déjà morts , de v<Mr et reconnaître que les principes fondamentaux et essentiels du christianisme étant dans PEglîse romaine , on y a tout ce qui est nécessaire pour :ètre du nombi^ des Elus.
II soutient que nul d^entre les protestants <( n^a ja« (c mais nié que tous les fondements du christianisme ne
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a fussent en la Communion de laquelle ils sont sortis ; on est donc en droit de leur dire : Revenez dans cette communion , et dans cette Eglise dont vous êtes sortis ; vous êtes convaincus que tous les fondements du christianisme y snt ; vous ne Tavez jamais osé nier , et ceux de vos ministres qui vous prêchent que Tidolàtrie y règne , parce que Ton y adore Jésus-Christ en Fëucharistie ^ qu'on y rend de grands honneurs aux saints ; qu^on les invoque et qu^on y permet Tusage des images ^ sont des imposteurs , puisqu^il ne saurait y avoir idolâtrie dans un culte approuyé par une Eglise qui a tous les fondements du christianisme ; car il est évident que le christianisme et Tidolàtrie sont incompatibles , qu'il est impossible d'être chrétien et idolâtre , et que celui qui donne cette louange à une Eglise d^être chrétienne ^ dVoir tous les fondements du christianisme , et d^en retenir Tessence , ne peut Taccuser d^êtrc idolâtre sans passer pour visionnaire , et pour un esprit incapable de pénétrer la signification de ces deux termes : christia-nisme et idolâtrie.
LE MÊME
ir L'autre chose est que , non-seulement les princif( pes de la doctrine salutaire ont été connus , mais ils <c ont été efficacieux en beaucoup de gens , comme il a ce plu à Dieu leur donner de son esprit, u
(i) Pft^ 39S.
Il reoonnait que TEglise romaine a non-seulement retenu les principes de la doctrine du salut, mais encore que .cette doctrine n^ ^t pas une semence sans fruit, et que par son moyen les Ames s'y sanctifient, et ment conformément à ce qu'elle enseigne , y oplrent heureu» sèment leur salut.
LE MÊME
(( Cela ainsi posé , il en résulte deux autres choses : <( Tune est que Dieu s^est conservé une Eglise au mia lieu de toutes ces corruptions qui semblaient avoir « inondé toute la face de la chrétienté, depuis si longu temps , et qu^encore que toute son apparence exté- (( rieure semblait merveilleusement altérée et défigu- <c rée , si est-ce qu'il y avait un grand nombre de gens (( en la communion romaine , de qui on peut dire qu'ils ff faisaient une notable partie de TEglise de Dieu. i>
Les protestants d^AUemagne et de France sont d^accord que cette corruption qu'ils prétendent avoir inondé toute la chrétienté , et avoir régné dans TEglise i^omaine avant Tapostasie de Luther, et leur schisme , y est bien moindre en ce temps qu^elle n^était alors ; ils se vantent même , qu^à l'occasjon de leur séparation et de la guerre qu'ils lui ont faite, elle s'est rendue plus savante et plus sainte. Or, si lorsqu'elle était dans cette corruption et dans ce désordre dont il nous font une si
(1) Pftg. 330*
horribte peintut^ , Diea s^ était amsetfé une V^aie j^iise de soB Fils Jésm-Christ , et im grand nombre de personnes dont on pouvait dire s «c Ces gens sont de cr FEglise de Bien , et en font tine partie ; n pent-OD nier que maintenant elle ne soit encore TEglise de Jésus- Christ et son Epouse ? Peut-on nier que ceux qui smt dans sa communion y puissent faire leur salut , et y devenir de grands saints.
LE MÊME
DANS LE MÊME Livkfi (1),
<( Mais néanmoins diverses choses nous induisent à « prononcer hardiment qu'ail y en a beaucoup d^autres f( qui ne s^étaient apparemment séparés de TEglise roi( màine , à qui cette gloire doit être laissée , d^avoir <( composé une partie de PEglise de notre Seigneur. »
Il n^est donc pas nécessaire de rompre avec ^Eglise . romaine, et de s'en séparer pour être de PEglise de notre Seigneur.
On peut aussi revenir dans l^glise romaine sans craindre de ne point être de l^glise de Jésus-Christ ? Et on ne peut contester, ni aux catholiques de ce temps, ni à ceux qui ont été avant eux , Tavanfage et la gloire d^appartenîr à PEglise du Sauveur.
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LE MÊME y
DANS lE MÊME LIVRE (1).'
c( Car puisque nonobstant tant de corruption , il né <( laissisiit pas de rester en cette communion-là , quel- <( que prédication des principaux points dont la religion <( chrétienne est composée; de manière que Ton ne leur <( en soustrayait aucun de ceux qui sont absolument « nécessaires à salut , il ne se pouvait faire que cette <( doctrine céleste ne tùt accompagnée de la vertu du (( Saint-Esprit en quelques-uns. Dieu a voulu que ce <( fût ce ministère de l'Esprit, et que ce titre lui convint « toujours , et en tous lieux , et en tout temps ; et ce (t titre ne lui conviendrait de la fagon , si elle pouvait <c être annoncée en quelque lieu , où elle ne déployât <( du tout aucune efficace. )>
Voilà de grandes vérités que ce ministre et professeur dans la plus célèbre académie des prétendus réformés en France, a été contraint d^avouer, ébloui de leur éclat et réduit à Pimpossibilité de les nier :
1 "" Que dans TEglise romaine Ton prêche tous les points de doctrine nécessaires à salut.
2'' Que Ton n^en soustrait aucun de ceux qui sont absolument nécessaires pour être sauvé.
3"" Que cette doctrine céleste est accompagnée de la vertu du Saint-Esprit en quelques-uns.
4° Que ce titre de céleste et ce privilège d^être ac-
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compagnéc de la vertu du Saint-Esprit , convient à la doctrine de l^giise romaine (( en tous lieux )> , et par conséquent à Rome, à Paris, en Italie, en France, en Angleterre , en Allemagne , en Espagne , sur mer et sur terre.
S"" Que le même titre lui convient a toujours et en a tout temps i> , et par conséquent que la doctrine de TEglise romaine était céleste , lors même que Luther et Calvin se jetèrent dans la rébellion , et entreprirent de la faire passer pour fausse , remplie d'^erreur , et contraire à TEvangile ; celui qui parle en ces termes : « toujours et en tout temps » , n^exclut ni siècle , ni jour , ni moment.
LE MÊME
<( Les moines prêcheurs ne sont pas absolument sans » vocation , quand ils sont autorisés du consentement <( du peuple et de la mission de TEvèque. »
Les évèques sont donc les véritables pasteurs des âmes , puisqu'ils peuvent donner une mission capable de rendre légitime la vocation de ceu^ qui prêchent.
(1) Pag. 543.
LE MÊME
<c Ajoutez à cela que nous'tenons pour nuls les sa* ce crements qui sont administrés par ceux qui n^ont « aucune charge publique en TEglise; et néanmoins a nous croyons que le baptême que les prêtres de « l^glise romaine administrent est bon et valide jus- <c ques à ce point , quMl ne se doit pas répéter : d^où il « s^ensuit nécessairement que nous tenons la vocation « d^administrer les sacrements , n^ètre pas absolument ce ruinée en cette Eglise. Or , qui a la vocation d^ada ministrer les sacrements , a selon nous la mission <c à toutes les autres fonctions du saint ministère. »
Comment s^étonner de nous entendre soutenir que TEglise romaine est reconnue des protestants pour vraie Eglise de Jésus-Christ , et que de leur aveu même , elle a tout ce qui est nécessaire au salut , puisque! n^y a rien dans TEglise romaine que leurs ministres a^approuvent et ne louent.
En effet , qu^est-ce que Ton peut désirer en une Eglise pour y faire son salut y et pour la reconnaître pour véritable Eglise de Jésus-Christ ?
Des pasteurs légitimes ? Amiraut nous a dit que la mission donnée par les évëques est bonne. Or elle ne le serait pas s^ils n^avaient le pouvoir de la donner ^
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et ils n^auraient pas ce pouvoir sMls n^étaient eux-mêmes de vrais et légitimes pasteurs.
Que les sacrements y soient administrés validement, et par ceux qui en sont les véritables ministres ? Amiraut vient de nous dire que ceux de la main desquels nous les recevras dans FEglise romaine , ont véritable yoeation peur lest administrer.
Une doctrine saine et coafonbe à l^Ëvwgile ? Amiraut soutient que eelle de PEglise romaine est céleste ^ et <accompagnée ^ la vertu du Saint-*E^rit , et que ce titre de céleste lui convient <c toujours , et en tous ce Reux ^ et en tous tesips. »
LE MÊME
EN SON SERMON SUR CES PAROLES DE SAINT PAUL AUX ROMAINS, CAP.I., VERS. 19. : CE QUI SE PEUT CONNAITRE DE DIEU , A ETE MANIFESTE EN EUX.
(c Le vrai et légitime service de Dieu consiste en « quatre sortes de devoirs : La confiance que la créa* ce ture doit prendre en sa bonté : L^invocation de son ff nom , pour obtenir ce qui est de notre nécessité : « L^action de grdces pour ses bienfaits : et Tobser- « vation des choses qui lui sont agréables en piété et « en justice. »
Or ces quatre devoirs , dans lesquels Amiraut met tout le vrai et légitime service de Dieu^ sont reçus et prêches dans TEglise romaine; elle a donc tout ce qui est nécessaire au salut : car il est impossible de rendre à Dieu un vrai et légitime service et de ne pas être sauvé.