VRAIE ÉGLISE DE JÉSUS - CHRIST
EN LAQUELLE CHACUN PEOT FAIRE SON SALUT (i)*
La foi triomphe de Thérésie avec tant d^éclat \ les )[)ertes que la religion prétendue réformée fait tous lés jours 9 de ceux que la naissance et Téducation avaient engagés dans son parti , sont si considérables , et Ton voit depuis quelques années tant de personnes , de tout sexe et de toute conâition, se présenter pour faire abju^ ration de leurs erreurs et profession de la religion ca^ tholique, apostolique et romaine, que ce n^est pas sans raison qu^on regarde généralement le calvinisme comme sur son déclin ; tout porte à croire que le sort de cette hérésie va bientôt être le même que celui des, autres qui Tout précédée, et dont ordinairement le même siècle a vu le commencement et la fin.
M. Claude , ministre à Charenton , et dont la réputation est si grande parmi les prétendus réformés , dit^
(1) Celle dUscriation csl du Père Bernard Meynîer, do la compagnî© i^Jénw', Paris» 1080-
au second sermon des cinq qu^il a donnés au public, sur la parabole des Noces : a Qu^ils regardent leur relia gion comme une religion mourante , à qui ils disent : « Va-t'en en paix. )>
Ces conversions , néanmoins si fréquentes , donnent sujet à quelques personnes , dont on ne saurait révoquer en doute ni le zèle ni la pureté d'intention , mais dont Tesprit n'est pas assez éclairé 9 de tenir des discours qui , pour leur paraître innocents , et ne rien présenter d'abord que d'honorable pour l'Eglise romaine , ne laissent pas de lui être injurieux , et de lui ravir un des plus grands avantages qu'elle a toujours eu sur toutes les Eglises errantes et sur toutes les fausses religions.
On entend , en effet , ces personnes , dans le transport de la joie que leur inspire le retour de nos frères égarés, dire ouvertement que Dieu^ enfin, a fait aux prétendus réformés de 90s temps , la grâce de reconnaître que l'Eglise romaine est la véritable Eglise de Jésus-Qirist^ qu'elle possède toutes les vérités et toutes les pratiques nécessaires au salut , et que l'on peut y vivre et mourir saintement : grâce précieuse qu'il n'a point faite à leurs devanciers , qui sont morts dans la profe$sioQ du calvinisme»
■s J'avûue que Dieu accorde à tous les hérétiques de notre temps la grâce de connaître que l'Eglise romaine est la vraie Eglise de Jésus-Christ , et que c'est une des grâces les plus signalées dont la divine miséricorde puî^e favoriser les esprits égarés, et ceux-là particulièrement à qui, dès le berceau , on a donné de fausses impressions sur l'Eglise romaine y la faisant passer dans
leur esprit poir une idolâtrie , et, par guite de eette idolâtrie , pour une épouse infidèle répudiée de son époux; mais it n'est pas vrai que Dieu nVit point fait la même grâce aux lutiiériens et aux eatvinistes du siècle précédent , ainsi qu^à tous ceux (fA , avant notre époque , sont morts dans la profession de la religion protestante.
Cette lumière ne leur a point été r^sée , cette vérité n^a point été cachée à leurs regards ; ils n^ont pas méconnu cette gloire de TEglise , dont le Pape ^ évèqoe de Rome , est le chef , et qui pour cette raison est appelée romaine, parce qu^elle reconnaît Tévèque de Rome pour successeur de saint Pierre , pour vicaire général de Jésus-Christ dans le monde, et pour pasteur de ses brebis comme de ses agneaux. Les premiers protestants en ont été convaincus aussi bien que ceux de notre tem]|^}(pl9 n^a été là, pour eux, ni un aecret, ni un mystère voilé 4e ténèbres ; et ils ont été si fortemeiit persuadés de cette vérité ^ 4|u^ils n^ont pu s^empècher de 1-avouer et de la publier solennellement dans leurs ouvrages*
C^est davantage que TEglise romaine a toujours eu, et qu^elle aurajusqu^à la consommation des siècles, de porter sur son front des marques de véritable épouse de Jésus-?Ç^hrist , marques si visibles , si sensibles , si éclatantes, que non-^seiilement ses ^enfants , mais micore ses ennemis en sont éblouis, et forcés, quelque guerre qfx^ils lui fassent, de reconnaître en elle cet aiMguste caractère. Ainsi Ton ne peut point, sans 6ter à cette époqse du roi du Calvaire et à cette reine de toutes les nations un des plus beaux fleurons de sa couronne ,
4 l^ëglise
dire que les protestants de nos temps ont seuls obtenu la grftce de la reconnaître j)our vraie Eglise de Jésus- Christ; cette grâce a été ^ussi accordée à leurs prétendus réformateurs vy aux chefs de leurs sectes, aux plus anciens et aux plus savants de leurs ministres et de leurs docteurs, à ceux qui sont morts et ne par,, lent plus , aussi bien qu^à ceux qui vivent et parlent encore ; et afin que nul ne doute, à Tavenir, de cette vérité, voici ce qu^ils disent de TEglise romaine et l-éloge qu^ils en ont fait dans leurs écrits.