‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 4 sur 108 · EN SA RÉPONSE A SYLVESTRE PRIERAS · texte numérisé non relu

EN SA RÉPONSE A SYLVESTRE PRIERAS

a J^approuve fort cette assertion , que la foi de tous « doit être réglée pat la foi de TEglise romaine et <( qu'elle lui doit être conforme , car moi-même , je <c rends grâces à Christ, d^avoir, par un grand miracle, «( qui seul est capable de convaincre que notre foi n^a a rien qui ne soit vrai , conservé tellement cette seule « Eglise en terre , qu^élle ne s^est jamais éloignée de <( la foi par aucun de ses décrets : ni le diable n^a pu a jamais avec les abîmes de tant de perverses mœurs , <( faire que Tautorité. des livres canoniques de la Bible , « des Pères de TEglise et des Interprètes f ne demeurât <( depuis le commencement dans cette Eglise. i>

Dans ces paroles , non-seulement Luther avoue que PEglise romaine est la véritable Eglise de Jésus-Christ et que Ton y peut faire son salut , mais encore il sou- 4ient qu^elle seule est PEglise de Jésus-Christ , et que

ROAIAINB.. 5'i

Ton ne peut point être sauvé , si Ton ne meurt dans la profession de sa cre'ance. Et, en effet y écrire <( que la <( foi de tous doit être réglée par la foi de TEglise ro- H maine et qu^elIe doit lui être conforme , i> n'est-ce pas dire que chaeun doit avoir la même foi que TEglise romaine, et croire ce qu'elle croit ? et n'est-ce pas sou-, tenir que ceux qui ont une. créanee contraire à celle de TEglise romainct n^ont point la foi chrétienne , qui seule est la vraie foi ?0r, ^ans la vraie foi peut-on être sauvé ?

Ecrire que TEglise romaine est la seule a qui ne s^est c( jamais éloignée de la foi par aucun de ses décrets , )> et ajouter que c^est un miracle si grand ^. que , même seul , il est une preuve convaincante de la vérité de notre croyance, n'^est-ce pas avouetquQ TEglise romaine n^a- point et n^a jamais eu dWeur qui choque la foi ; et que cet avantage de n^avoir jamais approuvé par ses décisions et par ses décrets aucune doctrine opposée à la foi ^est un OHracIe continuel , à la faveur duquel l'on peut connaître qu^il n'^y a point dWre Eglise qui soit la véritable Eglise de Jésus-Ghsist ?

Enfin, donner ouvertement à l^glise romaine crtto louange , que toutes les puissances de Tenfer , quelques efforts qu^elles aient feits, n^ont jamais pu lui ravii* ces grands trésors u de Tautorité des livres canoniques , des « Pères de PEglise et des Interprètes » de TEcriture ^ n^est-ce pas accorder que PEglise romaine a les vraies Ecritures , et par conséquent la pure parole de Dieu ; qu^elle a la créance et la foi de la primitive EgUse , qui nedifiëre en rien du consentement unanime des Pères et des Docteurs des quatre ou cinq premiers siècles ?

L^EGLISB

LE MEME

Jiti SA DECLÀtlAtlON DE CERTAINS ARTICLES.

<( Il e^ certaitt que Diea a honbré l^liâe t*ôinMiiè sur fouMs his attires : éai^ tfeët ëh ecftfé Eglise que saint Pierre et saint Panl, qaarantiB^^sk pape^^ et des millions de martyrs ont répandn letir sang et triomphé de la mort et de IVnfer. La déférence donc singulière que Ton doft avcnr tK)nr cette Eglise est sensible j et A maintenant k Rome les choses y sont en tel état qu^il serait à désirer qnVUes y fiassent mieux réglées ; néatnâoins , ni ces désordres iii nulle autre cause lie ddveiit tms pottxr à noifl sépkrér et à hoùs (f éloigner de cette Eglise; bien loin dé cela , plus Tétat (( auquel les choses y sont est pitoyable , plus nous de- <Y TOUS y accourir et nous tenir attachés à elle ; car par <c la séparation et par le mépris Ton n^ tnct pas ordre. » Ltiher ne ponvait pas condamner plus hautement sa conduite et celle de Calvin, ni déclarer plus ourertement que leur prétenAve réforme est xm vrai schisme et une férttiMe apostasie de la foi.

(^mid mènae tout ce que les plmnes les plus en?enimées oui écrit de là' codr de Rome serait véritable , et que toutes les inventions de la calomnie contre les papes et les cardinaux seraient i^rtaines, w n^est pas là, néanmoins , de Taveu de Luther^ une cause légitiine de schisme, et mri n'a droit , sons ce prétexte j de rom])re avec nSglise romaine^ de fanre une nouvelle religkm. La foi chrétienne et la vie des chrétiens fia doctrine

ROBfAIME. %

et les mœurs j sont deux choses bien différentes : les. désordres de la vie font dësbomeur à la pureté et à la sainteté de la foi f mais ne ^altèrent pas } ik ne la rendent ni moins évangélique ni moins divine, et la (toetrine ne laisse pas iPëtté eéksite et ofâMidoxe , encore que la yie de ceux qui en font préfeslrion soit animale et coordamnée dansil^vangile..

LE MÊME

eONTR& LES AlfAAAPTISTCS.

ff Nous confessons que sous ta papauté Ton . trouve « une grande partie de ce que le christianisme a de bon, <( et même tout ce que le christianisme a.de bon , et que « c^est de là qu^il est venu à nous. »

Nous avons donc , de Taveu de Luther, dans l^glise^ romaine, ou, pour me servir de ses expressions , a sous <( la papauté, » non-seulement h une grande partie de (c ce que le christianisme a de bon , » mais encore « tout c( ce qu^il a de bon , )> et par conséquent, nous avonsi tout ce que l^glise avait de bon du temps des Apôtres et dans tes premiers siècles ; car , et les catlmliques et les {protestants sont d^aocord qui! [n^ a point d^autre christianisme qne celui dont les Apôtres et la primitive Eglise ont fait professtoné

Avouer ^e llSglise romaine a tout ce que le christianisme a de bon , c'est avouer que tout ce que la religion protestante a, et que t^Eglî^e romaine rejette et condamne, ne vaut rien ; parce que s^il était bon et s^il valait

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cfuelque chose , Fasscrtion de Luther , savoir que dansi la papauté Ton trouve <( tout ce que le christianisme a « de bon , » ne serait pas véritable.

Par exemple : l'égalité des ministres, ou, comme ils les nomme , des pasteurs , est dans la religion prétendue réformée : cette égalité n^est donc pas bonne dans le christianisme , puisqu'elle n'est pas dans |a papauté , où Ton trouve « tout ce que le christianisme a de bon. » Cette créance des calvinistes que le corps de Jésus* Christ n'a point dans l'Eucharistie une existence corpoporelle et locale , que la substance du pain et du vin y restent toujours , et qu'il ne faut point y adorer Jésus- Christ , n'est pas bonne dans le christianisme , pmsqu'elle n^est pas dans la papauté ^ où Ton trouva n tout cr ce que le christianisme a de bon, n. .

LE MÊME

CONTRE LBS ANABAPTISTES •!

<c Je dis encore que le vrai christianisme est sous la « papauté , et même le noyau du christianisme. »

Luther ne se ccmtente pas d'avouer que le christia-' nisme dont on fait profession dans l'Eglise romaiat est « le vrai christianisme, » et, par conséquent, que ceux qui vivent dans l'Eglise romaine sont les véritables chrétiens et les véritables fidèles , mais encore il soutient que le christianisme y est dans sa pureté et dans sa perfection. En effet , avancer que « 4e noyau du christianisme est f dans la papauté , » c'est accorder que pour trouver ce

qu'il y a de plus parfait et de plus diiin dans le diristia-^ nisme , il faut le cbereher dans cette Eglise qui recon-. naît le pape pour son chef visible , et pour pasteur de toys les cbrétienst

LE MÊME

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