‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 31 sur 108 · DE LA REPUBLIQUE ECCLESIASTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA REPUBLIQUE ECCLESIASTIQUE

f< Et parce que ces erreurs, il parle des erreurs ff qu'il preiend être dans F Eglise romaine , ne sont

(l)Liv. IpCh. 3LViii,ii, 58t

n pas contraires ït la foi, et De porteat point avec elles u un dëfaut , ainsi que je t'ai expliqué ailleurs } mftit un u excès de foi ; poar cette raison , l'Eglise romaine a qui est maiotenant , Be perd pas la qualité de vraie « Eglise i car avec la succesùoa des personnes depuis « saint Pierre > il y a eu anssi toujours succession de a cette doctrine et de cette foi entière et pure que « celte Eglise avût regue premièrement de saint Pierre a et de saint Paul , et cette succession y persévère au- 1 jourd^hui, encore que plusieurs choses superstitieuses, a plusieurs fausses , et plusieurs seulement probables, a et qui n''appartiennent pas à la foi , y aient été ajou- « tées. Que l^glise romaine se glorifie donc avec tous a ceux qui sont de sa communion , d^avoir par le moyen a de la succession l'ancienneté de la foi dans les articles K vrais, fondamentaux et Décessalres;'car elle a sujet % et droit de s^cD glorifier. »

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a Plusieurs protestants se sont séparés entièrement c de TEglise romaine , et des autres Eglises soumises a au pape , parce qu^ils croyent que TéTèque de Rome « est t'Antccfarist , et que toutes les Eglises qui sont a sous lui , sont des Eglises aath-chréticoiies , et par a conséquent détestables , abominables , et avec les- "■ quelles les vrais catholiques ne doivent point avoit de

Cl) I.I». vu , cil.

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jK commerce. Quant à moi , il me sera fecite , comme « J6 Taspère, de montrer au chapitre suivant, qui sera ce le onzitoie ^ que les protestants et les papistes sont (c nets de toute tache d -hérésie , et je ferai voir que nul a des deux partis ne peut à raison d^hérésie se séparer ti pun de Tautre, nul d^euz n^étant infecté d^aucui^ ce hérésie* fraie et formelle. Quant à P Antéchrist, je ne <c m^en mets point en peine ; les écritures où il est « parlé de lui sont des prophéties et obscures. Je ne « crois point encore que Tévëque de Rome s^'oppose à <c CSirist , ou se fesse égal simplement à lui ; il se oc fait vicaire de Christ en terre , cela n^est pas anti-- « chrétien , parce que tous les Apôtres ont été vicafres « de Christ , et maintenant tous les éyèques le sont ^ et c^cst-à-dire serviteurs et coopérateurs , et ministres « dans la fondation et gouvernement de FEglise. De « se faire seul vicaire général , c'est ambition , c\*st (c usurpation , cela est intolérable ; mais cela ne Ta (( point encore rendu Antéchrist y et celui-là ne peut « pas être FAntechrist qui prêche Christ , qui Pexalte, (c qui le reconnaît pour vrai Dieu et vrai Homme , qu; c( se dit son serviteur , qui reconnaît , qui avoue et qui « professe que la dignité en laquelle il est , relève et <c tient tout son éclat de la souveraine excellence et de (K la Divinité de Christ , en telle manière que si dans (c Tesprit des hommes séduits Jésus-Christ était dé- (( pouillé de sa Divinité et de sa Majesté, ce que tout f< le monde sait que TAntechrist tâchera de faire , le (( pape serait tout-à-fait dégradé , comme n'étant élevé a que parce qu'en terre il est à la place de Christ , et

fi enfin qui retient et qui enseigne la vraie fol en Christ « toute et entière. Quant au mélange qu'il a lait d» « plusieurs choses busses , illé^times et incertaines « avec la foi , cela assurément ne peut pas faire qu'il « soit fAntechrist. Mais passe qu'il soit le vrai Antea christ, qull abonde autant qn^il lui plaira, en son « sens , c^est de lui seulement qu'il faudra se garder , a afin qu'aucun ne se soumette à lui , en tant quil est (I l'Aotechrist ; mais avoir en horreur des Eglises qui « gémissent en étant opprimées , s'en éloigner et s^en « séparer , tandis qu^elles conservent entière et retlen* « nent la foi de Christ , cela certainement est un schiste me indigne, et qui n'est pas sans reproche. Il faut a entretenir la communion avec la vraie Eglise , et qui a est véritablement catholique , et avec chacun ^e ses « membres vivants , et ni)l ne peut s'en éloigner et « s'en séparer, et élever autel contre autel sans être « schismatique ; néanmoins il ne faut en aucune maa nière comniunîquer aux erreurs , aux superstitions et a aux faussetés, n

Voilà les penséefi et les paroles de deux grands ennemis de l'Eglise romaine ; il lui rendent cette justice et lui donnent cette louange de n'avoir aucune erreur contraire à la foi, d'être vraie Eglise de Christ , et ne craignent pas de soutenir que nul ne peut s'en aéparer sins se rendre comptable de schisme deyant Dien,

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