‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 33 sur 108 · M. PAILLE · texte numérisé non relu

M. PAILLE

MINISTRE A CHARENTON, EN lVpQLOGIE DES ÉGLISES.

PRETBNPUES REFORMEES.

« L^Eglise (70 parle de la romaine et de cetcx qui c en sont , ) en laquelle ils vivent est innocente de leurs (( erreurs ; condamnant hautement , et souvent même (i par leur propre bouche les taches et les désordre^ (( de leur vie.

« Nul pour entrer en la communion n^était contraint

« par son autorité de servir aucun des vices qui avaient « vogue au milieu d^eux ; Ton pouvait y vivre , et s^a-*> M donner à Thonnéteté et à la justice , et jamais la (( corruption, n^y a gagné si avant que les mauvaises « mœurs y aient été autorisées par les lois publiques. H Au contraire , durant les temps les plus calamiteux ^ H bien que sa voix fût faible et languissante; tant y a <( qu^elle a toujours fait voir un grand zèle contre les (( débordements du siècle, et souvent ceux-là mêmes qui '( en donnaient Pexemple en leur vie , en prêchaient et « en déploraient Thorreur en leur chaire. »

Ecrire que TEglise romaine a est innocente des er-^ « reurs » des particuliers qui y vivent , c^est avouer qu^elle a conservé jusqu^à présent la pureté de la foi et de la doctrine évangélique , qu^elle n^a jamais erré dans les Conciles, ni commandé de croire aucune chose qui ne (dt conforme à la créance des Apôtres et de l^Ëglise primitive. En effet j qui ne voit que si le Saint-* Esprit avait abandonné lIEglise romaine , au point de permettre que par ses décisions , par ses canons et par ses décrets , elle autorisât la mohidre erreur , elle ne serait pas <( innocente des erreurs » de ceux qui auraient rCQU ces décisions et ces faux oracles.

Donner cette louange à l^glise romaine d^avoir toujours condamné < les taches et les désordres de la vie » dans les pécheurs , c'est publier que sa morale n^a jamais été. relâchée , et qu^en la conduite de nos actions, elle ne s^est jamais éloignée de la vérité ni du chemin étroit dont il est parlé dans TËvangile , et dont la direction mène au ciel.

1 i 0 L^ÉGLISE

Keconaaltre de bonne foi , que « nul pour entrer eii « sa communion n^était contraint par son autorité de « servir aucun des vices qui avaient vogue au milieu « dVUe , » c^est condamner ouvertement le schisme que Luther , que Zuingle , que Calvin , et que lenrd sectateurs ont feit , quand ils se sont séparés de sa communion , et accorder que Fambition et le liberti-^ nage ont été les véritableâ et lés uniques motifs dé la séparation.

Pourquoi , en effet , s^en séparer ? Quelle raison dé lui déclarer la guerre ? Qu^ voyait-on qui demandai cette désertion et cette apostasie ? Des erreurs dans les esprits et dans les écrits de qqelques-^uns de ses en^ fants ? Elle était t innocente de leurs erreurs , » des taches et des désordres dans leur vie. Elle a con-^

< damnait hautement et souvent même par leur propre

< bouche ces taches et ces désordres. > Des vices qui avaient vogue au milieu d^elle ? « Nul n'était contraint « par son autorité de servir aucun de ces vices. »

Rendre cette justice à TEglisè romaine que Ton 4 peut y vivre et s^adonner à Thonnëteté et à la jus- « tice y » n^est-ce pas dire à tous les calvinistes , qu^ils pourront y faire leur salut, et y devenir de grands saints. Une &me qui s^adonne à rhonnëteté et à la justice est-elle ennemie de Dieu ? Y a-t-il crainte de damnation et d^enfer pour elle ? La sainteté est-elle autre chose que la justice , et être juste n^est-ce pas être saint ? L^Ëcriture quand elle nous parle de la maison de Dieu et de la porte du ciel , ne nous ditelle pas que les justes y entreront ? Et le Saint-Esprit

voulant nous donner une haute idée de la vertu et de la sainteté de Joseph, époux de la vierge Marie, et dans le sentiment des hommes , père de Jésus-Christ , lui at-il donné dans TEvangiie d^autre qualité que celle de juste ?

Avouer que dans PEglise romaine , < jamais la cora ruptîon n^a gagné si avant que les mauvaises mœurs « y aient été autorisées par les lois publiques , d c'est donner à ses commandements , à ses règlements et à sa discipline la louange que David donne à la loi de Dieu , qu^il appelle immaculée convertissant les âmes , puisqu^un pécheur pour se convertir n^a qu^à vivre selon les lois qui n'autorisent point les mauvaises mœurs.

Au reste , il ne faut pas croire que ce soit le seul M. Daillé qui parle en cette apologie , et qui fait cet éloge 4e TEglise romaine ; c^est encore M. Aubertin , c^est M. Mestrezat , e^est M. Drelincourt, ministres d0 Charenton aussi bien que Im' : ils ont assez déclaré quMIs étaient du même sentiment quand ils Pont approuvée ; ou plutôt disons que c^est tout le consistoire de Charenton ; c^est tout le synode provincial des prétendus réformés de nie-de-France , de Brie , de Champagne, de Picardie et du pays Ghartrain, par ordre duquel M. Daillé a écrit et publié cet ouvrage.

M. Daillé est mort , M. Aubertin , M. Mestrezat et M. Drelincourt ne sont plus en vie , et la plupart aussi sans doute des ministres et des anciens qui composaient ce synode et ce consistoire , sont là où est maintenant M. Daillé ; ce serait dooc en vain que je m^adrcsserais à

f 1 2 ^ l'église

eux , ils ne sont plus en état de me répondre ; mais j'ai sujet d'espérer que ceux qui ont succédé à MM. Daiiié j Aubértin , Mesluezat et Drelincourt dans le ministère de Charenton ; et même que tous les pré-* tendus réformés du royaume , en faveur desquels cette apologie a été écrite, feront iréflelcion sur ce que m^inspire le zèle dont je suis animé pour le salut de leurs &mes , et qu'ils ne refuseront pas de me donner deâ éclaircissements sur quelques doutes que *'ai à leur proposer.

Messieurs i que voyez-vous dails l'Eglise romaine qui la dégl^ade j et qui lui ôte la qualité de vraie Eglise de Jésus-Qirist ? Qu'y décoilvrez-vous qui puisse empêcher un chrétien d'y faire son salut ? Et quel sujet vous a-t-elle donné de vous en séparer ?

Est-ce la créance de la réalité ou existence corporelle et locale de Jésus-Christ en l'Eucharistie ? Lisez cette apologie de M. Daillé, et vous y trouverez : « Que cette a opinion n'a aucun venin ; qu'elle n'abolit point le sa- « crement ; qu'elle ne ruine point le signe dont il con- « siste, et qu'elle peut et doit être par conséquent sup- « portée i et que c'est le jugement que l'on en a fait c toujours parmi vous. » Lisez encore sa lettre à M. de Meuglât , il lui écrit en ces termes : « Si TEglise ro- « maine n'eût eu aucune autre erreur que celle-là , « nous accordons volontiers qu^elle ne nous eût pas c donné un suffisant sujet de nous séparer d'elle. »

Est-ce Fadoration de Jésus-Christ en l'Eucharistie ? Continuez de lire l'apologie , l'auteur vous y dira : « Que « l'adoration de TEucharistie est une suite de notre doc-*^

KOMÀtNB. 413

% triàé sar ce point , et quant au droit , et quant au fait;

< qÊUA au droit I car si le 'aiifet que l\>n nomuie aacre-

< ment de l^ucharistie est en la âibstahoe noir du pain ^ « connue vous ta croyez , mais lé coips de Gbrist, a comme ûous le tendus » il est éyident qu^on le peut

< et doit adorer, attendu que le corps de Christ est un c sujet adorable, i»

Etès^fdus dans Terreur de croire que PEucharistie qui repose sur nos autels <, et que les prêtres , quand ils disent la messe ^ élèvent et montrent au peuple^ soit une idole ? Pour quitter ces fatisses Impressions ', que quelques-uns de vos ministres vous ont données^ con* iultèz la même apologie : « Là n^advienne , vous y « dira M\ Daillé \ que nous laissions cet outrage à t notre MaitrCi de fégaler à des idoles! Gràoes à Dieu^ « nous avons de l^ucharistie une autre opirnoU : noui € la f^ons, comme elle Test en effet, pour le très saint « sacrement du corps et du sang du Sèigùeur.... .••••; « Bien loin de lui donner ce profone nom d^dole , noua « ne voudrions pas même dire quelle soit simplement « du pain ; et sHl arrive à quetqu^uh des nôtres de parler '< ainsi, en disant que ce n^est que du pain , il faut en- « tendre quant à la substance de la chose, et non quant « à la vertu et à la dignité. »

Craignez'^ous dWe idolâtres si voui ffiédiissëz les genoux devant ce divin sacreibent, et si vous lui rendea Thonneur de né le recevoir qu^en cette posture? L^apologie guérira vos imaginations de cette illusion', que se prosterner et se mettre à genoux devant llËucha-* ristie^ c^est être idolâtre : c Grâces à Dieu, y dit

t14 L^£GUSE

M. Dailléj nous ne sommes pas si mal instruits que de faire scrupule de prendre le sacrement | genoux^ nos frères d^Angkterre ne le prennent point autre-inent , et quand nous communions a? ec eux p nous ne faisons aucune difficulté de nous accommoder è leur ordre , et cela est jtenii si indifférent , qu^en-* core que nous prenions la sainte communion debout^ nous 4iVxcluons point pourtant du nombre de nos frères :9 ni ceux qui i{i font assis, ni «eux qui la prenne à genoux, et si TE^ise romaine ne re-- •quérait aiAre chose de nous y ^inon que nous reças^ sions simpleflaent la< sainte communion à genoux , f aivoue que nous nVnrions nul siyet en cet endroit de nous séparer d^avec elle , puisque nous pour** « rions faire en bonne conscience ce qu^eile nous de- € V manderait* »

Est-ce l^onneur que nous rendons aux saints qui vous choque? Mais êtes -tous assez faibles d^esprits de condamner cette pratique d^idolàtfie, ou assez mal informés de notre créance , pour ne point savoir .que cet honneur rendu à ceux que nous ne saurions nous empêcher de regarder comme de pures créatures , est autant aiHdessous des hommages rendus à Dieu , que Dieu est au-dessus des êtres créés ? Si vous Tignorez , alle^ rapprendre de M. Daillé dans Tapologie : voyez comme il en parle. « Cette Rome même, dit^ilj dont «BOUS nous plaignons , est pour la plupart d^accord «avec nous en ce point. Car , bien qu'elle rend de « grands bonneurs à diverses créatures, si est-ce qu^elle «a toujours reconnu qu^ii y a une certaine espèce, de

ROBiAlRE. If 5

« service , qui ne doit ni ne peut sans sacrilège Mrè < rendu à autre qu'à Dien; Cést ce qu^elle appelle « communément Padoration de latrie , pour le distin- « guer d'avec les antres services qii'elle croit pouvoir k sans péché dé^t^r à ce qui n'est pas Dieu. »

Enfln^ sont£^ les imagés et la prière que nous disons devant elles \ qpi vdns peut ombrager? Faites réflexion $ur ce qui a donn^ sujet à Tapologiè ^ et sur le desseiii que M. Daillé s^y est proposé. FTest-cë pas de jiîstifier votre union avec h^ Itatbériens ? Or , pouvéz-Vous ignorer que les luthériens ont des crucifix , des images dé la Vierge Marie , et des figures des saints dans leurs Inmsohs , dans leurs temples ^ sur leurs autels , et quMls j^rient Dieu devant ces crucifix et devant ces images ? ce qui néanmoms n^a pas empêché votre synode national de Chàrentoh en Vin 1631 , de déclarer « que dans ^ leui* éulté il n^y a ni idolâtrie ni superstition. »

AprSs avoir rapporté les sentiments de quelques-uns des morts touchant llSglisé romaine , il est juste avant d'entendre les autres luthériens et cal'dnistes qui ne parlent plus que dans leurs écrits , et qu^on nis peut consulter que dans les bibliothèques ^ de donner audience à quelqiies-uns de ceux qiii sont encore en vie et considérés dans leur parti.

Je commencerai par MM. les ministres de Nismes \ à qui des raisons particulières demandent que je reàde cet honneur. Ils n'ont pas sans doute oublié ce qui se passa entré eux et nioi en 1658 , 1659 et 1660 ; tioi^ difl({rends de religion firent assez de bruit, et donnèrent sujet à tant de sermons et à tant décrits ^qu^l n'y a

pas lieu de s^étonner , si la mémoire en est encore fraîche dans le bas Languedoc.

Je les priais dans les Sermons de Gontroverse d^ Vannée 1658 et do commencement de 1659, de me donner ces articles de foi , quils appellent points fon-f damentaux de la religion chrétienne, dont il est si souvent parlé dans les écrits de leurs docteurs , et qui sont aujourd'hui leur dernier retranchement dans la dis*pute. Car, si Ton presse un ministre, ou sur la transsubstantiation, ou ^or la participation de llSucharistie sous 'une seule espèce , ou sur Tinvocation des saints , ou sur le respect x[ui est dû aux reliques et aux images , ou sur quelque autre matière controversée , son dernier retranchement est d'affirmer que ce nVst pas là un des points fondamentaux de la religion chrétienne , et qu'il est fort indifférent de le croire eu de ne le croire pas.

Je leur remontrais qu'un païen et qu'un infidèle qui se présenterait à leur consistoire pour recevoir le baptême , et faire profession de leur religion , serait en droit de leur demander ce qu'il faut croire précisément pour être chrétien , et qu'ils ne pourraient pas refuser de lui répondre et de le satisfaire , s'il leur disait : « Messieurs , je sais que dans votre religion et dans t votre confession de foi , il y a des articles qu'on est « obligé de croire sous peine de damnation éternelle , t et que vous appelez fondamentaux , et d'autres qu'on

< peut ne pas croire sans perdre ni la foi y ni l'amitié • de Dieu , ni le salut , et que vous appelez non fon-^

< damentaux ; je ne veux pas changer de religion en « enfant et en aveugle , ni faire profession de vo(re

< créanee^, sans savoir aaparavaiU^ ce que je suis prér « cisémeDt oblige de- croire ; donaec-moi ddoe ces arc tides quk^il ^ut DécesaairemeDt croire pour être sau- €. Té , cpie^ ToQ ne peot' rejeter sans être dâmùé^ et f que^pour cette raison tous appelé:? points fimdamenT f tau^de la religion chrétienne. »

Lf consistoire-de Nismes était alors composé de ces qtiatre ministres , Mv Rosselet , qui est décédé depuis , M*jGlaiidfr, qui est maintmanfr ministre à Charenton; M»:. Bfuguier ^ US, Roure et plusieurs anciens ; mais ces. points fondamentaux mirent dans un. étrange embarras et les ministres et les anoiens du consistoire, et ils> ne. savaient quel parti prendre.

D^un c6té;,iiB' consistoire décider ce grand différend des points fonditmentaux , sur lequel nul de leurs synodes nationaux n^a osé jusqu^ici se déclarer , outre que c^était s'exposer h être, non-seulement censuré, mais eneore désavoué de tout le parti , c^était encore donner des armes au prédicateur qui les demandait, car il ne devait pas manquer de continuer sa guerre ^ de prendre de grands^ avantages, et de triompher sur tous les articles de leur confession de foi , à qui on ne ferait pas l^honneur de les mettre parmi les points fondamentauxr mais quW abandonnerait comme une créance indifférente après tant de prêches , tant de disputes , et tant de livres faits pour leur défense.

Mais de Tautre aussi refuser de donner ces points, fondamentaux à un controversiste qui les demandait si souvent , et plusieurs fois la semaine , c^était avouer ce que je soutenais et ce que je soutiens encore , savoir.

as L^BGUSB

que la religion prétendue réformée est une religioi\ dan$ laquelle il a été impossible jusqu^'è présent de savoir ce que Ton est obligé de croire pour ^tre sauvé ^ cVtaît être toujours Œposé aux insultes de leur auditoire , qui allant au prêche dans cette espérance qu^on y répondrait au prédicateiir catholique , qu^on le sa-^. tisferait 9 et qu'enfin on donnerait ces points fondamentaux , était horriblement scandalisé du silence de tous les ministres sur ce différend ; e^était enfin abandonner le champ de bataille > et laisser leurs adeptes exposés aux justes et inooceptes persécntions des catholiques, qui, en «tous (es cercles et en toutes les rencontres, leur repr&entaient qu^iU ne pouvaient plus dou« ter de la fausseté àà leur prétendue réforme, en voyant qu^on n^ savait pas cç que Ton est obligé d^ croire pour, arriver au salut.

Enfin ils prirent le parii de garder le silence en chaire sur ces pointe fondamentaux, de n^en point parler dans leurs prêches , ni durant TAvent, ni durant le Carême, ni dans l'entre-deux , et d^attendre la fin du Carême , dans Tespoir que je me i^etirerais sans avoir eu le moyen (rcxaminer et de traiter la question en public ; mais ils prirent fort mal leurs mesures. Voici donc Técrit quIU pi^çnyoyèrçnt le 8 d^avril 1659.

. -nv. .. »..•. •

HPMAIME.. ii9

M. r^OSSELET', M. CLAUDE, M, BRUGUIEE

ET M, IIOUBE,

< ArltcUs Jondamentaux de la religion chrétienne ,^ 1 suffis«nts.etnéee«saires pour être sauvé.

c II y en a quatre opnunés. pratiques ^ etdeu^ ap- 1 pel4s spéculatifs*.

Les quatre pratiques sont :

Il 'K. Qtfîl faut aimer Dîcu seul ;

« n. Qu^il f^t aimer le proehain ;

« IIL Reconnaître sérieusement sa profonde mfsèfe;

« IV. Reconnaître et embrasser un Dieu miséficor- « dieux , pardonnant nos péchés par le seul sacrifice <f et la seule înort de son fils Jésuis^Cbrisf're^sukcité, « nous sanctififat par son ^esprit , et nous glorifiant eti « corps et en àme dans le ciel vde même qù^il doit punir « les méchante.

les deux spdcuiaHfsr^ qui s&ni supposés par hs

'"deux praiiqi€es , sont :,

« I; Connaître un seul Dieu créateur en trois pcr- « sonnes , Père, Fils et Siint-Esprit ; ^

« IL Connaître le Fils incariié/c^csf-à-dire Jésus- « Christ, qui en unité de personne est Dieu et Homme « tout ensemble. — Brugùiêr ^ ainsi signé. »

Celui qui fut député pour, me donner ces points fon-. damentaoKy me dit qu^Is étment appionvés des quatre ministres > et qu^ils les ferait approuver par le synodei provincial de Languedoc qui deyait s^assembler dans la mois prochain , et M* Rosselet , lé plus ftgé des ministres • et le plus ancien dans le ministère • fit le lende-*. main en son prêche savoir à son auditoire , qu^enfin son. collègue m^avait , par ordre du consistoire y envoyé 1^ points fondamentaux de leur religion.

Ces six articles fondamentaux ayant donné sujet à un^ petit ouvrage intitulé : c La Religion à six points , » M. Bruguier se crut obligé de répondre par un autre, qui porte ce titre : «. Disputes des points fondamentaux c de la foi , et de Finfaillibilité prétendue des conciles ç approuvés par Les papes. » Dans cet écrit il défend ses êix articles fpadamentaux comme « suffisants pour < être, sauvé , >. tellement que ses six points font damentau^i qui y écrits à la main , n^étaient que la déclaration de Messieurs les ministres efe du consistoirç de Nisn^es | deyinren^t 1^ déclaratiçn de tout le synode provincial des prétendus réformés du bas Languedoc ^ pu au moins , du colloque de Nismes.

£In effet , il est ordonné f dans leur discipline , que t les ministres et autres de TEglise réformée, ne pourri ront faire imprimer livres composés par eux ou autres « to^uchant la religion, ou autrement les publier, sans « (es communiquer aux colloques , ou, si besoin est, au « synode provincial ; et , en cas que la chose presse , « aux académies , ou à deux pasteurs nommés par le « synode qui attesteront de Texamcn par eux fait des*.

ROMAIIfB. 43t

n dits écrits (1). > Je ne puiis donc douter que le livre de M. Bruguier A^ait été communiqué, non-seulement à 1- académie qu% avaient alors à Nismes, ainsi qu^au colloque, mais encore au synode , parce qu^il s'assembla au même temps où il promettait de publier cette r^OQse i la religion à six points.

Il n^ignprait pas cet arrêté de leur synode, liational d^AIençon de Tan 1637 : « Sur la demande^jde la pnn , < vince de Poitou , que quiconque contreviendra à Tar- [« ticle XYi du ch^p. xrv de la discipline et règlement i < partipuljer pris en la province pour la publication des^

< livres , sera suspendu de son ministère. »

Mon dessein n^est pas d'^examiner maintenant si ces, six articles fondamental^ x spnt c suffisants pour être c sauvé. » L^ religion à six points , n^est qu^un examen et une réfutation de cette proposition. Il me suffit pour le présent , que ces c six articles fondamentaux « de la religion chrétienne , sqnt i:egardés dans la reli-

< gion prétendoe réformée comme < suffisants pour être « sauvé, » ceux qui les croient tels, étant contraints par nne conséquence nécessaire d^avouer que FEgliçe romaine est vraie Eglise de Jésus-Christ , et que Ton y trouve tous les moyens nécessaires pour arriver au salut, puisqu'elle a retenu toujours, et retient encore ses six articles fondamentaux , c suffisants pour être «sauvé. »

(I) Cn. iiv, art, 18.

1 22 L'ltGUfi£.

M. YIALA»^ .

HINISTRB A SOMMlèRtS^

« Nous réduisons les points fondameutam tt tibsoNr.

< iument nécessaires pour être sauvé, à six pqincipale'^

< ment, dont les quatre premiers sont pratiqua , et; les « deux autres spéculatifs.

f^oici les pratiques a

c i"" D^aime^ Dieu de tout son cœu^ et,* de toute. « soa Ame ;

« 2'' D^aimer nos prochains comme nous-mêmes ;

« 3** De reconnaître et sentir sa misère-;

« V De chercher la miséricorde de Dieu en J^sus- « Christ. »

Voici les spéculatifs.

% V De connaître un seul Dieu au monde ^

€ 2"* De connaître dans cette vérité la Trinité des.

< personnes , Père , Fils et Saint-Esprit. »

G^est la copie de récrit que M. Viala envoya au R, P. Reboul , pi?édicateur RecoUet , quelque temps après que j^eus rcQu celui de Messieurs les minbtres de Nismes, dont Sommières n^est éloigné que de trois ou ({uatre lieues; ainsi Ton ne peut pas douter que les ministres du Bas*Languedoc niaient agi alors de concert, et ne soient d^accord que les points fondamentaux (le la religion chrétienne , se réduisent en six rapporttfs.

ROHAIMB. 133

ci-dessus , et qui sont « soiBtairts pour Être samé, ■ L^Egliie romaÎDe regoit ces six poiats ; on y bit profession de les croire j oo y condimoe d^éréste cenï qui en rejettent quelqu^un ; on y a doQc tout ce qui eal nécessaire à salut.

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