LES EMPEREURS DU JAPON
« Pendant que ce prmce attn*ait les étrangers dans c son empire , il en bannissait les chrétiens ^ et pour « mieux dire , ceux de là religion romaine , à force de
< tourments. Ce prince était anhné contre eux , parce « quMs se multipliaient pljis quil ne souhaitait , et
< qu^il craignait que ce changement de rehgion ne « change&t la face des affiiires , et peut-être aussi de « l'État. Cette crainte lui mit en tète de les extermi-
(I) s. Malt. 10. — («) L. I., pag. 167.
ner , et de n'ëpdrgner qui qus ce fût qui embrassât la foi romaine. Entre les plus rudes exécutions qu^on fit de ces gens-là , celle du septième d^oetobre Tan mil six cent treize , est célébrée par un Jésuite nommé Hazard ^ et décrite comme il ^suit : « Quelque vingt personnes de tout Age de Vwi et de l'autre sexe, tant du Japon que de l^urope, (u^ rent misi»s sur des claies , et traînées au lieu du sup^ pliee. Ce lieu était à demi-heure d'Arîma , où Ton avait bâti exprès une grange couverte de paille , et soutenue de huit piliers. Ce qu'il y a de surprenant , c'est qu'encore que le seul soupi^on d'être de la religion romaine fot un crime capital , plus de vingt lâille pelrsonnes les accompagnèrent jusque-là , une torche ardente à la main , et la guirlande sur la tète; « ces nouveaux convertis marchaient six à six le long « du chemin, chantant les Litanies de la Vierge et f de tous les Saints. C^ux qui devaient être exécutés fr entrèrent avec joie dans la grange , les uns embras- « saut les piliers , d'autres baisant la terre , et tous « chantant qu'ils ne mouraient que pour jouir d'une 9 meilleure vie. Pendant que les bourreaux les atta- ^ chaient à ces piliers , il en échappa un qui monta sur « la couverture , pour dire à pleine voix ce qui suit à « ses compatriotes : C^est aujourd'hui, chers frères, que « la vertu de la foi chrétienne se manifeste en nous } « nous voyons le feu qui doit nous brûler , mais nous (f le voyons sans trembler, parce que nous savons qu'il « ne peut détruire que ce corps mortel ; qui, malgré les ^ bourreaux , ressuscitera au dernier jour , pour être
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« admis à une gloire immortelle et incorruptible. Sa-
a harangue acheTée , il descendit pour être Ké comme
< le& autres ; lorsque tous furent garrotës* , le recteur
< des jésuites , qui était du nombre de ces misérables , a que les bourreaux venaient de fouetter, tira de sa a poche un eccb homo , ( c^est utie image représena taut un Sauveur lié et flagellé) et la montrant à ceux a qui souffraient avec lui : Souvenez-vous , dU^il , chers « friires,:j(pie.rétat où vous ète& représente celui où « Pilate mit autrefois votre Maître et le mien. Celui: « pour qui vous allez mo^irir f est le même Dieu qui a est mort pour vous rendre dignes; de la gloire où a vous allez entrer y. et qui. est assis- dans le oie) à la « droite de Dieu son Père , d^où il vous tend lés'1>ras « pour vous plonger dans les délices que ses sonf- <t frances vous ont. acquises. Son exhortation étant « finie ^ le (bu fut mis à quantité de pieux fichés |tout « autour de la grange ; chacun y étant attaché h trois n pieds Fun.de Pautr^v^î "^^^^i qii*ilis brûlaient à petit « feu. » • , '
« Le jésuite Hazard ajoute que le feu ayant con-.
« sumé les liens d^une japonais ,< eette sainte fille se.
« voj^ant libre 9 bieu loin de chercher à s^enfuir^ ramassa:
<i des charbons ardents , dont eUe fit une guirlande
a qu^elIe mit sur sa. tète, d^un sens aussi rassis et
« d^un visage aussi riant que si elle eût été dans un
<« parterre délicieux. En même temps son frère qui
« n^avait que douze ans , se voyant aussi libre de h
« même manière, bien loin de vouloir sVvader (tant
« cerfaînc3 familles sont fécondes en belles action> ^
c en vertu , et en sainteté; ) bien loin, dis-je, de « s^évader comme eût fait une àme commune , il courut a à sa mère au travers des flammes, c^est un jésuite qui « parle , et lui fit mille caresses ; la mère de son côté « ravie de joie d^avoir un fils si digne d^elIe , Tembrassa, « le baisa , et lui fit dire , jesus maria ; cent autres « belles circonstances accompagnèrent cette action. Je « les rapporterais ici , sans que le jésuite Hazard en a « fait une relation si fidèle et si pathétique , qu^il m^est
f( ^ impossible de Timiter, j^y renvoie le pie^x lecleur, )>
LE MÊME
« Sur ces entrefaites on eut avis qu^un frère-mineur A nommé Gainez , était dans la ville de Jedo , où a comme les Jésuites il enseignait le christianisme. « On Vy fit chercher, mais en vain, le moine ayant eu « le bonheur d^en sortir sans être connu. G)mme il « était de conséquence de s^assurer de ce dogmatiste^ « on le suivit de si près quMl fut pris comme il s^cmbar- « quait pour passer le trait et mené en prisQn « d'où il « ne "sortit quelques jours après que ppur.èlre brûlé « avec les deux jésuites dont nous venons de parler, et « quarante-sept Japonais qui s^étaient faits chrétiens. « Dès la prison on leur jeta la [corde m cou , et les « mains liées derrière le dos , on les fit marcher an lien
[\) Part. H.
1 56 L^ÉGLISC
« du supplice. Le jésuite à cheval , et portant écrit sur a sa poitrine son nom en grosses lettres , marchait à « la tète de ces cinquante hommes ; son compagnon « Jempo était à pied avec quinze autres ; tous les au* « très étaient à cheval précédés de Faramondone^ de a ce gentilhomme qui avait eu les doigts des pieds et « des mains coupés, et du frère-mineur Galuez. Devant « Faramondone , un hérault criait de temps en temps, « que si Pempereur n^épargnait pas son propre neveu, « beaucoup moins épargnerait-il eaux qui comme lui « embrasseraient la religion romaine ; quMl Pavait con- « damné au feu , afin que tout le monde sût qu^'l n^y << avait aucune grâce à espérer pour les chrétiens. Ce « fut dans ce triste équipage que les chrétiens furent « menés hors de Jedo du côté de Cami , où cinquante « poteaux étaient plantés à peu de distance les uns des « autres , tous environnés de monceaux de bois , de « la manière que nous avons dit ci-dessus. Le lieu du « supplice était entouré de mousquetaires et de pia quiers ; txk sorte néanmoins que tous assistants pou-^ « vaient voir ce qui se passait , d'autant mieux que la. « tragédie se devait jouer dans une plaine , qui d\it|. <( côté était bornée d\ine montagne sur la croupe dp « laquelle on avait bâti des amphithéâtres , d^où les « nobles voyaient à leur aise. Il est peut-être assez « inutile de rapporter icr les noms de ces athlètes , « dont la plupart sont noms barbares ; mais parce que « c^est la coutume d'en user de la sorte, et qu'il s'cra- « blerait que je voulusse m'opposer à leur gloire , le a lecteur saura qu'ils se nommaient : Léon TaquJus « Confiqui I etc. -
ROMAINE. Ig?
Oi Durant que c^s Japonais brûlaient , et qu'ils je- « taient des cris effroyables , le gentilhomme, le frère- « mineur et le jésuite demeurèrent à cheval , d^où ils « contemplaient à loisir ce que souffraient leurs com- <i gagnons ) et ce qu^ils souffrirent eux-mêmes incon- « tinent après. Ce spectacle quoique terrible, n^em- « pécha pas deux Japonaises de se présenter devant les « juges 9 et de confesser qu^elles étaient chrétiennes , « dans l'opinion peut-être qu^on les brûlerait sur le « champ, mais on se contenta de les faire mettre en « prison.
« Cette funeste exécution fut suivie de la rigoureuse
< recherche qu^on Gt des receleurs de ceux qui venaient
< d'hêtre exécutas. Entre ces receleurs se trouvèrent six « femmes, et une entre autres nommée Marie, mère de « Léon Confiqui qui avait logé le jésuite ; toutes ces « femmes étant convaincues d^avoir ou logé les chré- « tiens ou répondu pour eux à leurs créanciers, furent « condamnées à être brûlées comme les autres , parce « seulement qu^elles étaient chrétiennes ; car ceux ou « celles qui se trouvèrent avoir fait du bien aux chré- « tiens , sans néanmoins avoir embrassé leur créance , « on se contenta comme par grâce , ou de les tuer à « coups de sabre , ou de les attacher en croix , ou on a les périmait à coups de lances , ou de les tailler par mora ceaux. Pour les chrétiens, bien que leur supplice fût « des plus affreux , il leur était beaucoup moins sentt sible , que ce que Ton faisait souffrir ù leurs enfanfs « devant leurs yeux. De quelque condition qu^ils fus- « sent , on les traînait impitoyablement au supplice ,
1 58 l'^hglise
« qui consistait , ou à avoir le cou coupé , ou à être « taillés en long , ou en travers j où par morceaux.
« Pour achever crexterminer le christianisme, on « s Visa de les proscrire et de publier à son de trompe, « que quiconque découvrirait un chrétien ou un receleur, « on donnerait la maison du propriétaire , et de plus « trente pièces dW , qui sont quinze cents écus de « notre monnaie et davantage. L^espérance du gain « augmenta la persécution ; et depuis ce temps-là on << ne voit plus que chrétiens décelés et que délateurs « enrichis. A Xeuxai on découvrit un jésuite travesti « en homme qui travaille aux mines , et soixante autres « de ses disciples qui forent tous exécutés dans la ville <( de Sceudai, ainsi que deux franciscains; undomi- <^ nicain et un jésuite le furent à Omura. Entre ceux « qui périrent à Arima pour la religion , on célèbre « la constance dW chrétien, Coréen de naissance^ <c auquel les bourreaux rompirent les doigts avec des « tenailles , quMIs plongèrent ensuite dans Feau dans « un temps de neige et de glace , et d^oii ils le tirèrent « pour le mettre au milieu d'un feu, où il demeura « plusieurs heures avant que d'expirer. A Fingo il y « en eut un qui ne fut pas traité moihs cruellement ; « car aprSs lui avoir donné plusieurs centaines de coups « de canne, on lui fit souffrir Testrapade, piiîs avaler « de Peau bourbeuse niêlée de sang, qu'on lui fit ren- « dre par la bouche , en lui marchant sur le ventre ; « ensuite il fut exposé -^tout nu au soleil ; et enfin ar- « rosé des eaux bouillantes de Sîngoc , jusqu'à ce qu'il « rendu l'esprit. Il y avait peu de royaumes qui n'af-
RUMAIKE. 139
« fectassent de faire souffrir aux càréticDS des supplices « partieoliers. A Firoxima oa Ici croeifiait ; ii Fjgen ( M les empalait; ft Jedo oalés.sdâit., et aiast des « autres à proporlmi.'NaugeBaque était te' lieu où les ■ tourments élajeot tnoiiis rudes qu'en'&ucun autre dn ( Japw. La raison est qu^il y. eiit longtemps un ' gsUTemeur « valétudinaire, qu^il ne soàgeait^u^ji se
• guérir; bien loin de se mêler de e« qui toucliait les > chrétiens, il ne songeait qu^à sortir de 'charge, ce
• tpù lui fiit enfin accordé, au grand déplaisir des chré- « Uens , qui depuis ce temps-là furent étrangement a persécutés par eélui qui Vint en sa place; »
• L'âuténr du livré est Hollandais , et par' conséquent telà religion prétendue réformée; car oVst Mlle dont les Provinces Unies font profession : mais ceux dont il décrit le martyre élaKQl^e la religion catholique , aposloUqtieet romaine, puisque c^étaient des religieux de l'ordre de saint Dominique, de^saint François, des Jésuites, et des Japonais -conrertis an christianisme par ces religieux , puisqu'ils alfaûent au -supplice» chantant « les Litanies de la Vierge et de ioui ies Saints; > imisque pour animer letH* ' foi ,' et lés faire triompher de la cruauté, des bourreaux, .dee tourments et de la mort ^ oa leur montrait < un- ecce hoho , c?^t une
• fanage représentant un iSauTpur lié et flagellé ; ■ puuqa^enfin ils mouraient pour Être , dit Fauteur , « de la religion romaine; car le seul soupçon d^itre « de la rdigion romaine est un crime capital > « dans le Japon. : ■ ■ . ■-;, .
Cet auteur néanmoins , tout calviniste qu'il asi
i l)D H'ÉGLISE
assez voir qiTil est convaincu , non-seulement qu6 Toii peut faire son salut ^ vivant et mourant dans la créanco de I^glise romaine , invoquant la Vierge et les SaintS| les priant d'intercéder pour nous, et ayant de la vénération pour les images ; mais encore que mourir pour la confession de la foi , dont on fait profession dins TEglise romaine ^ c^est être un grand saint , un illustre martyr , et mériter la glofre préparée aux saints et aus martyrs dé Jésus-Christ.
Pouvait-il se déclarer plus ouvertement sur cet article j qu^en faisant Téloge de ceux qui la reconnaissent pour leur mère ^ en décrivant avec tant de pompe leur martyre ^ en admirant et louant leur générosité chrétienne , et leur persévérance jusqu^au dernier moment de la vie , dans la foi de cette Eglise ?
Il n^eut pas dit qu^il nous donnait le nom de ^ eès <i athlètes , quoique la plupart soient des noms bar-^ « bares , « pour ne pas sembler vouloir « s^opposer à « leur gloire , » s^il n^eùt été persuadé que c'est une grande gloire de souffrir les plus cruels tourments et la mort même , pour la confession de la foi , dont ceux qu^il appelle romains , font profession.
Au reste , Ton ne peut pas dire que ce quil a écrit des premiers martyrs , n^est que ce qu^'l en a appris d^un jésuite nommé Hazard ; car il déclare en termes exprès que « le jésuite Hazard en a fait une narration « Gdèle. »
Non-seulement les Hollandais sont persuadés que la religion catholique, apostolique et romaine , est la véritable religion de Jésus - Christ ; mais encore ils font
KOMAINB. 4 Cl
secroire fiiosienieiit aux Japonais quil n^ a presque point de différenee entre notre religion et leur prétendue réforme : ear void ee que dans ce livre Toffieier japonais demande à leurs ambassadeurs , sur la diCRé-* rence des deux religions , et ce qu^ils répondent.
« Mais si votre Dieu , dit Sicungodonne , e^est h « nom de Poficier japonais , est aussi le Dieu des « Espagnols, dH>ù vient la différence des religions entre « voua autres , et laquelle est la plus ancienne ?
« Outre la créance des Hollandais, qui est d^admettre « un seul Dieu et un seul Sauveur , les Espagnols , « répondit Schaep , e^est le nom de Fambassadeur « hollandais , croient un vicaire de Dieu en terre , < ils invoquent des saints et des saintes , qu% disent « aider au Sauveur à accomplir le grand ouvrage du « salut , et dont ils croient que les prières sont fort « efficaces pour les vivants ; è^est en cela que consiste « principalement la différence d^entre eur et nous (i). »
De Paveu donc des Hollandais , car Schaep pariait pour toute sa nation, et Phistorien le fait répondre au nom de toutes les Provinces Unies , ce qui met de la différence entre les deux religions , n^est pas principalement la présence réelle ou Tadoration de llSucharistie adorée, ou la créance de la nécessité du baptême pour les enfismts , ou la doctrine de la confession , et des autres sacrements, ou la vénération pour les reliques des saints, ou la prière pour les trépassés y ou les images , ou le mérite des bonnes oeuvres , ou le libre arbitre , ou les
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1U2 l'église
autres points controversés entre eux et nous ; tous ees articles leur paraissent indifférents pour le salut. Croyes ces points j ne les croyez pas , vous - ne laisserex pas d^étre f selon leur idé^ , dans k véritable religion da Jésus-Christ y rieq ne leur déplait que le pape, et l^m* vocation des saints. Il ne croient pas néanmoins que ces deux articles nous fsmpêchent de faire notre salut, piûsque ces illustres Japonais , dont ils admirent la foi et la gloire ji reconnaissaient un vicaire*gén^ral de Jésiis«- Christ ep terre , et souffrirent le martyre en chantant les Litanie de I91 Viei|;i( et des Saints ^ e^est-à-^re en invoquant les saints et les saintes.
M. DIZE ,
MlPfISTRE y PREMIEREMENT A GRENOBLE, ET APRÈB MI- NISTRE ET PROFESSEUR EN LEUR ACADEMIE DE DIB , EN SON LIVRE INTITULE : PROPOSITIONS ET MOYENS POUR PARVENIR A LA REUNION DES DEUX RELIGIONS I;N frange , SECONDE PARTIE , QUI CONTIENT LES ARTICLES DONT LES FRANÇAIS DE L^UNB ET DE L^AU- TRE COMMUNI9N POURRAIENT CONVENIR.
DES R6UGIE0X ou MOINES , ET PES RELIGIEUSES.
« ART. ccLxxir. — Nous croyons I comme c^est « prendre le meilleur parti de s^attachcr plus à Dieu a qu'au monde , que rien n^empèche que des hommes <i qui en prennent la sainte résolution , se distraisent « des occupations du siècle , et quUIs fassent retraite « ensemble , pour vaquer plus librement et plus ponc*
« tiiR^ltoment Mt actei» de la dévotion ; et que tant de « IUm et de vetiye» Auiseat «e nrtttte retraite en- '« fre eRes ^ pom* iMtte même fifti fit qu^il ftut gatder « UA saiat oi4m i afin que tout e^y piise Migement c et dérotemetit $ et q^^ eet eiffet , va diredteur est « iéeeasifre dns (Aitcme de celles ^s honsmc» ; et « dfiè direètriee dâtid eba^tme de celles de Vautre sete : € qu^îl est indtfliérefit) que Vm wMsaae le directeur des « tMHttines ^ abbë , prieur ou stipéri^r $ et la direc- « tricé des iBUttes abbesse ^ prière ou supérieiMé
« ART. €Gt43cxiii» •^— Nous CToyoDs quc personne ne « doit s^engager dans oes sociétés que dans un âge de € maturité ; il y a des grandes raisons ecclésiastiques « et politiques qui Texigent.
k AÉT, ccLXxiv. -*- Ndus croyons que ceux et celles < qui se rangent à ces sociétés , peuvent vouer le cé~ « libat autant que la fragilité humaine le leur per- « mettra. »
JVoue que le dessein de M. Dize est tout-à-fait grotesque et chimérique ; car il ne s^est pas proposé de donner des moyens pour réconcilier les deux religions en général , et sur toute la terre , mais seulement pour les réunir en France , lui étant fort indifférent qu^ailieurs elles soient en guerre } et opposées contradictoirement Tune à Pautre en ce qui est de la créance; et pour cet effet , il a dressé une confession de foi de !^95 srticles , qui fait la seconde partie de son livre.
Mais puisque dans sa nouvelle religion j quoique
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tout-à-fait chimérique ^ il veut qu^il y ait des religieux et des religieuses , que de son aveu c^est prendre le meilleur parti « pour vacquer plus librement et plus « ponctuellement aux actes de la ^dévotion , » et que dans ces sociétés on peut < vouer le célibat , » il reconnaît donc que les religieux et les reUgieuses engagés dans ces sociétés > et par conséquent dans TEglise romaine , car il n^y en a point dans la religion protestante, bien loin d^ en avoir les calvinistes de France, ont mis dans leur confession de foi (i) les vasus monastiques , parmi les choses qui sont procédées de la boutique de Satan ; il reconnaît dis-je , que les religieux et les religieuses peuvent foire leur salut dans l^glise romain et Fy font y ayant pris < ce parti qui est le meilleur, de « s^attacher plus à Dieu qu^au monde , » et ayant fait « retraite ensemble pour vaquer plus librement, et plus « ponctuellement aux actes de dévotion. »