CINQUIÈME PROPOSITION
ON NE PEUT SE SÉPABER DE CETTE ÉGLISE TISIBIS, SEULE INFAILLIBLE ET SEULE TÉBITABLE , SANS EN- IGOUBIR LA NOTE D^HÉRÉSIE OU DE SCHISME.
J'ajoute de plus , que tous ceux qui se sont séparés de cette Eglise visible , ont toujours été regardés par le reste du monde chrétien de leur temps , et encore beaucoup plus généralement dans les temps postérieurs, comme des schismatiques et des hérétiques y sans qu'ail soit jamais arrivé, depuis le commencement du christianisme jusqu'à Luther, qu'aucun homme particulîer , ni qu'aucune société d'hommes réunis entre eux , aient hasardé cette démarche audacieuse , sous quelque prétexte que ce pût être , ou de réforme , ou de foi plus pure , ou de (discipline plus exacte , ou d'attachement inviolable à l'Ecriture, sans rester flétri de la tache que porte avec soi le schisme ou l'hérésie.
C'est la cinquième de mes propositions, dont toute la preuve consistera à prier ceux qui voudraient nous la contester , de nous nommer nu seul homme ou une seule société qui ait évité cette 4iote flétrissante, après s'être séparé dm corps des chrétiens , dont ils avaient fait aupa«
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ravant partie ; de ce corps qui a toujours été composé de peuple et de pasteurs , d'un peuple continûment suivi , oii la foi du fils a été constamment uniforme à celle du père; de pasteurs, dont la succession n'a jamais été interrompue , et dont chacun , à parler régulièrement , a cru ce qu'avait cru son prédécesseur ; ce que je répète ici , pour rafraîchir l'idée de TEglise à laquelle Jésus-Christ a fait ses promesses. Or, si l'expérience de quinze siècles a fait voir par tant d'exemples , qu'on n'a jamais abandonné la société catholique sans se rendre coupable dç schiisme ou d'hérésie , comment osera-t-on ^e flatter que la même démarche faite an seizième siècle au préjudice de l'unité de l'Eglise , pourra avoir un meilleur succès ? Hélas ! Monsieur , qu'on est bien plus clairvoyant sur les dangers qui regardent la vie temporelle, que sur les risques auxquels on expose son salut pour l'éternité ! Dites-moi : si de tous les vaisseaux qui ont quitté notre continent pour aller dans des plages lointaines chercher de nouveaux trésors aucun n'eût échappé à la fureur des vagues et à la violence des tempêtes , que d'hommes assez hardis, je dirai même assez téméraires, oseraient encore tenter une route semée de tant d'écueils ? de tous ceux qui vous ont précédé , pas un n'a évité de faire naufrage dans la foi; vous suivez le même chemin ; pourriez-vous être tranquille ? .
Qui peut donc , Monsieur , vous empêcher de voir le danger dans toute son étendue. Douteriez-vous qu'effectivement vous soyez séparé de
SUR L'ÉGUSfi. 21.4
TEglise j telle que je n'ai cessé de vous la reprit senter dans cet écrit ? S'il en est ainsi , perméttez&^moi d'essayer à vous en conyainc^e d'Anne manière qui mérite votre aveu : cette lectwe commence à devenir un peu longue; veuilles encore un moment en supporter Tennui. C'est ici le point le plus intéressant de tous , et la dernière de mes propositions , dont la preuye achèvera le sujet que je traite. Mes efforts , je Tespère , ne seront point inutiles , et vous conii* prendrez enfin la nécessité de vous réunir av0c nous , si vous voulez assurer votre salut,