SUR L*£GLISE
faisant tenter en même temps la preuve de dem contradictoires , sans qn''ils sVn aperçoivent. Car lears preuves vont à démontrer qoe l'Eglise romaine n'était pas la véritable ËgUse , et en même temps gabelle était la véritable Eglise. J'admire comment en chercbant des luthériens avant Luther, ils ne se sont pas encore avisés de noos citer tons ceux qui ont cru l'existence d'nn Dien et le mystère de là Trinité , ou la nécessité, du baptême , etc. Mais revenons aux autres piè* ces de la belle Eglise si heureusement imaj^ée, pour éviter la honte du scliisme.
Restent donc la seconde , la troisième et la quatrième espèce , c'est-à-dire les enfants , les idiots et les âmes lâches et traîtresses à. la religion de leur cœur. N'est-ce pas là. Monsieur, une belle colonne de vérité, .un effet digne des promesses.de Jésas-Christ , un ouvrage répondant à la sagesse et à la puissance de l'auteur et du consommateur de la foi des chrétiens , une liaison bien propre et bien honorable, pour vous faire communiquer avec l'Eglise pure et Borissante des premiers temps ? Je vous parais triompher , et peut-être me trouverez-vous les airs d'an homme qui sent son avantage; mais non, ce n'est pas moi qui triomphe, c'est l'Eglise qui triomphe des subtilités , des chicanes , des vaines défaites , des manvai? raisonnements dç vos ministres , ainsi qu'elle triomphera toujonn contre tons les efforts des portes de l'enfer.
Eii voilà bien assez , Monsieur , sur le pre-» inîer sujet que j'avais entrepris de traiter. Il n^ en a même que trop pour un esprit aussi pé* nétrant que le vôtre. Si je n'ai point assez mena* gé votre patience , vous le pardonnerez à la «surabondance de mon zèle ; il vous en a coûté j^ur lire ces longs raisonnements ; pour moi je compterai pour rien la peine que j'ai eu de les écrire , si vous les avez lus avec l'attention que le sujet «mérite ^ et si vous voulez bien y £sure de sérieuses réflexions^ Il me parait très possible qu'en rapprochant ce que j'ai eu l'honneur de vous dire , vous ne vous sentiez comme forcé de reconnaître deux vérités. La première , qu'il est absolument nécessaire d'être membre de la véritable Eglise , pour pouvoir se sauver. La seconde , que vous avez le malheur d'en être séparé : d'où résulte un obstacle invincible à votre salut, tant que vous persisterez à faire profession du protestantisme. Ne vous raidissez pas , Monsieur , contre une conviction si achevée ; cessez de vous faire honneur d'une fermeté qui entraînerait votre perte ; ce n'est pas vous qui avez fait votre religion ; vous pouvez en connaître le mauvais , sans vous exposer à passer pour coupable. N'appréhendez pas de paraître un esprit faible, en cédant aux mêmes raisons auxquelles a cédé un saint Augustin , ce grand et vaste génie , ce père que vous estimez par-dessus tous les autres saints docteurs. Il s'était trouvé dans le même
cas que vous , et il nons apprend que ce qui a fait le plus ^impression sur lui , c'est justement ce que j'ai eu rhonneur de vous représenter, ce Ce qui me fait estimer l'avantage que j'ai ce maintenant d'être dans le sein de l'Eglise cacc tholique, dit*il, en parlant aux Manichéens^ ce SCS anciens confrères, c'est le consentement ce unanime des peuples e t des nations , c'est ce cette autorité commencée par les miracles , ce nourrie par Tespérance, accrue par la charité, ce confirmée par l'antiquité ; c'est, à commencer ce depuis le siège de Tapôtre saint Pierre , à qui ce le Seigneur après sa résurrection recommanda ce de paître ses brebis , la succession non-interce rompue des pasteurs jusqu'à Tépiscopat de ce nos jours. C'est enfin le nom de catholique, ce qui est tellement propre aux fidèles , qu'il n'a ce jamais pu leur devenir commun avec les héce rétiqnes , quelque eflbrt que ceux-ci aient fait c^ pour l'usurper dans le monde chrétien. Car ce qu'un étranger entre dans une ville oii les ce hérétiques aient un temple , et les catholice ques une Eglise , et qu'il s'adresse même aux ce hérétiques pour apprendre le lieu où les cace tholiques vont prier , pas un d'eux n'enverra ce cet étranger dans leur temple (1). » Voilà ce
(1) In Ecclesiie cailiolicse gremio me tenet oonsentio populorum atque gentium» tenet aulliorilas miraculis inchoata , spe natrîta , charitaie aucta, vetuslate firmata ; tenet ab ipsÀ sede Pétri apostoli cai pascendas oves post resurrectionem Dominus commendavit, usque ad prxsentem Episcopatam successio Sacerdotam ; tenet postremo ipsum catliolicae nomcn , quo non sine causa inler tam mullas haereses sic ista sola Ecclcsia obtinuit, ut cum omnes hxretici secatbolicos dici vcliut , quaerenii tamcn pcregrino alicui, ubi ad catliolicam conveniatur, nullus Iixreticorum vcl Basilicam suam^ vel Domum audeat ostendere. Contra Epist. fond. cap. IV, tom. 6. Edil. Frob. p. 117.
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qui avait touché ce grand homme j le plus rare génie du christianisme. STy aura- t-il pas de quoi vous toucher également. Je sens votre peine , Monsieur , et j'y compatis. On parlera dans le monde de votre changement, vos amis eu seront surpris. Oui , ils en seront surpris; mais vous leur direz les raisons qui vous ont porté à changer , et vous les prierez d'^y répondre. Uimpossibilité où ils seront d^y satisfaire, jointe à la vue de ce que vous aurez fait, les engagera peutêtre à suivre votre exemple. Eu tout cas , vous êtes trop sage pour que je puisse vous croire disposé à porter la complaisance envers vos amis ou le public , jusqu^à vouloir sacrifier votre âme pour éviter de leur déplaire. Je prie le Seigneur de faire en sorte que les parole^ de saint Augustin que j^ai déjà citées ci-dessus et que je répète , parce qu'^elles me semblent avoir été dites pour vous, ne s^eflacent jamais de votre esprit, ce Quelque régulière que puisse être la ce vie d'un chrétien , s'il est séparé de Tunité de ce TEglise catholique , dés-là même il ne peut ce avoir part à la vie éternelle , et il tfa qtf à ce s'attendre à toutes les rigueur^ de la colère ce divine, (i) » N'ayant rien à ajouter qui ne parût faible apr^ im passage si pressant , je finis en vous assurant du profond respect et de l'inviolable attachement avec lequel j'ai Thonneiir d'être, etc.
0) Quisquis ergAab liac catholica Ecclesià facrit segregatos, quantomlibet se laudabiliter mère exisUmet, hoc solo scelere, qaod à Christ i iinitate disjunctus est , Don Iiabet vifam , scd ira Dei manet super illum. Flp. I5Î. ad Donat. tom. S. Ed. Frob. pag. 696.