SOB LA BÉGLB DB LA FOI
Bera de justes mqniétndes , et nous anroDS sujet de craindre qu'en expliquant mal rEcriture , nous ne prenions l'erreur et le mensonge pour la Téfité. Rendons la chose plus sensible par un exemple. Ces paroles : Ceci est mon Corps , prises dans le sens littéral, contiennent la révélation de la présence réelle ; mais si on les prend dans le sens figuré , elles ne la contiennent pins. Tant que nous ne serons pas certains, lequel des denx sens est le sens de Jésus-Christ, nous serons incertains de ce qne ce texte signifie, et de la révélalîon qu'il renfenne ; si c'est celle de la réalité , ou si c'en est une autre. Dès lors nous ne pourrions sans imprudence croire fermement ou la réalité , ou la figure; et la foi , quelque parti qu'on put prendre, ne serait qu'une simple opinion , qui n'excluerait pas la crainte de se tromper. Ce ne serait donc pas une foi divine, parce que ce ne serait pas une foi capable de nous reîiâre indubitablement certains de ce qu'il faut croire , ce serait une créance de sa nature douteuse et incertaine ; et si malgré ces sujets raisonnables de douter, nous avions assez de pouvoir sur nos esprits pour les fixer et les engager sans retour dans l'un des denx partis, cet engagement ne pourrait passer que pour une obstination téméraire , et pour une imprudente fermeté.
L'infaillibilité de la révélation nous serait donc fort inatile sans l'infaîUibilïté de IHnterpréta et il nous servirait peu d'être sûrs que la r' tion ne peut nous tromper, si nous n'étitH sûrs «1 même temps que nous prenons <*
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véritable sens le texte qui contient la révélation, Or nous prétendons , Monsieur , que sur tme infinité de textes qu'on cite de part et d'autre , et qui sont la plupart susceptibles de deux et (souvent de plusieurs sens , vous et généralement tout protestant, ne pouvez avoir aucune certitude, qui vous rassure dans leur interprétation, et que le parti que vous prenez de préférer un sens à Tautre , ne peut mériter tout au plus que le nom et la quaUté d'opinion.
Car permettez-moi de vous demander d'où vous tireriez cette certitude , qui put vous rassurer parfaitement contre toute crainte de vous tromper dans le choix que vous faites de l'un des deux sens , qui se présentent souvent avec des vraisemblances fort égales? Tireriez - vous cette certitude de vous-même ? ou de votre pasteur? ou de votre Eglise? ou de l'inspiration du Saint-Esprit? ou de l'Ecriture même? Rien de tout cela ne peut vous fournir là certitude que nous cherchons , et par conséquent vous rester rez nécessairement dans la sphère des opinions, sans pouvoir jamais vous élever au-delà,