‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 53 sur 108 · UH LA BË6LB DE LA FOI · texte numérisé non relu

UH LA BË6LB DE LA FOI

nons venons de parler, yqtis ne. pouvez trouver dans vous-même de quoi vous rassurer pontre tout doute et contre toute crainte de donner dans le mauvais sens; car vous ne prétendrez pas sans doute être infaillible dans Texplication de TEcriture , tandis qqe vous refuserez de reconnaître cette infaillibilité dans TEglise. J^ vous laisse à penser si un protestant aurait bonne grâce de dire : t Eglise peut bien sç tromper en expliquant t Ecriture , et elle s'est trompée en effet ; mais moi je ne puis pas me tromper en ^expliquant ? Ne trouveriez-vous pas dans une semblable proposition quelque chose de plus que de Torgueil et de la présomption ? n'y verriez-vous pas de la folie et de Textravagance ?

De plus, si chaque particulier trouvait dans lui-même la source de Tinfaillibilité pour bien expliquer TEcriture , cet avantage serait sans doute commun à tous les chrétiens ; et sll était commun à tous les chrétiens, il ne pourrait donc y avoir parmi eux de différence de senthnents touchant Fexplication de l'Ecriture. Or , qui ignore leurs divisions et leurs contestations sur ce sujet ? Puis donc qu'ils sont si partagés sur le sens de TEcriture, ne faut -il pas nécessairement que les uns ou les autres se trompent en l'expliquant , et par conséquent n'est-il pas évident que ce n'est pas chaque particulier qui a le don d'infaillibilité, pour expliquer sûrement TEcriture ?

Que dirons-nous du nombre prodigieux d'hérésies qui se sont élevées depuis le commencement du christianisme ? Qu'ont-elles été autre

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chose que de fausses et mauvaises interpréta-, tions , débitées et vantées par ceux qui se flattaient de la bien entendre ? Or , si tant de gens qui se croyaient plus éclairés que les autres dans iHnteUigence des livres sacrés , n'^ont pas laissé de se tromper , en vertu de quel privilège un particulier , de quelque caractère ou de quelque religion qu'ail puisse être , pourra-t-ii s^assurer qu^il ne se trompe pas? Le mécompte de tant de prétendants à Theureuse découverte des véritsJ)les sens de TEcriture j n^est-il pas pour tous les chrétiens une leçon aussi sensible que salutaire j qui donne clairement à comprendre que nul ne doit se fier à ses propres lumières, et que chaque particulier chercherait en vain dans luimême des sûretés contre tout danger de s^abuser?

SECONDE PROPOSITION

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