‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 57 sur 108 · SUR LA BÉGLB DB LA FOI · texte numérisé non relu

SUR LA BÉGLB DB LA FOI

Maïs non , laissons le cours libre à voire méthode, et confrontons tant qu'il vous plâtra. Quel passage Opposfere25-Tous donc à ce premier jpassage allégué par lé socinîen? Un *de ceux que vous trouverez le plus propre à votre dessein^ sera sans doute celui de saint Jean : Trois rendent témoignage dans le ciely le Père^ le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois ne sont qi£un (i)i Si ces trois ne sont qu'un , direz-vous , les voila doùc parfaitement égaux : rien de plus clair ni de plus précis à votre compte que ce second texte , pour fixer le sens du premier. Mais , vous répoûdra le socinien , ne vous apercevez - vous jpas de la double signification de ces mots , et ces trois ne sont qu^un? Vous prétendez les entendre d'une unité d'ésseticé , et nous soutenons qu'il £aut les entendre d^urte unité morale , qui h'est autre chose quMne parfaite unanimité , ou union de sentiments et def volontés. Cest ainsi qu'on dit de trois bons amis , qu'ils ne sont qu'un. U appuiera nième cette explication par d'autres passages en apparence très favorables à sa mauvaise cause , conmne par celui qui suit immédiatement : Trois rendent témoignage sur la terre y P esprit ^ teau et le sang , et ces trois ne sont qiCun (2), et par celui de l'Evangile de saint Jean , où le Sauveur prie pour s^s Disciples , afin qu'ils soient tin , comme lui et son Père sont un (3). Voyez -vous, voui dira -t- il, de quelle unité il s'agit ici ? Les trois substances dont il est parlé , ne peuvent être un que dVme

(I) I. Ep. V. r. — (5) V. 8. — (3) XYli. 52,

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unité de veirtu et de signification , et non d^nne uiuté. de nature ; les Disciples ne penvent en anciine façon avoir Tonité d^essence^, ils ne sont capables qae d^ane union très étroite et d'une parfaite intelligence . entre eux. Donc y il faut .expliquer dans le même sens Tunité des trois Personnes : et n'en pas reconnaître d'autre que celle qui établit entr'elles un parfait accord.

YoUà , Monsieur , où aboutira une première confrontation de textes ; elle ne saurait y comme vous voyez , donner à votre foi le degré de certitude qu'elle doit avoir. Voulez - vous en tenter une seconde? elle n'aura pas un succès beaucoup plus beureux -, et vous n'écbouerez guère moins dans une troisième;. vous ne manquerez pas à la vérité de textesNb*ès. forts, et très pressants pour prouver la Trimté des, Personnes divines dans une seule nature ; mais aussi, le socinien ne manquera jamais d'explications , ni de textes spécieux à y opposer. Le point sera de donner la juste préférence ou à çeux-ci^u à caux-là y safis aucun danger de vous tromper. ,

A Dieu ne plaise , que par ces observations je cberche à ébranler ou à affaiblir en rien votre foi touchant la Trinité des Personnes divines. Ce serait un efiet bien éloigné de mes vues. Fret à sacrifier mille vies à la défense de cet article le plus important de la religion chrétienne , je n'ai ici • dessein , vous le sentes « one de vous montrer, que J^,prmcipe de la:jG€^ii£rqntation ne peut assez, s^en^kfotra)^; ^; 61 vous n'avez soin de l'appuyer en àièlKiè temps des décisions d'une Eglise infaillible dans ses explications y

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et des témoignages dime tradition constante , qui garantisse le sens dans lequel vous prenez les textes , soit favorables y soit contraires en apparence à la Trinité des Personnes divines , on à tont antre dogme de la reli^on chrétienne. Tel fut le résultat manifeste de la conférence pnbliqae tenue à Waradin Tan 1 566 , en présence du roi Jean Sigismond, entre les nouveaux ariens , dont les chefs étaient Georges Blandrata et François David^ et les ministres luthériens et calvinistes, dont les principaux étaient Pierre Mehius et Pierre Caroli (1). Car David ayant d^abord protesté qull ne voulait pour juger de leur différend, que la pure parole de Dieu , d^aucune invention humaine , il proposa tous les passages que les premiers ariens avaient employés contre la divinité de Jésus- Christ , et les fortifia de beaucoup d'autres tirés de Tun et de Tautre testament , quHl savait presque entièrement par cœur. Les ministres luthériens et calvinistes ne manquèrent pas de dresser une contrebatterie de passages ; mais comme ce con-^ Ait de passages n^âboutissait à rien , et que chacun défendait les siens comme les plus clairs , force Ait à ces derniers de se servir des éclaircissements que les Pères et les CoiicilésPy sr^ent donnés, pour en faire entendre le vérïtablejsens. Alors le ministre Dwid tirant avaiitajge • dé leàêr réponse pour les confondre par eux-tiièmès^,' leur dit : ce Et quoi donc , Messieurs , vous- jf ë ce pouves pas souffrir les papistes , quand , pétW

(1) Hoscius de Cotnreot. livret.

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a soatenfar rinterprétation qa^ dcmnent aux ce passages que vous leur opposez, ils produisent ce Tautorité des Pères et des Conciles y et vods ce voulez employer contre nous ces mêmes arce mes que vous méprisez ? Quittez, quittez Tauce torité des honunes que vous opposez vainece ment à. ces passages «î fprmels , ou si vous ce la suivez , faites-vous papistes , puisque leurs ce dogmes , que vous rejetez aussi bien que ce nous , sont soutenus d^qne pareille autorité de ce Pères et de Conciles. >:> Cette réponse ferma la bouche aux ministres luthériens et calvinistes, et emporta Tapprobation du prirïce et de toute rassemblée.

Qui ne serait surpris après cela de voir les admirateurs de Luther regarder conmie un pro* dige extraordinaire la prédiction claire et distincte qu^il fit dès Van 1 527, du renouvellement de Tarianisme aboli depuis plus de huit siè-r clés (1 ) , prédiction accomplie en effet deux ou trois ans après par la renaissance de cette erreur qui fit de rapides progrès dans la Pologne et dans la Transylvanie. Luther après avoir aapé les fondements de la religion , en abandonnant Tinterprétation de TEcriture au caprice de chaque particulier, sans avoir aucun égard aux oracles de TËglise et aux bornes salutaires de la tradition , pouvait également prédire les trentequatre nouvelles religions qui se sont élevées de son temps , et une infinité d^autres hérésies , qui depuis ont inon<^é le monde ;^t sa prophétie

(1) Tom. 3. p. 45S* ; Ëdit. Germ. Jeu.

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a^aurait pas été pjua menreâlease que celle d\m liomme^\qm en âtant la clé vcf.uiie yoùM, préi durait qa^Uè ra tooiber ; >^a de celui qniY ^ perçant une digue de Hollande^ annimcerait une inondation prochaine dans tout le piat-pays^ . *■

Msôs pour revenir à mon ^^et^ stoA tOL^n écarter par ces sortes de rèflejdons^ je devrais maintenant faire paraître aussi sûr les rangà le oalvinii^te et Taniabaptiste. armés de passages > Tan CDtttiie la présence * réelle de Jésus «^Cfamt dans TEachàristie ) Tautre contre la validité <du baptême des enfants t j^y trouverais certaine-' ment toute sorte d^avantages ptmr vy)u^ iaire voir dWe manière sensible rinefficacité de la méthode j<iae vous. prétendes propre à rassurée pleinement les esprits. Mais en véritéyMonÀieiir, j'appréhenderais de vous fatiguer par les nom^ brat^es citations , par leis répliqués qo'oik y fait, par les contre-répliques qu'on y oppose, par les éclairdssemenfs qu-on y donne , par les analogies dont oti s^appuie , par les> nouvelles instances avec lesqUeUês i on revient à la^dhargev Nous entrerions dans un labyrinthe dont, il ne serait pas aisé de sortir., et jX ne nous re^terak que Tembslrras et l\înciQa:litudB des routes que nous aurions tenues. Vous iave^ assea les p»sisages, des calvinistes ; réfléchissez sur la moin^ dre partie de ceust qu^ils<^>dteht contre vous et contre nous ; peiisee au texte âe saint Luc <: Faites ceci en mémoire de moi(\) , et à Tusaga qu'ils en font, en disa9t quVmne fait pa$ itié^.

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