‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 59 sur 108 · II · texte numérisé non relu

II

LK PLUS GIU5D STQlffBRB DSS GHBÉTfENS N'EST PAS

CAPABU ]^E lA 3IÉTHO0B DE GOlfFEO^TATION.

; .CaTi jift veux , Monsienr , qae vot» homme d^espiit^ tfoi avez étudié votre ' teli^on avec fioin, Boyez en état de faire quelque usage de cette méthode; pensez -vous pour cela q^^elle sera pratiquable à tout le monde ? Votre cocher^ vos laquais , vos servantes et leurs semblables^ sont -ils capables: de confronter? Ferez -vous grand cas du résalliat de leisups confrontations ? Et vos ministres , qui suggèrent cette méthodiS indifférenmil^ifc à tout le monde , sans la rés*^ treindre à aucun genre de personnes , vos isàr nistrés qui savent les difficcdtés de la religion 4 ne se moquent-ils pas dans le fond de leur àme des vains et stnpides efforts de la populace ? Voué me dinsz que si tel examen est impossible à ees sortes de personnes , dès lors ils en seront dispensés. Mais nohf dans vos principes ils ne peuvent en être dispensés , et cette assertion même fait voir évidemment que vos principes sdnt mauvais y puisqu'ils vont à établir une absurdité* Car enfin, tçu&les hommes généralement, hommes et femmes, savants et ignorants, grands et petits sont appelés au salut , et il n'y a point d'autre chemin pour y arriver , que celui de la foi. Si donc la voie d'acquérir une foi ferme et prudente , est celle de la confrontation , comme

sua tk BSGLS DB Là FOI. 255

TOUS le dites , il est clair comme le jour y que tous indifféremment seront obligés de con&^iir ter. De là nous concluons que la confrontation ofest^ pas la bonne voie , puisque Dieu n'en a pais marqué une qui soit impossible A la plupart des hônmiefr:^ et nous disons que le chemin qoil • ne -paxavA conduire les simples et les ignorants à une Téritable foi y ne pourra y conduire pcitsennâiy le caractère et la marque du vrai chemia étant d^ pouvoir conduire tout le monde. il Mous a)outons> ^ qu'on a tort dû rester dans tm» religion qui impose à tons une obligation à la<|uelLe le plus grand nombre de ses disciples ne saurait satisfaire , et que Tunique parti qu^on ait à prendre, «alîd!embrass«r un autre systérae, e4i les Voies de 1^ Coi soient plus aiséiBSi et mieux {HH^orti€lBn^e^^ailar farces de la: mvâjtitude^ €hr G^esC'Ce qui ne 'se trouve qoe dans la religion catholique'^ oii Fon n exige du peuj^le que de la docililè et de la soumission .^ pour éco«|ber dans k& cas litigjLeux lea décisions) d-oqe* autorité in* faillible y. chassée du soin d^examiiier le fond deaiâîfiiciiltés.

(.< iQqsd voolea^vous ^ Mcmsieur, qiie Ciroie chez Tousr Taitisan , le labôvreury le marchand, le aoldat et un sexe entier? CômoBoent prendrontils sûrement et prodaB&BQcaii kuT parti , je ne dis plus sur les trois articles dont je- viens de parier, mais encore sur une infinité d'autres points contestés entre vous et nous, entre vous et je ne sais combien de sectes nouvelles et anciennes ? En croiront-ils leur Eglise ? Mais ils ne IflD tiennent pas pour infaillible. S?en tiendront-ils

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aa sentnnent de leur pàstenr 7 Mais ils le croient encore moins à Tabri de Terrenr. Entreront-ilâ dans la recherche longae et laborieuse de cha-^ qne point partknlier par la voie de la confron^ tation? MaÎ3 ils n^en sont pas capables, et les habiles gens de votre parti qni savent de quoi il s^agit, riront de lenr présomptoense simpli-^ cité ; et ponr peu cpC'ûs les suivent , en se ten-^ dant témoins de leurs pensées et de leurs rai-^^ sonnements 9 ils s^apercevront à tout moment de quelque lourde méprise, et ne pourront avoir que de la compassion ou du mépris pour leur imbécillité. Il ne^ sert de rien de dire que la foi est un don de Dieu , que Dieu éclaire les sim-^ pies ; c^est-là revenir à Tesprit particulier. Il sert encore moins de dire y que le partis de bonnes gens est de croire avec simplicité j que ce n^est point à eux à s^engager si avant ni à tant niî^ sonner ; ce discours serait bon dans une bouche catholique ; mais chez vous j tout protestant re-» jetant tinterprétation de TEglise qu'il accuse d^erreur, pour s^attacher à sa persuasion inté* rieure , ou à TEcriture expliquée par lui-même , il est évident que par-là il s^impose Tobligation d^examiner s^il a raison où non de préférer son jugement à celui de TEglîse entière. On vous entend dire tous les jours que vous ne déférez pas à Tautorité de Luther , mais à ses raisons ; que vous ne croyez pas tel article , parce que Luther Ta dit, mais parce que sur ce point il a bien dit ; il est donc juste de lire et d'écouter ce qu'on* dit contre lui , d'éclaircir les faits qui lui sont contestés , de peser la force de ses

8DB tA lUâGUS DE LÀ FOI. 25?

l-dî^onnements et des ai^Dmentâ qrt'on lui op^ pose.

Venons an détail/: i qnm chaqite protestent est-il forcé , dès qnHl s^agit d'éclaircîr la Térité d^tin dogme ? Or, cet éclaircissement est pouf loi une obligation indispensable ; il doit s'as^ snrca:: 1' si le passage sur lequel Û prétend l'ap*pt^er est tiré d'un livre canonique ; 2° s'il est confOTme A Totig^al ; 3° s'il n'y a point de diverses manières de lire , qui en aifaiblissent la preuve ; 4° s'il le prend dans le véritable sejtSt Car , si son passage manque par qaelqa^un de ces endroits , dès lors il n'aura point de force, et ne pomra plus être Tappui d'une foi sage et prndente. Or, Monsieur, la nécessité d*envenif à de tels éclaircissements , et d'y trouver des sûretés , Â quoi ne mènera-t-elle point notre latqne ignorant , et comment pourra-t-il suivre toute l'étendue de ses obligations?'

II faudra premièrement qu'il sache quels sont les livres canoniques , et cenx qni ne le sont paSà Mais par Oh s'en assuTera-t-il? Sera-ce par la pei^ suasion intérieure du Saint-Esprit , qui loi fera discerner les uns des antres , ou par le témoignage des auteurs contemporains, qui attestent qne 'tels livres ont pour auteurs ceux dont Qi portent le nom , et qne ron sait avoir été îns' pires de Dieu 7 Si c^est par la première voie, comment se garantîra-tâ dti fanatisme ? L''e^nt particulier ne rentrera-t-il pas dans ses droits , et beaucoup plus que s'il ne s'agissait que d'explications de passages ? D'ailleurs oe témoignage intérieur prétendu pourra -t -il n'être pas très

TOK. t. 17

^pMt à tpvt faoœ»^ ^^m » qpi voit qœ ce

même témoignage a parlé si diversement à ^e^c qi^ ipnt w Ia p0ik$é(9 <^ h pffm^^ pow wt4tre? <»» "ffow fli'îgo&iP^t ^â qoe j£$ chiffe d« vodir^ féfomf fit Ifi» l»Aé^^3r d'ap)onrd'b?4 Ae ^'gc^ car ^e«( rn^emMA mnt l« ^oml»:^ de$ h^mt m-

mioptç lisiji^pfmi 1» tm^OQ. Or, Mirnsmuff ê»^<» Jà pour yoQ« un gjayp^t Aaiee ^iir? Yow

fifOQ VOttiiS f^9 pour t^t aoitrç ^rUolf» : CPffilr m^fit vdM 99r9(ti\»U*il ff^çayable p^of ce^UMHi ?

Vow prâtftifd« que. la trpdïtioa est wi fq^eraMttxoinew^ sur lèqq^l o» o^ peat étaUir la foi di¥itie 2 i^oicidnfiivrfv^ûtq» fu &ire k Jbase de Ja càréwM qu0 yow doiimw m» Urr^a diyiiiis? ISail^ i^ms n&s^ arpètep à cette dî0kl?lté qx4 ^^t iMvriQinilx^ jpoiir VOUA, M d(9Q mit du moïM qn^ ¥iMl^ jurdœàsr i»t vob^ f^inler^aront (^%él

de s'assurer ito léilHâgPi^gQ dsa ^utew3 CPUt^mt ptwUw ♦ et âe r^Kmainer par eOT-mê?W3, Or , tf piiTem-tr^cm qua dk^ teU soîn^ i'pccwdent nv-^ 1^ soinô de inrâier k Wchiç o» k br<K:be ? Nq», fiferf znYQîii , ilt dohrenii ^j'^n fier m^ babilea gem <|^ par de ^riao^ea étudia ox^t p^rofoodi çfs ffl»t«èr«9« MsM à queJâ b9J>ilei9 gêna ? Ce swa «tijai doQlf > (licui^ nunjfltft^^ de Str^^onrg ; m^ifi ^ qqd* »iiU3(ife« ? Serîhoe 4 ceun qqi en 1 598 çffftcèrwit du canon de^ divine» Ecritwes TEpiti» 9m BéJTreuK^ l'Kpttar^ de s^itit Jei^qu^s^ çelk de $aîiM Jqde «it TApocalyp^e ^ ou ^ ^ev»?t qui en 1 1^TQ loi nitebUn^t? Par où notre bon homme et bien â'hntrei ^. qui ne $e (croient pas dea plna ^ti, jiigf^ontnik, é la plu9 proad^ babUeté

sua Lâ RâGLË DE Là 1^01. ^BlJ^

OU la plus grande atteïitîoti se IrôûtÊnt dans les ministres dé 1^9^ oU dàils ceux de 1670? Far 011 se dételifunél'Oiït -Sss^^ et âVëe

prtidëhëe éti favûtif deâ ji^i^elinié):s 6ii des sèfcôiii^^ Coxûfflent se fierônt-ilà a des geûs convâdubtis de s^'èlre trompés dé'dîétte fois Imè, isÀni^ pouvoir discerner dé <|uel: ôâtë réside la térîte ôu le mèùsongë? Croirézrvbus satisfaire' â (fés difficultés, qiiaiid Vous diré2 avec le savaut professeur de Leydè Simon Episcôpiiis , iqué .daiis là religion comitië daiis les sciences il e^t d^ premiers pria.* cîpes qtfôn ne prouve paîs Çt)?C*est ainsi qu^aVec beaucoup d^esprft et dliabiiété on sait se repaître des plus vaines défaites, ({uand Une fois on s^est livré avec obstination à là défeUse d^U&e mauvaise cause.

Mais accordons une cotmaisisiuûiCé bien assurée des livres canoniques à tout hôinnie du peuple : atirà - 1 - iï pour cela la sûreté requise touchant la conformité du tëktë vulgaire aVëé Torlginal ? Vous voûcte^ sans doute quiï s'en rapporté ici au jugement iés savants ; oui , Cette décision serait bonne si les savants s^accordaient entre eux à approuver une même version ; mais ne sont-iI$ pas partagés dans leurs sufR^ages ? les Uitô ne blâmeht-îls pks Çbmme très défectueuse celle que d^aiftres regàr4eht comme très exacte ? Eàt-îl\n ^tat ae pSef le mérite âés suffrages ? quel moyen lui restera-t-il donc, pour le tirer de i^es doutes , si ce n'est d^apprendre à fond le grec et Thébreux , afin d'être en état d^en juger

(Ij t)ins sa lettre âo F. Wadîogi sur la régie de foi* ^

^60 SBCONDB LËtTBË .

par Im-méme i Le savant Episcopius j dont nottô venons de parler ^ n'^y trouve point dlnconvénient ; il témoigne même désirer que le peuple^ aussi bien que les savants ^ s^appliqne à rétnde de. ces langues; pour vous V Monsieur, que je crois à\ak meilleur goût , conune d^on meilleur sens , je ne pense pas que vous prissiez plaisir à voir des grammaires grecques et hébraïques entre les mains de vos domestiques ; et quand même vous seriez d%umeur à leur laisser tout le loisir pour des études aussi difficiles j tonjours leur faudrait-il bien du temps et des années avant de se rendre assez habiles pour pouvoir juger des contestations des savants sur la justesse des. versions ; et pendant tout ce temps-là que croiraient-ils, n^ayant pas encore de texte sur lequel ils puissent régler leur foi ?

Pput-être dlrez-vous que leur texte s^accordant avec celui des adversaires , sera assez sûr pour faire le fondement de leur foi ; mais cette ré-^ ponse les charge du moins de Tobligation de confronter le texte de la Bible luthérieime avec le textç de la Bible catholique ; je pourrais ajour Ifîr çiVec toîitçs Jiçs Bibles de leurs adversaires. Or, Mpiisieur,^ j*'én appelle à votre sincérité , le,£bn(^ils? Est-ce votre méthode d'y obliger tous ceux qui ne savent ni grec , ni hébreu ? Voilà donc la plupart de vos partisans dépourvus de la sûreté que vous suggérez comme la seule qui reste à prendre. Mais qu'ils Taient, à la bonne, heure , et qu'ils la puisent dans la source que vous indiquez : est-ce à votre avis une bonne espèce de sûreté, que celle qui ne

sus U aÉSLE DB LA For. %6t

se tire que de Vaven de gens qu*OD suppose en-. gagés dans une infinité d'erreaft ? Do moins conviendrez -TOUS , qne lorsque les textes des detn Bibles seront différents ^ tout homme ijtà n'^ pas de connaissance des langues originales , ne pomra pins tronver d'issue à son embamis.

Ne traitons pas néanmoins avec tant de li-guenr ce pauvre ignorant , engagé téméraire-^ ment par les mauvais principes de sa reli^on, dans un examen dont il ne peut plus sortir ; passons -lui les assurances qu'il doit avoir, et qu'il n^aura jamais sur tout ce que nous venons de dire ; accordons-lui encore nn choix sage et éclairé , gui Inî fasse distinguer sûrement parmi les variantes la meilleure manière de lire : le moins qne nous puissions exiger de lui , est que pour s'assurer du véritable sens du passage sur lequel il s'appuie , i) sache certainement qu'il n'y a pas d'autre passage qui l'oblige & le ^ren-r me dans un autre sens. Car enfin il ser»t injuste de vouloir qu'on s'arrêtât aux passages qu'on cite en sa faveur, sans considérer ceux que les antres peuvent allégoer. Gomme il est facile à toutes les sectes de renfermer leur créance dans certains passages , qnî les favorisent en apparence , elles auraient autant de droit que les hitiiariens, de demander qu'on ne lût que leurs passages * sans s'amuser k eemr qu'on leur objecte. Or, si les ariens , (es nestorîeM|^es pélaglens , et généralement lous les hé||^^H faisaient chacun un catalogue des ^ croient favorables à teurs' sentim citer aucun de ceux qu les dâ

$^ ^ SECONDE liBTTl^

imfiaittw^iawkwt J«ie titHumweulp^ qu'ii fût ^ 1^ prodienee àft ^BittMfi Vnn 4e>i:e^i^talogoM ^ saos vouloir ea lire aiiciw/srtttre y et tmteraiwt; ài^ téip4i?94lP^ ^evx ^ ^midraieiit jugw de la fçM p^r un ^3iame& si dâ^BGlQeiQs^ GQizmeiKt doDC-poorraieiviHU» |>réteadm ^'09 cm usât aipsi fJaiesi esis^., pjiM^ç{Q'ik u^anl: ancou tàtfue foxw se faire préf<^r aux ^nôtres ? L^cp^a^ np^eià de toat^j^a^saj^ re^lera^ iwe re^i^

d^ tpQte tEcrkore; pour eiQi qoœpareir le$ ei^pres^ixms avec ce passage ,. il fandra.'dmc lire rScritare tout entière, 019, se .la Êgo^ lire^ si Ton me sait pas ses letbr6$;, et çelsu non paa une secilefoisy Boiais j^qsieqirs f(Às , jusqu'à la savoir comme par çoew^ Ciar le moyen qa'oa soit toujours assea altei^ pendant wie première , une seconde lecture? Qr^les étroits 011 on aura été dis^dit^ serpalt comtiii^- &'ils n?avaient pos été lus; est-il possible da lareiteoir assez , mième après plusieirs lectures , pour, pouvoir juger du véritable ^lis d'wi passage, par la comparaison de tous les difiërents lieux qui y ont rapport? Vo^Qji^ez-^vouSr quVn se contente de voir seulement les textes que d'autres auront ramassés ? Mais, alors quel âQ)et aurart-on de se tenir asr sqré de leur exactitode ?

Vous le voyez<,, Af(onsieur,. voUà une mer d'ii^* C9rti|tudes dont il n'est pas possible de sortir , sans S' engager daps un travail sérieux, dont assa-^ rém^tcplus des trois qmrtS: et denii des honunes ne^ont piis capables^; et plus vous considérerez d'pne part Ifis ii^ijljgatioas: dont chaque particulier se trcfuve chaJCgé par le système de votre

SDHU iACLK SB I.A FOI. &63

religion , et dt ïantse ieâ 2>onrie«: «trriM» ^ rosprit hum Ml y et snitoitt des csmb TOlgainM, ^ itont {>»• ^ «étàn»ftàt ks latttcs ^ moâlg vow trotHCEcsi dtf.pnfairtiftti .entre les farctti fftiha infiùté dtf peksOmMs t •( l^&nAtav iite tous îndiffiiMsimept soiïb obt^és de poEtet^^

tt rat 'trai, Nondenr ^ iqne chea tous itidme il <st asseii ordiiuiire â& se sévnr de mtUmÈit fH{iond<ile pftrkry coiwbm de dlra^ jiarcKemt)!»: FfiànttsM-eftt eUàtBj «èncim ni^ qijfè k Ure irnc jne di^OHliaE sdiae ^ poiftriinnniBr àséiMeiit ^ ■fVMlré^MrsafoLctsaiiiœaro^^siJàs itrnfrcoBob ptô que de tête dixOMT» {tnisseAC Hin irapre»- Àoa stir vma : car o» deiffiât- oublier tent ce ^(û ■ létâ- dit juMpi'icî f OB téakoigiteto tpK tous n'y •Tes fait anotnie attahtHMii flaf]|)elet>wou9 ^ ^â tous fdaft: , ItaUdifiieillBcB proposées ccHitre la diviaidà d& MiaoBCbmt^sxptéiaiKë résUrdatui l^fioBbarislidy elileiapt^we des enfattËi.' F«nr- .fea'wtbub ^ ea consBltant la ^tnluFe^dle wrtre ■ODHir j ne pa» letebnaUpe -^'^lës. partit de beaàcoup lai pottée dn-ooiimiul des- esprits ^ et qoe pour y tèpiT^trCj il favt de TliadbUietéy de la .pénétratiotc,. ed des frooDaisBasees bceoilMip plm ntlevéds ({ae-cellBS' qa'on peU espérer .de troorar dans le petipleB '/ .

Ory )B n.''âipas iônt olniade^ésdiflicnHéb, patrce qa'eUeâsaiitle'S'plas^aades, mais perce ^'ddea se Sont présentées' les-pAmiéres, ou plu^ tât pancd qa'dlss «egardetit dss' articles mieux -étïd^f etqiù paraisstot BQoiilî fin^ets à èlre coo* testés. Il serait aisé deH;pcopo»er de pareillea^ «t némede |ija3 Consklérîblev^sDr une inf

264 sbcoudb isttbb

d'autres sujets ; et si Je poavais les exposer tontes à vos yeux, rénnir dans un même point de vne cet amas d^'incertitades sur tant de di& férents chefs , ne diminuerait-il pas votre exces^ àve confiance dans la clarté de.rEcritnre ? Du moins ne jngerie&vous pas que cette clarté n^est pas toujours suffisante , pour tirer d^embarras rhomme de métier et la femme de ménage , ni les empêcher de vaciller dans la foi , tant qull n*^ aura pas une autorité parlante qui les rassure 9 en donnant des éclaircissements sur lesquels ils puissent sûrement compter. Nous convenons qu^il y a des endroits très clairs dans TEcriture; mais nous disons en même temps , que comme il y a des passages qui contiennent clairement certaines vérités, aussi y en a-t-il d^autres qui paraissent les contenir clairement, et qui ne les contenant pas en effet , sont un sujet d^illusion à ceux qui suivent trop facilement le3 apparences qui se présentent d^abord» Rien n^est plus aisé que d^abuser des termes; on appellera clair ce qui ne Pest pas , mais ce qui le parait. Ne voit-on pas tous les jours des partis opposés, s^appuyer également sur le principe de la clarté prétendue , et citer plusieurs textes qu'ils estiment de part et d'autre être très clairs , et qu'ils donnent hardiment comme tels? C'est néanmoins pour prouver deux contradictoires : la clarté se trouveraîtrclle des deux certes ? C'est une prétention impossible ; il est donc évident que c'est l'imagination qui souvent substitue une fausse apparence de clarté à la clarté réelle et véritable. Or , que le vulgaire soit en

sua LA RÉGLB DB LA FOI. 263

état de faire un juste discememênt des clartés réelles ou apparentes j de le faire sûrement et sans ancnn danger de s*y méprendre, de le faire constamment et sur tons les articles , c^est ce qu'on ne persuadera jamais à quiconque voudra en juger selon les lumières d*un sens droit et équitable.

^aimerais à tous voir citer quelques exemples de ces passages prétendus si clairs : vous n'omettriez pas sans doute ceux que vous avez coutume d'employer contre l'invocation des Saints. Invoquez-moi au jour de la tribulation et je vous délivrerai (1 ). Il rCy a qiCun mé^ diateur de Dieu et des hommes , Jésus-Christ homme (2) ; et ces autres contre le purgatoire : De ^quelque côté que Parbre tombe y soit qu^il tombe du côté du midi ou du septentrion , // y restera (3i). Le Sang de Jésus -^ Christ nous purifie de tout péché (4), Voilà, direz -vous, des expressions qui condamnent clairement l'invocation des Saints et la prière pour les Morts. Mais, Monsieur, permettez - moi de vous demander, comment il s'est fait que les trois saints Grégoires , de Nazianze , de Nice et de Rome , les deux saints Cyrilles , de Jérusalem et d'Alexandrie , saint Athanase , saint Basile ^ saint Ambroise ^ saint Augustin , saint Jérôme , et généralement tous les Pères du troisième, du qua^trième et du cinquième siècle , qui tous ont invoqué les Saints et prié pour les Morts, comnie

\\) P8. XLIX. 15. — (î) 1. Tira. it. 5. — (3)Ecclefi»|e^JCÎ.l — (4)1. Joao.n. 7. . ;\

266 8BC0WB UVTRB

)<k:Yate k farM wir ^ fitan^il vow pleura ,. pièce wr table f n'aient pa«, vu, cette ^smde clarté. ^ qdi porfitû ^v^ona saata «t^x jreuK.dii plus vU. sor- Itsan ? DiFe«s-«ou^ qili'il.iie s^t pa^ ij^e ces pas^^ aage$ soient cbôrs ^a euK^^i^àmes^^ <}u?il:J^uteiir com €p\e.4imxK€pAle% Usemt sokmt jbieu di»oséj&? Mais quelles diispositions trouvera-rt-on cîSe» le tioUeur 019 cba& le eordoanier , chez le çhar-t ron op chm- It naot^fa^â ^ ^ ae se soient trcHC^ wét^ d^uœ mamère t»ea plui^ éminente dans ces #afait3 et savants! docteurs? Quelle pouiraijtdomc èttt cette prétendue lumière si éclat^te di'iaxie part au^ regards de vos disciples y et de Tautre si oi>scure et si ténéhreiM aux regards de tant de Sakits si i^ersés dans l^étude de l'Ecnture^ Sainte y et qtii ne l^on jamais aperçue ? Qi^. ne Toit <|ue toute rassmrançe qu?on cherche i. in&n pirer Mt pcsaple sous le beau prétexte de clarté prétendue de tEcriture , n^est qu'ua caprice et; mat fantaisie sans rtôson, patf laquelle on donne le nom de clair à tout ce qu'on juge à propos d$ nomaner jEunsi^ bien que souvent il doive être expliqué dans un tout autre sens qae celui qu^osK pirétend y apercevoir du premier coup-

Qu^on nous cite après cela tous les passageSi que Ton voudra y pour justifier le plan de la clarté prétendue ; qu'on fasse sonner bien haut celui de saint Pierre : Nous wons la parole des Projphèles dont la certitude est plus affer-^ mie , et à laquelle vous faites bien de vous at-. tacher y comme à une lampe qui luit dans un lieu obscur^ jusqu'où ce que le jour commence

sua LA tÈGLB DB U FOI. Sfi7

à paraître , et que t étoile du matin se lève dans vos cœurs (t). Qu'on y ajoute- celui du psaume : f^otre parole est comme unjteanbeau dora le hriUant éclaire mes démarches ; elle est la lumière qui sert de guide à tous mes pas (2). Outre que nous serons en droit d'opposer à ces sortes de passages cdm de saint Pierre, qiù dit en termes formels (1) , qu'il y a dans les Epitres de saint Paul , comme dans les autres Ecrittires, des endroite difficiles à entendre , nous ne craindrons pas de dire que tos ministres abusent de ces passages, comme d^ine infinité d'aotres , pour établir leurs erreurs , et

re par l'abus qu^ila font des uns et des aubiss , se chargent du reproche que leur fait le même Âpdtre au même endroit , en les désignant sous le nom d^esprîts légers et indociles qui détournent les Ecritures en un mauvais sens, pour leur propre damnation,

Eit effet , Monsieur , prenes-j garde , sll tous platt , et TOUS Terrez qu'ils concluent de ces passages toute autre chose que ce qu'ils en devraient conclure. Saint Pierre, an lieu cité par vos docteurs , dit avoir vu de ses propres yeux la gloire de Jésus-Christ, et avoir entendu de ses propres oreilles la voix sortie de la nuée pour lui rendre témoignage. Mais , comme sll eût voulu dîreï ^ TOUS avez peine à m'en croire sur m'a parole^ TOUS avez les Prophètes , dont Tanlorité ne petit

268 SECOlfDB IiBTTBB

TOUS être su&pecte , il jajonte , qu^ils.. font très bien de s'attacher à leurs paroles , donti'antorité prouve si clairement la mission divine, de ^0s*Chmt j qne malgré tontes les difficoltés^ dont les Juifs obstinés cherchent à les envelop-^per f6iètr}/ts obscurcir, il n'est pas possible de rester;âan5 le doute, ni de se refuser à Tévid«nce, qm résulte de Teimct accomplissement de:to]ates les prédictions faites sur le Messie. DJgji il .parait que vos ministres prétendent for-r mer ce raisonnement : ce Les prophéties sont trè$ ce propres à prouver que Jésus - Christ est le ce véritable Messie ; donc TEcriture est asse:^ çc i^aipQ, pour que chaque honrnie du peiqile ce soit en olat de discuter tous les points de ]a a religion^ ># Je vous laisse à juger , Monsieur , si cette conséquence est juste, et si un pareil raisonnenient mérite d'être opposé aux induc^ lions claires et sensibles par lesquelles je croiç vous avoir démontré Tmcapacité du peuple à soutenir l'examen dont vous le chargez.

Pour ce qui est du passage du psaume 118, 'vous ne le troorveree pas plus favorable à vos prétentions. Qui doute que dans l'Ecriture il n'y ait quantité de préceptes moi^aiu: et de sages maximes- aussi clairs que propres à diriger l'homme dans toutes «es actions ? Qui doute encore qu'on y trouve une infinité de connaissances Çrur la nature de Bien, seê p^fections , sa provi^ dence, ses jugements et l'état de l'autre vie, beaucoup plus nettes et plus distinctes que toutes celles qu'on pourrait tirer des livres des philosor phes? Mais s'en suit-il de là que toutes les disputes

sua LA BÉGLB DE Là FOI. 269

qui viennent à s^élever parmi les chrétiens sor le sens des Ecritores , et généralement sur tout ce qu^il faut croke , soient décidées dans TEcriture même , et que tout esprit , quelque médio« cre .qu?il soit, aitt assez de lumi^es pour y Toir sûrement à quoi s 'en tenir ? J^avoue que nous ne voyons pas assea la liaison de cette conséquence avec le véritable sens du passage cité ; iîny â .qtie la dialectique j souvent extraordinaire j de, vos théologiens jy qui la puisse faire apercevoir. Nous sonunes . donc bien éloignés de penser. que TEcriture n^ait aucune clarté : nous disons même qu'elle abonde en lumières vives et pures , qui y sont répandues de toutes parts ; mais cela n^empéche pas qu^elle n^ait aussi ses obscurités,, qui loin de la décréditer, comme vous le prétendes y ne la rendent que plus respectable. Nous ne trouvons pas que ce sOit marquer beaucoup de respect pour la parole .divine , que d^en abandonner Texplication au caprice de chaque particulier; comme ce ne serait pas msutjuer beaucoup de respect pour les lois .civiles , que d^en, abandonner Pintelli^ gence au jugement de la plus vile populace» Dieu a parlé comme il lui a. plu , et nous ne pouvons que louer sa sagesse d'avoir parlé d'une manière propre à humilier rorgaeU de Thonmie, et à le mettre dans la néces^té de la dépiendance,

Sar le besoin qu'il a de s?instruîre et de chercher, es siiretés hors de lni*même. C'est en réservant à un tribunal infaillible la connaissance cerUun^, et indubitable des véritables sens de l'Ecriture,' que Dieu a précautionné sa parole contré'lcs

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«feosf'qirtin peut en fioîre/ et qofan e» fait <si

tfc: Toot le monde ^ dit ViBcent de Leiins ^ €t ^ auteiu? du cinquième Mick ^ célèbre pap se^ QB belles et jndkienses remarques sur laretioi gion^ (1)^ n^eKpliqne pas rÉoriture dans tm et seul et même seîis^ à cause de sa profon-^ €c>idem:; i&ai3 les mêmes passages reçoivent des Ci' vus i9t: dca antres diverses interpnétations de t^f^ns^f jfil^aaït^ il y a d^hommes , autant il «c sieraiÉ possible d'en tirer d'explication* Antant <c est celle de NoYatien^ de Sabelfios, de Dûnat; OC' autant: celle d'Arias ^ d'Ennomius^ de Macé^ « donins ^ autant ;celle de Photin, d'il^Binaire^ èk de Priscillien; autant enfin celle dé Nestorîns« ^ B est dcmc nécessaire qu'à trayerd tant de déce tours formés par. tant d'erreurs difleiraMes ^ et » le ;SÎgn^ de IHnterprétation prophétique e| - €« apostolique soit^ toujours dirigé selon la rè- C4 gle de interprétation ecclésiastique et ca-» (ç tholique* >>.

• En Toilà asseê pour noos purger du reproche que vous nous faites, de n'aroir pas une i(fêe assez avantageuse de TEbriture* Nous en avons

une vraie , juste y raisonnable ^ et telle qu'ail

^ Bdnptnnm sacrab pro ipili suft àlfStodi&enon utio éodemqae sensu unvm «ccipiopt» sed igt»èem«loqiiift aUter atîus atqiie alius itterfirt^ tatuiv» utpolé qii^t bomines sunt» tôt îUinc senteotiae enii posse videan^ tar. Aliter namque Novatianus, aliter Sabeltias , aliter Donatus exponit ^ aliler Anus, Euvomios , MaceikiQiaf ,. aliter Photikius ^ Appolinaris , Priscillianu3, aliter post emo Nestprius. Atque îdcircà multmn OQoesse est propter tantbs tam trarii er'roris anfîra'ctus , ut prophétie» et apostolicae in^ terpreUlîpiris |iiiea aeciKMltiQi eoekaîtBlid et càtholid sensûs norinan di'» rigaïur, VyiceDtjlas Iiiriiieosis in Commonilorip» Cl*.

SUR LA &ÉGLB M LA ^Ot. 3L1\

convient de IWoir pour nous en représenter le véritaMe <5aractèi«. Cette sainte parole , pour se oôn<iilier nos respeels , n^a pas besoîil àes élog€S d'une ckrté imaginaire et trop générale ; mms tte dérogeons p«s à ;5on; autorité^ en ren^ dai%t TËglise Juge de ses ▼éritables s^ns dans les cas litigieux; car ce n'est pas là soumettre l^Ecritiure a TEgUse , mais soumettre à FEglise les différentes expliealions qu'on en peut donner^ et la laisser prononcer quelle est la fausse eu Ici véritable. i •

Faul41 Qoicope répondre à ce passage si rebattu par vos partisans? Examinez les Ecritures j parce que c^ffêt par elles que vous croyez avoir la wû étemelle (♦)• 81 vous exigez de moi , Monsieur, que j> réponde , j^aurai Phonneur de vous dire que quelque a{]^apence de difficulté que puisse avoir ce passage quand il est défdacé , il nVn a plus aucune, dès qu^il reste dans sa placct* car Jésus-Christ exhc^e eu c^ endroit les Jui& à lire CQ que les Prophètes ont écrit du Messie , et à voir si Ce qu'ils en ont marqué, né convient pas exactement à sa personne. Cest ce que faisaient avec beaucoup de soin les Juifs de Bérêe, comme il est dit dans les Actes é^s Apôtre^ (2). Or, comment vos plus habiles dialecticiens tireraient-ils jamais de là aucune conclusion qm puisse donner la moindre atteinte à nos principes ! r

Si vous dé^H*ez que je réponde encore é cet autre passage de saitit Paul : Examinez toutes

(1) Joan. V. 35. — CTiïip;XVf1. ir il.

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choses^ conservez ce qui est bon (1); je dirai qa*il ne s^agit ici que des objets douteux ^ et non de ceux qui étant sûrement bons ou mauvais y ne peuvent faire la matière d^un examen « Or y ce que TE^lise approuve est sûremeiU; bon ^ et ce qu^elle condamne est sûrement imauvais ; donc U n^y a point sujet à la revue ou à la discussion des particuliers. £t pour ne rien omettre ( car si je laissais la moindre chose sans réplique y vous pourriez y supposer du dessein , et croire la difficulté omise d^une nature à se faire redouter ) , je réponds à cet autre passage de saint Paul si souvent objecté : L^homme spirituel fuge de tout , et n'est jugé par personne (2) ; qu^il est très vrai que rhonune animal et chsurnel ne peut juger que des choses terrestres et sensibles, et non des choses spirituelles , trop élevées au-dessus de son intelligence ; au lieu que rhomme spirituel éclairé des lumières d^en haut, et doué de Tesprit de Dieu, juge des unes et des autres , sans que ses jugements puissent devenir l'objet de la censure de ces hommes terrestres et grossiers qui n'ont point de goût pour tout ce qui échappe aux sens ; en quoi cer* tes vous ne trouverez rien qui soit favorable à votre système; car il ne s'agit là nullement d'un jugement définitif que chaque particulier soit en droit de porter , au mépris de celui de l'Eglise , sur les matières controversées.

La même crainte de me faire soupçonner d'un silence affecté , m^oblige à rapporter encore cet

(») 1. Thew. V. Si. — (9) 1. Cor, II. 15.

SUR tA RÈGLE DB LA FOI. 273

antre passage qae vos docteurs ont très souvent à la bouche , lorsqu'on lenr parle des obscurités de rEcritnre-Sainte, et du besoin dime interprétation sûre et infaillible : Si notre Evangile est encore couvert d'un voile , c'est pour ceux qui périssent, qu'il est encore couvert (1). Je vous prie de remarquer qu'il n'est point ici qaeS tion d^nne intelligence de ch»qne passage de l^Evangile si sAremeut accordée à tons les Ëlns , qnll suffise d'être de ce nombre , pour ne pouvoir s'y méprendre ; mais que l'Apôtre a seulement en vue la connaissance de Jésus-Christ, si clairement révélée par les merveilles rapportées dans l'Evangile , qu'à moins d'être aveuglé par quelque passion déréglée qui nous écarte de la voie du Ciel , il est impossible de ne le pas reconnaître pour le véritable Messie , et de ne pas se rendre à ses divines leçons.

C'est aiAsi que vos ministres se jonent de l'Ecriture , /en faisant retentir tin son de paroles qui leur' paraissent favorables , mais qui dans le fond' ne disent rien de tout ce qu'ils prétendent y faire remarquer aux peuples enchantés de la promesse magnifique et si souvent répétée , de ne vouloir enseigner qae la pure parole de Dieu: artifice qu'ils emploient dans le cas présent , pour soutenir un paradoxe qui révolte pour le bon sens , et se trouve démenti nonseulement par l'expérience- de tous les siècles, mais aussi par la connaissance que vos ministres ont enx-mémes de la faiblewe de l'eSM""

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