SUR LA RÈGLE DB LA FOI. 2S
de la question» et qae c^est pour eux unlan^ge auquel ils ne comprennent nen , et qa^il n^est pas mèwB possible de leur faire comjHrendre. Ces gens simples adoptent néanmoins les livres symboliques dans toutes, leurs partiesyils Toui^it un attachement inviolable à. toute la doctrine qui y est renfermée , ils regardent . ces livres conune le . précis le plus exact , Textrait le plus fidèle de rÈcriture - Sainte , sans pouvoir dire pourquoi, et sans être en état. de rendre compte de iQur sentiment à personne. On trouve à la fin du livre de la Concorde , qui n^est qu'Hun recueil des livres symboliques et de quelques décisions sur les contestations survenues , une liste très étendue des viUes , états, républiques dont les habitants ont signé et ratifié le corps de doctrine qui y est développé. Les magistrats et les peuples Tout reçu de concert , ou pour parler plus correctement , chaque magistrat Ta reçu à la persuasion de quelques ministres ac-r crédités , et le peuple a. acquiescé aux ordr^ du magistrat , sans entrer en connaissance de cause : et afin que la domination sur la foi des peuples continue à s^exercer avec plus d^empire, plus de constance et plus iTuniformité , on y a obligé tous ceux qui . embrassent le ministère', du moins dans, tout le district de Strasbourg , à prendre par serment rengagement de ne se départir jamais en rien dans leurs instructions au peuple, de la doctrine contenue dans les livres (1).
(1) Vo^cz le RjUel des 4glisc$ proleslantc9 de Strasbourg^ pag. 554 .
3$i tssGommmrmi
RqprooboMKnis ^ptès cela notre trop grakidc fiieilitè à notis en tenif aux décisions des bohtcites^ sans le» examiner^ Le pkis gfaùd nombre d^e&itre vous tï^ett tise-t-il pas de tnéme^ malgréi^llà en dlent^ partrapport au résultat de vos assem^ bleeè ecclésîasti<{aes ^ et comnde nons^ venons de le dire , par rapport à tine Infinité d^rcicles reirfermès tôb»s vos livres symbolique y qtilis ne comprenmsnt pas assez pour en ji^er psûh eux-mêmes ? Remarquez cependant ici tme dou<ble différence : la première^ qne le <&atlïdl^tie^ en prenant le parti de la docilité et de la scna* mis^n , suit ses principes ^ api lé ^timettent an jcigemesit de TEglisè ^ an tien que le protêt tant , en suivant le jugement d^autrd ^ aban^ donne son principe , qâ Foblige indispensable-» ment & la discussion. La seconde , que le d^ tholique s^appuie sur une autorité qu'il tient pour infaillible^ sur Tautorité de TEglise, qui lui indique sûrement le véritable sens des passages contestés , et rend sa foi ferme et inébranlable; au lieu que le protestant , dans les cas que nous avons marqués, s'appuie sur une autorité sujette i Tégarement et à Terreur , puisqu'il ne croit pas lui-même que les ministres et les docteurs de son parti y soit qo^on les prenne séparément , soit qu'on les regarde en corps , aient le don de Tin* faillibilité : d'où il résulte que sa foi est néces^ sairement faible et chancelante ; ou qae si elle est ferme , elle ne peut être qu'imprudente et léméraîre.
Je ne puis, Monsieur, me dispenser de vous faire observer encore , et c*est la qttatrièmt réflexion
suB u aAeiiB j« Eià TOI, 233
qoe je Tcms prie de faire: avec mei^ qoa vos iliiiu^tre^ jblftment vos pMti$aii« d^M^îster A no^ s«:i90ii$ de controverM^ ifeCiU. Jlecur .défendent le» fréqpe^ts entretiens arec les docteurs cath4>r lîqiies habiles» et qn^ils n^aiment pas à Tçar entre leurs mains nos livres de religion» Mais si cba*<) que particnlier est chargé à^ som de re]cameii et de la confr(mtation , n*est-ce pas nne aFG^ace pour les gens de votre parti > de trouver d^al>oiti $m$ leurs yeu^ les passages qu^on vous oppose? Senût-ce à votre avis faire la çonfrontatioia avec jinstesse et avec exactitude | de donner son attention aux passages qui vous paraissent 'iS^iyorableSy et de la refuser i ceux qui vous paraissent con<* traîres ? Sied41 à vos nunistres de dire :. ce Exa* ce nûn^ tout f mais n^écoutçz pas vos adver^ ce saires ; nous accusons TE^flise catholique de c< s^étre trompée dans plusieurs chefs ; raccu^ ce sation est grave , et du premier abord ne pace ratt pas fort croyable, vu les promesses de ce Jésus- Christ , mais nous en apportons de ce bonnes preuves ; on y fait ^ la vérité qu^l-* ce ques répliques , et nous voulons bien que ce vous soyez les arbitres du différend ; mais ce. gardez-vous bien de prêter Toreille aux replia ce ques qu'on nous fait , ni à tout ce qu^on vou^ ce dra vous dire pour la justificatiQn de rSglise, sa Tel discours serait -il sensé , et pourriez -vous , Monsieur , lui donner votre approbation ? Or ^ c'^est là Téquivalent de la conduite de vos ministres ; s^ils ne parlent pas ainsi , leur façon de faire dit exactement la même chose. Qui ne voit donc qu^en cela même les pasteurs se départent
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de lénrô principes , et que les ousdllés flTaicqûit-
lent également mal de leur comimissiôli ? Car ne tponvons-nons p^is tons les jonrs chez vons des genar qni refusent dé conférer avec nous , parce qn'ils nous croient plus habiles, et qoî conviennent de bonne foi qu'ils rfont point étudié les "matières dont nous leur parlons ; qctltâ ne sont point capables de démêler les difficultés, et qu'ils s'en raportent à leurs miriistres pour rér pondre aux objections embarrassantëis que nous leur faisons ? Ne font-ils pas voir par celte conduite, que le motif qui les attache au parti qu'ils suivent , tf èist pas une conviction fondée sur mi exionen raisonnable , mais une confiance téméraire aux lumières de leurs ministres , qui leur fait présumer , sans fondement , que ceuxci répondraient victorieusement aux raisons atix-r quelles ils ne sauraient répondre eux-mêmes ?
Mais , Monisieur , pour achever de vous convaincre que chez vous on ne fait que suivre les caprices de vos ministres , sans se n^pttre en peine d'éclaircir par soi - même les points contestés , il n'y a qu'à faire attention aux différentes formes que la religion prit à Strasbourg en moins de dix ans , où Ton vit le magistrat et le peuple varier sans cesse au gré des ministres qui y avaient un crédit dominant , et cela dans le temps même que la nouvelle maxime de la discussion personnelle était toute fraîche , et pour ainsi dire à la mode. Nous trouvons un détail de ces variations dans votre Rituel même, et on n'en cache pas les auteurs , qui disposaient de la foi du magistrat et du peuple aussi libre-r