‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 63 sur 108 · SUR LA BËGLB DB LA FOI · texte numérisé non relu

SUR LA BËGLB DB LA FOI

tations ; que la voie de la confrontation qa^on voudrait employer pour y parvenir , ne peut produire cet effet , et parce qu^elle est au-dessus des forces du plus grand nombre, et parce qu^elle se trouve généralement négligée dans la pratique.

Que me reste-t*il donc après toutes ces réflexions , sinon de vous rappeler à la méditation de cette courte , mais terrible sentence du Sauveur : Celui qui ne croira pas , sera condamné (1). Or, Monsieur, pouvez -vous vous flatter de croire, tandis que vous ne vous arrêtez qu'à des opinions et à des explications arbitraires de l'Ecriture? Une telle foi peut -elle faire de vous un véritable fidèle ? N'est -elle pas plutôt propre à ne faire de vous qu'un philosophe 6ceptique, en vous donnant Ueu de douter de tout , et en vous réduisant au même état où s'est trouvé il y a. peu d'années un des plus beaux esprits de Strasbourg ( 2 ) , qui dans une lettre écrite de Jena , centre du luthéranisme , à une dame de qualité de notre pays, lui mandait : ce Ici nous croyons le matin d'une façon , et Tacc près-dlner d'une autre »; variations qui l'ont porté depuis à chercher une règle de foi capable de fixer les agitations de son esprit, et qu'il n'a pu trouver que dans l'Eglise catholique* Car ce n'est que dans cette Eglise que se trouve une règle de foi sûre , infaillible , universelle , j^Oportionnée à la portée de tout le monde. Et

(1) Eii saint Marc , di. XVI. 16. — (2) Monsieur Bartettein. TOM. I, 19

^qi^Ue .e9t witj^ pègle ? J^ai déjà^fia rbonneiùf de ,yQ^ le (}ire^ fifo^sieur ^ «c^est^ ia parole de Dieu .jlg^epçQeQt ^t iiMfaiUU)leiMntl>ieaentendia^ c^est-* »à«4U*e la psffQle de Dieu entendue et espUcpiée .p9r> I'S^eU^* Mais pmr qsielle Eglise 2 Par TEgUse établie en verta des paroles de Jésns «^ Ghnst , ^Btwnée dans la postérité des premiers fidèles, JtooÎQw^ fidèles an gonvernement des pastencs :légitime3 9 rép^ndne sw tonte la terre ^ visible 99 vtoi;(t tep:ips, en nn mot par une Eglise telle qoe)-^ en Tbonnenr dé vons la présenter dans ma^j^^mière Lettre. Ceallà imë règle infail-' li}>l6iv iparce qne r£gl[iâf en^ expliquant la potroi^ :d^ IKeu , nesaniisdt jan^aîs s^écsrterde son véritable seiis 9 pnisiltilellè est dirigée par FEsprit jdje vérité, qni dùiaété promis daxis les tformes les plus, clairsiy ainsi qne .von& Tavez égalemwt» m àwa Ja Lettre précédente. C^estlà :^ne règle iiiliverselle^ et comme jnsqn^u temps de Lqtli^i! il ne s -est jamais élevé de dispnte sur Je fpi{:;dé la religion, qni n'ait été tfï;ibinée p^ Ji'^o^e qn-on a fait de cette règl^, anssi^^f-|;^n droit d'exiger qn'elle serve égal^n^ent i^i4^ider<les controverses qni se ^ont iétevéés depiiiis^ commencenient du seizième .^^^{e)iQt.qnipp(l|rrQnt naître dans la suite. C^t ^en^n nne règîjB pt^portionnée à la portée de tout jk mOAde : car elle est d'une part très propre à c^to^ 1^ doutes des savants, en leur indiquant claii^f^dlt^t parmi «plusieurs sens qni se présentent , celui qne Dieu a eu en vue , et auquel il îl faqt s^^urrèter , -et de l'entre ^ très nécessaire pour le rçpos et la sûreté des ignorants , en les

SÛR LA BÉ6LB BË LA ^Ol* 2^1

lîîspénsant d^enti^er dans qne disclission dont ik ne sant pas capable^^

Par eette règle se waiiitient constamment la paix dans TEglise , f entends parmi ceux qni restent sotimis à cette règle ; car pour Cenix qqi Tabe^donn^t) 'Comme dès lors ils cessent d^ètre catholiques, il n^6st pas surprenant qu^ils cessent aussi de detmenrer unis de sentiment avec céus^ qui n^ont pas cessé de Pétre. l^ar cette règle se maintient la subordination nécessaire entre les différentes parties qui composent TEglise. Car alors tous ne doivent pas être œil , comme chacun prétend Tétre chez vous , mais le corps des pasteurs est destiné à enseigner , et le peuple n'a plus qu'à apprendre les vérités de la foi avec docilité et avec soumission; cette disposition n^est - elle pas la plus convenable au bien du corps de TE^lise , et, la plus conforme aux sages Vqes.de la PrQvldence? En un mot, par cette divine règle la^ foi reste inaltérable dans -tous les tenîp*,, uniforme dam tom les pays, iaé^ branlable çoptre toutes les attaques ; votre boa sens, Monsieur, ne vous dit-il pas aussi dai^ rement que TEvangile , qu'il n'y a point à douter que l'Eglise n'explique plus sûrem^it l'Ecriture- Sainte selon les vues du Saint-Esprit, qu'atscun particulier que ce puisse être ? Démentez - moi , si je me trompe; ou plutôt , si je me trompe, je consens que vous n'ayez que du mépris pour la règle de foi des catholiques , et que vous regardiez comme des imbéciles les plus grands génies de l'antiquité , qui n'ont cessé d'avoir recours à cette règle pour combattre les hérétiques :

292 SEOONOB LETTRÉ

un saint Athanase, qui ne pouvait assez s**éton<^ ner , que les ariens eussent la hardiesse de remettre en question des matières décidées dans un concile œcuménique (1 ) ; un saint Ambroise qui disait : ce Vous tenez pour mon parti , dit le ce Seigneur, si vous tenez pour le parti de l'Eglise, ce Demeurez fermement attaché à TEglise , où. ce je suis avec vous ; là oii est TEglise , là est ce le poste sûr de votre espoir, là est le fonce dément de votre âme (2) ; >> un saint Augustin qui, sur une question difficile à résoudre par TEcriture , nous dit : ce Si vous craignez de vous ce tromper dans l'obscurité d'une telle question, ce consultez pour la résoudre cette Eglise que ce TEcriture , dont les paroles sont autant d'orace clés , nous montre sans aucune ambiguité( 3) . >i C'est ainsi que tous ces grands hommes, de con-^ cert avec les autres saints docteurs des premiers siècles , ont reconnu que la même Eglise , qui nous met entre les mains les livres divins , en nous assurant de leur canonicité , nous assure en même temps du véritable sens dans lequel nous devons les entendre.

Aussi est-ce dans ces principes que saint Augustin, toujours pressant dans ses raisonnements contre les hérétiques , faisait à un habile ma-

(1) Qu& îgitur audacîâ fit, ut post taDti concilii authoritatem disputatiolies aut quqestiones instituant ? Âth. ep. ad. Epictet. Ed. Froben. p. 74.

(2) Mecum stas , ait Domious , si stes in Ecclesia. Sta in Eccicsia , ubi ego tecum sum ; ubi est Eccicsia , ibi firma staiio tua: mentis est 4 ibi fundamealum animi tui. Âxubros. iib. 5. Epist. 82. Ed. Froben. pag. 250.

. (3) Quoniam Scriplura &ilcre non potest « quisquis falli metuit , httjus obscuritate quaeslionis, eamdem Ecclesiam de il la consulat, quam sine liltii ainbîguitate sacra Scriplura dcmonstrat. August. Iib. x. cont. Crcsconium, cap. XXXIÎT. T. 7. Ed. Froben. png. 2i9.

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