SUR LA PRIMAIJTÉ DU PAPE ET DES ËTÊQUBS
plus il fait Toir retendue de son impudence. Car qui ne sait, qu'ail se trouve dans les Pères grecs et latins ^ même dans les pins anjciens et les plus voisins du temps des Apôtres ,.des traits marqués en faveur de la juridiction que nous reconnaissons dans les papes ? Certainement saint Lèpn y saint Optât , saint Prosper , saint Chrysostôme j saint Epiphane , saint Basile , ssdnt Irénée j ont vécu longtemps avant saint Grégoire. Or, pour ne parler que de ceux-là, et ne pas. accumuler ici des cit;ations à Tiiifini , y en a-t-îl un seul parmi ceux que îe viens de nommer qui ne fournisse amplement de quoi confondre Tignorahce ou la malice de Lutber ? Saint Léon , s'^adressant à Rome eÛe-^méme , c€ vous êtes devenue , lui dit-il , par le siège sace cre du bienheureux Pierre , la tète du monde ce chrétien ; vous étendez par le droit d^avoir ce de la religion , votre règne plus loin que par ce Tautorité de la domination terrestre ; ce que ce les travaux de la guerre vous ont subjugué ce n'^approche pas de ce que vous a soumis la ce paix du christianisme (1). 33 Saint Prosper dit la même chose envers très élégants, qu'ail serait difficile de rendre en français avec autant de grâce et de majesté , mais dont voici le sens et la substance : ce Rome est le siège de Pierre ; ce Vhonneur pastoral Ta rendue la tète du monce de; ce qu^éUe n^a pu posséder par les armes
(1) Per sacram B. Pétri sedem capnt orbis efTeeta latias praesidef Rf- Hgioae dWinâ 9 quam dominatione terrenâ. Minus est quod tibi bellieuf Ubor sabdidit, qaàm quod paxchristîana lubjecit. Serm. de Natir. Aposi. EditQiienel., p. 464.
334 tROisiSMË LÈr*Bk
(t elle ie posç^de par là reli^on (1). >3 Saint Optât prouve contre les donatistes : ce qo^U est ce dans la Traie E^Use , parce qaHl est en comce nranion avec le pape Slrice. La première mar- <i que de la vraie Église, ajonte-t-â, est de cornce mxmlqoer avec la chaire de $aint Pierfe. Et u parce <pe nous avqn$ cette marque, nons monce trons (}tie nous avons toiles les autres (2). »
Mais veQons aux Pères Grecs , dont TautoritS e$t encore plu^ décisive sur cet article. Saint Chrysostônie rfeut-il pas reqours au pape Im^ocent P% pour le prier cle casser tout ce qqi s'était fait èon<;re Im dau9 un sijnùde présidé par Théophile , pafrlarcfae d'Alexandne , et pour luî dedemander justice contre ses injustes persécuteurs (3) ? Saint Epiphane ne nous apprend -il pas qijie les ^ewç évèques ariens Ursace ec Yaliens^ ' se repentant , ou du moins simulait le repentir de la conduite qu'ils avaient ^enue ^ étaient aljés trouver le pape Jules pour lui rendre compte de leurs sentiments (4; ? S^int Basile ne nous marque-t-il pas dans sa lettre & saint AthsoKise , qu'on ^ jugé à propos de prier Tévêque de Rome d'interposer LE DdclBBT m son jugement , et d'envoyer de$ commissaires en Orient pour faire re-
(i) Sedes Roma jMri, qum pastoralifl honoris
Religioi^e tenet. — r Lib. de ingrat. Edit. Bigr. dovx , p. il9.
(9) Lib. 2 , contra Parmen. Edil. Dapin. , p. 51 .
(3) Obsecro ut soribas « quod h«c tam inique facta non habeant robur « illi 9i^um qui inique fgemiU , pointa ^qçlwi^gtjqtnpm Içgufn $u|)J9cf9nt« Ep« t » ad InooMOtium. T» i « .ç^« I^d^i f p. i^QQ^
(4) Ur^aôus et Y^lfo^ PiOiml^ii^^Bi stgeotfs hi^ com libello, prolj^di sunt ad beatum Julium Romanum episoopnm y pro ramone reddeadâ de suo errore ac delicto. Epiph. Haer. G^. T. 1 , éd. Petavii , p. 724.
iSiJR LA PRISUCTà DU PA» &t IXBS ÉTÂQUES. $36
Venir ceux qui ,$^<^aie4t laissf^ $édi|ire an concile de ^imiui ^ e( anuuler tpajt ce qi^ Vy ^tait fait par yiolence (1)?
Mai$ n'y eut-il que U ssàiA et .^vanjt évèqoe jde Lyon ^ le grand Irénée^ û^tfpif fit fQ]riné {Kir les (U3ci^es des Apâtres | h fié^^ de toifs les Kérétiqnes de son temps , son témoignée seul ne devait-^il pas rendis )Lutl^r plus circonspect et plus mesuré daus ses parp^ ? Çar^ jque p^uton dir^ àe plus favoni^le k la cauise qpe no^ soutenons , xjue .ce que i^ous trouve^ d^i^ le troisième livre des hérésies : ce Nous conjToodoc^ ce du ce grand Sqint j ;toqs les liéréliqqes par la ce tradi^on de I9 ^W^ e% très ancjienne jE^jLse ce qui a été fondée à Bome par )es l^èj^ ,gl<)rie](ix ce Apôtres Pierre et PguJU,. ÇfffîULl^t^jg/tit jtpi^tes ce les Eglises aient recours 4 ^tte flgli^ ^ â ce cause de sa plus puis^ant^ princifiia^l^ ; ça^ (c c'est d^ns cett,e Eg^se q^e )^ Jtradjit^u yeqwe ce des Apôtres a J;oujx;)iijirs ité.^pnsei^éf p^r toi^ ce les fidèles qui spi^t dfm riwvc^Si(2)j ^>
Ilemarx{a,e^ , s'il xpus plaljt^ l^^s^epr^ 9P^ &!^ Jxénée a été di«^çiple de »^t jPpilyç^rpe , évéque de Smirne, qui avait eu fajj^t J^e^l^^yai^géliste poiçgr maifre, .ejt par .ç^^^^ipei^ ,qgi'il ji lété
(1} yûuçA est copsentanenQ paifiefe a^ .çpS^miqi I^^aqum , ,i^t viàéat rêft nbsti^ , et judidi «'d <fèci^tam intérpoim..*. ipse aumoritatriB tribvat jdeleclis Virîs « >qfî «ônwèilà ft'iurpto!^ ItnHiope M» « 4|ui à recto y|a deflej^eraot moDere jm^qI . wq^c a<^ ^^^qçpsi^ conciUi secimi 'feraut ad' ea re9aiidéii&; <rar itlic Tlolèirtéf aeiâ sunt. Basil.
j(2) Ad ^lanc cmn Ecelanfim prop^er pqiçj^tiçïrçm f^yftliti^teip i^f»9n|lt en oimiiem oonvenire Eoctesiatii , hoc e^\£os qui vuntQbdîque ûàen» » in qi|a/««9per ft^iis lOin a»»i'.t^»jyi^iej«iiPMi»<»e8t oa » qiuiiès^eilalii est tntdilio. Irenastu lib. III , cap. m , edit. Colon , p. 232.
33Ô tfiOISlâlIB LETTRE
comme petit-fils des Apôtres. Remarquez en se;- Gond lieu ces paroles : // faut que toutes les Eglises aient recours à FEglise de Rome» Ce ti^est pas là une chose indifférente , c^en est tme nécessaire. Mais pourquoi le faut -il ? Propter potântiorem principalitutem , à cause de sa pins puissante principauté. Et en quoi consiste cette plus puissante principauté, si ce n^est dans la plus grande autorité du chef qui la gouverne , et qui a succédé à saint Pierre, établi par Jésos^ Christ , pour être son vicaire en terré î
Dire après cela qu^il n'^y a eu avant saint Grégoire) aucun Père qui ait eu connaissance dé tette étendue de juridiction que les papes s^arrogent sur toutes les Eglises chrétiennes , n^estce pas déclarer hautement qu^on a enti*epris dé se jouer dé tous ceux qui n^ont pas de lecture , qu^on ne craint pas d^indigner tous cetix qui eiï Ont, et ^e dans le temps même qu^on piaratt armé de toutes pièces pour venir , à ce que Ton dit , au secours de la vérité opprimée , c'est pour loi*s qtf on cherche le plus véritablement à satisfaire sa passion et sa vengeance par les plus grossiers mensonges ?
Que vous en semble , Monsieur ; me flatté-je , s'il me parait que je me suis passablement acquitté de ma parole ? J'avais promis de porter mes preuves jusqu'à l'évidence : je croîs î'avoii* fait, en réfutant les deux premières propositions de Luther. Voyons si je ne trouverai pas la même facilité à établir ce qui me reste à dire contre la troisième et la quatrième de ses propositions.
IftUa LA PRIMAUTE DU PAPB ET^ES ÉTÊQUES. 337