‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 72 sur 108 · TROISIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

TROISIÈME PROPOSITION

ÎLES QUATRE PBBMIEks CONGHAS GÉNÉRAUX ONT RE- CONNU L^AUTORITÉ SUPÉRIEURE DES PAPES,

Il soutient en troisième lieu , qn^on ne trouve dans les quatre premiers conciles aucun Testige 4e Tautorité papale (1); et moi je soutiens que ^autorité des papes, comme premiers pasteurs, chargés de veiller sur tout le troupeau , a été paj*faitement reconnue dans les quatre premiers conciles. Je m'^étendrai peu sur cet article , pour ne pas trop grossir cet écrit; mais le peu que je dirai', suffira pour faire voir que Luther rencontre également mal , de quelque côté qu^il se tourne.

Premièrement ^ pour ce qui est du concile de Nicée , ce furent assurément le grand Osius , évèque de Cordoue, et Vitus et Vincentius , prêtres de rËgiise romaine , qui présidèrent à ce concile. Il ne faut, Monsieur, pour vous en convaincre , que le témoignage de saint Atha^ nase même , présent à cette assemhlée , et qui y combattit le plus vivement les adversaires dé la divinité de Jésus-Christ. L^historien Socrate nous assure que dans le livre synodique écrit par ce grand homme à son retour, il a trouvé le dénombrement des évéques selon Tordre de leur

(1) Tom.Vni, pâg. fîs.

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séance , et voici comme il s^exprime : ce J^ai cttl ce à propoiï de' marqilë^ ici les noms des prin-^ ce cipaux évéques qui assistèrent an concile ^ ce ^ comme je les ai pn Connaître après une exacte ce recherche que j'en ai faite et les voici : Osius , ce évoque de Cordne , Vitus et Vincintius / pi*Ôce très , Alexandre dISgypte , Eustachius de la ce grande Antioche , Macarius de Jérusalem , ife Hàtpocfâtioii , Cynûtt^ etc. (f)>3 Or, Moniiêùtj pourquoi un simple évèque et deux prètrëè occuperaient-ils la première = place y et se* raient-'ilâ à la fête àes patriarches qui s6nt ici nonimé^ selon letir ordre , slls ne présîdaîeht au (?^Mficllé ? Et comment potirraîent-Lls y présidél» ef pifêeédct' les patriarches, s'ils n'y étaient en tfmilté de légats du Saînt-Siége ? C'est ce qae Gélàse , plrétre de Civique , auteur qtri vivrait il y d plus èè douze cents ans , nous a marqué en termes formels dans un extrait qu'il nous a laksé du cottdle : ce Lé célèbre Osius , dit-il , «e y tenait la plkte de Sjrlvestre , évêque de la ce grande Rottie , avec les prêtres Vitus et Vince deritiuÀ (2) >jv Photîûs même , le plus grand eiifnémi de TEglise romaine en Orient, fait mentfe* de eet atiteuï', qui assigne la première place à ce^ trois illustres personnages, comme nous Stbtts vu , et comme il parait par les souscriptldnîs *u coticîle. Pourrîez-vous douter encore , mpfôti n*aît eu dans Ce concile pour le pape tous lêîs égards dus â sa dignité (3) ?

(1) Tiib. I , cap. XIII, edit. Froben. , pag. S79. — (2)SjnU GcHU fÇicac , l. Il , cap. v, — (3) In Bibliot» edil. tiothùms^. pag, SW.

SUR LA PRIHAUTÉ du PAPiS ET DES ÉTÂQUES. SSq

Mais ce qui fait encore mleos^ voir la considération que. les Pères y eurent pour le Saint- Siège , c^est qu^ils ordonnèrent , connue le rapporte rèvéque Attici!Si3 j que dans la composition des lettres formées , qui étaieoit comme le sceau de la comqiunion catholique, après avoir mar-

2uè la première lettre de chacune des personnes e la Trinité , on marquât ^ussi la première dxf, nom de saint Pierre pour servir de témoignage qu^on était daps la communion du Saint-Siégq , centre de Tunité ^ témoignage sans lequel on ne devait être reçu dans ai^çune Eglise (1)» Je n^en dirai pas davantagie sur ce concile ; s^il vous reste quelques diffîci^îtés, veuillez bien n^'en faire part , et j'espère vous satisfaire pleineiSient. Venons à celui de CoQStanliijiopIe , qui est le second concile général.

Je conviens que le pape Damase n'y envoya pas ses légats j parce qu'il avjait convoqué à Rome pn concile où il voulait faire yeijîr les Pères de Gonstantinople ^près Içur assemblée, afin d'en tenir en sa présence une plu3 générale , oii tous les évêques d'Orient et d'Occident se trouveraient réunis dans Rome sous le président de chef. En effet, le gcmà Théodose, sur lés lettres de Damase , convoqua une seconde fois tous les éyéques à Co^stantinople^ et leur exposa l'ordre du pane dont l'autorité les appelait à Rome pour y célébrer ce concile , qui devait être universel par la présence des évoques des deux empires ; mais ceux-ci, convain-

(i) Tom. S. pag. 66S«

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CHS qa^ils ne pourraient abandonner si longtemps leurs Eglises , sans les laisser dans cm extrême danger de se perdre parmi les étranges désordres de taiit d^hérésîés, envoyèrent à Rome trois des leurs avec des lettres synodales , pour présenter , avec leurs excuses , les actes de leur concile, que le pape, satisfait de leur conduite , confirma pour ce qui regarde les dogmes de la foi. Le point le plus remarquable de ces lettres , et le plus utile à notre sujet , c^est qulls disent au pape : ce qulnformés de la convocation ce dW concile à Rome par là volonté de Dieu , a d'un concile où illès appelle comme ses propres ce membres , ils seraient ravis d'avoir des ailes ce de colombe pour aller [plus vite vers lui , et ce pour se reposier dans son sein , s'ils pouvaient ce quitter leurs Eglises dans un temps si dance gereux(l). »Le pape leur répondit : ce qu'en ce rendant , ' coinme ils avaient fait , au Siège ce apostolique le respect qui lui est dû , ils ce avaient tenu une conduite très avantageuse ce pour eux-mêmes (2). m Vous voyez donc én- Ôore ici , Monsieur , l'autorité du chef très bien reconnue pat* le concile de Gonstantinople,

Quant au concile d'Ephése, qui pourrait nous contester que saint CynÛe , patriarche d'Alexandrie , n'y ait présidfe de la part du pape Gélestin j puisqu'il est dît nettement au commencement de la seconde action du concile : ce que

(1) Tlicodoretyl. V» di. ix» edit. Froben., p. 503.

(3) Quod debilam reyerciitiam apostolicas Scdi vestra Iiabot cliaritnst ▼obis Blit charissimi pracsialis ipsi plurimum. Thcodorct, lib. V , cap. ix^ £dî(. Frobeo. , p. 505*

j5Ua LA PÛIMAtJTfi DU PAPB ET DBSÉTËQUBS. 341

ce ce saint patriarche y siégeait à la tète de tous ce les autres , et représentait saint Célestin dont ce il tenait la place (1 )? >^ Le pape ne laissa pas jd'y envoyer trois légats , Arcadius et Projectuç, evèqaes, et Philippe, prétr^ de TEglise romaine, pour déclarer au concUe la sentence de dépo* sition qui avait déj^ été portée à Rome contre Nestorius, et pour la faire çxécuter; miais ces légats, arrêtés par les mauvais temps et par les vents contraires , ii^arrivèrent à Ephèse qp'après la condanuiat^on de cet impie. On leur rendit néanmoins compte de tout ce qui s^était p^çsé. Ils remirent la lettre du pape au concile , e^ faisant remarquer aux Pères assemblés ce le soin c< que le pape prenait de toutes les Eglises (2), w et après que la lecture en eut été faite , les évèqpçs s'écrièrent tous d\ine voix : ce Ce jugement ce est juste, le synode rend grâces à Gélesti^, ce le conservateur de la foi ; il n'y a qu'un Cycc 'rille , il n'y a qu'une foi du cohcile , une foi ce de^toute la terre (3) . ^^ L'im des légats remercia le concile ce de ce qcie de si saints membres ce s'étaient unis par de si saintes acclamations ce à leur saint chef (4). w Puis il ajouta : ce qu'il ce était connu à tous les siècles que saint Pierre, fc dont Célestin tenait, comme successeur, Iç

(1) Sedente Cjrillo Alexandrino., qui eLCœlcsiini quoqye sanctissimi ac beaiissimi Romanorum Ecclesia Archiepiscopi locum regebau Edit. iteis. Labbe. T. IH » p. 610.

(9) Bealiiado vestra poterit ex lilieris agnoscere , qualcm omniam £ttcJesîarum curam gerat. Edit. Paris, tabbe. t. III , p. 61 1 •

(3) Pag. 61 8t

(4)GraUasagimus quod>8anpta inembra^ sancll^yocibas, sanclo Capit;, tandis cllam vcstris exclamatiombos vos adjmixcrîtis. T. IH, p. GI9.

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ce rang et la place , était le priace et le chef des çç Apdtres , la colonne de la foi , et le fonde^ ce ment de TEglise (1), 3> Ce n'^est pas tout : le co&cile écrivit atl pape, dans une lettre sjnodsde , la relation exacte de tout ce qui s^y était fait, et lui réserva le jugement de Jean d'Antioche , qui avait tenu un conciliabule contre saiiit Cyrâle , en faveur de Ne^torius (2). Peuton reconnaître plus hautement Tautorité du Saint-Siège ? et trouverez - vous que le concile de iTrénte ait plus déféré à Paul , à Joies et à !Pie , que celui d'Ephèse n^a fait à Célestin?

Il ne me reste plus , pour achever de confondre Luther, qu'à justifier les mêmes dispositions du concile de Chalcédoine envers Tévèqùe de Rome. Or, qu'y a-t-il de plus aisé ? qui ne sait que le pape saint Léon y envoya ses légats , dont Paschasinus , évéque de Lylibée , fut le chef, pour y présider en sa place , comme il récrivit à Tempereur et au concile ? Dès la première action , les légats du pape s'écrièrent qu'il n'était pas juste que Dioscore, accusé de tant de crimes , eût sa place entre les évoques qui devaient le juger. Dioscore ne parut plus dans les actions suivantes, et après avoir refusé trois fois de comparaître pour être jugé , les légats prononcèrent contre lui la sentence de déposition portée par saint Léon , et à laquelle tous les Pères

(1) Saecaiis o.iitiibus notum cst^ quod sanctus Petrus Apostolorum prin* ceps et capot, fideique Columna et Ecclesiae calliolicae fundameotum.... kajus itaque secundùin ordioeiq sttocessor et loçum teoens papa Celesiinos. Pag. 636.

(2) Etiam si sententiam justlssioiéiiabivisset , pietatis tamcn tua? judicîo resenravimas , png. 666.

sua hk PRIHAUTâ DU PAFB ET «ES ÉVâQUES, ^f 3

ftW&crivirent. Jje çonpile éçrml: wPWte we «xt

4^Jyraxmie yiokntç la pxim^uté ^q^ç pips^eQiré a?fa^t. .qsprpée dai^ 3on iccmçilia^e , ^pp€;l4 depuis hrigandage , et on le décl^^ jj^^Aepiçfi^ déposé , pour avoir eu Taudace de s'élever avec fureur contre celui au^el Notre - Seigneur a commis la garde de^a v^ne , (f «^t^à-dJpe ( ajoute e concile) contre votre sainteté; après quoi on dit au pape ces paroles , que je vous prie de bien remarquer : ce Vous présidiez au concile fc: cooimele che^ftlQSWeii^^ eampiiis faisapaf: ce paraître votre horité fp^r >ceç|i^ qui y tenaient ce votre place (1). m

. Je m>i$sare , I^ûgi^jleiir , qw x:^s pcMjycltes ^éi]|e3i:ions spr les cpiafi^e prenuers çiCiicjiies^ çj^f; fiçQjQitpQur vopsiair^.çQ|iv€uûr qpe: l^ihev^f^x^ 1^^ toxtt fi'pn iîiire noeeatioja, pour îappuyçf jsq, ç^Tf^e; îl ne ppuyait gigyèfre la Keuâre ,plus wiayr ;v^e y ^l jiOjQS indiquer ,d^ jni^illç^e^S ^(durces pq^ comibattre ,9^ec avantage Tidée .chii9é^>^^ qu|il s'est fom^ée , eja ^nt l'^urpation hs p?pes au ti^mps de l'empire de Phôqas (2). Si yqw aimez ,Lutber , coqime il ne paraît que |:pop , vil.^t impossible que vocis ^e sentiez quelqpe dépit de voir le patriaitche ,de vptite xel^ÎQn embarqué si légèrement dans une affaire .qqi le .dç^I^onore, et qui ne peut manquer d^ te faire j^^er pour un imposteur ou pour un ignorant eu fait d^bistoire ecclésiastique. Mais squ ignoy rax^ce se Jfait encore mieux senlir par l9^ ^^

(%) T, 4. Con. U>>b. p. 833, — («)T, 81, Ediu S^ri|[iv.Jco<tf

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tation de la quatrième et dernière de ses proF^ positions, où il ose dire que dans tonte Tlmtoire ecclésiastique avant Bonifaçe m, il ne se tranye rien de favorable à la prétention des papes' èC àlear juridiction imiTerseUe(i). '

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