‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 83 sur 108 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PBBUIÉBS ÉPOQUB JUSQU^AU PBBHIBB GOnCILB

GÉNÉBAL DE IfICÉE.

Célibat sacerdotal ordonne' par les anciens conciles, et surtout par le premier concile général de Nicée.

La loi ecclésiastique la plus ancienne que l'on connaisse sur le célibat sacerdotal est le trente-troisième canon dii concile dit d'Elyire en l'année 365. Yoid comme il s'exprime :

tt II est généralement ordonné à tous les évéques » prêtres et diacres y et tous clercs engagés dans le ministère, de s'abstenir de leur femme et de n'avoir pas d'enfants : quiconque contreviendra à ce canon soit privé de l'honneur de la déricature (1). »

En 314 , le premier canon du concile de Neocésarée ordonne ;

tt Que si un prêtre se marie il soit interdit ; s'il commet fornication ou adultère > il soit entièrement dégradé , et condamné à faire pénitence C3). y>

Peu de temps après ces deux conciles» é'est-i-dire l'an 335, le troisième et célèbre canon du premier concile gé-

(1) Plaçait in totom prohiberi episcopîs » presbyteris et diaconibus» vel omnibus clericis positis in ministerio » absUnere se à conjugibns suis et non generare filios : quieamqaé verà feoerit^ ab honore cIçricatHS exterminetur»

(2) Presbyter si uxorem duierit , ordine moveatur : si autem fomn catus fuerit, vel adulteriom commiserit» penitûs excludatur^ etadpoenitentiam deducatur.

400 GHAP. I. DU CÉLIBAT fiCCLËSIASTIQÙB

néral tenu dans la ville de Nlcée ^ s'exprima d'une iDa<*' niëre non moins décisive sur le célibat sacerdotal :

(c Le grand concile défend absolument à tout évoque ^ prêtre , diacre et autre clerc d'avoir chez lui une femme sous-introduite : tolère seulement d'avoir sa mère^ ou sa sœur y ou sa tante ^ ou les seules personnes qui sont hors de tout soupçon (1). »

Arrêtons-nous particulièrement à ce canon de Nîcée^ et remarquons qu'il renferme deux parties qui ctablissent clairement le célibat sacerdotal* La première^ en défendant aux ministres des autels d'avoir même chez eux des femmes sous-introduites^ la seconde partie, en désignant les personnes avec lesquelles néanmoins ils peuvent de-^ meurer , et dans lesquelles il n'est fait aucune mention d'une épouse. Par femme sous-introduite l'on entend ce que l'on appelait ailleurs les Agapètes , qui étaient des personnes du sexe vivant avec des ecclésiastiques sous lé prétexte de charité et d'amitié spirituelle : ce qui était un très grand scandale dans l'Eglise* «D'où viennent^ dit saint a Jérôme y ces Agapètes , qui scandalisent l'Eglise , et qui <c sans se marier deviennent des femmes cachées sous un a autre nom (2) ?» Or , c'est pour prévenir ces abus et ces scandales si opposés à la sainteté du célibat sacerdotal , que le concile défend absolument ces sortes de femmes. Ainsi point de règles plus authentiques ni plus respectables depuis les Apôtres pour établir le célibat sacerdotal, que ce canon du concile général de Nicée , concile qui réunissant dans sa sainte assemblée tous les évêques des différentes parties du monde chrétien , réunissait par conséquent autant de témoins vénérables de l'usage le plus universellement observé par rapport au célibat dans toutes les Eglises. Aussi , autant ce grand et saint concile a été

(f ) Interdixit per omnia magnà synodas , non episcopo ^ non près* bytero ^ non diacono , nec alicu! omnino qui in cicro est, liccre subin— troductam habere mulierem » nisi forte aut matrem^ aut sororcm » aut amitam » vel eas tantum personas qus suspicionem eiïugiunt.

(2) Undé in ecdesias Agapetarum peslis introït ? Unde sine nuptîis alîud nomen uxorum? Epîst* 18. ad Eustocliium , p. 53.

TDSQU'AtJ I/' CONCILE DE NIC£e. 401

sut cela la preuve et la confirmation de cette discipline ancienne de l'Eglise^ autant a-t-il été lui-même le fondement et la base d'un grand nombre de conciles et d'autres autorités^ qui, d'après lui et comme lui, ont ordonné le célibat aux ecclésiastiques. Cependant comme malgré cette clarté clu concile, reconnue et confirmée par les conciles postérieurs et les saints Pères , il s'est trouvé des auteurs dans les derniers siècles qui ont cru devoir la contester/et qui ont prétendu que ce canon n'avait établi aucune.ioi sur le célibat sacerdotal , j'ai pensé qu'avant d'aller plus avant , il était à propos y dans un ouvrage comme celui-^ci, d'examiner les raisons sur lesquelles ils s'appuient , et en les réfutant , de faire connaître qu'une des autorités dont on a cru pouvoir se servir pour affaiblir ce canon , est au contraire , selon nous, celle qui en affermit davantage le sens naturel , et la volonté qu'a eue le< concile de prescrire le célibat sacerdotal.

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