‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 86 sur 108 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

DEUJUÈME ÉPOQUE JUSQU^AU DËCBEt DU PAPE

SYRICS I^,

JÈ He ^iHStonds pas en^i^âiit cette épOqné et les antres , ràpp<>rtef id àbm^ffiiiettt XxM/» les autorilésqiii font oon<* nattre combien l'Eglise dans tous les sièdes a toujoui^ été attentive soit à exiger la continence exacte de ses^minla:^ très y soit à empêcher sur cela les abus et les relâchements qui se sont plus d'une fois introduits ; parce que le rapport de toutes ces autorités ne pourrait que^devenir ennuyeux ^ tant à cause de ses longueurs que par ses fréquentes répétitions. Mais je choisirai les plus importantes et celles qui renferment en même temps tout ce que les autres peuvent dire de plus essentiel. En commençant donc par les autorités qui suivent de plus près le concile général de Nicée, [jusqu'au décret du pape Syrice, Ton remarquera que l'autorité de ce concile sur l'obligation du célibat sacerdotal était déjà d'un si grands poids, que si quelqu'un y manquait en quelque chose, les saints Pères, tel que saint Basile , tel que saint Epiphane , qui vivaient au même siècle que le concile, s'en servaient pour faire rentrer les ministres des autels dans leurs devoirs et leurs obligations. Commençons par la lettre de saint Basile au prêtre Paré- Çore pour lui ordonner de n'avoir pas chez lui de femme &ous-introduite.

jusqu'au DÉGRfiT DU PAHB STBIOB I.*' 41 1

Saint Basile s^appuie de PauiôHttf du itoùtêmé eanen de Nice'e pour obliger Un prêtre à tëm^o^ffr tm« femme,

a Nous ne sommes pas les seuls ni les premiers , 'daet Parégore , qui défendons aux ecclésiasti(|nes dé detaètirer avec des femmes : mais lisez le canon tju'en ont faits nos saints Pères assemblés au concile dé Nicée , et ^^ôus y âiH prendrez qu'il défend qu'elles soient {êout-inttoduiteê'ou) étrangères. Car l'honneur et la dignité du célibat consiste en ce que nous sommes séparés de toute société avec les femmes. Si donc quelqu'un après avoir fait vœu de cbas* teté se comporte néanmoins de même que ceux qui sont mariés, il fait évidemment connaître qu'il voudrait se don^ ner la gloire d'être vierge quoiqu'il n'aiCpast^onte de mener une Me de volupté. Et certainement vous di^viez vous c6n« former d'autant plus sur cela à ce que nous vous avions mandé , que vous dites que vous n'êtes nullement tmublé parles désirs de la chair. Je suis en effet très porté à crdire qu'un septuagénaire n'a point de mauvaise intention.^ demeurant avec une femme; aussi n'est-ce pas ce imoltlt qui m'a porté à vous signifier la défense que je vous ai faite, mais c'est parce que l'Apôtre nous enseigne à né jamais donner occasion de scandale à notre frère. Or^ l'expérience nous apprend que ce que les uns ne font pa$ par mauvaise volonté , ne laisse pas de donner aux autrei occasion de pécher. Ainsi , en exécution du canon de nos saints Pères nous vous ordonnons de vous séparer de cette femme.... Renvoyez-la de votre maison et faites-4a entrer dans un monastère : qu'elle y demeure avec les personnes de son sexe, et faites-vous servir par des hommes , afin que ni l'un ni l'autre ne donniez occasion de mal parler du saint nom de Dieu..,. Que si , sans vous corriger, vous osez remplir les fonctions du sacerdoce , vous serez un sujet d'anathème pour tous les fidèles, et ceux qui vous rece-*

412 GHAP. n. DU CÉLIBAT ECGIiÉSIÀSTIQUB

front, seront traités comme excommuniés par toute l'Eglise (i). )>

Voilà donc une autorité qui en même temps qu'elle démontre le plus clairement combien nous avons été fondés à soutenir la loi que le concile de Niçéç a établie sur le célibat sacerdotal y fait connaître en même temps combien les saints Pères s'appuyaient de l'autorité de ce canon sur cet article* Et si quelqu'un avait encore sur cela quelque doute, je lui dirais comme s^int Basile au prêtre Parégore; Lisez le canon des Pères 4u concile de Nicée (2) ; c'est en exécution de ce canon que nou3 vous ordonnons de vous séparer de cette femme (3).

(1) Nec primi nec soli , Paregori| sancivimus at ne unà corn viris habitent inulieres : sed lege canonem à sanctis nostris patiibus editnm in synodo Nicasna » qui manifesté sancÎTit extraoeas mulieres non esse. Yita autem caelebs in eo honestatem habet , ut à convictu mulieris separetur* Quare si quis verbo professus , reîpsa quae conjugatorum sunt , facit » palam est eum vlr^nitatis quidem honestatem in nomine persequi , sed nequaquam ab indeoora Toluptate abstiaere, Tanto ergo magis oportebat te postulationi nostrae credere, quanto te ais esse liberiorem ab omni corporea libidîne. Neqne enim virum septuaginta annos natum exîstimo libidiaosé habitare cum muliere , nec quod turpe aliquod facinus fuisset admissum , içlcircô constitui quae constitui , sed quod ab Apostolo didicimus offendîculum fralri non ponere ad scandalum. Scimus autem quod à ttonnuUis recté agitur , aliis occasionem esse peccandi. Quare praecepimus sanctorum patrum decretum sequentes , ut à mulierculà separe-r

ns Ejice igitur illam ex tuis xdibus et in monasterio constitue. Sit

tlla cum virginibus , et apud te senriant yiri , ut ne Dei nomen propter

vos blasphemetur Quod si ausus fueris citra emendationem Sacerdo-

tium tibi vindicare, anathema eris omni populo, et qui te receperint» excommunicati per omnem Ecclesiam erunt. Episl. 55. T. 3.

(3) Lege canonem à sanclis Patribus editum in synodo Nicxnâ^

(3) Praecepimus sanctorum Patrum dccrelum sequentes ut à mulierculâ separcris.

jusqu'au décret du pape sybice i."^ 413

Page 1