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Ancienne discipline de t Eglise sur le célUat des ùrdres
sacrés , selon sain t Epiphané,
Ecoutons maintenant saint Epiphané^ qui des plus versés dans la connaissance des lois de l'Eglise^ nous expose d'une manière admirable quelle était dès son temps la discipline imiTerselle de l'Eglise sur le célibat sacerdotal ; et qui ajoute que si dans quelques endroits l'on n'était pas aussi soigneux à l'obsenrer que dans tous les autres^ on péchait en cela contre l'autorité des canons ;* au nombre desquels on ne doit pas douter qu'il ne place des premiers celui de Nicée.
ce La virginité que plusieurs pratiquent et observent (1) , est le fondement et le soutien de cette gloire dont jouit l'Eglise et qui la rend si célèbre et si recommandable dans le monde... Mais entre ceux-ci ce qui y met le comble est surtout le sacré sacerdoce qui en est comme l'école «t la source , parce que c'est principalement entre les vierges^ ou du moins parmi les moines qu'on choisit ceux que l'on élève à l'ordre sacerdotal : que si parmi les moines l'on n'en trouve pas d'assez propres à ces fonctions , alors on les choisit dans ceux qui gardent la continence avec leur femme y ou qui étant veufs n'ont été mariés qu'une fois. Mais l'on n'y élève point celui qui a* été marié plus d'une fois^ quand même il garderait la continence avec sa femme ou qu'il deviendrait veuf ; en sorte que celui-là est entièrement exclu de l'épiscopat y de la prêtrise , du diaconat et du sous-diaconat. Quant à l'ordre des lecteurs , on peut les choisir dans tous les états ^ c'est-à-dire entre les vierges , les moines, les continents avec leur femme , les veufs et ceux qui sont engagés dans les liens d'un légitime mariage; l'on peut même les choisir , en cas de nécessité , parmi ceux qui ont été mariés plusieurs fois« Car le lecteur n'est
(1) Exposilio fidet catliolic» » c. 21.
414 CHIP. D. DU CÉLIBAT EC€XÉSIÂSTIQ1}B
pas un ordre sacerdotal , mais il est mis au rang des scribes de la sainte Ecriture.
ce Celui qui est marié (i), quoique ce soit pour la première fois » ne peut être élevé à Tordre de diacre^ de pr^ tre^ d'évéque, ni même de sous^acre, à moins qu'il ne garde la continence avec sa femme ^ ou qu'il ne devienne veuf. Voilà ce qui se pratique principalement dans les lieux
où l'on observe exactement les canons de l'Eglise Bi
quant à ee%M! qui n^ observent pas cette règle ^ ils n'ont aucun canon qui les y autorise, mais il faut s'en prendre où à la n^)llesse y qui quelquefois porte au relâchement^ lorsque les villes sont trop peuplées , ou lorsque l'on ne peut trouver assez de ministres qui gardent la chasteté* Car pour l'Eglise toujours soutenue et conduite par l'Espritsaint^ elle ne s'étudie en toutes choses qu'à pratiquer ce qu'il y a de plus parfait. C'est pourquoi elle a voulu que ceux qui sont consacrés aux divins mystères ne fussent, autant qu'il est possible, détournés par aucun objet étranger, afin que des fonctions aussi spirituelles ne fussent remplies que par l'âme la plu$ pure et la plus dégagée des soins de cette vie. En effet , qu^y a-t-il de plus convenable que des évéques , des prêtres et des diacres ne soient occupés que de Dieu seul , dans [des fonctions où l'on est continuellement occupé de son service ? Car , si l'Apôtre ordonne |aux simples fidèles de garder la continence lorsqu'ils doivent vaquer à la prière , à combien plus forte raison ne la prescrit-il pas aux prêtres ! afin que les embarras de cette vie ne les empêchent pas dç ne s'occuper que du service de Dieu , que des choses spirituelles, et de tout ce qui concerne la digpité du sacerdoce, et l'administration des choses saintes (â). »
(i) Hîçresi 59. % IV,
j(9) Fondaineiitum igitur ac Telat crepido quœdam in EocIesi virginilas «6t , quœ à plerisqne colitur et observatap , et in iUustri qpadâin gloria ac praedicatione Yenatur.,.. Horum omnium velot fastigiom, et * ut ita dicam, matrîs ac genitricis locam, sanclum sibi sacerdotium vîndiont, quod exirirginam ordine i99acipaécoD$tat'; aut 81 minus é virginîbu.<«
JUSQU'AU DËCBET DU PAFB GYBICB l/' 415
Rien certainement de plus précieux que ces deux passages de saint Epiphane. L'on y reconnait l'antiquité de la même discipline que l'Eglise ebsevfe encore aujourd'hui^ et l'on y voit avec la plus grande satisfaction ^ comment ellç n'a jamais perdu de Tue en quelque temps que ce fût , de ramener les ministres de l'Eglise à la plus exacte observation du canon de Nicée» Rapportons encore ici dens beaux passages , l'on d'OrIgène » qui est mort avant ce concile , et l'autre de l'historien Eusèbe , postérieur à ce concile.
ceflé eoc monacbis , ant niai ex moniiplionua oçdÎQe «d f^ltm fançtÛNHm ebeondam idonei eoapt«ri posain^ , ex lus cretri a^eerdotes «olaat g qui à suis seuxoribns contÎBeDt , aut aecondiMn unaa nuptîas in vidoitate versantur : aecvndis Tero nup^iis impUcitus, in Ecdqsi^ ad aacerdotium non admitdtur » lametsi aut sese ab uxore coqtlneat ^ aujt£i( yiduns. Quamcdi» inquam » ab episcopi» presbyteri , diaconi ac subdiacooi grada rejîcîtnr. Secondom hos gradua iectoram ordo ex omnibos ordinibni elîgi pottat » hoc est, é TÎrgiDibus» monachis, contipentibof , vidais et iia qoi biHiea* lia matrùnopiia illigantur. Imo ai neceasitaa talent, ex ilijs eUam adcisconr tur qui post prions uxorts obitam cum altéra sese copulaTerint» Quîppe lector non est sacerdos y est tanquam divini verbi scriba*
Quin eum insuper qui adhuc in matrimonio degSt » ac Uberia dat (^. ram 9 tan)çtsi unius ait nxorîs Tir « nequaquàm tamen ad diaconi, presbjteri, episcopi» aut hypodiaconi ordinem admittit : sed eum duntaxat qiiî ab unius uxoris consuetndine sese conlinuerit , aut ea sit orbatus : quod in illis locis praocipuè fit, ubi eeclesiastici canones aocuraté senrantor**.. ( Aliter ) non illud ex canonis autoritate fieri , sed propter homxnum Sg* nawun> que certîs temporlbus negligenler agere ac conniyere solet, ob nimiam populi multitudinem , cum scilicet , qui ad eas se functiones ap< plicent , non facile reperiuntar* Quod adipsam quidem Ecdesiam attinel, ea utpote à Spiritu Sancto bene ordinata atque constituta , qvod deeen. tins est in omnibus rébus considerans , ei rei studere potissîmum institait, nt qus di^ino numini ministeria prsstantur , nuUA re , quoad fieri potest, distrabantur ; utque spirituallà omnia officia , quam optimà laetissimàque consdentiâ gerantur. Hoc igitur dico propter subitas functiones atque offida conrenire, ut presbjter , ac diaconus et episcopus Deo penitua vaœt. Nam si illis etiam qui è populo lunt i idipsom Apostolu» pnacipit , ut n
fr
416 GHAP. n. DU GÉUBAT BGCLÉSUSIlQtfi
a Lorsque l'Apôtre saint Paul (i) enseigne à ceux qui sont mariés de se garder réciproquement la foi conjugale, à moins que d'un commun consentement ils ne cardent pour un temps la continence y principalement lorsqu'ils doivent vaquer à l'oraison ; il fait évidemment connaître que ceux qui sont occupés des soins et des embarras d'un ménage» ne peuvent continuellement offrir le sacrifice. D'où je conclus , que le sjacrifice perpétuel ne peut être perpétuellement offert que par celui-là seul qui a fait Tœu d'une chasteté perpétuelle (3). »
a 11 faut ( dit Eusêàet à Focoaston des docteurs de tB^ glùe et despredicateun de V Evangile) que pour vaquer avec plus de fruit et de liberté à de si saintes études, ils renoncent totalement aux liens du mariage; d'autant plus qu'ils se sont chargés de donner à Dieu des enfants spirituels y d'en élever une multitude innombrable , de les ins-» truire de la loi sainte , et de les former dans la voie du salut (3).
Ainsi après ces anciennes et respectables autorités y rapportons maintenant le célèbre décret du pape Syrice 1**, et loin de croire comme quelques-uns que ce décret est la
inquit, ad teiQpus wcent oralioni, quauto in magîs sacerdoti praescribit ! nimirùm nullis ul impedimeutis avocetur ; quod in spirîtualibas se— cundum Deum negotiis, in ipso usu saccrdotii administrationeqae ferfetar.
(1) l.Cor. 7. 5.
(2) Dicit Apostolus iis qui in conjagiis sunt : Nolile fraudare invicem » nisi forte ex consensu ad tempus ut vacetis orationi , et iterùm in idip- 8um sitis : certum est quia impedilur sacrificium indesinens iis qui conju galibus necessilatibus serviunt. Unde videtur mibi quod illius est solias offerre sacrificium indesinens , qui indesinenti et perpétuas se devoverit castitati. Homtlia 25. in lib. N. Num,
(3) Uis autem ipsis... ut melioribus studiis vacent liberiùs, sejunctus à re uxoriâ victus adamatur , veluti iis qui divina et incorporea sobole propagandà occupati teneantur : et non unîus neque duorum liberorum^ sed acervatim innumerabilis multitudinis educationem , sanctamque discipUnam ^ac reliquae instituendae vitae curam susceperint. Lib. 10. de— nionstnt. Evangel. cap. 9.
jusqu'au dégbst du pape SYBICE 1/' 417
première loi que l'Eglise a établie sur l'obligation du célibat sacerdotal y venons j reconnaître qu'il ne dit rien de nouveau^ qu'il ne fait que suivre l'ancienne discipline de l'Eglise , ses anciens canons , les confirmer derechef et les autoriser autant qu'il est en luié Ce décret est adressé^ en 385» à Himérius^ éréque de Tarragone en Espagne. Voici ce que disent les articles septième et douzième sur la continence des ecclésiastiques.
Douleur du papeSyrice P' en apprenant Ptneontinenee
de quelqueê eccléêiastiques*
ft Parlons maintenant des très saints ministres des autels. Lorsque votre zèle pour la maison du Seigneur nous apprend combien ceux de vos provinces déshonorent la sainteté de la religion, par la vie indigne et honteuse qu'ils mènent y nous ne pouvons nous empêcher de nous écrier avec Jérémie (1) : Qui me donnera une source de larmes assez abondante pour pleurer Jour et nuit un telpeu-pie? Or, si ce saint prophète ne trouvait pas assez de larmes pour pleurer les péchés du peuple juif ; de quelle douleur n'avons - nous pas le cœur percé , lorsque nous avons à déplorer les crimes de ceux principalement qui sont engagés dans un ministère aussi saint que le nôtre f de ceux principalement qui devraient sans cesse se souvenir , et dire comme saint Paul (S) : Cest le soin perpétuel de toutes les Eglises qui nCest confié, et qui sans cesse doit être V objet de ma sollicitude pastorale. Par conséquent , quel est le faible dont je ne doive guérir la faiblesse? quel est le scandale que je ne doive faire cesser çS)?Ti
(i) Jeremias 9. i. — (2) 2. Corinth. 11. 28.
(3)Veniama8 nunc ad sacratissimos ordines clcricorum tjnos in venerandaé religioDÎs iDJuriam , ita per vestras provincias calcatos atque conrasos, cbariute tua îonnaaiite» reperîmus , ut Jeremlx oobîs dicendum rit voce : TOBI. I. 27
418 CRAI». 11. DU CAUBAT SCCLàSUSTlf^fi