II
célibat sacerdotal regardé comme d'étroite obligatim datis toutes les Eglises chrétiennes.
Ainsi, en réunissant ciss deui^ canons des conciles de Carthage avec les autorités des précédents conciles et des saints Pères , il est aisé de reconnaître copibien le célibat sacerdotal était regardé comme d'une obligation étroite et si générale dans toute l'Eglise , tant orientale qu'occidentale , tant grecque que latine , que si quelqu'un agissait autrement , il n'avait > dit saint Epiphane y aucun canon qui Vy autorise (1). En sorte que c'est avec le plus juste fondement que saint Jérôme, au commencement du cinquième siècle, se serrait de tous ces témoignages contre l'hérétique Vigilance, qui entr'autres erreurs osait traiter la continence et la chasteté avec le dernier mépris , et disait que quelques évèques de sa secte obligeaient les diacres à sç marier avant leur ordination.
<c Quelle horreur ! des évéques , dit-on , se prêtent à ces forfaits. Mais comment peut -on encore regarder comme évèques ceux qui n'ordonnent pas les diacres qu'ils ne se
soient mariés auparavant Quoi de plus opposé à la
pratique des Eglises d'Orient, de celle de l'Egypte, et aussi du Siège apostolique, qui n'admettent dans le clergé que des vierges, des continents , ou que ceux qui étant mariés se séparent de leurs femmes pour garder la continence (2) ?»
A ce passage de saint Jérôme, si exact par sa justesse et si conforme à toutes les autorités précédentes, je pourrais
(1) Non illud ex canonis auctoritate fieri. Suprà. N. vu.
(2) Proh nefas I Episcopos sui sceleris dicitur habere consortes ^ si lamea episcopi no^iinandi sunt qui non ordinant dîaconos nisi priAs oxores doxerint.... Quid facîent Orieniis Eccicsîae? Quid iEgjpti et sedis apostoUcx, qus aut virgines clericos accîpiunt, aut conliocntes 1 aut si >ixores habaerÎQt , marili esse desistunt?
426 GHAP, m, DU CÉLIBAT £GGI<ËSIASTIQUB
ajouter ici ce qu'il dit d'également conforme à ce que j'ai déjà rapporté^ que si les prêtres doivent toujours prier, ils doivent par conséquent garder toujours la continence^ mais comme je me suis proposé d'éviter les répétitions , je m'arrêterai aux autres passages où ce Père parle de l'obligation du célibat sacerdotal , et s'appuie tant des exemples de l'ancien Testament , que de la conformité que doit avoir le ministre des autels à la pureté de l'Agneau sans tache qu'il immole tous les jours dans le saint sacrifiée* Voici eommme il s'exprime dans le premier chapitre de son commentaire sur FEpttre de saint Paul à Tite.
«c Ouvrons le livre des Rois (l) , et nous y apprendrons que le prêtre Abimélech ne voulut pas donner à David et à ceux qui le suivaient , les pains de proposition > sans lui avoir demandé auparavant si lui et ceux de sa snite aTaienI gardé la continence même avec leurs femmes. Et si David ne Peut assuré qu'ils ne s'en étaient pas approchés depuia trots jours , il ne leur aurait pas donné les pains qu'il leur avait refusé d'abord. Or, il y a autant de différence entre ces pains de proposition et le corps de Jésus-Christ, qu'entre un corps et son ombre , entre l'image et la figure» entre ce qui figure l'avenir et la réalité qui était figurée, Ainsi^ de même que la douceur, la patience, la sobriété, la modération, le désintéressemept, l'hospitalité, sont les ver*i tus qui doivent principalement briller dans un évêque, et surpasser même celles des laïques; de même la chasteté, (ou pour me servir du terme) la pudeur sacerdotale doit être une vertu si propre à celui qui doit consacrer le corps de Jésus-Christ, que non-seulement il doit s'abstenir de toute action impure , mais qu'il doit observer la plus grande retenue dans ses regards, et que son esprit doit être en-:' tièrement dégagé de toute mauvaise pensée (2). »
(1) 1. Reg. 21.
(2) Relegamus Regum libros et in?eniemus sacerdotem Abîmeleck de panibus propositionis noiuisse priùs dare David et pueris ejus , nrsi în« lerrogaret utrùm mundi essent pueri à muilcre , non utique aliéna, scd Gonjuge. Et nisi eos audisset ab heri et nudius-tertius vacasse ab opcre co^jugali, ncquaquàm panes quosprîûs negaveral concessissel. Taiitùm
JBSQD'AU t." COHCILE DE LATHAU, 427
PoKf prouTer encore quelle était dans le mënie siècle de saint Jérôme la forte persuasioa que le célibat sacerdotal était d'une obligation adhérente et indissoluble ( ainsi que s'est exprimé le pape Sjrice , dans son décret (l) ) , et qu'elle était regardée comme telle par tous les chrétiens depuis les premiers siëcleSj rapportons ici le beau passage de saint^ugustin , qui pour obliger b. la continence des laïques qui , étant séparés de leur femme, disaient qu'ils ne pouvaient garder la continence , leur citait pour les y engager, l'exemple des ecclésiastiques qui la pratiquaient, quoiqu'ils «ussentété ordonnés malgré eux.
a Pour détourner de tout commerce adultère ces hommesqui ne s'estiment plus que les femmes, que par la plus grande licence qu'ils s'imaginent avoir de salisfaire leurs passions , non-seulement nous les effrayons par la vue des peines éternelles , mais nous avons coutume , pour les animer encore à ta continence, de leur jproposer l'exemple des clercs qui , quoique ordonnés malgré eux , se sentent obligés dès lors à garder la continence, et y persévèrent avec l'aide du Seigneur jusqu'à la fin de leurs jours. De même, leur disons-nous, si l'on vous enlevait par force pour TOUS élever au sacerdoce, ne vous croiriez-vous pas obligés de garder la chasteté ? et ne demanderiez vous pas h Pinstant à Dieu la grâce d'observer ce à quoi tous n'aviez jamais pensé auparavant ? Mais , dit-on , l'honnenr attaché à cet état est ce qui contribue le plus à en soutenir les obligations. A cela nous répondons à ces hommes incontinents : que la crainte soit donc aussi ce qui vous rende plus chastes.
iater proposilianis paues el Corpus Ctuiili , quanlilm inter mnbriim et corpora, inicr iiDiginem el veritalem , inler eiemplaria (ularorum et ta ipia qiuB per eiemplaria praRgurabanlur. Quomodâ ilaquc maniuetudo , paiientia , BohrieUs,inadeRi[io, absliuentia lucri , et benignitai, pracipué esse debent ia episcopo , al inler cnnclos lalcos etninenlia : sic «I castiuis proprU ( el ui iu diieriia ) pudicilia xacerdoialis lin »h opère te immundo abiiineai , tei eiûm i jnclu ocnli lionU errore, meas Chrîaii Corpus confcclura »ll libéra. [1) Tay. ci-devant diap. ii , §. ui.
428 GHAP. m. DU GËUBAT EGGLËSIASTIQtnB
Car , si l'espérance de briller davantage dans l'héritage de Jésus-Christ , donne à l'instant aux ministres de Dieu la force de soutenir le poids dont ils sont chargés y combien & plus forte raison la crainte non-seulement de ne pas briU 1er dans le royaume céleste , mais de brûler dans l'enfer^ ne doit -elle pas tous engager à vivre dans la continence (1) ! »