‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 92 sur 108 · III · texte numérisé non relu

III

Pourquoi saint Augustin ne veut pas demeurer même

avec sa sœur?

A ce passage de saint Augustin j'en joindrai un autre tiré non de ses écrits^ mais de sa vie écrite par Possidius (2) ^ l'un de ses plus zélés disciples et qui avait vécu avec lui prè$ de quarante ans. Voici ce que nous dit entre autres cet auteur^ sur la conduite que le saint évêque observait avec les personnes du sexe.

a Aucune femme ne fréquentait jamais sa maison ni ne demeurait avec lui^ pas même sa propre sœur qui était une

(1) Undé istos qui Tirilem excellentiam non putant, nisi peccandi licentiam , quandô terremus ne adulteriois conjugiis haerendo pereant i^ œternum » solemus eis proponere etiam continentiam clericorum , qui plerùmque ad eamdem sarcinam subeundam capiuntur inviti i eamque susceptam usqué ad debitum iinem , Domino adjuvante , perdacunt. Difiimus ergo eis : Quid si et tos ad hoc subeundum populorum violentiâ caperemini , nonne susceptum caslè custodiretis officium \ repente conversi ad impetrandas vires à Domino , de quibus nunquam anteà oogitastis? Sed illos, inquiunt, honor [plurimùm consolatur. Respondemus et vobis ; timor multo ampliùs moderelur. Si enim hoc muiti Dei ministris repente atque inopinaté impositum susceperunt » sperantes se illostrius in Christî haereditate fulgerc, quanto magis vos adulteria cavendo vivere continentur debelis » metuentes non in regno Dei minus lucere , sed in gehenna ignis a^dere? De Conjugiis adulterinis, 1. 9. cap. 99» 10. 6. p. 418.

(^) S. Augustin! vila & Possidio , cop. 36.

JUSQU''AU l." GOnciLB DE LITEAIT. 429

veure d'une grande piété , virant arec de saintes filles dont elle était la supérieure et au milieu desquelles elle finit ses jours; et quelque édifiantes que fussent aussi les filles de son oncle et de son frère, il observa h leur égard la même règle , quoique les conciles ne défendissent pas aux saints évéques de demeurer avec ces sortes de personnes. 11 disait pour raison que quoique personne ne trouvât à redire qu'il demeurât avec sa sœur et ses nièces , cependant comme ces parentes ne peuvent se passer d'avoir avec elles des personnes du même sexe ou^ui sont à leur service, ou qui viennent leur rendre visite , cela suffisait pour donner occasion de scandale aux esprits faibles. Que de plus la fréquentation et l'habitation des personnes du sexe dans la maison d'un évêque , ou de tout autre ecclésiastique , pon~ vait être ou un sujet dangereux de tentation pour ceux qui demeuraient avec eux , ou tout au moins une occasion aux hommes mal [intentionnés , de tenir ;de mauvaû propos. Pour les mêmes raisons, il disait que les femmes ne doivent pas demeurer avec les ministres des autels , quelque vertueux qu'ils &ssent. Si quelque femme demandait à le voir ou à lui rendre visite, il ne les recevait jamais qu'en présence de quelques clercs, et ne leur parlait point seul à seule , quelque secrète que fût l'aHhire qu'elles avaient à lui communiquer (1). Quant aux visites , il n'en rendait, suivant le conseil de l'ApAtre saint Jacques, qu'aux veuves et aux pupilles qui étaient dans l'affliction(S), et allait sans différer chez celles qui étant malades , le demandaient, soit afin de prier Dieu pour elles, soit afin de leur imposer les mains. Quant aux monastères des religieuses , il n'7 entrait jamais que dans les plus grandes nécessités (3). »

(1) Idem. cap. ST. — (!) i. ST.

(9) Feminaram inm domom ejna anlla uaquam coDvermla «tt , nalh nunsîl, ne quidem gerinaDi loror , tpiB vïdua DcO' tertieiu mallû tei^ -pore tttqaé in iitm obilAi ani prasposiu iDciltarani Dei lidl. 5ed dm patnn sui filÛB et fraiiii gai EUîes qiuB puiler Dec urrieb*iit rqoa.; pcr- ■onu anaama tfaca^onaa concilia in exceptii pomeranl. Diccbai ftti qnia «tii de torare et niptibu n

430 CHAt>. m. DU CÉLIBAT ËCCLÉStÂSTiQtJË

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