Ç. IV
Saint Gréffoire-le-Grand corneille la pratique de saint
Augustin.
Passons maintenant à d'autres autorités quî^ quoiqu'elles commencent à s'éloigner un peu des premiers siècles et à se rapprocher peu à peu des nôtres^ n'en conservetit pas moins l'esprit des premiers temps ^ et n'en renouvellent pas moins les anciennes règles de la discipline ecclésias^ tique. Voyons d'abord la lettre de saint Grégoire , pape , surnommé le Grand , écrite vers la fin du sixième siècle à Romain. 9 défenseur du patrimoine de l'Eglise.
« Il nous a été rapporté que quelques évéques avaient des femmes chez eux sous prétexte de les soulager dans le soin de leur maison. C'est pourquoi nous vous enjoignons par ces présentes de veiller très attentivement et de pren« dre garde que sous ce voile » ils ne donnent de justes sujets
ponet nuilA smpicio f tamen quonîam illœ personne sine aliis necessarits secutnque ukâneiicibus feminis [esse non [possent , et quod ad eas aUae etiam à foris intrareot, de his posse oflendiculum aut scandalum iufirmioribus uasci ; et illos qui cum episcopo Tel quolibet clerico forte ma« nerent , ex illis omnibus feminarum personis posse unà commorantibns ipel adventantibus , aut tentationibus humanis perire , aut certé malis hominum suspicionibus pessimô diiïamari. Ob hoc ergo dicebat nunquam debere feminas cum serris Dei eliam caslissimis » unâ manere domo y ne ( ut dictum est ) aliquod scandalum aut oITendiculum taii excmplo poneretur inlirmioribus. Et si forte ab aliquibus feminis ut videretur vel salutaretur , rogabatur ^ nunquam sine clericis testibus ad cum iutrabant » vel solus cum solis unquam est locutus , nec si secretomm alîqaîd interesset. In vîsitationibus vero modum tenebat ab Apos^ tolo definitum ; ut non nisi pupilles et yiduas in tribulationibua con— stitutas viiritaret. Et si forte xgrotantibns ob hoc pcteretur pro eis ia prassentî Dominum rogaret^ eisque manos imponeret, sine morA pergebat. Feminarum aufem monasterîa non nisi urgentibos nécessita tihus TÎsitabat.
JUSQD'aD t/' conclus de LàTBAN. 43 1
e à la critique , ni que l'ancien ennemi du genre humain n'en prenne facilement occasion de conduire dans le précipice. Si 'donc vous découvrez dans l'étendue des lieux qui vous sont confiés, quelques évéques qui habitent avec des femmes , arrêtez ce désordre et ne souffrez pas qu'ils aient dorénavant chez eux des femmes, si ce n'est celles qui sont strictement permises par les saints canons ; savoir : la mère , la tante , la sœur et autres parentes exemptes de tout mauvais soupçon. Il ferait mieux cependant 'de ne pas demeurer avec ces sortes de personnes : car nons lisons que le bienheurenx Augustin ne voulait pas même demeurer avec sa soeur, parce que, disaitil , celles qui demenrent avec elle ne sont pas mes sœurs. Or, la précaution de ce docte évéque doit nous tenir lieu de la plus grande instruction : car c'est une témérité prësomptuense à celui qui n'a pas la force de ce saint , de ne pas appréhender ce qu'il appréhendait lui-même. Cetnir là s'abstient facilement de ce qui est défendu , qni sait se priver de ce qui est même permis. Ce que nous disons cependant n'est pas pour y obliger ceux qni n'en ont pas la volonté; mais si pour le rétablissement de la santé du corps, l'on prend les remèdes qu'ordonnent les médecins, quelque désagréables qu'ils soient , songeons que ceux que nous présentons ici tendent i procurer le salut de l'âme. Nous n'y forçons donc personne, mais nous laissons à la volonté de chacun de suivre l'exemple d'un évéque aussi recommandable par sa piété que par sa science, comme nous laissons à votre sagesse d'employer toute votre vigilance à faire observer ce que nous vous avons marqué être défendu (1). u
(1) Penenit ad dm qnosdsBi eplieorarun mb pnetenln qnasi miatii, in unï domo cam malieribiu aintettm. Et iieb ae pu hoc ant subssnnatoribus jmu oblreclalionis delor occa^, aat facilein antiquoa hanutni gcDeris inioilcns nuteriam dec«plianii auuinat , hnjns libi série pn»cepUonU injangimug , ut Blreniinm le tlndeai el lolliciiuni eiilbtn. Et li qui* episcoporuia quoi commîui tibl fairimcmii cam DiuUeribti) degunt , hoc omninA coaip^KH , «t de (Mem ■
432 CHAP. m. DIT CÉUBAT EGCLÉSIASTIQtï!
Conciles qui défendent aux prêtres de demeurer aveé
aucune parente.
Ce que saint Augustin ayait exactement pratiqué , ce que d'après ce grand exemple saint Grégoire-le-Grand avait fortement conseillé, quelques conciles particuliers, pour pré^ Tenir certains désordres dont ils avaient été informés , se sont crus obligés de l'ordonner à la rigueur^ surtout à ceux qui étaient engagés dans la prêtrise. Je rapporterai entre autres [ceux de Mayence et de Metz , tenus tous les deux dans la même année 888.
ce Quoique les saints canons (i) aient désigné les femmes qui pouvaient demeurer avec les ecclésiastiques ; cependant ayant appris avec la plus vive douleur, que cette tolérance avait été souvent la source de plusieurs crimes....* Ce saint concile ordonne qu'aucun prêtre n'ait chez lui aucune femme y afin d'ôter toute occasion tant au mal qu'au mauvais soupçon..
habitare nullo modo patiaris , exceptîs eis quas sacrorum canonum censura permittit , id est matre , amita , germana et aliis hujusmodi , de quibus prava non possit esse suspicio. Meliùs tamen facîunt si etiam à taliam se habitatione contineant. Nam legitur quod B. Augustiaus nec cum sorore su& habitare consenserit » dicens : Quae cam sorore meâ sunt , sorores meae non sunt. Docli ergo viri cautela magna nobis esse débet instructio. Nam incautx praesumptionis, est quod fortis, pavet minus validum non timere : sapienter enim illicita superat » qui didicerit etfam non uti concessis. Et quidem nos nullos in hoc nolentes adstringimus , sed sicut facere soient medici ^ et si ad tempus tristem curam , tamen pro salute dictamus : et idcircô non necessitatem imponimus , sed si imitari doctum sanctumque virum elegerint » ipsorum voluntati relînquimus. Tua îgitur experientia ut seryari debeant ea quae prohibenda mandavimus 9 stadium et solliciludinem gerat. (1) Goncilium Moguntinum , can. iO.
JUSQU^AU U^^ GONGUiB DE LATBAH^. 433
ce Les prêtres représentant la personne de Moise (1) , et devant ainsi que lui détourner par leurs prières la colère de Dieu lorsqu'elle est prête à éclater' sur son peuple , Us doivent par conséquent se souvenir de ce qui est écrit : que les fautes des prêtres sont la source des plus grands maux qui puissent arriver au peuple. Ainsi qu'aucun d'eux ne demeure avec aucune femme ^ pas même avec sa mère^ ni sa sœur, afin d'dter toute occasion au démon ; mais que semblable aux Anges, il serve Dieu dans la plus grande pureté de corps et d'esprit (3). »
Un ooiieile de Nantes , tenu à !a fin du neuvième ou au commencement du dixième siècle , en répétant ce que viennent d'ordonner les deux précédents, ajoute : a Que û a cependant les prétrecront des parentes dans une telle né- « cessité, qu'elles aient besoin de leurs secours^ ils pource ront les loger dans quelques maisons de leur paroisse; a éloignée du presbytère, et leur procurer tout ce qui leur « sera nécessaire (3). »
(1) Gondliam Heteode, cao. 5.
(9) Qaamfis etiam sacri canoses quasdam peMonas feminataiD siàml cum Glerids in ona domo habitare pennittant» tamieii (quod mnltam dolendum est ) eœpé audivimus per illam obnoessibneni plurima «odem esse oommissa...» Idciroè oonatîCoItliaecsaiictaiyiuiidiiat at nàllus pre»* byter ullam feminam aeJBtmi ia domo propriA permittat » qnateiiAs occasio mal» saspîdoDis vd &cti ioiqui penitos anferalor.
Sacerdotes qai vice Hooa iram Domiid super popàlam ssevientem predbus suis dd>ent mitigare, attendenies etîam ne illnd fiât quod SGrip^ tum est* Maxima ruina populi in ci)jpft Sacetdotom fuit s nocpiaqiiam in sua dOmo secum aliquam feminam habeant » nec matrem nec sovorem ; sed auferentet omnem oeoiiiQnem Satana , Angeiicam TÎlam dn^ canl , et Domino Deo casto oorpore et moado corde fine tenus sefviant. *
(3) Sed si quis de his Labueiit talem neœssitatem padentem » ^ iit neoessaria sustentatio presbyteii» liabeat in vioo ant villft domum lodféf ^ presl^jrteri <u>n¥er8atione » et ibî os sulNBiiDistfel qiaa neœssari^ t«sr#' Gonciliom Nannetense, can. 3.
434 CHAP. m. DU CAUBAT BCCXÉSIAS'nQtit: