‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 94 sur 108 · VI · texte numérisé non relu

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fneqtiHnftnce des iV et W siècle* réprimiepor ies conciles et les papes,

GefMiidant quelque prudente et sage que toit une loi , et quelque respeilable que puiite en élre l'autorité et l'antiquité f si l'on ne tient exactement la main à son exécu- Uoni'il n'en est point, quelque sacrée même qu'elle soit , eesU» laquelle l'indocilité du cœur humain et ses peu* chants déréglés, ne se rétollent et ne tendent à rem erser. Ce fut aussi le désordre que l'on vit s'introduire aux onziôme et douiième siècles dans plusieurs diocèses , tant par la né^gpnee de ceux qui y doirent veiller le plus, que par le mauvais exemple de quelques-uns de ceqx<4à \ en. sorte que l'incontinence des ecclésiastiques de ces siècles, aurait pu s'étendre et faire les plus grands rayages, si le Seigneur n'eût en même temps suscité les pasteurs TrMinmt aposto-

lîque^ > pour rétghlir , malgré \^ pliii^ grandes contradictiops, l'ancienne discipUn.^ de l'Eglise, da^s sa première p^r$^é. TeU furi^nt particulièrement les souverains pon* tifes, dont le zèle anima et $ouUnt le ;iè]^ d^s. autres pontifes du Seigneur. Tel fut le pape Nicolas II , qui tint en 1059 à Rome un concile composé de cent treize évéques , dont 1q troisième canon fait connaître par les censures et les peines qu'il prononce, la grandeur dit mal, et l'horreur qu'U voulait en inspirer è tons les chrétiens.

« Que personne n'entende la me$se d'un prêtre qne l'on sait certainement avoir une concubine ou une femme sousintroduite* C'est pourquoi le saipt concile ordonne sous peine d'excommunication ce qui suit : Si depuis la constitution que notre très saint prédécesseur le pape Léon , de bienheureuse mémoire, a rendu sur la chasteté des clercs, quelque prêtre, diacre ou sous-diacre , a {épousé puMiqneu ment une concubine , ou ne s'en sépare pas , nous lui ordonnons de la part du Dieu tout-puissant, et par l'autorité

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des bienheureux Apôtres Pierre et Paul» et même nous lui défendons absolument de chanter à la messe, d'y lire PEpltre et l'Evangile, de se trouver aux offices divins avec les autres prêtres qui observent ladite constitution; et de re« cevoir les revenus de son bénéfice , jusqu'à ce que par la grâce de Dieu y il se soit soumis à notre décret (1). »

Quatre ans après, le pape Alexandre II tint aussi à Rome un autre concile de cent évoques, dont le troisième canon répète et oonfimie la même disposition du précédent, et presque dans les mêmes termes; Or , tant sur celui-ci que sur le précédent concile , }e remarquerai deux choses. La première > que les sous^Uacres sont ndkmément compris dans ceux du clergé qui sont obligés à la continence, il est Vrai que le premier concile général de Nicée avait égale^ ment compris, avec les évèques , prêtres et diacres , tons ceux encore qui étaient dans le clergé, cmninà q^ in clero est; mais comme sous ces derniers la discipline de l'Eglise avait assez varié, ce fut au onzième siècle que l'on commença à déterminer d'une manière plus positive, que l'on ne pourrait être élevé au sous-diaconat sans faire vœu de chasteté et sans garder la continence : ce" qui depuis ce siècle s'est toujours universellement observé , ainsi que la suite le confirmera. La seconde chose à remarquer est ^ que ces deux derniers conciles de Rome sont ka premiera où il soit fait mention d'une manière plus positive de la

(1) Ul nuUus missam audiat prcsbyteri quem scit coucubiiiam indobi^ taiiter habere , aut 8ub4Dtrodiiçtam mulierem« ATndé édam ipsa sancla •jrnodas hoc capitalum snb excommamcatione statuit , dicens t QuicaoK que sacerdotam , dîaoonorum , sub^Kaconorum^ post oonslltutom béate memoriâB praedecessoris nostri sanctissiiiii paps Leonii de castitate deri^ coriim i^ concabînamque palàîm duxerit, vel dactam non reliqaerit, ex parte omnipotentis Dei , autoritate B. B. Apostolorom Pétri et Pjuli pra»dpimasi et omninè oontradicimns ut missam non cantet : neque Etangelinm » ^ Epistolam ac n^ssam légat ; niMpié ïn presbyterio ad difina offîcia cum qui praefats constitutioni obedientes fuerint , maneat ; neqae partem ab EocIesiA suscipiat, quousque I nobîs sententia super bujasmodi , Deo concedenre » procédât.

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piiyaUoii de bénéfices pour les clercs qui ne garderaieni pas la continence; car auparavant , les peines les plus ordinaires étaient les interdictions d'offices, les dégradations^ ou même les excommunications ; sur quoi il faut observer que si les bénéficiers, tant ceux qui sont engagés dans les ordres sacrés , que ceux qui n'y sont pas engagés > fie sont pas toujours extérieurement privés de leur bénéfice lorsqu'ils n'observent pas la continence; du moins depuis le' onzième siècle est-il universellement établi dans l'Eglise , qu^n clerc ne peut posséder de bénéfice s'il' est marié : et que celui qui n'étant pas dans les ordres sacrés se marie > est dès l'instant dlbhu de son bénéfice. Or , cette crainte d'être privé de bénéfice ou de n'en pas posséder si l'on se marie y est peut^tre ce qui souvent forme plus de célîba^ taires que le d.ésir de servir l'Eglise et de remplir les saintes fonctions du sacré ministère. .Ces remarques une fois faites^ reprenons la suite de notre discours» -

L'on voit donc par. tout ce que je viens de rapporter , que plus l'incontinence voulait faire ses efforts pour détruire l'ancienne discipline de l'Eglise; et plus la chaste épouse du Sauveur, bien loin de se relâcher de son antique exactitude , ne faisait au contraire que l'augmenter davantage. Jjt pape Grégoire YII tint aussi un concile à Rome , en 1074, oii sont répétées presque les mêmes dispositions des précédents. Mais non content de suivre en cela les traces de ses prédécesseurs, il composa une savante apologie sur la continence des clercs , et qu'il envoya aux éyéques de la chrétienté. J'en rapporterai le onzième article seule-^ ment. L'on y reconnaîtra , il est vrai , plusieurs autorités (jue j'ai déjà rapportées : mais cette répétition n'a pas paru ici hors de propos , tant parce qu'elle confirme tout ce que l'on a avancé jusqu'ici , que parce que ce précieux monument démontrera que l'on était plus instruit dans le onzième siècle des règles anciennes de rFglise, qu'on ne le pense dans notre siècle. E;coutons ce savant pape nous instruire.

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