‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 2)Chapitre 95 sur 108 · vîi · texte numérisé non relu

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Savante apologie de la continefioe des oleros par le

pape Grégoire VIL

a Quant à la défense qui est faite aux ministres des auteh de remplir les fonctions de leur ministère , s'ils ne gardent pas la continence > nous la trouvons déjà établie par les saints Pères. Car^ entre les quatre premiers coocilesque l'on compare aux quatre Evangile , le coqcile général dç Nicée^ qui es^ le plus grand desjquatre^ s'exprime ainsi daqs le troisième canon : Le grand concile défend abêolyffnent à tout épêque, prêtre, diacre et autre du clergé d! avoir chez lui aucune fenume sotu-introduite y voulant bien seulement qv^ils demeurent avec leur mère » leur sdsur i leur tante , ou autres personnes qui ne donnent pa^ de mauvais soupçons. Or, afin de faire connaître dayantage le but de ce canon , ne craignons pas y pour e|i rendre la traduction plus inteHigible» de dire que ce saint concile défend absolument à tout éyéque, prêtre, diacre et à tout autre du clergé , d'avoir chez lui aucune femme étranj;^re> sinon ss^ mère> sa sœur, sa tante , parce que ce^ sortes de personnes et autres semblables , sont hors de tout soupçon \ et qui s'écarte de ces règles est exclu des honneurs du clergé. De là , reconnaissons que le mariage est absolument interdit au clergé, puisque celui qui habite arec des femmes est noa-seule^ ment privé de tout ministère des autels , mais de droit exclu du clergé ; et que ce canon oblige non-seulement les prêtres, n^ai» tous ceux qui sont engagés dans les ordres sacrés,

« Le concile de Néoçésarée, qui a été tenu avant celui de Nicée, dit aussi au premier canon : Si un prêtre épouse une femme, quHlsoit déposé f s'il commet fornication , ou adultère qu^il soit également déposé et condamné à la pénitefice* Le dixième canon du concile de Cbalcédoine , confirmant ceux de Néocésarée , de Nicée et toutes

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les décisions des saints Pères qui ont précédé^ condamne également tous ceux qui transgressent ces saintes règles ; et il ajoute , que iouê ceux qui oseront violer ce qui est défendupar ce grand concile univereel, soient dégra-^ dés de leur ordre» Le très heureux pape Syltestre y quLa assemblé le concile de Nicée , et l'a confirmé par rautorité apostolique^ défend par le sixième chapitre de sa décrétaie ^odique 9 à tout prêtre de se marier./ que si par négligence il transgresse cette défense, il soit prive de sa dignité pendant douze années f- que si quelqu'un la transgresse publiquement et avec connaissance , il soit condamné à la même peine toute sa vie.

« Le bienheureux pape Syrice dit au septième article de sa décrétale , que tout évêque , prêtre ou diacre qui n'e garde pas la continence ( ce qu'à Dieu ne platée^ ap-prenne qu^il n'aura pliM aucune indulgence à espérer de notre part Et au douzième article du même décret , il ajoute : Noîm ne voulons pas que d^ autres f émanes hàbiten t avec les clercs , sinon celles que permet le concile de Ificée à cause de Vétroite parenté. Le très saint pape Grégoire y écrivant à Romain Défenseur^ parle ainsi au dixième chapitre : Si vous découvrez dans V étendue des lieux qui vous sont confiés, quelques évêques qui habitent avec des femmes, arrêtez absolufnent ce désordre, et ne perm^ettez pas qu'ils en aient dorénavant aucune chez eux , excepté celles qui sont strictement permises par les saints canons, savoir : la mère, la tante , la sœur et autres semblables , exemptes de tout mauvais soupçon* Ils feraient mieux cependant de ne pas habiter avec ces personnes ; car nais lisons que le bienheureux Augustin ne voulait pa^ demeurer même avec sa sœur, parce que, disait-il, celles qui sont avec elle ne sont pas mes sœurs. Or, la précaution de ce sa* vant évêque , doit être pour nous d'une grande instruction. Quelques lignes après , le même pape ajoute : j4gez soin dexhorter nos confrères, qu'ils avertissent les ministres sacrés de leur diocèse (f observer ces règles, dont ils seront néanmoins lespre?nters à leur domter P exemple.

jusqu'au I/^ COKCHiB rà LATRAN^ 439

ce Le pape Zacharie, chapitre premier de sa .décrétak , dit aussi : Nous ordonnons auaivêques de n^ habiter aveo aucune femme ^ de peur queT ancien ennemi du genre humain ne les conduise dans le précipice; et au chapitre onzième il ajoute : Qu^ aucun prêtre ou diacre n'ait chez lui aucune femme sous-introduite , qu'il puisse ieuh-» ment demeurer avec sa mère ou autre parente exempte de tout soupçon^ selon que Va défini le concile defficée: et si quelqu^un ose violer ces 4frdonnances ^ qu^il soit privé de sa dignité sacerdotale.

a Le bienheureux Jérôme^ écrivant à Océanust après lui avoir prouvé, par les raisons les pljis solides, que les clercs ne doivent pas habiter avec les femmes , ajoute {ensuite : Que si quelqu'un, après les avertissements que nous lui donnoney ose préférer ces agapètes à Jésus-Christ y qu^on lui représente ce qu'ont ordonné les canons , et qu'on lui lise ce qu'a défini le concile de Nicéc; dès^ tors nous nous estimerons heureux sHl se sépare de telles sociétés. Sinon qw V Eglise Vanathématise* Car la société abep les femimes n'est qu'une source éHamertume , et ne fait qu'énerver V esprit.

« Enfin ^ je ne finirais pas si je voulais rapporter les au* torités des saints Pères qui viennent encore à l'appui de nos décrets apostoliques. Car tous les catholiques qui ont suivi la doctrine des quatre plumiers concUesont, comme ^ous> ordooné l«i mêmes choses (O.»

(l)(KiQdiiieoDUiienUba8clericis ministeriiun altaris interdicît^ nihilo* minus iaterdictum est à sancds Patribus; Est enim scriptum in Nicaeno ooncîlio; qMd maximum est inter quatuor concilia EYangeliis adasquata, capite terUo. lalerdicU per oïïinia magtia synodus non episcopo » non presbyterOf non diacono y mc alicùi omnino qui in clero est, ïicere sub^ introductam mulierem y niti Jorii matrem » aui sororem , aat amitam , tel eat tamwn per^pnot qum iuspichnem effugimt. Ut autem hujus capftis iutentio clariùs elucescat » apertiorem ejus translationem subnectère non pigeât* Omnimodô sancta iuterdixit synodus 9 neque episcopo y nc^ que presbjtero ^ neque diacono • neque ulli omnino clerlcorum $ Hcere habere tecam mulierem extraneam , nisi forte mater sit » aut amîta : in lits namque personis et harum similibus omnis suspicio declioaiur : qui

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Rien de plus précienx que celte savante apologie dé Grégoire Vn sur la continence des clercs. Je n'ai pas trouTé^ il est vrai^ dans les éditions des conciles et des Pères que j'ai pu consulter^ les passages du concile de Calcédoine tii ceux de saint Sylvestre et de saint Jérôme qu'il rapporte ; mais les autres passages prouvent assez que toutes les fois que l'hérésie où la corruption des hommes ont voulu attar

aliter prcter bao agit perîditalMtiir de dero six>* ^denie ei^ qood penilùs dericis conjugale opos interdicator ; qui et pro ipea cohabîlar tioDe feminarom » non soliim de ministerio altaris , sed de dericaîa suo periditari jore censentor. Nec hoc tantùm de saoerdotibos » aed de omnibos Bacris ordinibns erldenter discernitur.'

Item MèocMareense condliom qood ante NicMUim oondliom fiiisse legitor 9 capite primo decrerrit : Prtàb^ter H upoorem duxerii ob ordhte deponatur ; H vero fwnicaUa fiierit, aut aduUerium perpeiraverii, ampHus pelU decet et ad pmnîtenHam redigi, ClialcedoneAse etiam condlium qaod ipsas Neocesareenses et Nicsenas » imà omnium sanctorum Patrum sanctiones ante ipeum tranaactas , ut prsBdictum est 9 confirmât : etiam earumdeim sanictionnm praevaricatores generaliter ita oondemnat capite dedmq. E08 aulem gui ausi flterint per diffinitionem magnas et univer$alU htqus synodi » qtuecumgue ex his quœ sitnt prohibita perpetrare » decrevit sancta synodus a proprio gradu recedere. Item beatissimna papa Sylvester qui Nicaeoam synodum coDgregavit , et eamdem apostolica autoritate cor- Toboravitg in suis synodalibus decretis ita decernit capite sexto. Némo presbyter à die honoris presbyterH stanat conjugium ; quodsi quis negieeto hoc aliter egerit 9 duodeeim annis etan jubemm privari honore f quod si qids contra hoc ehirographum pressens et publiée dictum egerit 9 damnabir tur in perpetuum.

Item beatus Sjridus papa in decretis suis capite septimo : {^Ubet episcopus, presbyter atque diaconus {quod non optamus) deinceps]si in" continens fuerit inventus , jam nunc sibi per nos omnem aditum indulgenlias intelligat obseratum. Item in eisdem capite duodecimo : Feminas etiam non alias esse patimur in domibus clericorum nisi eas tantum 9 quas propter solas necessitudinum causas habitare cum eisdem synodus Nieœna permisit. Item sanctissimus papa Gregorius scribens ad Romanum dcfcnfiorem , ita decernit capite dedmo. Si quis episcoporum quos commissi tibi patrimonii finis includit , cum mulieribus degunt , hos ut omnino campes-^

JITSQU^AU l.*^ CONCILB DE UTBAN, 44i

quer l'Eglise dans la foi ou dans les mœurs; elle s'est aussii» tôt animée d'un nouveau zèle qui a donné occasion à des recherches respectables par leur ancienneté et leurs auto«« rites y telles que celles que remet sous les yeux Grégoire Vil. L'on y remarque encore combien l'autorité du troisième canon du concile de Nioée a toujours été regardée , ainsi que je Tai dit d'abord , comme un des plus grands Umr

cas, jubemust et de eœtero eas ùihabitare ulh modo patiaris , exceptU Us quas sàcrorum canonum censura permiuitf id estt maù-em, amitam^ germanum, et alias hulusmodi » de quibus prava suspieio nonpossei esse* MsUus tamen faciunf si se etiam ù talium cohabUatione contineant^ Jfam legitur quod beaius Augusiinus nec cum sorore habitare consenserit^ dieern: Qitœ cum sorore mea sunt sorores meœ non.sunt. Docti ergo viri cauiela magna nobis débet esse instructio. Et post pauca ; Prœtereâ curas tuas sii eosdem confratres nostros adhortari , ut subjectos sibi in saçris ordinibus eonstitutos » quod ipsi servant f ad simiUtudinem suam modis ovmi« bus servare commoneant»

Item Zacharîas papa ia decretis sois capite pdmo : Deeemimus ui epiSr copicum mulieribus omnino non habitent^ ne ab àntiqui hostis fraude decipianiur» Item in eisdem capite undedsio : Vtpresbyteri et diaconi subintroductas muUeres nulh modo secum.habere audettnt, nid foirsilan eommatrem suam oui proxbnitaiem generaUonis iibi habentes^ quœ suspieioneit effugiunt; sicut in Nteanlo concHMo habetur : Si quis prmter keee siatuia prœsumpierii agert, saeerdotii sui honore privetur»

Item beatos Hieronymos acribens ad Ooeanam authenticis rationibus probavit non licere dérids conTcrsari cum feminis : et postmodum sul^ intulit : Quod si post nostra monita aliquis clericus agapetas amplius quassierit amare quam Christum^ secundian synodalem regulam conveniatur et prœcepta in Nicœa dijfinita ei legantur : jam vero si conventus prœdk^os fugerit et reliquerit , consecuti sumus maximum lucrum^ Alioquin talis ab Eccîesid anathematizandus est; germinant enimfeminœ spinas cum viris habitantes , et arcana mentium acuto mucrone percutiunt» . Sed quid dicam ulteriùs » deficU enim mihi tempus , ut enarrem viritim sanctos Paires praediclis noslri Aposlolici slalulis subscribentes. Nam omnes catholici eadem observanda esse censuerunt], qui et à sacratisiiff mis quatuor conciliis dissentire noluerunt , ex quibus noster aposloiicus prxfata produxit décréta.

4A% GHAP. m* W GiUBAT BCGLÉMASTIQUB 9 BTG.

dfliiMiita de tout ce qu'ont enseigné les conciles , les saints Pères , et comme le monument le plus précieux de l'antiquité de la discipline ecdésiastîque sur l'obligation du célibat sacerdotal. En sorte que ceux qui de nos jours osent quelquefoifll taxer d'ignorance certains siècles de l'Eglise qui les ont précédés , rendraient plus de justice à leurs ancêtres > s'ils lisaient leurs ouTrages; ils y reconnaîtraient , aussi plus de science et de connaissance qu'ils ne se flattent n'en aTOîr eux-mêmes, ^n de marquer ce respect que l'Eglise a toujours eu pour le troisième canon du premier concile général de Nicée, je terminerai la troisième époque , par le troisième canon du premier concile général de Latran j tenu en 1133, parce que ce concile y rapporte et confirme l'autorité du premier concile général qui s'est tenu dans le monde chrétien deptiis les Apôtres.

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