‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 20 sur 87 · HÉRÉSIES HENOUT. PAR LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

HÉRÉSIES HENOUT. PAR LES PROTESTANTS

<cc forme à ses idées (1). » Peut-être ignorezvous , Monsieur, que Luther a enseigné la même doctrine presque dans les mêmes termes ; voici ses paroles : « Un homme baptisé ne peut se « perdre quand il le voudrait, même par ce les plus grands crimes , à moins qu'il ne ce refuse de croire; nul péché ne peut le damner, ce si ce n'est la seule incrédulité (2), » Si voua me dites , Monsieur , qu'on ne prêche plus aujourd'hui cette doctrine chez vous , je n'aurai pas de peine à vous en croire sr votre parole. Mais Luther en aura-t-il moins enseigné crûment l'hérésie d'Eunomius ? et dès qu'il est convaincu d'avoir donné dans des erreurs si grossières , comment pourrez-vous le regarder encore comme un homme spécialement éclairé de Dieu?

Luther a renouvelé lu doctrine de Jovinien.

La quatre-vingt-deuxième hérésie rapportée au catalogue de saint Augustin est celle de Jovinien ; il égalait l'état des vierges à celui des gens mariés , ci et ne voyait pas plus de mérite

(4) Eunomius fertur usque adei fuisse bonis moribus inimicus, ut asseveraret t quod nihil cuique obesset quorum libet perpetratio peccatorum , si hujus, quae ab illo docebatur, fidei particeps esse t. T. 6. Aug. Ed. Froben. pag. 25.

(2) Ita vides , quàm clives sit homo baptizatus , qui eliam volens non potest perdere salutem suam quantiscunque peccatis , nisi nolit credere, nu lia enim peccata eum possunt damnarc , nisi sola incredulilas. T. 2. Ed. lat. Jco. apud Rhodium , p. 285. b.

ce dans la virginité et la continence que dans la ce chasteté et la fidélité conjugale (1). » Saint Augustin remarque que cette doctrine porta plusieurs vierges romaines consacrées à Dieu & se marier, mais qu'elle ne put séduire aucun prêtre (2). Il n'en a pas été de même des faux principes de Luther ; ils ont fait un égal ravage dans les monastères de l'un et de l'autre sexe ; on doit même dire que Luther a porté l'égarement beaucoup plus loin que Jovinien, puisque peu content d'établir une égalité de mérite et de perfection entre les deux états , il a de plus cherché à avilir le célibat , et à le ravaler audessous de l'état des gens mariés , jusqu'à dire, ce que l'état du mariage était de l'or, et que ce l'état ecclésiastique n'était que de la borne (3), ce et que toutes les religieuses de l'univers, qui ce se flattent d'être dans un état plus parfait ce que les gens mariés, ne méritaient pas de ce donner de la bouillie à un petit bâtard ce, baptisé (4). »

(1) Virginitatem sanctimonalium et continentium sexAs virilis in sanctii eiigentibus cœlibem vitam conjugiorum castorum atque fïdelium mentis coaequabat. T. 6. Ed. Froben. p. 30.

(2) Citô haec haeresis oppressa est, nec usque ad deceptionem aliquorum Sacerdotum potuit pervenire. T. 6. p. 50.

(3) Edit. Germ. apud Christ. Rodiger. pag. 301. b.

(4) Edit. Germ. pag. 171.

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