VÉRITÉ , POUR LEUR ENSEIGNER TOUTE VÉRITÉ
et Ton ne voyait pas de conjoncture où Ton pût être plus assuré de l'effet de cette promesse,
(1) Via hobis facta est enertandi auctoritatera Conciliorum , et libéré eontradicendi eoram gestis , et judkandi eorum décréta , et quidquid verum videtur , sive probatam , sWe rcprobatam fuerit è qoocunque Concilie T. 9. Ed. Jen. Christ. Rhodii. p. 394.
(3) Act. 15.28. — (5) 16.13.
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que dans cessaintes assemblées, où tous les pasteurs du premier ordre concourent à chercher le véritable sens des Ecritures sur les points contestés pour l'enseigner à leurs peuples. On jugeait que l'Eglise comme tout autre état ne devait pas manquer de ressource pour terminer les différends , et on ne trouvait que dans ces derniers jugements, réputés comme infaillibles, le moyen de fixer l'agitation des esprits.
Aussi avait-on regardé de tout temps comme un acte hérétique le refus d'acquiescer aux décisions des conciles généraux , de même que la soumission rendue à leurs arrêts avait toujours passé pour la marque la moins équivoque d'une foi pure et non suspecte. Saint Grégoire de Nazianze dispensait volontiers les apolHnaristes de justifier leur doctrine , pourvu qu'ils montrassent leur orthodoxie reconnue par un concile (1). Saint Basile ne trouvait pas de meilleur expédient pour s'assurer de la foi des chrétiens suspects , que de leur proposer les décrets du conçue de Nicée , et de savoir d'eux s'ils les recevaient ou non (2). Saint Augustin excuse saint Cyprien d'avoir donné dans l'erreur de ceux qui regardaient comme nul le bapétme conféré par les hérétiques, sur ce qu'aucun concile général n'avait encore rien déterminé à ce sujet (3). Saint Grégoire, pape, dit ana-
(1) Ac quidem si vel nunc vel ante suscepti sunt , qui Apollinarii plarita sectantur , hoc ostendant , et nos acquiescemus. Ep. 1 . ad Cledonium. Tè 1. Ed. Colon, p. 756.
(S) Epist. 78. T. 3. Ed. Paris, p. 137.
(3) IUis temporibus antequam plenarii Goncilii sententia, quid in bac re tentiendam 'esset , tolius Ecclesiae consentio confirmasse! , vifum est ei, etc. Lih. 1. de Bapt. C 18. T. 7. Ed. Froben. p. 388r,
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thème (f ) à tous les esprits rebelles qui de son temps ne recevaient pas les cinq premiers conciles généraux ; or il ne s'en était pas tenu un pins grand nombre jusqu'à cette époque. Tel avait été jusqu'au temps de Luther l'attachenient inviolable de tous les fidèles aux décisions des conciles généraux : mais Luther , homme à nouvelles découvertes , s'ouvre , comme il le dit lui-même, une voie qui n'avait pas encore été frayée, et cette voie c'est d'opposer son jugement particulier au sentiment universel de tous les premiers pasteurs de l'Eglise. Vous savez, Monsieur , que dans la plupart des disputes de religion il ne s'agit que du sens de l'Ecriture et de l'intelligence des passages sur lesquels on conteste : or jusque-là les lumières de la droite raison , de concert avec celles de la foi , avaient fait croire que tous les supérieurs ecclésiastiques, assemblés en corps, étaient plus propres qu'aucun particulier à découvrir sûrement la véritable signification du texte sacré pour le notifier au peuple chrétien. Mais non, Luther en juge tout autrement , ce n'est plus l'Eglise qui doit juger, c'est chaque particulier qui doit juger l'Eglise. L'ordre de Jésus-Christ était d'écouter l'Eglise ; Luther dispense de cet ordre et sauve l'anathème à quiconque se croira plus éclairé que le corps des pasteurs. Plus des deux tiers du monde ne sont pas capables de juger par la
(1) Qaisquis aliter sapit, anathema sit; quisquis vero praedictaram synodorum fidem lenel , pax sit ci à Pâtre per Jesum Christian. Tom. î. Ed. Paris. 2. Novae !ib. I . Ep. 25. ad. Joan. Constant, et caeteros Patriarches; p. 5! 5.
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voie de l'examen , n'importe ; il vaut mieux qu'ils s'en rapportent à leurs lumières défectueuses , oo aux jugements bien équivoques de leur ministre, que d'adhérer aux décisions des conciles généraux.
Voilà , Monsieur, le bel expédient que Luther a imaginé pour rendre la foi de tous les chrétiens uniforme, prudente, ferme et inébranlable. C'est par cette heureuse méthode que les disputes cesseront, que la paix et la tranquillité se maintiendra, et que chacun saura précisément à quoi s'en tenir. Regrettons que Luther n'ait point étendu ses réflexions jusque sur le civil ; avec un peu plus de méditation il fût sans douté parvenu à abolir aussi toutes les cours de justice, en faisant voir leur inutilité; car il n'avait qu'à renvoyer les plaideurs au corps de droit, et leur suggérer le secret admirable d'y chercher les passages les plus clairs , et de s'en tenir aux textes les plus favorables à l'une ou à l'autre partie. Mais, Monsieur, le sujet est trop sérieux pour le tourner en plaisanterie ; je sens que je ne vous ferais pas plaisir de continuer sur le même ton ; ainsi je vous l'avouerai bien sérieusement, je n'ai jamais pu comprendre comment tant de gens d'esprit , car il n'en manque pas dans les différentes sociétés protestantes , ont pu s'accorder à recevoir un principe si contraire au bon sens , à l'ordre , à la paix et à la pratique de tous les siècles , principe si chimérique dans la théorie , et si insoutenable dans l'exécution. Je dis si insoutenable dans l'exécution ; car ceux-
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là mêmes qui ont rejeté avec hauteur l'autorité des conciles généraux, pour abandonner au caprice de chaque particulier la discussion des articles controversés , se sont vus obligés plus d'une fois à convoquer des assemblées , afin de régler A la pluralité des voix les différends de religion , et ils n'ont pu parvenir & rétablir la paix et la concorde troublée par l'erreur , qu'en obligeant sous de grièves peines tous les pasteurs A souscrire & la décision du pli» grand nombre. Les assemblées de Dordrech, de Francfort, de Torgà, de Naumbourg peuvent en fournir des preuves évidentes. Mais revenons au sujet principal.
J'ai entrepris de prouver que Luther, en composant son corps de religion, avait adopté plusieurs hérésies condamnées par l'antiquité la plus respectable , et je pense , Monsieur , vous l'avoir montré clairement par la simple exposition des faits, sans y ajouter ni pensée personnelle , ni raisonnement suspect. Les pièces que j'ai produites sont le catalogue des anciennes hérésies , cfautres écrits des saints Pères et les décisions des conciles généraux. Un simple coup dVeil sur les endroits que j'ai eu l'honneur de vous indiquer suffira pour vous faire remarquer une conformité parfaite entre vos sentiments et les erreurs condamnées et flétries dès les premiers siècles de l'Eglise , ou du moins bien antérieurement aux disputes de Luther. La vérité que f&i pris la liberté de vous annoncer en vous accusant d'adhérer à un corps de doctrine mêlé de plusieurs hérésies , porte sans
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donte avec elle son amertume ; c'est , j'en conviens moi-même , toi reproche peu agréable à entendre ; mais le genre de preuves que j'ai employé pour rétablir doit , ce me semble , me disculper pleinement à yos yeux. Pouvaïsje, Monsieur, sans manquer à ce que la sincérité de mon zèle exigeait de moi, vous laisser ignorer des connaissances si importantes et si propres à vous suggérer de salutaires réflexions. Ne croyez pas cependant que nos reproches se bornent là; vous n'avez encore va que la moitié du mal ; si nous blâmons Luther pour avoir réveillé d'anciennes hérésies, nous ne le blâme»» pas moins pour avoir créé lui-même un grand nombre d'hérésies nouvelles.
DEUXIÈME PROPOSITION
LUTHEB A DOTTOÉ NAIS6JUIC8 A PLUSIEURS H&ÉSIgS