HÉRÉSIES RBNOUV . PAR LES PROTESTANTS
toujours être visible (1); que les clés de l'Eglise , symbole de l'autorité ecclésiastique , ont été données à Pierre et à ses successeurs (2) ; que toutes les ouailles lui ont été confiées (3) ; que les Apôtres et leurs successeurs ont reçu le pouvoir d'absoudre des péchés , avec charge d'en faire le discernement (4) ; que le pain que Jésus-Ghrist nous donne dans l'Eucharistie est sa chair, et qu'il n'y a plus de pain dans le sacrement (5) ; que les malades doivent appeler lfes prêtres pour se faire oindre avec l'huile sainte (6) ; que l'homme est justifié par les œuvres, et non-seulement par la foi (7); que les bannes œuvres sont nécessaires au salut (8) ? Si ce ne sont pas là des vérités clairement révélées dans l'Ecriture , faites-nous donc , Monsieur , la grâce de nous dire ce qu'il faut pour qu'elles soient sensées clairement révélées? car
(1) Die Ecclesi» ; si Ecclesiam non andieriU Matth. 18. 17. Vos estis lux mundi , non pôtest civilas abscondi supra montem posSta. Matth. 5. 14. Corde créditer ad justitiam, ore autem fit confeand ad salotem. Rom. 10. 10.
(2) Tibi dabo claves regni Çœlorum , et quodeunque ligaveris super terrain ; erit ligatum et in CceKa , etc. Matth. 16. Ï9<
(3) Pasce agnos meoa , patee oies mea*. Jôan. îl. 16. 17*
. (4) Quorum remiseritis peccata , remiltuntur eia , et quorum retinuoritis , retenta suut. Joan. 2Q. 23. Quxcunque soWeritis super terrain , erunt soluta et in Cœlo. Matth. 18. 18;
(5) Pania quem ego dabo , caromea est promundf tita, Joan. 6. 52.
(6) Infirmatur quis in wbis , indùcat Presbytères Ecolesie , et orent super eum ungentes eum oleo in nomine Domini. Jacob. 5.14.
(7 j Videtis , quoniam ex operibus justificatur hômo , et non ex lide tantum; Jàc: 2. 34. Remittuotiir ei peccata multa ; quoniam dilexit moltum. Luc. 7. 48*
(8) Si vis ad vitam ingredi , serva mandata. Mattb. 19. 17. Ile maîcdicti in ignem sternum : esurhri enim , et non déduis mibi mandacare. Matth. 35-. 42.
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examinez , je vous prie , les textes qui les contiennent , et que j'ai cités à la marge ? vous verrez s'il se peut rien de plus précis , et de moins ambigu que les paroles qui les énoncent ? si vous aviez à vous exprimer sur les mêmes sujets que nous prétendons y être marquées , vous seraitil possible d'employer des expressions plus propres et plus significatives que celles dont le Saint-Esprit a fait usage? Si tant de clarté ne suffit pas , que faudra-t-il donc pour mériter à ces articles le nom et la qualité de vérités clairement révélées ? exigerez-voas , Monsieur, que la vérité de la révélation frappe tellement les yeux de tous les chrétiens , qu'il n'y en ait aucun qui ne l'aperçoive et n'en convienne ? Mais à ce compte il ne pourra plus y avoir d'hérétique : car dès qu'il se trouvera un homme à contester une vérité , et à se figurer qu'elle n'est pas assez marquée dans l'Ecriture , dès lors cette vérité cessera d'être du nombre des vérités clairement révélées , et par conséquent ceux qui fia combattraient, ne pourraient plus, si votre définition est bonne, être hérétiques. Direzvous , que pour être vérité clairement révélée , il suffit qu'elle soit regardée comme telle par le plus grand nombre des chrétiens ? Mais alors * - il est évident que les catholiques faisant le plus grand nombre , auront la vérité clairement révélée de leur côté. Voulez-vous , pour plus grande assurance, qu'elle ait été aperçue et reconnue du grand corps des chrétiens avant les contestations survenues ? ne trouvons-nous pas encore dans le consentement général des fidèles
BÉB&IË* BBNOUV. PAB LBS PR0TBSTÀ1IT*. 337
de tons les temps une forte preuve en faveur des sens catholiques, c'est néanmoins contre de telles vérités, contre des vérités si bien marquées dans l'Ecriture , et si généralement reconnues , que Luther a osé s'élever , sans respecter ni la clarté qui brille dans le texte , ni le sentiment général du monde chrétien qui en a ton jours été frappé* Voilà donc Luther convaincu à votre tribunal môme, et d'après la forme de procédure que vous avez jugé à propos de nous marquer, le voilà, dis-je, convaincu encore par cet endroit, d'avoir donné naissance à plusieurs hérésies.
Mais revenons à examiner la notion que vous donnez de l'hérésie , je soutiens qu'elle n'est ni assez étendue pour comprendre tous les hérétiques , ni assez spécifique pour distinguer toujours aisément ceux qui le sont de ceux qui ne le sont pas. Elle ne comprend pas tous les hérétiques, car elle ne comprend pas ceux qui attaquent la tradition constante et universelle de l'Eglise. C'est néanmoins uniquement pour ce fait qu'Helvidiu^ et plusieurs autres ont été mis au catalogue des hérésiarques , comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le faire remarquer. Oui , certes , contredire la parole non écrite prèchée par les Apôtres , et venue jusqu'à nous par le canal de la tradition , n est pas une moindre témérité , ni un moindre crime , que d'oser contredire la parole écrite , puisque les Apôtres n'ont pas eu moins l'assistance du Saint-Esprit en enseignant de vive voix , qu'en nous laissant leurs instructions par écrit.
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Je dis de plus , que votre notion n'est pas assez propre à convaincre aisément tout hérétique , et à distinguer toujours sûrement celui qui Test dé celui qui ne Test pas. Car vous le savez fort bien , Monsieur , les hérétiques saisissent avec beaucoup de soin tous les passages qui paraissent favorables à leurs dogmes, et ne manquent guères d'en trouver d'assez apparents, qui par rapport à la mauvaise disposition où ils sont , font à peu près le même effet sur leur esprit, que pourraient faire des textes d'une clarté réelle, « Si vous leur demandez , dit Fince comparable Vincent de Lérins , quelles preu- « ves Us vous donnent pour vous montrer la ce nécessité de quitter la foi universelle et ance tique de l'Eglise catholique , ils vous réce pondront tout d'abord : Oh ! c'est quùil est ce écrit , etc. Et aussitôt ils produiront mille ce passages , mille exemples , mille autorités ce tirées de la loi , des psaumes , des Apôtres ce et des prophètes (1). Qu'ils conversent, ajoute ce ce père, avec leurs partisans, ou avec ceux ce d'une autre religion , qu'ils soient en partice culier ou en public , qu'ils composent des ce livres, ou qu'ils prononcent des discours, ce qu'ils se trouvent à un festin, ou qu'ils eauce sent dans les places publiques, à peine énonce cent-ils une partie de leur propre fonds , ce qu'ils s'efforcent de lui donner une teinte
(ij Si quis interroget , unde probas f qaod Ecclesùe Catholicae anîversalem , et antiquam fidem diraittere debeam , station il le : Scriptum est enim, et continué mille teslimonia, mille exempta, mille auctoritafes parât de lege , de Psalmis , de Apostolis , de Prophetis. Tom. 7. Bibl. Patrum. pag. 260. H.