NE DIMINUEREZ RIEN A LA PAROLE QUE JE VOUS AN
(I) Calvin. Ub. 4. iust. cap. 10. n. 17.
NONCE : GARDEZ LES COMMANDEMENTS QUE JE VOU0 INTIME DE LA PAfctDU SeIGNBUR VOTRE DlEU(i)# Fàft"
tes seulement, dit-il dans le second, €e que je Vous
ORDONNE EN LXHONNEUR DU SEIGNEUR, SANS Y .RIES AJOUTER ET SANS EN RIEN RETRANCHER (2). !
Je conviens que ce sont là les paroles de Moïse ; mais qtre voulez-vous en conclure? Qu'il ne faut reconnaître comme parole de Dieu , que ce qui est contenu dans U& livres de Moïse ?La proposition serait évidemment fausse et absurde : car en ce cas, il faudrait rejeter tout- le Nouveau-Testament, à ^exception du Pentatèuque , tous les livres de l'Ancien, écrits postérieurement à ceux de Moïse.
Calvin ne pouvant se Cacher à lui-même cette conséquence j qui se présente naturellement à l'esprit , a voulu la prévenir, en disant « que les prophéties et le Nouveau^ « Testament tendent plus à accomplir la<loî, qu*à J « ajouter ou en retrancher (3). »
Si vous adoptiez cette réponse, il me serait aisé de vous faire voir, que dans ce même sens on peut dire des traditions comme dès prophéties, * qu'elles tendent c plus à accomplir la toi, qu'à y ajouter ou en retranr c eher ; » dxoù il s'ensuit que comme on ne peut pas inférer des deux textes du Deutéronome , qu'il faille rejeter les prophéties et le Nouveau-Testament, de
(1) Non addelis ad verbum quod vobis loquor ; nec auferet» ex eo ; custodite mandata Doouni Dei veslri qu* ego praecipio vobis. Deut. U»
(2) Quo4 praecipio libi , hoc lanlùm facîlo Domino , ntc addas quid-» quam nec minuas. Deuler* 12.
(3) Init. lib. 4. cap. 10. n°. 17.
22 NÉCESSITÉ D'ADMBTTaE
mime aussi on ne peut pas en conclure qu'on doive proscrire les traditions divines et apostoliques.
Mais non, Messieurs, je ne puis me persuader que vous goûtiez une réponse si frivole et d'ailleurs évidemment fausse. Comment, en effet , ne pas convenir qu'il y a dans les prophéties et dans le Nouveau-Testament , plusieurs vérités, plusieurs préceptes et plusieurs muâmes qui, à la vérité, ne sont pas contraires à la doctrine de Moïse 9 mais qui ne se lisent point dans les livras écrits de sa main : ce que ce saint législateur a en vue par les paroles ici objectées, c'est qu'il faut observer exactement les enseignements et les commandements institués par son ministère de la part de Dieu , et qu'il n'est permis d'y Caire aucune addition ni aucun changement capables d'y donner atteinte. En voilà le vrai sens, et cftsçps n'exclut nullement les traditions divines et apostoliques; car bien loin d'être contraires à la parple de Dieu, elles sont elles-mêmes paroles de Dieu annoncées^ ,*!?# von; ejt non par tfprit; paroles transmises par Je monreipçnt et l'inspiration du Saint-Esprit, et q/û con$équemmen( ,pnt la rçtènie autorité et m peuvent est tyuaiQÇ façon leur être contraires. . .'• <Aus$i , Messieurs 9 remarquez que Moïse ne dit pas : ■Yoga n'ajouterez ric# à la parole et aux préceptes que je fpus ai laissés par écrit ; mais, Vous Rajouterez rien à la parole que je vous annonce , aux préceptes que je vous intima 4# la p^trt de Djeç (1 ) ; expressions qui certai-
(1) Non addeti* ad verbum qood vobis loquor. Quod praecipio tibi , hoc tantùm facito, nec addas quidqaam nçc niions* Deut. 4.
LA THADrnOH. 23
nement ne désignent pas moins les enseignements et les. préceptes donnés de vire voix , que les préceptes et les enseignements rédigés par écrit. Je veux tous en faire convenir vous-mêmes ; dans la loi de Moïse n'y avoit-jl pas un remède contre le péché originel pour les femmes, n'y en avait-il pas un pour les enfants mâles qui molliraient avant le huitième jour , temps auquel ou ne pouvait pas les circoncire ? Ne faHatt - il pas user tfr ce remède ? II n'en est cependant pas dit un mot dans les livres saints ; voilà dope sous la loi de Moïse une. tradition que l'on était obligé de reconnaître et d'admettre.
Vos ministres objectent encore un autre texte , tiré du quinzième chapitre de saint Matthieu , IsaIb , dit Jésus-Christ en parlant des traditions des Pharisiens f