CHAPITRE PREMIER
Ce qui la justifie et la rend plus aisée , c'est la sagesse du gouvernement. « La police des monastères , dit le savant P. Thomassin, a été formée sur celle de l'Eglise, et ses plus saints enfants ont été aussi ses plus fidèles imitateurs (1). » Un abbé, un prévôt, des doyens destinés à soulager l'abbé dans ses fonctions spirituelles et temporelles ; un cellérier, chargé du détail de l'administration, de la subsis" tance de la communauté, du soin des malades, des enfants et des pauvres ; voilà les principaux officiers que saint Benoît a jugés nécessaires pour une grande communauté* Quand on lit dans sa règle les qualités qu'il exige de l'abbé dont il confie le choix aux religieux , on admire l'esprit de modération et de sagesse , qui a traeé ses devoirs et déterminé ses fonctions. « Le nom d'abbé , dit-il , qui signifie père, oblige celui qui le porte d'aimer ses inférieurs comme ses enfants. Il faut qu'il tempère l'autorité par la douceur et qu'il soit plus jaloux d'être aimé que d'être craint (9). » On est touché de la tendre sollicitude avec laquelle il lurecommande le soin des enfants et des vieillards ; d'ùnu main vraiment. paternelle, il écarte devant eux les épines de la vie religieuse : « Je veux que les sentiments que l'humanité nous inspire par ces deux Âges , soient consacrées pour la règle. *
Ordinairement on se représenté les religieux comme autant d'esclaves asservis aux caprices de ceux qui les gouvernent. D'après cette idée, on les plaint ou on les mé-
ptobetur in omni patientià, et post se* mensium cirenlum legatur d regala , ut sciât ad quod ingreditur ; et si adhuc stat , poat quatuor menses iterum relegatur ei eadem régula. Et si habita » secum délibération*, promiserit omnia custodire et cuncta sibi inperata semre » tune suacipiatur in congrégation^ sciens ae jam sub régulas legè constftutum, qnod ei ex fllâ die non liceat egfedide monasterio, nec collum excutere de sub jugo régula? , quam sub tam morosà délibération* licuit aut excuaare aut sùscipere* Regul. S. Bened. Gap. 58.
(1) Ancienne et nouvelle discipline de l'Eglise, part* i# Kn 35, ebapit. 23.
(2) Voyez sa règle. .
prise : le toÈfu d'obéissance parait même une arme dangereuse dans la inairi de* supérieurs.
Étouffe* lé? suggestions de faiùVour-propne et dé là éupidîté , toujours ettttémis de l'ordre, tel est V objet du dévôàirfént relfgiétix i mais rï a de» bornes qu'ont posées la raison et ta réftgtoH. « S>tf tf'eû était ainsi , dit saint Bernard, il faudrait éffttëér de flEvangile Cerf paroles adressées à tous lés chrétien*: $ô#é2 prudent* comme de* serpents (i). » La prudente chrétienne , selon Yari-Espen , règle la soumission dix religîéui. Si, par ignorance , bu par corruption , un supérieur lui ordonne quelque éhôsé de contraire à la loi cfë Ùieu , il est obligé de lui résister : sa déférence sérail un crîîne (i). Pour qu'elle soit un devoir, fa volonté de celui qui commandé doit être conforme âtii statuts, don* il est tè conservateur et qu'il né peut changer. Saint fienott n'a pas prescrit & ses disciples une obéissance indéfinie , mairf l'obéissance selon là règle. « on ne saurait exiger1 dé moi f dit saint Bernard , que ce' que f ai promis 0). » Ce vœu n'est donc point imprudent, puisque le religfeu* en cônofait retendue : il n'a rien de dangereux pour l'Etat , puisqu'il approuve la règle , mesure de l'obéissance. Ajoutons que de la fidélité des particulière à remplir ïeurt engagements , résulte l'harmonie de la société.
Vœu de pauvreté.
La propriété dé nos tiens est aussi sacrée' tfùe celle du
(4) Sfc Bernard* EpiaU 7*. Admonendi sunt monachi ne pfusquam exfedtt atotsubjecli. Greg. apud G rat. 2. Quxst. 7. Can. 57.
(5) Qvcftiet veto àltquid quod mandata Domini aut repugnet , aut alîq«A «■ parte iMet oontaaiMlve * facere ab aliquo jussi fuerimus, oportet obedire Deo magis quàm hominibus. Tune commode illud usurpahimus» oporteij etc. S* Bas. ta réf. breviter disputât* Quaest. 114.
(3) Is qui profiteur , spondet quidem obedientiam , non tamen omoimodam, ted determinatè secundùm regulam.— Solum id à me exîgi posse arbitrer q\Wr promisi. S. Bcrn. de Frseccpu et de Dispens. Cap. 4 et 5.