‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 48 sur 87 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

abandonner une doctrine que professaient tîé* hommes si vénérables par la sainteté de leur -rie. » Les moines étaient principalement l'objet de la haine des iconoclastes. La fureur de l'empereur Constantin Copronyme fut aussi barbare que ridicule ; les tourments épuisés et reconnus inutiles, il rechercha tous ceux qui avaient un moine pour parent; pour ami, ou pour voisin; il les envoya en exil, après les avoir déchirés de coups. Il est aussi facile qu'inutile de faire ici une longue énumération de semblables faits, qu'on trouve à chaque pas dans l'Histoire ecclésiastique. Il suffit d'observer que les religieux ont été calomniés et persécutés par tous les hérétiques, depuis les ariens jusqu'à ceux de nos jours.

Le premier soin de saint Pacôme et de saint Benoit fut de s'appliquer, eux et leurs disciples , à la conversion des peuples voisins de Tabeimes et du mont Cassin. Saint Jérôme ne suspendait ses doctes travaux, que pour préparer les catéchumènes au baptême. Saint Euthyme le conféra a une multitude de Sarrasins qu'il avait instruits. Ce sont les moines choisis par saint Chrysostôme, qui rendirent ht ¥hénicie chrétienne ; la Perse le devint , comme nous Tarons dit, par les prédications de saint Moïse; et l'Autriche , par celles de saint Séverin. On peut voir plus en détail , dans le Phiiotée de Théodoret(l), comhien, dès leur naissance, les religieux ont servi à la propagation de la foi.

Saint Grégoire, à qui les révolutions de son siècle annonçaient une partie de ces maux , indiqua par quels moyens on pouvait les réparer ou les compenser, il avait employé les ressources que lui offrait le doitre , et l'événement répondait à ses espérances. L'Angleterre était soumise à l'Evangile; le moine saint Augustin et ses compagnons avaient «afin dompté la férocité de ces peuples. En Usant l'histoire des commencements de cette Eglise , on croit être témoin des vertus et des prodiges qui illustrèrent les premiers jours du christianisme; les religieux composaient tout le clergé de ces lies ; la profession monastique

(1) Chap. 52 et 54,

412 DE l'état religieux,

s'y était propagée avec la foi, et de ces monastères sortirent; les apôtres de P Allemagne et du Nord. Saint Vilfrid , saint Yillebrod , d'autres saints moines instruisirent successivement les Frisons ; saint Boniface cimenta et féconda par son sang son apostolat en Allemagne; saint Anscaire et ses coopérateurs portèrent la lumière évangéljque en Suède, en Danemarck et en Norwège. Les autres terres septentrionales , la Prusse, la Livonie, la Sibérie, etc., la reçurent des religieux de Citeaux, des frères prêcheurs, et d'autres religieux de différents Ordres. Les dominicains et les frères mineurs pénétrèrent en Tartane et jusques en Chine. Jean de Montcorvin , archevêque de Gambalu (1) , nous a donné une relation où sont détaillés les progrès qu'avait faits la foi dans le Levant.

Afin d'affermir ces nouvelles Eglises, on y fonda des monastères. C'étaient des séminaires , où l'on élevait les enfants du pays , pour les instruire de la religion et des lettres , les former à la vertu , et les rendre capables des fonctions ecclésiastiques («). Ainsi, en peu du temps ces Eglises furent en état de se soutenir elles-mêmes, sans avoir besoin de secours étrangers^ Par les soins de ces pasteurs la. religion et les mœurs, affaiblies en France et en Italie aux septième et huitième siècle, se fortifient en Angleterre» d'où ils les ramènent en France , et les transportent ensuite, ce semble , en Allemagne et dans le Nord.

Longtemps auparavant, et dès l'origine même de la profession religieuse, il était ordinaire , dit le guide que nous suivons constamment, de [prendre les plus saints d'entre les moines pour en faire des prêtres et des clercs (3). C'était un fonds où les évéques étaient assurés de trouver d'excel-r lents sujets; et les abbés préféraient volontiers l'utilité générale de l'Eglise à l'avantage de leur communauté. Saint Pacôme cède deux de ses disciples pour être élevés à l'épis-» copat ; saint Athanase cite au moine Draconce l'exemple

(1) Aujourd'hui Pékin.

(2) Fleury, dise. 5, N° 24,

(5) Discours 3 , N° 5.

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