‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 49 sur 87 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

de sept solitaires qui l'avaient accepté. Cet usagé, confirmé par la sanction que lui donna Honorius (1), fut d'abord très fréquent, et devint sous les autres empereurs , protecteurs des canons , une loi générale et exclusive. Le clergé renonça lui-même à cette dignité , parce que, pour y être promu, il fallait observer la continence, qu'il ne voulut point garder; et à laquelle s'engageaient les religieux. Telle est encore la pratique journalière de l'Orient ; par les décrétâtes des papes Syrice, Innocent, Boniface, etc., nous voyons qu'elle était également approuvée par l'Eglise latine. Les successeurs des disciples qu'avait formés saint Augustin y furent la force de l'Eglise d'Afrique ; saint Fulgence en est témoin. D'autres saints religieux rendirent les mêmes services à l'Eglise d'Espagne; saint Ildefonse et saint Fructueux en fournissent des preuves irréprochables. L'ile de Lérins a été longtemps en possession de donner aux églises, des Gaules leurs plus grands évéijues et leurs prêtres les plus vénérables (1). Nous prenons au hasard nos exemples de ces temps reculés, parce qu'alors le ministère ecclésiastique n'était confié qu'à ceux qui réunissaient le double mérite de la science et de la vertit

On a pu remarquer que les religieux mendiants furent principalement institués pour en exercer les fonctions; ils travaillèrent avec succès à la conversion des pécheurs et à l'instruction des fidèles. C'est cet objet que se sont aussi proposés les nouveaux instituts et les dernières réformes. .

La plupart de ces évoques , tirés du {àoitrë , se sont distingués dans les conciles. On y appela par la suite les abbés, et même de simples religieux; on en voit de fréquents exemples , dit Mabillon (3), en France et en Espagne, pendant les sixième et septième siècles. Le troisième concile de Constantinople , contre les monothélites, vouhit avoir le suf-

(4) El monachorura numéro rectîùs ordinabunt.

(2) Haec est quae eximios nutrit monachos , et prastantissfmos per ont-* nés provincias erogat sacerdolcs. S. Césaire d'Arles , Homél. 29»

(5) Eludes Monastiques.

414 DE l'état religieux.

frage do plusieurs d'entre eux. Pierre, abbé de Sabas dé Rome, fut l'un des légats qui présidèrent, au nom du pape> le second de Nicée, contre les iconoclastes. Souvent ils y assistaient et signaient comme les représentants de leurs évèques. Enfin , depuis le premier concile de Nicée jusqu'à celui de Trente, toutes ces vénérables assemblées ont trouvé en eux et des Pères zélés et de savants docteurs.

H serait trop long d'entrer dans de plus grands détails sur tout le bien qu'a retiré l'Eglise des divers Ordres mo^ nastiques, et peut-être impossible de rapporter ici le nom. bre des saints , des papes , des cardinaux , des archevêques + des évèques , et des auteurs qu'ils lui ont fournis (1). Nous nous bornons à justifier tout ce que nous venons de dire , par le témoignage de Fleury, d'autant plus digne de foi > qu'il n'atténue jamais, ni les inconvénients des instituts, ni le relâchement des religieux. «Je regarde, dit-il, ces saints solitaires comme les modèles de la perfection chrétienne. C'étaient les vrais philosophes, comme l'antiquité les nomme souvent.... La plupart des écoles étaient dans les monastères , et les cathédrales mêmes étaient servies par des moines. C'étaient des asyles pour la doctrine et la piété : on y suivait l'ancienne tradition , soit pour la célébration des offices , soit pour la pratique des vertus chrétiennes.... On y gardait des livres de plusieurs siècles, et on en écrivait de nouveaux exemplaires : c'était une des occupations des moines ; et il ne nous resterait guère de livres, sans les bibliothèques des monastères.... Malgré les incursions redoublées des barbares , le renversement des empires , l'agitation de toute la terre , l'Eglise , fondée

(t) L'abbé Trilhéme dit qu'au temps de Jean XXII, on comptait dans le catalogue des Saints quinze mille cinq cents cinquante-neuf religieux de l'ordre de S. Benoit ; dix-huit papes , cent quatre-vingt-quatre cardi* naux , quinze cents soixante-quatre archevêques , trois mille cinq cents douze évèques. Pref. de la régie de S. Benoit. Les autres Ordres eurent aussi des personnages recommandables par leur dignité et par leurs vertus.

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solidement sur la pierre , a subsisté toujours ferme et toujours visihle : elle a toujours eu des docteurs , des vierges, des pauvres volontaires , et des saints d'une vertu éclatante Je sais que, dans tous les temps, il y a eu de

mauvais moines, comme de mauvais chrétiens; c'est le défaut de l'humanité et non de la profession. Vous , qui avez vu dans cette histoire leur conduite et leur doctrine, juge* par vous-même de l'opinion que vous devez en avoir..... Enfin , les siècles moyens ont eu leurs Apôtres , qui ont fondé de nouvelles Eglises -chez les infidèles, aux dépens de leur sang; et ces apôtres ont été des moines (t). ■

(t) DtsaxmdeFleurT.Setl,

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