CHAPITRE QUATRIÈME
On peut dire, en général, que presque toutes les paroisses où les religieux sont curés doivent leur origine aux monastères; mais 9 indépendamment de* ces petites peuplades , combien de bourgs , de villes , même épiscopales, n'ont d'autres fondateurs que ceux de l'abbaye qu'elles environs nent! M. Fleury, parlant des missions faites en Allemagne par les religieux) s'exprime ainsi : « Ils furent utiles à l'Air lemagne , même pour le temporel ,. par le travail de leurs mains* Us commencèrent à défricher les vastes forêts qui couvraient tout le pays ; par leur industrie et leur sage économie, les terres ont été cultivées y les serfs qui les habitaient , se sont multipliés ; les monastères ont produit de grosses villes; et leurs dépendances sqnt devenues des provinces considérables. Qu'était autrefois la nouvelle Corbie, qu'était Brème, aujourd'hui deux villes de Saxe ? Qu'étaient Fritziar, Herfeld, villes de la Thuringe ? Qu'étaient avant les moines, Salzbourg, Frizéngue, Echstet, villes épiscopales de la Bavière? Qu'étaient les villes de Saint-Gai , de Kempten , dans la Suisse ! Qu'étaient enfin tant d'autres villes d'Allemagne, avant l'établissement des moines dans cet empire (1) ? Qu'étaient ed France, aurait-il pu dire encore, Luxeuil, Saint-Gaude , Âbbeville, et une foule d'autres lieux aussi considérables ?