‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 6 sur 87 · IV · texte numérisé non relu

IV

:Avéûx faits far le» ministre* protestants en faveur de la tradition.

Les eenturiateurs de Magdebourg t dès le second siècle on a tenu qu'il fallait observer et éroîre les traditions : « L'erreur, disent-ils, qu'il (allait « observer les traditions a'accrut peu à peu. > Mais si des le second siècle on a cru qu'il fallait observer les traditions , n'est-il pas naturel de conclure que ce sont le . Apôtres eux-mêmes qui ont imposé cette obligation au fidèles? Comment en effet ^se persuader que P fOat. ri.

qtif dans feseflèi# rièele était si zëléfefffltor cotoserver le dépôt dé ta tâv « ({tri éOaiïfc afors gouverné* £ar de» pasteurs1 et deé jfrélate;» dont les uns avaient été instruits fàr tesApMrefr mèèièr,' et lefaùtrespatf leurs successeurs imntécRats^ eèsscni igntiréfe sentiments leurs martre^ M s^fen fusbeot&arttt lot «af {rôtit «sir essentiel? Cette sàpp&itkm ertqïfeatopabte?

Brentfà^ et Ktë*n*itJ&tf v luthériens y mais aussi en* tfeiafe de£ trWilions ^iftf l^ fflîiïfetfés ealvinisfosy b'ont pu ^m^dkt dtotarirv tftra dam ses Prolégomènes j tfautae <tafe soh Bxanien du ooncile de Trente j qu?M faut admettre la traditio» *ir te feit-Aés Kvreé canoniques, ils ajoutent^ it est vririj qu'il ne Iwt admettre que sur cet article ; rtiais à fcpaoi irâa celte distinction , tm plutôt cette restrtetfoay sinon à faire sentir te ridicule de leur système? Car enfin, oti cette traditioi sur la câmnnicité des Livres sacrés vient des Apôtres et est parole de Dieu, ou elle n'est pas plrôk de Dieu et ne vient pas des Apôtres: si elle ne vient pas des Apôtres et n est pas parole de Dieu* far eamnieité et Tauthentiçité dçs Livres saints ne sera pas un article de fôi, puisque tout article de foi doit être appuyé sur la parole de Dieu , et nous mii*mmfâmètêtt Âjùttâ ï Si en contraire elle ♦teM mi A$irh> et . test pirblé de Dîeu , il est doiVc

&ift&ctfe VëtiohrMrè'fa hèomdiihè^iïo^P^ f*h% tfàfsfté WV^^M Affres, eî p mi parole Ôe Dfe»/»\HS*»t Wmtiïêmètil ce Çfte facÀis ëntériâoAs pp <ffltf^;artà&^ iSfs^s ïofa, si la

trWititm stfr TitaàMfiNiké e< la cfàtotoFéité dés saintes

la îfcXDmotf. 67

Ecritures a bien pu te perpétuer dé siècle* dto ëièole , et de génération en génération! d*ns<Tfig)isèj pdurquoinc croirons-nous ptta 91» ks «Jtrta tnrfHioœr état) pu s> conserver pareilleaient ef sty perpétuel*? Tuffetfrtt plœ incroyable que Pautre ?

Le fameut Dumoulin tfest pas- fltabsf frappé que Breotius et Kenroitkis de la Solidité de' m» raisons ? à ne sait à quoi s'en tenir ; il voudrait admette' kr ti»» ditions , il nW cependant le dit» absolument* IL punit s'offenser de ee qu'eft Taeeqsd âe les rttjeterr etanfcsitM après il s'efforce de lfl* combattre t « U est faux* dit**

< 91e nous «jetions leetraditionsj puisque TEcrifore u xnèmeestuMtn^itipir^etqu^itjr a plusieurs choses « qui concernent la police ectléskstiqtie et Tondre et* « teneur , qpi ne sont peint spécifiés en l'Ecriture. « N<ma rejetons seulement lç* trâdMops , lesquelles « étant reçues, il s'etisuifrti* 910 l'Ecriture sainte ne * contient pas toute chose néééssaire au sahit(4). » À s'en tenir aux premières paroles de ce ministre, qui ne le croirait ouvertement et ôcttemetot décidé pour les tradition^ ? Il s'offense de ee qu'on Taeouse de les rqeter : « Il est faux , dît-il , 40e nous rejetions les traditions,

< puisque TEeriture même est une traditio* } » ce n'est point assez » outre KEoritute t il y a encore plusieurs « . chosesquweaccrnent la police ecclésiastique et Tordre « extérieur, qui ne sont point spécifiées en l'Ecriture ; » il les reçoit cependant* et il ne peut souffrir qu'on lui impute de les «jeter. Je m'en rapporte à vous, Mes-

(I) BoucU* de la foi , j** lt.

68 NÉCESSITÉ d'admettre

sieurs , ft'est»-ee pas là se déclarer formellement et ouvertement en faveur de la tradition?

Il est vrai qu'immédiatement après H ajoute cette restriction : « Nous rejetons les traditions, lesquelles étant <( reçues , il s'ensuivrait que l'Ecriture ne contient pas « toute la doctrine nécessaire au salut. » Je vous avoue que je né' conçois pas, et il est en effet bien difficile de concevoir le sens de cette restriction. Si cependant Dumoulin entendait seulement que ces traditions ne sont pas du nombre des articles qu'il fçut croire d'une foi explicite pour être sauvé, mais qu'il suffit de croire d'une foi implicite ,, ainsi que je Fai exposé ci-devant , alors je comprendrais,; sa pensée et nous pourrions aisément nous concilier. ; mais s'il entend que ces traditions n'étant pas spécifiées dans l'Ecriture , on peut à son gré les admettre ou les rejeter , je le répète , cela me parait inconcevable. Quoi ! des. leçons qu'on saU avoir été données par des hommes inspirés de Dieu, tek qu'étaient les Apôtres, pourront sans préjudice du salut être contestées et regardée* comme fausses? Dqs règlements qu'on sait avoir été faits ; par l'inspiration de Dieu, pourront être méprisés, et transgressés, impunément ? N'est-ce pas là blaspbéwer contre le Saint-Esprit , mépriser et même r^ ter du moins une partie des leçons qui ont été dictées pqr. f$u* que Jésus-Christ a envoyés pour enseigner les nation et gouverner son Eglise ?

JE<couton$ encore Daillé , un des plus zélés défenseurs de TOtre prétendue réforme : «Les différends', dit4l, « entre nous et vous sur les articles de la foi j est propre- « ment une question de fait, eà nous cherchons simple*

la TftADrnow. 69

t ment s'il est vrai ou non que les Apôtres aient « reçu du Seigneur, et baillé aux églises qu'ils ont fonc dées, la transsubstantiation par exemple... et autres « créances ou cérémonies que vous soutenez et que nous « rejetons : car s'il confite mie fois que le Seigneur Jésus « les ait baillées à ses Apôtres, et que ses Apôtres les « aient communiquées à leurs premiers disciples , nous c serons hors de combat, et confesserons que nous avons « eu tort de les rejeter. ... Mais de l'autre côté, si « vous ne pouvez montrer qu'elles aient été révélées et « ordonnées par Jésus-Christ, et annoncées et prèchées « par les Apôtres , s'il se trouve même que nous puis- « sions faire voir qu'elles n'ont été en effet baillées , ni « par le Seigneur, ni par les premiers- ministres, il me « semble que dans l'un et l'autre de ces deux cas vous « ne pouvez nier que votre chef et son concile n'aient « eu tous les torts du monde de nous avoir anathéma-* « tisés , parce que nous faisons difficulté de recevoir « pour vrais articles de la religion chrétienne àes choses « qui ne le sont pas en effet. » Quelques lignes après il ajoute : « Puisqu'au fond il est question d'un fait , à « savoir si les Apôtres ont enseigné les doctrines que « nous vous contestons, ou non, après ces saints hommes <c mêmes qui parlent dans les Ecritures , il n'y a point c de témoins plus capables de nous dire ce qui en est % <c que ceux qui ont vécu au temps le plus proche des <r Apôtres , qui sont sans doute les écrivains des trois <r premiers siècles. Nous alléguons donc les Pères « comme témoins de la tradition f et de l'usage de « l'Eglise, chacun de celle du siècle où il a vécu ; et il

70 NÉCESSITÉ statfPpTBE

c est hors de doute $ue la tradition des apôtres était « miens connue à 4TEgHse d^ leur* premiers et plus « anciens disciples, qy'à cfiy* qui sont vernis longtemps € depuis <1 ). » Il jiV»st pas besoin de beaucoup de réflexion pour apercevokvquç fiader de la sortç, c^cst admettra la tradition, et. le* .^oignages des Pfres des

trois preworçi siècles.

ftssnage va enporepius loin» il avoue ^ue « les anciens « se sont «sertis , de iraditions , et qu'Us avaient raison « de le faire ; $t que c'est un Argument qu'on peut « souvent emplpyçr oontr^ les enueiqis 4e ta vérité; que m M suooession 4>me 4oGteÛtf <F*i s'etf conservée dans n t0U?!l#0 si^^ qni^ntpré(^é vformeunpréjqgéen « sa faveur (2). j> De ceta,veu il est aisé de conclure, que « les anciens ayant eu raison de se servir de la trace dhion, et la tradition étant un ( argument quV peut <( souvent employer contre les ennemis de la *émté, » H ne faut pas la mépriser «t 1? ,rçjetea:. Pourquoi donc vos ministres h rejettent-iU ^cjtenj. d«;in^W& ?

Jfcsn^ge dit que >la supoe^ion 4'unp doctrine qui a s'est conseijée danM<¥*s les Racles qui ont précédé , « foni^am préjugé; >> 41 aurait dd dire forme une démonstration en sa faveur,; car une doctrine qui s'est conservée dans tous JeSfsfèeles qui tont précédé^ est une doctrine qui a été enseignée dè3 Jfc teçop^ des Apôtres : si elle estfplus récente, .ftHejip^'estp^s conservée dans le siècle de* J^tr^^etjwr cpjiséqijent elle ne s'est

. (1) Daillé,, Nouveauté des Traditions Romaines , part. 1. cb. 11» (2) Basnage, Histoire des Eglises réformées., T. 11. part. 4* ch. H.

LA TOàDlTIÔF. ; Î1

pis conservée datas1 fous les stèotos qut Ont péoêàék Or nwkrtrer qu'une doctrine- est aussi anëiennfcqiteteteïftpê ded Apôtres, et quelle pMhd sa source dès ce teteps^ est-ce former un simple préjugé , ou fàvtêb rfësÉ-ee pas donner une démonstration elalre et évidente de la catholicité et de la sainteté de cette doctrine? Si du temps des Apôtres , on eût enseigné une doctrine contraire à la foi ou aux bonnes mœurs , n'est-il pas évident que les Apôtres l'auraient vivement combattue , et que l'Eglise qui était fondée par eux et si attachée à leurs divines leçons , inè l'aurait pas adoptée ? Il faut doue convenir que la succession tfutte doctrine qrri s'est conservée dans tous les siècles qui ont précédé y wme non un simple préjugé , mats une vraie démonstration en sa faretir : convenez de cette proposition , et nous voilà d'accord sur roWigation de tenir les trafitte divines et abo&tffiqûés.

et la nécessité de ces conséquences ! <?eèt sans douté pour cette raison .que dàtisrtout le reste du chapitre il tfétudfei toriuàder quèfBèïïse a varié ^tir les traditions ; et que ce qu^n donné aiqourdlilii p()tlr traditioû , ne Pétait pas du temps des anciens. CéWest pas icîie lieu tféntrer dans ce détail ; il ne ^agît pas de savoir si tel ou tel article controversé èbtré Voâs éft: ûôjis,' efctou n'est point dfe tradition divine'et àp&toïquë:'v ' ' :

Présentement 11 ne s'agit (jue de la question générale, savoir s'il faut admettre les traditions divines et apostoliques, je vous l'ai prouvé pai1 PEôriture sainte, par les monuments dé là plus respectable antiquité , par de solides raisons théologiquôs , et par les aveux même de

vos ministres. En voilà, ce me semble, plus qu'il n'en fout pour vous convaincre et vous engager à reconnaître la nécessité d'admettre ces traditions. Il sera bon cependant de résoudre encore certaines difficultés que vos ministres ont coutume de proposer contre ce dogflM} de foi*

Réponses aux objections.

. Pourquoi recourir aux traditions, et ne pas s'ea tenir à la seule Ecriture ? PTestr-il pas convenable et naturel de croire que l'Esprit saint, pour réunir les esprits, et pour fixer la foi de tous les fidèles 9 aura réuni et ras— semblé dans les Livres sacrés toutes les vérités et toutes les maximes qui intéressent la foi et les mœurs ? Recourir aux traditions , n'çst-ce pas ouvrir la porte à toutes sortes d'opinions humaines et étrangères ?

Pour réppndre à cette objection, je commence à faire à vos ministres deux ou trpis questions qui font évanouir la difficulté. Pourquoi Dieu a-t-jl laissé le monde entier, sans Ecriture sainte depuis Adam jusqu'à Moïse 3 N'était-il pas convenable que dès le commencement du, monde, les vérités nécessaires au salut fussent exposées et rassemblées dans quelque livre: sacré et divin pour réunir les esprits, et fixer la foi des fidèles? Pieu cependant ne l'a point jugé à propos , et il a voulu que pendant ce long espace de temps, la foi se perpétuât par la seule voie de la tradition. Etait-ce là ouvrir la porto aux opinions humaines et étrangères?

Pourquoi, sous la loi de Moïse, Dieu n'a t-il point inspiré aux écrivains sacrés d'insérer , dans les Livres saints de P Ancien-Testament, le remède établi contre le péché originel pour les femmes, et pour les garçons qui mouraient avant le huitième jour ? Nétaitril pas convenable d'en conserver le souvenir par la même voie qui conservait la mémoire des autres préceptes de la loi?

Pourquoi Jésus-Christ * notre divin Législateur, s'est-il contenté de prêcher de vive voix les vérités de l'Evangile, sans les confier à l'Ecriture ? Pourquoi du moins les Apôtres ne les ont-ils pas , de son vivant , rédigées toutes par écrit? Pourquoi n'ont-ils donné les livres du Nouveau-Testament , qu'après avoir pendant plusieurs années prêché de vive voix l'Evangile ? N'étaitil pas naturel qu'ils commençassent leurs travaux apostoliques par la communication de ces ouvrages divins? Pourquoi du moins n'ont-ils pas donné dans quelqu'un de ces écrits inspirés , Iç symbole , appelé symbole des Apôtres? N'était-il pas convenable qu'ils donnassent eux-mêmes par écrit ce précieux monument, qui, comme vous en convenez dans votre catéchisme , est un sommaire de la vraie créance que l'on a toujours tenue dans la chrétienté?

Que répondront vos ministres à ces différentes questions? Croyez-moi, Messieurs, ce n'est point à des esprits aussi bornés que les nôtres, de vouloir sonder les desseins de pieu ; c'est à nous de croire et d'adorer ce qu'il a dit, ce qu'il a fait : gardez-vous bien, dit le Sage , DE VOULOIR PENETRER ce qui est au-dessus

de vous (1). Contentons-nous de nous écrier avec l'Âpôtre : O profondeur ms richesses i» 14

SAGESSE ET DEU 6CUHGH DB DlEud QUE iBKS HJGEr MENTS SONT IMPENETRABLES, ET SES (V01E8 JWCOM^^Kr HENSttl^Esi QIH A CONNV LES DESSEIHB DE Dl&tfj QV QWEST EtflttÉ J>4N8 81^' ÇO86BLL0 (2)i VtfiUl k$ MB*

timents et te langage >que doit >teair *i irai Adèle*

Voulez-vous cependant rechercher les raisons de conre&aoçe 4 ui <*& pu 4#eppift$r Je» Apures insprés de Dieu, à4pi»§B, !W>»#Êr #rit 7 mai* j$jd#pf*i$ #e vive voî^j .cei&VMf jrérjtés .«^ç§rtj«ne$ maximes ^qpi i^re^la^t^ J°,,qjMi

guidés par r&spr#,^in^ ^qptjug^à jjrppos fle.confier ^e vive ,voij £ rEgIjise certains sçcije te dont la connais* sance ne ;$#$ tyf^m<p$e qp* jpar son fiMa^afjn de çQuçjçspir^ VPJ^s pMhçmtiVW* Çjk et jrçi plus mviçlaMç attosbR^iW,1 ^ .^dpctànç. Çfitjte p ssej; tiqn ne §erapeut-ètr?^s de votre jÇOûf ^ jwçeque dès 1^ fance vous ave* été noun^s ^ns jç pe sais quel esprijt d'indépendance , et prévenus de je ne sais quels préjugés contre PE^liçe et son autorité ; majs quand vous ferez attention que cette Eglise est Pépouse et la bien-aimée de Jésus-Christ, quand vous yous rappellerez les anathèmes prononcés contre ceux qui refusent de l'écouter, quand vous penserez que Jésus-Christ a promis ,son assistance au corps des pasteurs, et qu^Ha^écIaré que ^uicqitquje

fi) Àltioratene qntesierif. Eccles. 3. 22.

<2) O altitodo âitfttaram sapientûe et adénite Deî! Quâm incomprekjofiWia.Wt jud^ qu;s cuira cogno-

▼iMensum Dopaoi,,aut,çpÎ8 çousili^ios^ Ufrl Rom. 11. 53,

SSaSSpssî

■« Une aufre on. „„ 7 "e «ponse. '

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76 nécessité d'admettre

« nos mystères ne soient certains et respectables , mais « parce que les âmes non encore initiées ne paraissaient c pas en état de soutenir, et, suivant l'expression de « Jésus-Christ, de porter l'explication et la vue de ces c augustes mystères (A ) : » telle était l'attention de la primitive Eglise. Pourquoi nie dirons-nous pas que lés' mêmes motifs ont engagé les Apôtres à ne pas mettre indifféremment certaines vérités entre les mains de tous ,' en les insérant dans les Livres sacrés ? ou plutôt n'est-il pas naturel de penser que si l'on a été si réservé pvr rapport à l'explication de certaines vérités dans les premiers siècles de l'Eglise , c'est que les Apôtres en avaient eux-mêmes donné l'exemple , en ne voulant pas les confier au papier; mais en les expliquant seulement de vive voix aux ministres chargés du ministère de la parole y et aux fidèles qui étaient en état de les recevoir avec édification , et d'en profiter ?

N'est-il point à craindre, répliquerez-vous peut-être, qu'en autorisant ainsi les traditions , l'on ouvre la porte à toute sorte d'opinions particulières et étrangères à la foi ? Qui empêchera, par exemple, les hérétiques de donner leurs erreurs pour de vraies traditions ? N'a-t-on pa$ vu les Millénaires donner ce titre à leurs vaines opinions? Et en pareil cas, comment les réfuter et les confondre?

La difficulté n'est pas si grande que vos ministres

(1) Mjsteri*ido6 jatraisdaosis celebramus , eteot qui nondam iniliali sunt,adefte prohibemus; non quia infinnittlem mjsteriorum aliquam de-, prehendimns , sed qai* ad partiqipotioiiem eorum ilii adhuc 9 quoi arceraui, infirmitont. S. Chryaostom. Î4. îo Matth. explanans haec vcrba : Nolif* «anctum dare caoibus.

LA TRADItlON. 77

feulent le persuader; ear cet inconvénient dont ils exagèrent les conséquences, ne touche pas moins sur les saintes Ecritures, que sur les traditions divines -.et apostoliques» Joyeux que les hérétiques, et entre autres les Millénaires , aient prétendu prouver leurs faux dogmes par la tradition , quoique; si vous voulez rendre témoignage à la vérité , vous conviendrez qu'ils s'appuyaient moins sur là tradition que sur l'Ecriture*; mais supposons que ces hérétiques aient voulu faire passer pour vraies traditions leurs opinions nouvelles , il faut que de votre côté vous conveniez que souvent Ton a vu des hérétiques vanter pour saints et pour divins des livres apocryphes. NVt-on pas publié un évangile selon saint Thomas , un autre selon saint Barthélemi ? N Vt-on pas publié sous les noms de certains Apôtres plusieurs épltres supposées* ainsi que l'ont déclaré le pape Gélase et saint Jérôme? Vos ministres en conviennent eux-mêmes : de là s'ensuit* il, qu'admettre des Livres divins et sacrés, ce soit donner lieu de faire passer pour divins et sacrés des ouvrages apocryphes et pleins de fausseté ? Pourquoi ne pas penser et raisonner de même au sujet dès tiyditions divines et apostoliques ? Non , Messieurs, cet inconvénient n'est point à craindre : comme il ne peut arriver que l'on fasse passer et recevoir dans l'Eglise pour canoniques et divins des livres qui ne le sont pas en effet , de même aussi il est impossible qu'on y fasse pasier et recevoir pour traditions divines et apostoliques , des* opinions fausses et étrangères à la foi; et pourquoi? Parce qpe rEglise, à qui Dieu a con6é le sacré dépôt des traditions, ainsi que celui des Ecritures, est toujours assistée de

78 nécessité d'admettre

l'Esprit âai&t , et qu'elle a des moyens sûrs pour etoh* Battre et discerner les Vraies tradit^feomibe pofnr connaître et «fiseernef hfc livres sacré* et dMnsv Ne perdez point de tfoe, Mesrieèrfe* dette comparaison de la parole de Dteu é<*iteraveel»fai^ dé Dieu noà ëèrittf* que nous appelons tradition divine et apostolique; et Ai tous-même* ? bus reniirqiierei qu'elle détruit toi» les tains rayonnements^ rartgraés par fos ministres pewr combattu* la» nécessité de roeoiteaftrc et dfadihettre la trttôfciwi* »

J%t dtë que MEglisé a des moyens sftr» pour eoniSttf* etditewfttt teevfaieittBdifionsî or, des moyens quels Édfafr»ifc?£feMl ftfe* question qui se présente ■ataelfe* fttéttt Ô fospfit i éfr sfef laquelle il faut encore toussa*» tisfaif&

Non* avons, Messieurs , lès actes de* conciles * les ouvrages des Pères de L'Eglise et des docteurs, qui pat leur sèle poup te Conservation du sacré dépôt de la foi, et pou# l'estirpàtion des hérésies? se sont fait «il devoir dans tous les Urhpê + d'eJpOser et de transmettre à la postérité kfpt qtfïb avaient reçue de leurs pères» Ce sont là àutaftidetmnumsBtspfécieux et respectables? qoi attestent sfiretaft ee que Pon a pensé et cru dans toi» les temps*

Nous avdns les; auteur* de Pbistofre eecl&iastique, et le* enritrtoei liturgies, qui cobstatéùt certains dogmes f eertainp usages * certaines coutume* r «et certaines pra— tiqpe» «sf iéés dtpœ PEglisje > paf rapport la discipline, à l'efettnittràtibh; 4e» saereiàdrts^à rëtftblissemeùt de; quelques fêtes* à la célébration de te sainte, messe > à la prière pour les morts1, etc.

LA- TBADITIÔN. 79

Nous avons eertwtà édifias aatkjpifs qui subsistent «More aqowd'hu», où dofit il est fait tacHtkm daas Fbistoire j comme y par exemple^ les-* iedttes basiliques 4 1& temples anmèrife, les ëtttefe$|e*ffH>n<vle* jtantgesj et tant d'autres fcronuméritq fart iï est- pàrfé dan» les narrattotis priinîtffesv :

Noufif avèfi* ptafciôtiW ts&ltfgtié» 4ut à*** p^seflteflt te fttaombtârôtt dfls pirffl0tyal& hërériéS' suscitées à dlflérenftis éftoqtôfc î ian* te *eià dttcftM^ftfettie j «0*4 4kénâ lefc letttès d te*«é8r*tt dé» jtëjfty èbiiserrtfc Mfee soin datà Rfr'aMHWirA 1» t^ôn^hWMl de t«H6igtfftgéfr préëfëtiï *Wrt PE^1M> fl^sWtéë éerfe^it^ht, se sert pou* éônâaltrè itë cjtfc Y&ttà ^nié et m de tdttt tetbps ; et c1Mfn* éë riityé* qu^ffé fékifwM KébAmWè et à discer^f les trtdittoftS llHrMeS et éflbsfoliqftè^

Vous répliquerez peut-être que ces moyens tûtiûWëût M» quels ôtit &é te* Seôtftafchfc &J «îfttltoèr Ptjrea éi de êtttaraes Eglfees, ttti ttèto#a» -'rugit? àtfttKWlte Mi e<Htalo*iem^ ri*aiS#i11* itf Ao&trëM p&s (JUêteofit été tetftWMirtéfctèjite Ap<H¥fe* « flé9 Egfisë» foftfl&g -pt»

stifit pfltfr 1S f4ip«p(f pewtôHcWrs *tix ttfttftë aptet0H<itttft frfatft «fttttyttf (ôhcfcfe *& $H& fftàf établi* l'aéthtattoiM défe trfcditkwtë , il tëtrt iàofttfe* et être Wrtôih Celles titenn<aiHte& ÂpÔtttS ï ^tjmirtÉWW Mfiftf ««M tifrfi-

^tfôAVyiJ Vjtfrf f à dâtof flÈgtteè 'WrtittaS Vsàgèi v ëétiMës $m\tyiei&Abm pdsf<W«ffeWefit an fèW^ d& Âttôtrë§ j ôri feôhttâlt Véptttjfttë dé lëcrr étàblisséitaèht^ «h sàit'ôft, tfûtàttfent, et par tprî if ftst feRt, où cM nHnfis

80 NJÊCBSSITÉ D'ADMEtTBE

on voit que pendant un temps il n'en a pais été question i en ce eas il n'y a pas de difficulté. Il est constant que ce* usages et ces pratiques établies postérieurement au temps des Apôtres , ne sont pas traditions divines et apostoK-i ques ; et l'Eglise , toujours guidée par l'Esprit saint, ne les a jamais proposées, et ne les proposera jamais commet telles. Ces sortes d'usages et pratiques sont seulement des traditions et des coutumes ecclésiastiques , respect tables par l'autorité et de ceux qui les ont établies , et dfc l'Église qui les a adoptées; mais elles ne sont pas à mettre au rang des traditions divines et apostoliques ^ ainsi que je l'ai remarquées le commencement. Je conviens encore que certains Docteurs et certains Pères ont eu des opinions particulières qui ne doivent point être regardées comme des traditions venant de Dieu et des Apôtres.

Mais il est des vérités et des maximes qui , quoique non contenues dans les saintes Ecritures , ont néanmoins été crues et observées de tout temps dans l'Eglise $ comme relatives à la foi et aux mœurs. L'Eglise, assistée de l'Esprit saint, consultant les actes des conciles et les ouvrages des Pères , voit le concert unanime des pasteurs et de toutes les branches de la catholicité sur ces articles ; elle voit que ces vérités ont été dans tous les siècles regardées comme essentielles à la religion , et que même plusieurs Pères assurent en termes formels* qu'elles remontent jusqu'aux Apôtres. Voilà, Messieurs, les vérités, les pratiques et les maximes que l'Egliscf propose comme traditions divines et apostoliques , sans doute avec raison ; car en ce cas il n'est pas possible daf

douter que les Apôtres n'en soient les auteurs. Comment en effet supposer que les conciles et les Pères des premiers siècles, si zélés pour la conservation du sacré dépôt de la foi , qu'ils ont soutenue aux dépens de leur repos , et même pour la plupart aux dépens de leur vie ; comment , dis-je , se persuader que ces héros du christianisme aient voulu se départir de la doctrine des Apôtres, qu'ils aient tous conspiré à introduire dans l'Eglise des nouveautés profanes et des opinions contraires à la saine doctrine , et cela malgré le précepte que l'Apôtre leur a fait, dans la personne de Tite, (Téviter avec soin les nouveautés profanes? DYilleurs comment supposer que ces nouveautés profanes aient été tout d'un coup adoptées universellement dans l'Eglise , sans qu'aucun évèque , qu'aucun Père ait réclamé contre l'innovation? Une pareille imagination est aussi absurde qu'injurieuse à la mémoire de ces grands hommes, qui ont été et seront toujours en vénération parmi les fidèles.

Ces principes une fois posés, voici, Messieurs, quelques moyens sûrs de connaître et de discerner les traditions qui viennent de Dieu et des Apôtres.

1 ° Quand l'Eglise universelle croit et propose , comme dogme de foi , quelque article non contenu dans l'Écriture , il faut nécessairement convenir qu'il est de tradition divine ou apostolique : et pourquoi ? Parce que l'Eglise étant, comme dit l'Apôtre, l'appui et la colonne 0B LA VERITE , et LES PORTES DE l'eNFER

ne pouvant prévaloir contre elle, elle ne peut rien croire , ni rien proposer comme dogme de foi , qui

tom, h. 6

ne le soit réellement et en effet. Or il n'est , et il ne peut être aucun dogme de foi sans révélation, divine faite aux Prophètes ou aux Apôtres ; car l'Eglise fait profession de ne point reconnaître de nouvelles révélations pour fondement de la foi; elle s'en tient uniquement à celles qu'elle a reçues des prophètes et des apôtres ( 1 ) , QUI SONT LE FONDEMENT SUR LEÇUEfc

est bati l'édifice de l'église. Quand done cette Eglise croit et propose quelque article non contenu dans l'Ecriture , comme dogme de foi 9 il faut n&es*» sairement qu'elle l'ait reçu de vive voix par le canal 4#» Apôtres ; et conséquemment c'est là un tradition diyine ou apostolique. Suivant ce principe nous regardons comme tradition divine et apostolique, la virginité 4o Marie , le nombre des livres canoniques , la prière pour les trépassés , le purgatoire , etc.

2° Quand il s'agit de quelque maxime , ou de quelque pratique observée dans l'Eglise universelle, dont Dieu seul peut être auteur , et dont néanmoins il n'est pas fait mention dans l'Ecriture , il faut encore reconnaître et admettre cette maxime et cette pratique, comme venant par le canal des Apôtres inspirés de Dieu , et conséquemment comme tradition apostolique* En voici la raison : c'est que comme l'Eglise ne peut se tromper en ce qui concerne la foi , elle ne peut pareillement 3e tromper en ce qui concerne les mœurs. Quand doue l'Eglise universelle, qui, toujours guidée par l'Esprit saint , ne peut s'arroger des droits qu'elle n'a pas , pro-

(») A4 fyhes. 2.

la TMorrto». 63

pose ot commande d'observer quelque *it, quelque maxime* ou quelque usage dont Itou pesl peut Être auteur , il fout fléee8sairflawn.t «onclpra que Die» e» est véritablement l'auteur , et comme il n'eu est point fait ■mention dans l'Ecriture, il dot qw «p soient les Apôtres, instruits par Jésus -Cbrist e* inspirés par l'Esprit saint , qui aitnt de Un WÎ* présent m rit , ou établi cet usage dans l'Eglise « et conséquarasKut e'esi encore là une tradition apostolique. Cest sur « principe que, d'après saint Augustin, l'onpe doit pas .mépriser la coutume de baptiser les enfants ; coutume « qui ne t aérait pas s observer, dit-il , ai ce n'étatt une tradition « apostolique. » C*st encore sur ee même «principe qu'est appuyé l'usage de ne -.point réitérer le baptême conféra par les hérétiques. -L'Eglise w effet ne pourrait point autoriser cette défense, ci elle «Y était eUe-meiue autorisée par Jésus<ijprist, qui peut aeul doaaer euui satoreuwnts la rartu de conférer la grâce*

3° Quand H s'agit de quelque règlement , s'il a été observé ide (tout temps dans l'Eglise sans que Ton puisse ni aligner l'époque de son origine, ni connaîtra le nom de ses premiers auteurs, ondeit le regarder ooniwe règlement jfei t par le» Apôtres , et comaae tradition apostolique ; la raison enûstfcien5ensible;*arsi,le»Afôt«6 n'en avaient pas dts) les auteurs , on aurait été du moins quelque temps sans s'y conformer , et ou ne remarqua irait pas un-MMert unanime à l'obserrer, dans tou-- | temps et dans toutes les églises. C'est saint Augastti nous donne cette règle (1) , et c'est en conséqui

(1)QnoJuni»en»teneI Kcck:L, nccconàjiù iniliiulun

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cette même règle , que les anciens Pères de 1 -Eglise , et en particulier les Irénée, les Ambroise , les Jérôme , les Chrysostôme et les Léon , disent en termes formels que le carême est d'institution apostolique.

Voilà autant . de moyens pour discerner sûrement les traditions divines et apostoliques, et vous en reconnaîtriez aisément vous-même la solidité et l'efficace , si vous cessiez une bonne fois d'écouter vos préventions et vos préjugés.

Permettez-moi de vous le dire : ce qui vous trompe , Messieurs * c'est que vous jugez trop humainement des choses : vous n'envisages pas l'Eglise comme l'ouvrage de Dieu, ou du moins vous ne croyez point que ce Dieu fort, qui, après l'avoir acquise au prix de son sang, l'a fondée et établie en dépit de toutes les puissances de l'enfer , veuille la conserver et la soutenir contre tous les efforts de ces mêmes puissances jusqu'à la fin des siècles * Vous vous récriez quand on vous vante ses oracles et ses décisions ; et loin Se vous' soumettre, comme doit faire tout fidèle, à son autorité, vous vous donnez la liberté de réviser ses jugements , et de contredire ses oracles ; je vous l'ai déjà dit, et je ne saurais me lasser de le répéter : si vous étiez bien convaincus que Jésus-Christ

EST ET SERA TOUJOURS AVEC ELLE, et que LES PORTES DE L'ENFER NE PREVAUDRONT POINT CONTRE ELLE ,

fous Changeriez bien de langage et de sentiment, et vous diriez ttveê1 nous :: C'est à l'Eglise qu'a été confié le sacré dépôt des traditions , comme «'est à elle qu'a été confié

retentom est, non nisi auctoritate Apostolicft tradltum reclisaimé creditur. S. Xug. lib. 45. de BapUutio contra Donatistas , cap: 24°.

celai des Saintes-Ecritures ; il ne lui est pas plus difficile de connaître et de discerner ces traditions divines et apostoliques, que de connaître et de discerner les livres sacrés et divins : elle est toujours assistée de l'Esprit saint dans ses oracles et ses décisions ; l'écouter, c'est

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