ÉCOUTER JÉSUS-CHRIST ; LA MEPRISER, C'EST MEPRISER
jésus - christ : en me soumettant et me conformant donc à ses enseignements et à ses décisions, je ne risque rien , et je suis sûr de ne me pas tromper.
Je sens bien l'opposition que , conséquemment à vos préjugés , vous devez avoir pour ce raisonnement : c'est reconnaître l'Eglise pour juge des controverses qui peuvent naître en fait de religion ; et il n'est peut-être point de principe contre lequel vos ministres aient plus d'intérêt et en même temps plus de soin de vous prémunir, parce qu'en effet il est encore un de ceux qui sapent votre prétendue réforme jusque dans ses fondements : mais il n'en est pas pour cela moins vrai et moins certain ; c'est ce que vous verrez clairement dans la suite de cet ouvrage,
LETTRES
DE SCHEITMACHER,
POCTEUR ALLEMAND DE LtmitEASfrf CftTHOLIQUBDri âTRAMfttJIlS ,
a tm GENTILHOMME PROTESTANT.
Squffbbz , s'il tous plaît , Monsieur , que je continue à vous entretenir des obstacle* que vous ne pouvez manquer de trouver à votre salut , tant que vous resterez séparé de nous» Nous Toici au quatrième chef, qui formera à votre bonheur éternel une difficulté insurmontable , si vous n'avez soin de prévenir ce malheur en prenant le parti de vous réunir à la véritable Eglise. On ne se confesse pas dans votre société, du moins ne fait-on pas au prêtre, comme il le faudrait, une confession détail-* lée de tous les péchés dont on se sent coupable. C'en est assez , Monsieur , pour rater à jamais chargé des fautes que vous avez comr mises pendant toute votre vie , puisque tfégli-
ger de les déclarer au prêtre , c'est négliger la seule voie de réconciliation que Dieu vous a marquée. Tel sera le sujet de cette quatrième lettre, que je vous adresse avec la même confiance qui m'a porté à vous écrire les précédentes; j'espère que vous ne vous rebuterez pas des tentatives réitérées de mon zèle : je ne saurais rester tranquille , tant que je vous verrai dans une funeste tranquillité. Le mal que ^ je crains pour vous est trop grand, et ma * crainte est trop vive , pour que je puisse me dispenser de vous montrer toute rétendue du péril. Il ne vous coûtera pas beaucoup, Mousieur, d'examiner si j'ai sujet ou non de craindre pour vous. Si vous trouvez ma crainte vaine , vous aurez une espèce de contentement à vous rassurer contre la fausse inquiétude que j'aurai prise trop légèrement pour vous , et voulu mal à propos vous communiquer; mais si vous venez à reconnaître que ma crainte est bien fondée, il ne vous sera pas difficile de prévenir le mal qui excite mes justes alarmes. Venons au fait , et permettez-moi d'abord de marquer les bornes dans lesquelles je prétends me renfermer. Je soutiens que l'usage de tous les siècles et les paroles expresses de l'E* criture démontrent la nécessité de la confession, telle qu'elle est en usage parmi nous. Cette proposition combat directement l'enseignement de votre .Kemnitius sur ce sujet. Car cet auteur, qui s'est fait beaucoup de réputation parmi vous par son ouvrage contre le concile de Trente , avance hardiment sur la fin de la
SUB LA CONFESSION 8ACRAM1HTKLLE. 89
première partie, ce que notre confession n'a ce pour elle ni les témoignages de l'antiquité , « ni ceux de rEcri tore-Sainte (1).»
Gomme son livre est une des principales sources où vos ministres puisent ce qu'ils nous opposent de plus plausible , et que l'auteur y traite cette matière avec un artifice propre à en imposer aux esprits superficiels , j'ai cru devoir m'attacher à le réfuter , et je crois qu'une réponse exacte à ses difficultés , fera disparaître toutes celles qu'on pourrait nous objecter d'ailleurs. Rien, à mon avis, ne relèvera davantage la force de nos preuves, que leur évidente supériorité sur les raisonnements captieux et séduisants de cet artificieux ministre.
Voici son plan sur la confession : il prétend qu'avant le commencement du treizième siècle, les fidèles ne connaissaient aucune obligation de confesser leurs péchés secrets en détail; que c'est Innocent III qui , au quatrième concile de Latran, établit pour la première fois la loi de la confession auriculaire (2) ; qu'avant ce temps chacun se croyait libre de confesser ses péchés à Dieu seul ou au prêtre (3) ; qu'il se trouvait , il est vrai , de temps en temps des fidèles qui découvraient en secret aux prêtres les péchés qui leur faisaient le plus de peine , mais que c'était seulement pour leur demander conseil ou recevoir quelque instruction , ou cak
(1) Perspicaé ostendi potest , Ponlificiam confessionem nec Scriptur» nec antiquitatis vera et consentanea habere testimonia. N. 50. odiu Francof. 1. 34.
mer les inquiétudes d'une conscience agitée, sans se croire obligés par an précepte divin à la déclaration qu'ils en faisaient (1). Il ajoute que dans les premiers siècles de l'Église on avait pour pratique d'obliger les pécheurs publics qui avaient déshonoré la qualité de chrétien par des fautes scandaleuses, à les confesser pur bliquement en présence des prêtres et de l'a**semblée des fidèles, pour en faire une pénitence publique et réparer le scandale qu'ils avaient donné, sans quoi ils restaient exclus pour toujours de la participation aux sacrements (2) ; que quelques fidèles , poussés par le mouvement d'une dévotion particulière , se portaient aussi & s'accuser eux-mêmes publiquement de leurs fautes , quoique secrètes , et se Soumettaient ainsi volontairement à la pénitence publique (3) ; que d'autres , après s'être contentés de déclarer leurs péchés secrets à un prêtre particulier, ne laissaient pas par ordre du prêtre de se mettre au rang des pénitents publics , pour faire connaître en général par cette démarche qu'ils étaient tombés en quelque faute griève , sans néanmoins en marquer l'espèce (4) ; qu'ensuite quelques incidents étant survenus , la confession et la pénitence publia que avaient été changées en confession et pénitence secrète , et qu'ainsi* d'une pratique libre et volontaire , suggérée par* une dévotion particulière, on en avait fait enfin une obligation géné-
(I) Pag. 351. N. 50. — (2) 554. N. 10. — (3) 546, N. 50. — (4) P. 347. N. 80.
StlH LA COIÏFESSIOH SACBiMESTELLS. 91
raie et indispensable à tons les chrétiens , avec on surcroît de charges qui en rendent le joug insupportable (1).
Telle est l'idée que Kemnibos s'est formée de la confession , et telle est ridée qu'on s'en forme encore aujourd'hui généralement chez vous , d'après les impressions qu'en a données ce ministre.
Or, Monsieur , pour vous faire voir bien clairement combien cette idée est fausse dans tontes ses parties, je dis en premier heu, que rien n'est moins sontenable que de vouloir rendre le pape Innocent III auteur dn précepte de la confession. Je soutiens en second lieu, que les passages des Pères que nous citons pour la confession , prouvent clairement qu'ils ont toujours pensé ce que nous pensons aujourd'hui ; savoir , que ce n'est pas assez de confesser ses péchés à Dieu seul , qu'il faut aussi les confesser an prêtre ; que ce n'est pas assez de les confesser en général , qu'il faut aussi les déclarer en détail et en marquer l'espèce; que ce n'est pas assez d'en confesser une partie , selon les besoins où l'on se- trouve de demander conseil, ou d'apaiser les remords d'une conscience inquiète, mais qu'il faut se confesser de tontes les fautes graves dont on se reconnaît coupable, sans excepter aucune de celles qui se présentent à la mémoire après une sérieuse recherche. Je dis en troisième lieu , que les Pères, qui ont reconnu dans les pécheurs
une obligation de confesser en détail, au prêtre, leurs péchés , même les plus secrets , ont prétendu voir dans cette obligation un précepte de droit divin, et j'ajoute qu'ils ont eu grande rai* son de le prétendre ainsi.
Vous voyez , Monsieur , que voilà un compte bien différent de celui de Kemnitius. On xxe me reprochera pas d'avoir mal pris sa pensée , ou de ne Tavoir pas combattue. Si donc je réussis dans mes preuves auprès de vous, vous lie pourrez plus regarder tout le système de cet auteur que comme le pur ouvrage d'une imagination hardie à supposer des faits; et vous trouverez que Kemnitius a été d'autant plus hardi â nous débiter ses fictions, qu'il s'est cru plus assuré de la disposition favorable de son lecteur : il sentait bien, on le voit , qu'il parlait à la décharge de ceux qui liraient son livre , et qu'il flattait la répugnance naturelle de l'homme à déclarer ses misères.
Mais , malgré cet avantage , unique supériorité que le ministre de Brunswick conservera sur nous, j'espère, avec l'aiae du Seigneur, proun ver mes trois propositions de manière à vous contenter; et si je ne viens pas à bout de vous persuader entièrement, je compte pour le moins vous faire revenir de cette espèce de pitié à laT quelle on veut bien se laisser aller chez vous, eu nous regardant comme de bonnes gens à qui la simplicité a fait subir un joug pesant sous le bon plaisir de ceux qui ont cherché à dominer les consciences. Que serait-ce, Monsieur, si après avoir lu les raisons solides sur lesquelles
nom .établissons la nécessité de la confession , Tons veniez de pins à nous envier notre sort ! C'est un sentiment que je ne désespère pas de voir naître dans votre âme. Car enfin , quel préjudice pent-il y avoir pour nous à nous confesser ? mais vous , Monsieur , si vous manquez à ce que Dieu exige pour accorder le pardon du péché , où en serez-vous ? Cette droiture , qui ne vous abandonne jamais , ne vous dicte -t-elle pas que dans une affaire aussi importante , le parti de la sagesse est de prendre ses sûretés? Or, l'avantage que nous avons de pratiquer le plus sur, en nous acquittant d'une obligation clairement prouvée , ne peut-elle pas aisément devenir un objet d'émulation pour vous ? Puîssîez-vous , Monsieur , nous envier si bien l'avantage dont nous jouissons en nous confessant, que cette envie vous porte efficacement à nous imiter ! Mais il est temps de venir à la preuve de la première proposition.
PREMIERE PROPOSITION
IMNOCBST m NK PEDT ÊTRE L'Anima DU FBÉCSFTB'
DE U C01IIBSSION.
J'ai donc l'honneur de vous dire qu'il est insoutenable de prétendre qu'Innocent III soit l's teur du précepte de la confession. Le qualrî'1
94 QUATRIÈME LBTTRK*
concile de Latran, tenu en l'an 1215, sons le pape Innocent HL , a fait, il est vrai, un règlement par lequel il est ordonné au canon 21 , que tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe confesseront leurs péchés au moins une fois chîH que année , et qu'ils recevront avec respect au moins à Pâques le sacrement de l'Eucharistie, sous peine , s'ils y manquent , de se voir retranchés de rassemblée . des fidèles , et d'être privés, après leur mort, de la sépulture des chrétiens (1 ) ; mais est-ce là un précepte qui ait établi la nécessité de la confession ? Ce précepte an contraire ne la suppose-t-il pas déjà établie ? BTesfc-ce pas seulement un règlement qui détermine le temps auquel il faut y satisfaire ? L'obligation de confesser ses péchés aussi ancienne que le christianisme , était parfaitement reconnue avant le concile ; mais comme plusieurs chrétiens lâches et négligents tardaient trop à s'en acquitter , l'Eglise a jugé à propos de les presser par une loi salutaire qui réveillât leur attention. Sans doute qu'on aurait grand tort de dire que le concile de Latran a établi le précepte de la communion , pour avoir enjoint de communier à Pâques ; ne serait-on pas aussi mal fondé à soutenir que le concile a établi le précepte de la confession, pour avoir ordonné de se confesser au moins une fois l'an ? Dites-moi , Monsieur , si les auteurs les plus célèbres, qui ont écrit pendant quatre ou cinq siècles avant le concile de Latran, ont unanime-
(1) Tom. ll.Lobb.
ment reconnu la nécessité de se confesser ; si dès lors l'usage de la confession n'était pas moins établi dans les armées et dans la cour des princes , que dans les cloîtres ; si dans tes périls de mort on a cru la confession nécessaire , pour se mettre en état . de paraître devant Dieu; si, avant que de s'approcher, de la Sainte Table , on s'est fait un devoir indispensable de se présenter à un prêtre pour lui dér clarer ses péchés, et en recevoir l'absolution ; si de tout temps on a regardé comme hérétiques ceux qui ont osé nier la nécessité de la confession , disconviendrez-vous que Kemnitius n'ait çu grand tort de fixer l'origine du précepte de la confession au commencement du treizième siècle , et de nous donner le pape Innocent IH pour celui qui l'a fait recevoir et agréer au concile de Latran ? Or , rien n'est plus aisé que de fournir sur tous ces chefs un détail de preuves capables de faire revenir les partisans les plus obstinés du sentiment de Kemnitiqs.
Examinons d'abord ee qu'ont dit sur ce sujet les auteurs qui ont écrit peu avant le quatrième concile de Latran ; puia remontant jusiçu'audelà du huitième siècle , ce qui suffira de reste par rapport à l'article dont il s'agit ici maintenant , faisons voir par les témoignages les plus respectables , cjoe l'obligation de se confesser était universellement reconnue avant le concile de Latran ; «t qu'ainsi ou y chercherait en vain l'origine du précepte de la confession.
Pierre de Blois , aussi recommandable par sa
piété qhe par sa science , est mort en 1 200 , et par conséquent a composé ses ouvrages pins de 15 ans avant le quatrième concile de Latran. Nous y trouvons néanmoins un traité entier sur la confession , où il en prouve la nécessité : Voici quelques-unes de ses paroles : ce Que perce sonne ne dise en soi-même : Je me confesse c« en secret; je fais pénitence devant Dieu; car ce si cette confession est suffisante , c'est donc ce en vain que les clés ont été données à ce Pierre,.. La honte s'oppose-t-elle à votre ce confession : souvenez-vous que les livres des ce consciences seront ouverts devant tous an ce jour du jugement (1). »
Richard de Saint- Victor , un des plus grands théologiens de son siècle , mort en 1173, ne fait pas moins sentir la nécessité de la confession , dans son Traité du pouvoir de lier et de délier; il dit au chap. 5 , ce que la véritable péce nitence est la détestation du péché avec une ce ferme résolution de l'éviter , de le confesser , ce et d'en faire satisfaction (2) ; » et il ajoute , au chap. 8 , que ce si le pénitent néglige de cherce cher un prêtre pour se confesser , et en rececc voir l'absolution , il n'évitera pas le péril ce éternel (3). »
(1) Nemo dicat sibi , Occulté confiteor , et ago pœniteotiam apud Deum ; si eoim sufficiens est ista confenio , ergo sine causa datas sont claves Petro. Tractalu de Confessions Sacramentali. T. 24. Biblioth. Patrom. Lugduni apud Ànissonios. p. 1173.
(S) Vera peenitentia est abominatîo peccati^um veto cavendi , confia tendi , satisfaciendî. Tract, de potest. lig. Rothomagi apud Joannem Bertelin. p. 330.
(3) Si faeerc neglexerit, periculum aeternum non evadet. p. 351 •
Saint Bernard, si recommandable par la sainteté de sa vie , et si célèbre pat* l'éclat de ses miracles , si digne de considération aux yeux de Luther lui-même , qtfil Ta plus estimé que tous les autres Pères de l'Eglise , dit en parlant des sept degrés de la confession : ce Que sert-il ce d'accuser une partie de ses péchés, et de supplice mer l'autre; de se purifier à demi, et de rester ce à moitié souillé ? Tout n'est-il pas découvert ce et comme à nu aux yeux de Dieu ? Quoi! vous ce osez cacher quelque faute à celni qui tient ce la place de Dieu dans un si grand sacrece ment (1)? » Et s'adressant aux chevaliers du Temple , il emploie ces paroles du Deutéronome : La parole est ptoche de \>otisy elle est dans votre cœur et dans votre bouche (2) , pour leur dire ce que la parole doit être non-sencc lement dans le cœur , mais aussi dans la bouce che ; que dans le cœur elle opère une contrice tion salutaire, et que dans la bouche elle rece tranche la mauvaise honte, principal obstacle te de la confession ; confession ^ ajoute-t-il , qui ce est absolument nécessaire ; » et peu après il recommande aux prêtres ce de ne point absoute dre le pécheu* même contrit , s'ils n'ont ce d'abord reçu sa confession (3). » Saint Ber-
(1 ) Quid prodest partent peecatornm dicere * et partem celare ; ex parte nrandari, et ex parte immunditia deservire t Omnia nuda et aperta oculis Dei ; tu aliquid illi abscondis , qui ftei locum in tanto obtinetSacramento? Éd. MabilIoQ. 1. 1. p. 116$.
(2) Dent. 30. 14.
(5) Propé est verbum in ore tuo et in corde tuo. Non In altero tantum, feed in utroque babere memineris. Et quidem verbum in corde peccatoris •peratur salutiferam contritionem , verbum tejrà in ore noxiam tollit con-
tom. n. 7
93 yUATRIÈMB LETTRE.
nard est mort en l'an 1153 : comment a-t-il pu nous marquer ai distinctement un* Qbligation que Tpn prétend étire l'ouvrage du concile de Latran , tenu plus de soixante an$ après ?
Hugues de Saint- Victor, originale de S*xe, si renommé parréminSflCQ de sa doctrine, qu'on le nommait TO sqcwd Augustin , demande comment il faut entendre co$ paroles du cinquième chapitra d« saint Jacques > Çonfassçai p«w /?ecAés fa» à Eautœ &. priez ?mi pour Ççvtre , afin qm vous svyez Muvé&t çt il répond ctque <« tm parafai Ysutent dire , Çpiife$$ez~vous rçon- « seulement 4 Dieu, mais «ips^i à l'homme « pour Dieu j eonfessez-vous Vun à l'autre , & c'eafrà-dire les breJ>i$ aux pasteurs , les infère rieurs aux supérieurs , ceux qui ont des pécc, chés, k eeux qui ont la puissance de les rece mettre. Mais à qwi l>Qn se confesser ? Pour- «< quoi ? pow quelle raison ? Afin que vous «* soyez sauvés , c'est-à-dirç vous ne serez point « sauvés > si vous ne: vws eonfessez pas (1). *> Cut auteur est mort «r 11 39 > e* a écrit l'ouvrage que }q viens ds vaw «ter, ptos d* quatrevingts îhw «vwt ta concède: i#tr*n,
Mais en pariant des grends, homnies. du douaiè«^sièele, qm on*, parlé e&urement de To-
bligation de se confesser, je ne dois pas omettre
^IW^(L % %% W|lf4v^ f ^s^rÀêm çmÇ^ûo^^i. .. « Saeerdotes non absolvant compunctum niai viderint et confesgu/ç* Edfy fflaMMon, T. 1 . pag. 556.
01 Q«M. m Qwtonffll m ||m * toc e&l Non, salvamini , nisi non-
SUE LÀ QQ9B3&!109 fc^AÎI^TKJXE. 9$
Yves de Chartres , l'Or^eta de son temps , .; e* saint Anselme , que Barpaitw nomme à jjast£> titre la lumière de ITîglise d'Aagleteire^ ^p premier est mort en 1 1 1 |î * le second eu 1 1 09. Voici pomme d'exprimé Ifrea d£ Chartres , en parlant à fcon peuple #tt commencement 4a càréme s «c Toutes les laitfe* que ypns avez flomce mises i soit p^p une suggestion secrète dudé^ ce mon i soit par des conseils étrangers $ do*, ce vent être tellement déclarées dan$ kl confes-
ce sion , q&t tous le* fas$i<2& aortwr eu même
c< temps de votre cœur; telle est 1$ confession ce qui /efface les péchés (1), »
jSafct ^o&bnft» <&&§ SOU b^i^o s»r tes 4» lépreux , explique #Mf pafpke jpe jfovZrÇmiW Jeur adresse i •/#&#, mw#pe*7<*m& om prêtres (%) , de J'obligaJion qp$. leg gfrtarct «ftt de s'adresser aij* mimetrpp . 4e pRvg&gjtagtQg* être pwiflés par la cQnfatàon ? # PécotiYprefc * ce ditrU , fidè)ampjtà $$* pfêtpc» par tmfl *K0Ph ce fes&ion hpffibje tontes les taches de votre Jècc pre intérieure * afin d'en être purifié*, ♦> Zkwce quùiU y allaient ils furent guéris, ppjrce qqe ce dès lors que les péchepr? abandonnent ïçprs ce crimes , et les condamnent pyeQ l%tefttion ce de ae confesser 1 et la ré^olutipu d'en faire ce pénitence de toute leur $ane f ils en sont décc livrés devant les yeux de celui qui lit dans le
(1) QqaeeupKjue à yqbis yel occulta suggestione vel aliéna penpaiione comroùjsa ?unt, sic ia confaskine aperiantur, ut etiam de corde pellaoiur , quk tali confesaione peeçata purgantttr. Serait 1$. in Capite jejunii apud Lawrentium Cottertau part» ?• gag* tyi •
(2) Luc. 17.14.
ce cœur. . . Il faut néanmoins venir aux prêtres , ce et leur en demander l'absolution (1 ). »
Voilà , Monsieur , des hommes illustres par leur piété et par leur science , qui ont vécu dans le siècle antérieur au concile de Latr&n. Peutêtre penserez-vous que je cherche ici à faire valoir leur autorité pour prouver la nécessité de la confession : non , Monsieur , ce n'est pas là présentement mon dessein. Je ne prétends que tirer cette conséquence : Tous ces grands hommes , morts avant le concile de Latran , ont reconnu l'obligation de se confesser comme une obligation toute établie , donc cette obligation ne tire pas son origine du concile de Latran, comme ose le dire Kemnitius.
Mai» n'en demeurons pas là , remontons plus haut , et cherchons des témoins dans des temps encore plus reculés* Il me serait aisé d'en citer autant de chaque siècle, que du douzième; mais je dois éviter de vous fatiguer par un trop grand nombre de passages , et je me borne à vous citer un ou deux auteurs des différentes époques , ce qui suffira pour atteindre mon but.
Le onzième siècle nous présente d'abord le bienheureux Pierre Damien , moins illustre par la noblesse de sa famille et par l'éclat de la pourpre romaine, que par son éminente piété jointe à un profond savoir. Ce saint et docte
(t) Ite , ostekde vos sacërdotibus , id est per humilem oris confessionem Sacerdotibus veraciter manifestate omnes interioris vestrae leprae maculas, ut mundari possifiô.... Pervemendum est tamen ad Sacerdoté* , et ab eis quasrenda absoaitio. In Capit. 17. Evaog. Lucae; éd. Coloniensis apud Maternum Chounum; pag. 176*
cardinal, mort en 1072, nous a laissé un sermon où il ne traite que des règles d'une bonne confession , et des obstacles qui empêchent de la bien faire (1): ce Rien, dit-il, n'est plus fort pour ce combattre et surmonter la grâce de Dieu que « la crainte humaine; rougir de confesser nos ce péchés, c'est craindre Dieu moins que les ce hommes; la raison nous sollicite à nous « confesser, et Dieu qui voit tout nous y ce oblige (1). »
Reginon, abbé du monastère de Prum, au diocèse de Trêves , célèbre par l'exactitude de l'histoire qu'il nous a laissée dans ses chroniques, et par l'érudition qu'il a fait paraître dans ses deux livres de la Discipline Ecclésiastique, a écrit au commencement du dixième siècle, et terminé sa. vie vers l'an 909. Voici comme il parle au chapitre 286 de son premier livre : ce Quiconque se sent coupable d'avoir ce souillé la robe sans tache du baptême , doit ce venir à son pasteur, et lui confesser humble-t ce ment toutes les transgressions et tous les pécc chés par lesquels il se souvient d'avoir en-> ce couru la haine de Dieu , et s'acquitter avec ce exactitude des pratiques imposées par le ce prêtre (2). »
J onas , évêque d'Orléans , et Raban - Maur ,
(1) Sermo 58. qui est 2. de S. Andréa. Ed Paris, apud iEgidiura Tempère, p. 159. Ut enim confitearaur ratio sollicitât , Deus qui videt cogit. p. 140.
(2) Omncs transgressâmes , et omnia peccala r quibus Dei offensant iiVr currîsse se meminerit ,. liuroiliter confilcatur , et quidquid ei à Sacerdotc fuerit injunctum, caulissimè obsenret. Lib. 1. de Disciplina Eccles. Cap» 2S6. Paris, apud F. Muguet, p. 134.
archevêque de Mayence , le premier , unie des plus brillantes lumières de l'Eglise de France, et le second, un des plus grands otnenients dé l'Eglise d'Allemagne, florissaient au Neuvième siècle , et se sont exprimés dur l'obligation de se confesser, de manière ai ne le poiiit céder aux auteurs qui ont écrit depuis le concile de Latran. «x Les péchés , dit lé premier , seront a remis aux malades s'ils les conféfcsent ; sans ce la confession qui les corrige, ils ne sauraient « être remis (1). » Raban-Maur déclare tout net , a que lé voluptueux qui a 1p&s$ê les bor- « nés de la modération dans jea concupiscc cences de la chair } doit nécessairement rec< jeter par la confession les ordures de ses c< désordres pour retourner en son premier état ce de santé (2). » Jonas est mort en 84 1 , et Rabah en 856.
Il serait aisé d'ajouter à l'autorité de ces grands hommes Pautèrité de plusieurs conciles ; je me contenterai d'en rapporter deux tenus au neuvième siècle $ et dont lés témoignages sont également décisifs pour prouver qu'alors comme aujourd'hui on n'était intimement persuadé de la nécessité de confesser ses péchés en détail au prêtre, ce Nous avons remarqué ce une chose digne de correction, disent les ce Pères du deuxième concile de Châlons , cé-
(1) iEgrolis dimittentur peccata , si confessi fuerint ; sine confessione emendationis oeqaeunt dimitti. Jonas Lib. 3, de Instit. Laicali. Cap. 14. T. 1. Spicilog. D. Luc» Àcheri. Ed. Paris, p. 181 .
(2) Qui transgreditur meosurain in cpncùpiscentiis carras, necessc est, ut per confessionem peccatorum fœditatem evomat. Lib. 7. Ecoles. Cap. 7. T. 3. p. 472.
sun la confESSion sacramentelle. 103 « lébré Tan 813, c'est que plusieurs t en con- « fessant leurs péchés aux prêtres , ne ié fbrrt k pas avec intégrité : il finit examiner ses pé- « cfaés avec attention et avec soin a afin que la a. confession soit pleine et entière{1).t*
Le concile «de Pavie ordonna , en l'an 850 f que les pécheurs publics seraient obligés de faif è une pénitence publique j frais il ajoute incontinent , ail même canon» qui est 1» sixième , « que tons cettt qui «rit péché secrètement, m m confessent aux prêtres qne les évêques ont « choisis comme des médecins propres à gué- « rir les blessures secrètes. Si les confesseurs « Ont quelque doute dans l'exercice de leur « charge j qja'Hs n'hésitent pas a consulter khr « éïêqwe , Bflns toutefois nommer la personne i* qms'estooctftMée! (2), M
Passons an huitième siècle , nous y remarquerons une uniformité constante de la mène doctrine sur la nécessite de la confession. Le vénérable Bède, si respecté dan» l'Eglise, qu'on y lit publiquement ses homélies comme celles «es saint» Pères, dit « qo'il faut distinguer les « fautes légères des péchés considérables : poiir «, les fawtes légères , il est Utile de «'en atoner « Coupable' devant s«s égaux, afin de dwwanéef
(1) Hoc emendalione indigere perapeiirnos , rjnod tpjidnm dnm tenlur percata Sacerdotibut , non pjpné id faciunl ; solerti indag debent inquiri pewtU, ni plena litconfossb. Can. 3Î. T. 7. Cun. pag. 1978.
{3) gai occulté délinquant, iis conflleaiiliir, quos Epil r . ■ecrelior* minera m«liom roc 'liens elcgcrim, qui si forma dubil riot, Epùxnporum iuorum m,n ili-.i:imkiii implorare senlculiaiu, "" ' ;. Can. 6. T. 8. Latb. p. 65.
« oonfl-
i 04 QUATRIÈME LETTRE ,
« leurs prières , et de s'en corriger ; mais pour ci la lèpre des péchés griefs , il faut nécessairece ment les découvrir au prêtre pour satisfaire ci à la loi (1)*» Bède est mort en 735.
Théodulphe, qui a gouverné l'Eglise d'Orr léans , et dont le mérite rare donna la pensée à Charlemagne de l'attirer auprès de sa personne, fit en 797 de très beaux règlements qui sont rapportés au 7e tome des conciles du P. Labbe. le 31e porte ce qu'il faut accuser au prêtre tous ce les péchés ou d'action , ou de parole , et que ce le confesseur doit interroger le pénitent pour ce savoir comment et à quelle occasion il a pér ce ché (2). » Or, Monsieur, pourquoi tant d'exacr titude à s'informer des occasions et des circonstances , si pour lors on ne reconnaissait aucune obligation de confesser ses péchés en détail au prêtre ?
Faut-il encore passer plus avant , et chercher des témoins dans le septième siècle ? Il ne sera pa$ difficile d'en trouver. Saint Jean-Climaque, ainsi nommé à cause de l'Echelle Sainte qu'il a composée , rapporte qu'un fameux voleur s'étant fait religieux , l'abbé du monastère l'obligea à déclarer devant tous les frères assemblés dans l'église les crimes énormes de sa vie. Gomme saint Jean Climaque témoignait sa surprise d'une telle con-
(1) Porrô gravions leprae immouditiam juxta legem Sacerdoti pandamas. In Cap, 5. Jacobi. Tom. 5. Bedae. p. 693. Colonisa apud Joan. Wilhelmum Friessen.
(2) Confessiones dandae sunt de omnibus peccatis , quae sive in opère sive in cogitatione perpetrantur ; diligenter débet inquiri quomodo , et qoâ occasione peccatum perpetraverit. Cap. 31. T. 7. Con. Labb. pag. 1144.
SDR LA COHFESSIOH SACaAKBITTSLLB. 103
doite, l'abbé lui dit «qu'il en avait usé ainsi pour « engager par cet. exemple ses religieux à découle vrir librement leurs misères; car, ajouta-t-il, k sans la confession personne ne peut obtenir ce le pardon de ses péchés (1). *>
Aronez , Monsieur , que sans aller plus loin , en voilà déjà bien assez pour faire naître un doute raisonnable sur la justesse de l'époque marquée par Kemnitius. Quelque prévenu qu'on puisse être en faveur du sentiment de cet auteur , qui a osé fixer l'origine du précepte de la confession au commencement du treizième siècle , poorra-t-on réfléchir sur tous les passages que je viens de rapporter , et ne pas se sentir comme forcé de l'abandonner ? Mais je . prétends rendre la méprise ou la mauvaise foi de Kemnitius encore plus sensible, en vous faisant voir que pendant le cours de plusieurs siècles antérieurs au concile de Latran , tous les fidèles se confessaient, et que l'usage de la confession n'était pas moins établi dans les cours des princes et dans les armées , que dans les cloîtres; preuve évidente qu'on regardait dès lors la confession comme nous la regardons aujourd'hui, je veux dire, comme de précepte , comme nécessaire pour obtenir la rémission du péché. Car il n'est point à présumer qu'on se fût soumis généralement à une pratique difficile et humiliante , si l'on ne s'y
(I) Ad delegenda peccata ut hoc modo commoverem . sine oonfeuione veniam peccatorum impclrat. Grad. 4. T. 10. Bihlielh Patron), pag. 401.
était cru obligé par un devoir indispensable de religion.
Jfe parle d'abord des empeitair» et des rois v qui avaient des confesseurs * comme nos princes catholiques en ont aujourd'hui; je me contenterai de vous en nommer quelques-uns , en tous indiquait les auteurs qui nous en ins-* truisent* Le roi Thiety Ier avait, au septième siècle, pour confesseur teint Ansbeqg , archevêque de Rouen (1); saint Viron^ évêque de Raremonde 1 était an même siècle confesseur de Pépin , père de Charles-Martel (2). Saint Aidan i évêque de Wesfoird en Irlande, confessa le roi de cette lie, nommé Brandubhj après lavoir ressuscité , comme il est marqué dans sa vie (3). Saint Martin, moine de Corbie, fut coro fesseur de Charles - Martel au huitième sien fcle (4).fCorbiirien, évêqiue de Frisinguen, entendit la confession de GrimoakL, due de fis* vière (5). Offa, roi des Merces en Angleterre, au rapport d'tm protestant f eut pour confesseur un nommé Humbert (6), Nous trouvons au neuvième siècle que saint Aldric , évêque du Mans fut , selon M* Baluge , confesseur de Louis-k-Debounaire (7), et Donat Scot f évêque dfeFéluse, selon Ughel , confesseur de Lothaire, fils et successeur de Louis (8) j au dixième sièr çle , saint Udairic, évêque d'Ausbourg, fut con-
(1) 2. Sœcul. Benedict. p. 1055. — (2)Bolland.Maii. T. 2. p. 513. — (5) Rolland» 31. Jan. T. S. p. 11 18. — (4) 1. part. 5. saecul. Bened, pag. 4S2. — (5) 1. part. 3. saecul. Bened. p. 511. — (6) Spelman. Tom. 1. Conc. — (7)Miscell. Tom. 5. p. 5. — (8) Italia sacra Tom. 3. p. 375.
fesseur de l'empereur Othon (1); Guillaume, archevêque de Mayence, confessa sainte Mathilde y femme de Henri , surnommé l'Oiseleur, dans sa dernière maladie ($) ; Didacus Fernandns fat confesseur du roi d'Espagne , Ordonnie on Orderic H (3)* Je ne tous citerai du onzième siècle* que la reine Constance, femme du pieux Robert, qui etit pour confesseur un prêtre du diocèse tFOrléaris, nommé Etienne (4); et du douzième, que Henri Ier roi d'Angleterre , qui eut pour confesseur àtheldulf , prieur de saint Ofwaldj et ehs&ite premier évèque de Carlile , le roi ayant fondé ce nouvel évèché pour en gratifier son confesseur (5).
Ne pensez pas , Monsieur i que pendant les siècles que notais venons de parcourir, les aritiées aient manqué de confesseurs ; U. y en avait aussi bien que dans les éotfhs dé* princes . C'est le premier concile de Gefrttanie, célébré parles soins de saint Boniface en l'an 742 , qui nous en instruit ; il est «Ht au 2# canon , que chaque colonel aura uri prêtée , pour entendre lès confessions ées soldats et leur imposer une pénitence (6). Chariem&giie fit à peu près la même ordonnance; elle se trotrve au quatrième article de se$ capittkkirts ecclésiastique (7). Goil-
(1) Dim^af Rb. 2. Coron. AtHti. Sraoéw. p. S3».— (2JBoHaod> 14. Martii.T. 2. p. 369. — (3) Yepez. in Chron. Or<ï. S. Bened. T. 4. p. 450.— (4) Tom. 2. Spicil. Acheri. p. 676. — (5) Hist. d'Angleterre par André du Chêne , Edition de DuvercBer, Tom. 1. Lib. 11. pag. 449.
(6) Quisque Praefectus tinuat Presbylcrum secum habeat , qpi liominibus peccate confiientibus jiidicare , et indicarc pœnitenliam possiU T . 6. Labb. p. 1554.
(7) Tom. 7. Labb. pag. 1165.
laume de Sommerset, religieux de Malmesbury, loue les Normands de ce qu'ils employèrent ce toute la nuit à se confesser de leurs péchés ce avant de donner bataille (1). *>
Il n'en faudrait pas davantage , Monsieur , pour vous convaincre qu'antérieurement au concile de Latran , l'usage de la confession était général parmi les fidèles ; mais la multitude et la foule des pénitents qui se présentaient au tribunal de la pénitence me fournit une nouvelle preuve que je ne dois pas supprimer.
^Nicéphore, garde des archives, auteur grec du septième siècle , selon le sieur Labigne , et du neuvième , selon Cpccius , nous aprend que les évèques , appliqués seuls d'abord au ministère de la réconciliation , ne pouvant suffire à la multitude des pénitents , s'étaient déchargés du soin de les entendre sur les moines qui joignaient au sacerdoce une vertu éprouvée (2).
Telle était la pratique de l'Eglise grecque ; quant à l'Eglise latine , il ne parait pas qu'il y ait eu aucune distinction sur cet article entre les prêtres séculiers et réguliers , les uns et les autres ayant été indifféremment employés à entendre les confessions ; il parait même que tout ministre honoré du sacerdoce , était en même temps chargç du soin de diriger les consciences ; nous en pouvons juger par la messe gallicane que votre Illy-
(1) Toiâ nocte confenioni peocatonua Tarantes, Lib. 3. de gestis Anglorum, cap. 15.
(*) Negolu Uadio frequentiaqae multitudinis et turbulentia fatigati, id opéra ad Monachos trantmiaére. De potestate ligandi et abtoWendi. BibJU Patrum Edit. Colen. T. 12. p. 547.
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riens a donnée au public , et qui par là même ne doit pas vons être suspecte. Elle est au moins du huitième siècle. Le prêtre y prie en plus de six endroits ce pour tous ceux qui avaient couce tume dé se confesser à lui (1 ) , » d'où il est aisé de voir que tout prêtre qui disait la messe , était aussi pour l'ordinaire confesseur de plusieurs pénitents.
Mais pourquoi m'arrêter à prouver la généralité de l'usage de la confession avant le concile de Latran, pour en conclure l'existence d'une loi qui obligeât les fidèles à cet acte religieux , puisque nous avons des monuments du dixième siècle , et même du huitième, où le temps de satisfaire à cette loi est positivement déterminé ?
Reginon, que j'ai déjà cité , rapporte au commencement de son second livre de la Discipline Ecclésiastique , un règlement du concile de Rouen , où il est dit que Tévéque ne doit pas manquer , dans la visite de son diocèse , de demander, s'il n'y a personne dans la paroisse d'assez irréligieux pour passer toute l'année sans se confesser, ou d'assez négligent pour ne le pas faire du moins au commencement du carême(2) . Vous voyez , Monsieur, que c'était là le temps marqué pour s'acquitter de l'obligation imposée par la loi de la confession.
Ghrodogand , évéque de Metz, mort en 767 ,
(1) Pro omnibus quorum confessiones suscepi. Le Cointe, adannum 601. T. 2. p. 499 , 506 et 514.
(2) Si aliquis ad confessionem veniat vel unâ vice in anno, id est in capite Quadragesimœ ? Lib. 2. interrog. 65. p. 228.
en exigeait encore davantage ; il ordonne dans sa règle ce que chaque religieux se confessera tous, ce les samedis , et que les autres fidèles de son ce diocèse le feront du moins trois fois pendant « le cours de Tannée, savoir, devant les fêtes ce de Pâques , de Noël et de la Saint- Jean, pertce dant les trois carêmes qui s'observaient poW ce lors;** exhorte de plus les uns et les au* très ce à s'armer de force pour déclarer leurs ce péchés avec beaucoup de sincérité, » et ajoute ce que le pardon est le fruit de la confession f ce et que sans la confession il n'y a point de a pardon (1).*
Dire après cela qu'avant le treizième siècle on ignorait le précepte dé la confession, que l'obligation de se confesser a pris naissance au concile, de Latran , que c'est Innocent III qui en est le père , n'est-ce pas faire un aveu public de son ignorance et de sa témérité à parler de choses qu'on n'entend pas , et sur Lesquelles on n'a pas voulu prendre la peine de s'instruire ? Biais je ne suis pas encore au bout de mes preuves , et je ne prétends pas rester en si beau che+ min. Si dans ce que j'ai dit jusqu'ici il y a de que» presser Kemnitiua, vous trouverez, à ce que j'espère, Monsieur, que dans ee qui me reste à dire , il y aur^t de quoi l'accabler.
Bède rapporte qu'un courtisan du roi des Merces , étant tombé dangereusement malade ,
(1) In Tribus Quadragesimis populus fidelis suam confessionem Sacerdoti faciat , et qui plus fecerit melius facit. Monachi in uno quoque Sabbato confessionem faciant. Quando volueïis confessionem lacère , ViriKter âge, et noii erubescere, quia inde veniet iudulgentia , et sine confessione non est indulgentia. Cap, 39. T. 1. Spicil. Acheri. p. 228.
SUR LA COmBSSftOft &|CftAHKffTELLB. il 1
reçut la visite de son prince , qui l'affectionnait pour ses bons services 9 et voulut l'exhorter luimême à mettre ordre à sa conscience par une bonne confession. Le malade lui répondit, qu'il avait dessein de se confesser , mais qu'il ne voulait pas le faire durant aa maladie ; qu'il attendrait le retour de la santé , pour éviter le reproche de s'être confessé par la crainte de la mort. Le roi, gelé pour le salut de son courtisan, et inquiet sur le cours d'une vie libertine , continuait à le presser par de nouvelles instances ; mais ce malheureux lui déclara qu'il était trop tard , et qu'il avait déjà reçu son jugement (1). Vous voyez , Monsieur , parce trait de l'ancienne histoire d'Angleterre la persuasion où Ton était dès le huitième siècle y que pour se mettre en état d'aller paraître devant Dieu, il fallait nécessairement pençer à faire une bonne confession, r
Mais ce n'est pas là le seul exemple que j'ai à vous produire sur ce sujet; je pourrais vous en citer un grand nombre d'autres ; je me contenterai de vous en marquer deux ou trois. Il est dit dans la ^e de saint Philibert, fondateur et abbé de Jumiège, au septième siècle , que se trouvant auprès d'un de ses moines, réduit à l'extrémité et déjà sans parole, il lui demanda avec douceur et tendresse, de lui marquer en lui serrant la main s'il avait quelque péché sur la conscience dont il ne se fût pas encore confessé ; le malade
m Lit. 5. Cap. 14. T. S. «&, Cota. *pud tyio. Will». Frieiten. pas- 13Û.
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lui donna cette manjue , et saint Philibert entra dans l'église , pour demander à Dieu qu'il lui plût de rendre l'usage de la parole au mourant , de peur que faute d'avoir confessé son péché , il ne fût entraîné par le démon dans les abîmes de l'enfer. Sa prière fut exaucée ; le malade se trouva en état de parler, se confessa* et mourut dans la paix du Seigneur (1).
Pierre Damien nous apprend qu'un religieux de Clugny, cassé de vieillesse et de maladie , craignant d'avoir omis l'accusation de quelque péché , supplia Notre-Seigneur de l'éclairer sur l'état de son âme. U obtint l'effet de sa demande; une voix du ciel l'avertit d'un péché qu'il n'avait pas encore confessé , et il en fît promptement l'aveu à saint Hugues, son abbé (2) é
Pierre-le- Vénérable , homme de la première qualité , qui avait cultivé soigneusement les talents de la nature et les avantages de la naissance , dit avoir appris d'un moine de Saint-Angeli , témoin oculaire, qu'un religieux de ce monastère , après avoir été pendant quelques heures à l'agonie , en revint tout à coup , et déclara avoir vu un personnage vénérable , qui l'avait averti de se confesser d'une certaine faute cachée jusque-là , en lui disant très distinctement qu'il n'y avait pas de salut à espérer pour lui , s'il ne confessait son péché avant de mou* rir (3).
(1) Ne adversarius &nimam pro abscondito crimine valeret subvertere in baralhrum inférai. 2. Ssc. Bened. p. 821.
(2) Opusc. 34. Cap, 7. T. p . 261 . Edit. Paris* apud iEgtd. Tempère.
(3) Unde scias nullatenus te posse salvari , nisi quod perniciosé cela* veras, ealubriter studeas confitendo mauifestare. Lib. 1. miracul. Cap. 4. T. 22. Bibl. p. 1089.
Je comprends , Monsieur , que vous ne tous croirez pas obligé d'ajouter foi à ces histoires ; mais quand bien même vous penseriez être «n droit de regarder comme fabulera «es faits rapportés par des autexus très dignes de créance, vous ne pourrez pas do moins vous empêcher de reconnaître la persuasion où Ton était alors de la nécessité de la confession. Maïs sans avoir recours au merveilleux pour prouver cette né* cessité , rien n'est plus aisé que de .vous faire voir qu'on a toujours pris de grandes précautions pour empêcher les malades dé mourir sans confession.
Les moines de Fulde présentèrent à Char* lemagne une requête pour le supplier d'empêcher qu'on n'emmenât les infirmes et les vieillards dans quelques dépendances éloignées des monastères , de peur qu'ils n# mourussent sans (confession (1)1
Le sixième concile de Paris , tenu en 829 , défend aux évêques de donner aux curés des commissions qui les obligent à s'absenter de leur paroisse, pa^ce qu'il en arrive souvent, ajoute le concile, que les malades meurent sans confession, et les enfants sans baptême (2).
Il faut, dit le premier concile de Mayence, tenu en Fan 846 , porter les malades en danger de mort, à faire une confession pure et sincère de leurs péchés , et leur marquer la
(1) Àntiquitates Fuldénse*. Ctristoph. Broveri ex officia. Plant. Lib. 5. Cap. 12. Art. 3. libelli supplicia , p. 213.
(2) Can. 29. Labb. Tom. 7, pag. 1619*