CHAPITRE C1HQUIÈMB
jours , et par les soins des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Dom Denis de Sainte-Marthe , encouragé par le suffrage et par les secours du clergé de France , l'a continué suivant un ordre plus naturel, qui classe sous chaque métropole les évêchés qui en dépendent , et dans chaque diocèse, le* abbayes qui y sont situées.
C'est de l'instruction des jeunes gens que s'est occupé le Père de Graveson, dominicain. Dans un petit nombre de Tolumes sur l'histoire de l'ancien testament et sur l'histoire ecclésiastique poussée jusqu'en 1*730, il leur facilite la connaissance de la doctrine, de la discipline et de la morale de l'Eglise ; employant la méthode des dialogues dont se servit autrefois Alcuin, et joignant toujours la clarté à la brièveté. Ses tables chronologiques sont faites avec beaucoup d'ordre.
Noël Alexandre, son confrère, mort en 1724, s'est arrêté à l'année 1600. On peut lire avec fruit ses dissertations historiques , chronologiques , critiques et dogmatiques j son ouvrage serait plus parfait, si Ton voulait en retrancher des longueurs. On peut ajouter à ces historiens, d'autres auteurs non moins «ecommandables , tels que les Pères Àvrigny , Berault-Bercastel , Charlevoy , Barruel , Grasset , Douçjn, Longueval, Maimbourg, Pallavicin et bien d'autres qu'a produits dans ces derniers temps la Société de Jésus.
Si les anciens moines, en écrivant sur la liturgie , l'avaient défigurée par des interprétations arbitraires, en se bornant à nous en donner l'histoire , ceux dé nos jours lui rendent sa noble simplicité. Ce motif a porté dpm Martèné à réunir les anciens rits. {/exposition des cérémonies employées dans l'administration des sacrements , dans les offices divins , dans les sacres , dans les punitions canoniques, suffit seule pour faire connaître quel a été , en tout temps, l'esprit de l'Eglise. Cette piété solide et dégagée de préjugés, semble avoir dicté les nouveaux ouvrages de ce genre.
A l'histoire ecclésiastique appartient encore la vie des Saints et des autres personnages qui ont été l'honneur du
clergé et des cloîtres. Nous citerons seulement la vie dé saint Charles Borromée ; celles de saint Dominique et da saint Thomas , par le père Touron; de Berchmann et de saint Stanislas Costka, par le Père d'Orléans; de saint Fran* çois de Borgia, par Verjus; de saint Ignace et de saint Fran* çois Xavier , par le Père Bouhours, etc.
Sans la connaissance du droit canon , la théologie et l'histoire ecclésiastique ne seraient traitées qu'incomplète-* ment. Cette science des lois de l'Eglise et de sa discipline ne pouvait être étrangère ni aux théologiens , ni aux historiens que nous avons nommés x nous trouvons encore d'autres religieux qui s'y sont appliqués d'une manière particulière. Dom Bessin est éditeur des Conciles de Normandie , ouvrage posthume de dom Belaise , son confrère. Par ses Lettres critiques sur le pontificat dt Eugène III , dom Dupui, bernardin, éclaircit tous les événements ecclésiastiques de cette époque, tes bénédictins continuent le recueil des conciles de l'Eglise gallicane, et parmi les savants en cette partie , personne n'ignore combien elle a été enrichie par les recherches du laborieux dom Martène, qui a retiré de la poussière où ils étaient ensevelis, des conciles, plusieurs statuts synodaux , d'anciens décrets des monastères et des congrégations (1).
Les membres des différentes congrégations régulières s'étant ainsi distinguées dans ces diverses sciences, il était digne de leur zèle d'entreprendre de les réunir toutes en un seul ouvrage qui formât un corps de doctrine, et fût une encyclopédie ecclésiastique d'autant plus utile, que l'usage en serait plus facile. Ce projet a été tenté par une société de dominicains, à laquelle présidait le Père Richard* Le dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques renferme tout ce qui concerne l'Ecriture sainte, la tradition, la théologie, l'histoire, la jurisprudence et les
(1) « Thésaurus novas anecdotoram , et veterum scriptorum et monumentorum historicorum, dogmaticorum, moralium, amplissima collecuo, * 15 volum. in-fol. , ouvrages d'une érudition immense , qui font suite M Spicilege de dom Luc d'Acheri*