CHAPITRE CINQUIÈME
tïts. De doctes dissertations sur les endroits les plus difficiles et les plus importants de la bible , et de courtes explications de tous les mots qui la composent ; le catalogue et la notice des ouvrages des Pères, d'après les meilleurs éditeurs; des traités complets des points essentiels de la doctrine, et la simple exposition des opinions qui partagent les écoles, sans mélange de questions inutiles; la narration abrégée des faits historiques, dans laquelle sont insérés les principaux traits de la vie de tous les personnages qui marquent par leurs vertus et par leurs travaux ; le dernier état de notre droit canon ; les vrais principes de l'éloquence chrétienne , et des modèles bien choisis , telles sont les différentes matières qu'embrasse ce grand ouvrage : faiblement exécuté , s'il ne peut être regardé comme fini, c'est au moins un heureux essai qui mérite d'être perfectionné.
Religieux missionnaire*.
Après avoir exposé les travaux littéraires des religieux , il ne nous reste plus qu'à parler de leurs travaux évangéliques. Dans le temps que Luther et Calvin enlevaient à l'Eglise une grande partie de son ancien domaine, le nouveau monde, depuis peu découvert, lui offrait une vaste moisson capable de la dédommager de ses pertes. Par une- de ces dispositions où la sagesse de la providence se manifeste visiblement, la réforme régénérait alors les ordres monastiques ; et en divers royaumes étaient établies des congrégations de clercs réguliers. Du sein, de ces communautés sortirent les apôtres des deux Indes ; et leurs successeurs perpétuent encore le même ministère, soit en conservant l'antique croyance parmi les catholiques qui vivent sous la domination des Turcs et des princes séparés de nous par "hérésie* soit en propageant la lumière évangélique chez tes Infidèles; les triomphes de saint François Xavier et de ses dignes colîoborateurs, sont connus de tout le monde» Ce
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n'est qu'arec admiration que l'on peut parler des mission* de Paraguay, du Japon, de la Chine, et de tant d'autres où les enfants de saint Ignaeeont,. en répandant leurs Sueur» et leur sang, fécondé tant de contrées auparavant stériles pour la religion.
Pour rBurope>, nous trouvons en Hollande des carmes français; des religieux de différents ordre», et surtout des bénédfotins et des capucins de notre nation, dans les lies Britannique». Leur nombre n'est pas si considérable en Dannemarck, en Suède, en Russie (1). Les capucins de fe Basse-Attemagaesont chargé» de la mission des cercles voisins, comme le» italien» de celle des dftrers canton de la Suisse. La partie de î* Hongrie soumise auTure, est confiée au» Pères de saint Paul , premier ermite , et an mineur» observantins; la* Vafaehie, aux religieux de la même observance; la Moldavie, à d'autres franciscains. On voit arec regret que la Tartarie-Crimée soit dénuée de tout secours : la Bosnie est mieux pourvue; on y compte dix-huit couvents de mineurs observantins : leurs confrères de la Bulgarie , naturels du pays ,. ea forment le seul clergé , et y observent une exacte discipline. Outre un clergé séculier, l'Albanie possède une mission de moines réformés, et quelques maisons de mineurs observantins y régies par un provincial* Ceux de Visouar prennent soin des catholiques de la Dal~ matie; les conventuels de Cor fou et les capucins français de l'Archipel, de ceux, de la Grèce. Ces capucins ont douze maisons répandues dans ces lies, et deux à Constanlinonle : ils. y partagent les fonctions du ministère avec des mineurs observantins et des disciples de saint Dominique. Non-seulemfinile zèle de ses» missionnaires est utile aux. enfants de
(if):&e<K¥Ulft*Foi>9fdfAleiMidri0', missionnaire capucin^ a passé plu* sitar* année» à Astrakan. Dan* les; loisir» que lui laissait sont laborteu* mùislèrjfe,.ifea oomposé-un Dictionnaire arménien , littéral: et vulgaire-, latin et italien* Learaporans de laeoniété hébraïque , dépositaires de Mort» ginali».j- ont' ajouté les mots, français. Cet: ouvrage, utile à la religion, et quNnri(&irwLlairéiHÛ^ oe peut être imprimé, faute
dft moyens*
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PÉgKde âé ce* dîners lieux ; ftè en augmentent le nombre , en ramenant au bercail plusieurs de ceux que le schisme et l'hérésie en éteignaient. Ces religieux, et <Pautres que nous n'avons pas nommés, travaillent aussi à la conversion dés * hérétiques qui Vivent dans les différentes provinces des royaumes qne nous venons de parcourir, appartenants à des princes catholiques.
Les corps religieux portent à PÂsîeîes mêmes secours spirituels; L'flfe dé Cypre est entre les mains des capucins et des obsêrvàhthté; les uns éf les antres sont mêlés au clergé dei Maronites : Of à des carmes sur le mont Carmet. a Depuis plus aie quatre siècle^, les récolléts et les autres franciscains français entretiennent les lieux saints dans la décence convenable; on y compte encore vingt-quatre couvents de leur ordre, qui fournissent des curés et des missionnaires à une gra'nde partie des Eglises du pays, qui, sans cela, se trouveraient sans aucun exercice de religion (1). » Ce sont les canhés et! les capucins français qui évangélisent par toute1 Kef Syrie. En Perse, liai foi est soutenue par lesaugu$tins, les carmes» et des capucins de France. Des carmes, des dominicains et des capucins desservent l'Arabie, l'Arménie» et la Géorgie; et, outre ceux-ci, on trouve dans la Mingrélle des théatiris* Cultivant la médecine, ils se pendent recommandantes an public et agréables au' prince; et si la grossie* . reté et l'opiniâtreté des Mhigréliens pour leurs erreurs et le schisme, opposent àleur cèle des obstacles presque invin» cibles, ils ont au moins la1 consolation dp donner le bap* téme aux enfants que les parents leur apportent lorsqu'ils désespèrent de leur vie. Comme de tous les Etats gouvernés par des princes màhométàns , le Mogol est celui où notre religion a été le moins gênée, les capucins y travaillent avec succès, ainsi que les disciples de saint Philippe de Néri dans l'Indostan. Us reçoivent parmi eux des naturels du pays, plus propres que lies européens à avancer les progrès de lit foi. Les' capucins français sont établis dans le petit
(1) Mandement de M. de Juigué , archevêque de Paru, permettant les quêtes pour les Eglises de la Terre-Sainte.
Thibetj et ceux qui vivent à Surate, rendent de grands ser* vices aux missionnaires qui vont aux Indes ou en reviennent Le Malabar est sous la direction des carmes; et le Bengale , sous celle des augustins. Enfin, les iles Philippines sont le dépôt des missions des alentours; presque tous les ordres monastiques y ont des sujets; la chrétienté y est florissante» et c'est de là qu'ils partent pour le Japon et la Chine, malgré tous les périls qui les attendent. Ils arrivent avec pins de liberté à Siam, en Cochinchîne, et au royaume.de Ciampa. Nos dominicains français vont au Tonquin, dont la plus grande et la plus belle partie est catholique.
«Enl 771 ^es PP. dominicains, missionnaires en Asie, ramenèrent à l'unité de l'Eglise le patriarche des nest^riens résidant à Mosul, et cinq autres évéques de la même province. Après qu'ils eurent reconnu le Pontife romain pour seul chef de l'Eglise universelle, et fait une profession de foi orthodoxe , ils furent confirmés dans les dignités dont ils étaient revêtus (1). » De nos jours encore , sept religieux du même ordre ont consommé leur apostolat pas le martjrre(3>
(1) Gazette de France» art. Rome, 5 juin 1771.
(2) « Ces cinq hommes , dit le magistrat chinois » établirent chacun des Eglises , et ils étendirent beaucoup leur fausse secte. Les femmes » aussi bien que les hommes , l'ayant embrassée , la pratiquent et s'y soutiennent mutuellement. » Rapport de l'interrogatoire subi par le P< Pierre Martyr Sanz , ses missionnaires et les autres chrétiens arrêtés dans la cité de Fo-Gan , au mois de juin 1746.... « Lorsqu'on les fit partir ( les missionnaires ) pour venir à la métropole ( la ville de Fo-Cheu ) , on vit plusieurs milliers de personnes sortir pour les accompagner , en criant et pleurant à côté des chaises sur lesquelles on les transportait. Les femmes et les filles se mettaient à genoux , leur offraient du thé et des fruits ; les uns et les autres les retenaient par leurs habits , et faisaient retentir les airs de leurs cris et de leurs sanglots. Le bachelier Tcbhing-Tchheou eut bien l'audace de dire hautement à celte multitude, qu'il ne se repentirait pas d'avoir embrassé cette religion , dût-il souffrir toute sorte de tourments , et la mort même , pour le Seigneur du ciel. Et actuellement au milieu des interrogatoires les plus sévères , tous d'une voix unanime assurent avec fermeté , qu'ils ne veulent point changer ni abandonner la re-