‹ Lettres de Scheffmacher a un gentilhomme et un magistrat protestant (volume 3)Chapitre 68 sur 87 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

En 1748 et en 1775 , Benoit XIV et Pie VI annoncèrent leur triomphe au monde chrétien ; leurs discours , adressés au consistoire, attestent l'état de la foi parmi les habitants de la Chine et du Tonquin.

C'est aux franciscains des diverses observances, aux augustins, aux dominicains, et aux pères de la rédemption des captifs, que sont commises les missions de l'Afrique. Ainsi» on trouve des capucins français au grand Caire , des récollets à Alexandrie, des capucins , des récollets, et des observantins en Egypte. Avec eux sont; à Fez et à Maroc, les Pères de la rédemption. Aux royaumes d'Ovério et de Bénin, les capucins cultivent encore la foi que leurs prédécesseurs y ont plantée. Ceux de la province de Bretagne l'ont portée et l'entretiennent chez les malheureux peuples de la Guinée. On voit des récollets à Alger et dans toute la Barbarie» des capucins à Tunis et à Tripoli , des augustins dans nie de Tabarca, des capucins à Mélille, des Pères de la rédemption à Trémisen, l'ancienne Mauritanie césarienne; les capucins français et les dominicains ont pénétré jusqu'aux extrémités de cette partie du monde, puisqu'ils prêchent aux royaumes de Congo, d'Angola, et au Mono-» motapa,

Après avoir été les premiers apôtres de l'Amérique, comme nous l'apprend le P. Touron , les Religieux en forment encore le seul clergé. Les capucins français, au nom*' bre de soixante et treize, administrent une partie des cures de nos lies du Vent; les carmes et les dominicains remplissent les autres. « Nous avons la satisfaction devoir, disait

ligion chrétienne. t. •• Ces coupables Européens ont si bien su s'attacher les cœurs » que le nombre de leurs sectateurs augmente de jour en jour, et qu'on ne saurait les dissiper..,.. Les lettrés » comme le peuple , s'y laissent séduire, embrassent cette religion » et ne veulent plus l'abandonner quoi qu'on leur fasse. Ils l'ont si fort étendue » qu'elle a presque rempli toute la juridiction de cette cité ; ju&ques*là , que les satellites mêmes et les soldats s'emploient aussi pour son service. » Mémorial du vice-roi adressé à l'empereur. Voyez ce qui concerne les deux autres mar* tyrs dans le discours de Pie VI,

Louis XV dans son Edit. de 1743, que nos sujets y trouvent, par rapport à la Religion , tous les secours qu'ils pourraient espérer au milieu de notre royaume. » Les curés de la Mar-r Unique surtout maintiennent parmi leur troupeau l'ordre et les bonnes mœurs ; ils catéchisent les nègres avec une patience vraiment paternelle, et les consolent au miliçu de leurs pénibles travaux! en leur donnant l'espérance d'une meilleure vie. Par les requêtes qu'adressèrent au ministère, en 1773 , ces paroisses menacées de perdre leurs pasteurs , nous savons assez le bien qu'ils y font» et jusqu'à quel point elles les chérissent. Au Brésil, les capucins français et les religieux de saint Philippe de Néri soignent aussi d'une t manière particulière cette portion de l'humanité la plus infortunée. Les carmes, les bénédictins, les religieux de saint François ont chacun une maison à Saint-Sébastien, capitale du pays Rio-di-Gennaro. Les frères prêcheurs, les. Frères mineurs, les Pères de la Merci et les augustins sont les missionnaires du Chili et du Pérou* Les capucins français, les observantins, les dominicains instruisent les peuples qui habitent le long de la rivière des Amazones; leurs confrères, avec des carmes et des augustins, s'acquittent du même ministère auprès de ceux du nouveau royaume de Grenade, de Terre-Ferme et de la Californie. Il n'y a que des mineurs et des dominicains dans le nouveau Mexique ; mais, dans l'ancien , les religieux de tous les ordres sont çn grand nombre et y travaillent avec zèle.

Evangélisant sur toute la face du globe, les réguliers assurent à l'Eglise l'auguste caractère de catholique. Séparés par état de leur famille, plies de bonne heure au joug de l'obéissance , voués à la pauvreté, et ne recevant rien ou presque rien du gouvernement, ne paraissent-ils pas, dans la position actuelle des choses, plus propres que le reste du clergé à un ministère où tout est sacrifice? On ne peut au moins disconvenir que, depuis trois siècles, l'expérience dépose en leur faveur.

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